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Full text of "Bulletins de la Société royale de botanique de Belgique"

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I 



s- 



fj»- 



V 



.1 



BULLETIN 



DB LA 



SOCIÉTÉ ROYALE DE BOTANIQUE 



DE BELGIQUE 



Gaiid, imp. C. Aanoot-Braeckniaii| Ad. Ilostc, succ^ 



BULLETIN 



DE LA 



9 / 



SOCIETE ROYALE DE BOTANIQUE 



DE BELGIQUE 



FONDEE LE 1" JUIN 1862 



TOME VINGT-HUITIÈME 




BRUXELLES 
AU SIÈGE DE LA SOCIÉTÉ 

JARDIN BOTANIQUE DE L'ÉTAT 

1889 



MÉMOIRES 



DE LA 



SOCIÉTÉ ROYALE DE BOTANIQUE 



DE BELGIQUE 



TOME VINGT-HUITIÈME 



PREMIÈRE PARTIE 



ANNÉE 1889 



BRUXELLES 

AU SIÈGE DE l-A SOCIÉTÉ 
4ABDIN BOTANIQDB DB L'ÉTAT 



RECHERCHES 

SUR LA 

lOBFHOLOGIE DU PHALLUS (ITHYFHALLU8) HFUDICUS a.), 

PAR Charles VAN BAMBEKE. 



Structure du peridium. 

De Bary commence son mémoire « Zur Morphologie der 
Phalloideen » par cette remarque : si les deux Phalloïdées 
de la zone moyenne de TEurope, le Phallus impudicus L. 
et le P. caninus Huds., comptent parmi les champignons 
les mieux connus, si nous en possédons — du premier 
surtout — des descriptions et des figures nombreuses, par 
contre la struc(ure intime et le développement de ces 
espèces ont été peu étudiés(^). Ce que Ton en connaissait 
avant de Bary se résumait, en effet, aux travaux de 
Corda(2), Bonorden(3) et Rossmann(^). 



(1) de Bary, Zur Morphologie der Phalloideen, in Beitrige zur Mor- 
phologie der Pilze (186i), Ed. I, ente Reibe, p. 58. — Voir aussi : 
Morphologie und Phytiologie der Pilu, etc., Leipzig, 1869, p. 8i-86, et 
Vergleichende Morphologie u. Biologie der Pilze, etc., Leipzig, 1884, 
p. 346. 

(2) Corda, ieoneê fungorum^ Y, p. 70, pi. VII (1843). 

(3) BoDorden, Mykologieehe Beobachtungen^ in Bot. Zeitang, 9 Jahrg. 
(1881), p. 19-22, pL I. 

(4) Rossmonn, Beitrag zur Entwicklùngêgeichiehte deê Phalluê tmpu- 
dieuê L., in Bot. Zeitung, 1883, p. 188-193, pi. IV. 

Pour ce qui regarde la littérature du sujet, consulter : T. Schleichtendal, 



8 

Nonobstant la haute valeur du mémoire de de Bary, la 
lacune signalée par le savant botaniste n'est pas entière- 
ment comblée. D'abord les divers u*avaux auxquels nous 
venons de faire allusion datent d'une époque déjà éloignée 
— celui de de Bary est de 18640) — y où les instruments 
optiques étaient moins perfectionnés que ceux de nos jours 
et où la technique était bien imparfaite comparée à celle 
maintenant en usage. Puis les recherches morphologiques, 
en y. comprenant celles qui sont consignées dans le récent 
et excellent travail de Ed. Fischer (2), ont plutôt porté sur 
le développement des Phalloîdées que sur leur structure. 
Ajoutons que de Bary a plus particulièrement étudié le 
Phallus caninusj et que, dans le mémoire de Fischer, il 
est surtout question d espèces exotiques; deux pages à 
peine sont consacrées à ïlihyphallus impudicus et au 
MutiniM caninus. 

Le présent travail, dans lequel il sera exclusivement 
question de la structure du peridium chez Ithyphallus 
impudicm, comprend deux parties : une première dans 
laquelle sont examinées les couches constituantes du peri- 
dium; une deuxième partie consacrée à Tétude des carac- 
tères intimes de ses hyphes. 

J*ai pu utiliser pour mes recherches divers échantillons 



Sine nnui PhatloMee nebêt Bemerkungen fi. d. gante FamUie dêrtelben. 
Linnaea, Zi Bd.^p. HÎJ (4861-1862), et Ed. Fischer, Vertueh eine tyête- 
uuUitehen Uebenieht ûber die hiêher bekannlen PhaHoideen^ Berlin, 1886. 

(1) Dans ses travaux postérieurs cîlés plus haut, de Bary ne fournit pas 
de notions nouvelles au sujet des Phalloîdées. 

(S) Ed. Fischer, Zur EnttoieklungêgeBchiiehle der Fruehtkôrperê 
einiger Phalloideen. — Annales du Jardin botanique de Buitenxorgi 
Tol, VI, !'• partie, 1886, p. 14H, pi. I-V. 



9 

d*IthypkaUus impudicus encore renfermés dans le peridium 
et conservés dans Talcool. Un certain nombre de ces échan- 
tillons, après coloration soit par le carmin boracique, soit 
par Thématoxyline, ont été coupés au microtome. Les 
coupes ont été faites dans deux directions : dans le sens de 
l*axe du champignon (coupes longitudinales), ou bien 
perpendiculairement à cet axe (coupes transversales ou 
horizontales) (^). Ces coupes sont très instructives. Grâce 
surtout à une sorte d'action élective de la matière colo- 
rante, elles font ressortir certains détails de structure qui 
ne seraient guère appréciables sans leurs secours, tel, par 
exemple, le mode de groupement, j'allais dire la stratifi- 
cation des hyphes, dans diverses parties constituantes du 
champignon et plus particulièrement du peridium. Toute- 
fois, malgré leur utilité incontestable, ces coupes ne don- 
nent généralement qu'une idée incomplète des caractères 
intimes des filaments fongiques. De là, la nécessité de 
recourir aussi à des dilacérations. Les objets ainsi obtenus 
ont été traités par diverses matières colorantes : le vert de 
méthyle acide, Thématoxyline, Téosine, le picrocarmin, la 
vésuvine, etc., et conservés dans la glycérine diluée. 



I 

I. 



Couches constituantes du peridium. 

Après coloration par le carmin boracique, les coupes 
transversales ou longitudinales d' Ithyphallus impudicus 
arrivé au S"" stade de développement (de Bary) montrent, 



(f) Pour la confection des coupes, les objets ont été encastrés dans la 
paraffine. Les préparations, très belles, ainsi obtenues ont été faites à notre 
laboratoire par M. le D' C. De firuyne. 



10 

dans répaisseur du peridium, plusieurs couches ou zones 
distinctes par leur diamètre, leur aspect et leur struc- 
lureU). En allant de la périphérie vers la profondeur, 
nous rencontrons six couches principales, savoir : 

i. Une couche externe non colorée ou faiblement 
colorée par le carmin (PI. I, fig. 1 , 2, A); elle est nettement 
délimitée du côté externe, un peu moins bien du côté 
interne. Son contour externe est ondulé; il en résulte que 
répaisseur de la couche varie à différents niveaux ; elle 
atteint, en certains endroits, de 80 à 104 ix. Déjà à un 
faible grossissement, il est facile de s'assurer que les hyphes 
relativement grossières de la couche externe s'entrecroisent 
dans toutes les directions quoique, à ce stade, la direction 
radiaire semble prédominer. Ens*entrecroisant, les hyphes 
limitent des espaces de forme et de dimensions variables. 

2. A la couche externe, succède une couche d'aspect 
un peu variable d'après les endroits observés (PI. I, fig. 1, 
3, B, a, 6, c). Elle est plus épaisse que la couche externe; 
en certains points, son épaisseur est triple de celle de cette 
dernière. Comme on Ta vu, elle est assez nettement 
délimitée par rapport à la couche externe; par contre, 
sa délimitation interne est souvent peu nette. Elle se 
colore bien par le carmin. A certains niveaux, cette 
couche se décompose elle-même en trois zones bien 
distinctes (Pig. 2, a, 6, c). La zone la plus externe(a), 
dont l'épaisseur correspond à peu près à Tépaisseur 
moyenne de la couche externe, est fortement colorée 
par le carmin; ses filaments forment un feutrage très 

(I) Je donne le nom de couehet aux divisions principales, c*e8t-à-dîre les 
plus nettes, les plus constantes, et je réserve le nom de zones pou r désigner* 
les subdivisions parfois moins nettement délimitées et moins constantes 
que ces couches présentent . 



11 

serré. La zone moyenne (6), souvent deux fois plus épaisse 
que la précédente, s*en distingue aussi par sa texture 
lâche; les hyphes colorées par le carmin s*y groupent en 
donnant naissance à des petits amas stellaires, dont les 
prolongements rayonnent et s'entrecroisent dans toutes les 
directions; la substance homogène renfermée dans les 
mailles ainsi limitées est très faiblement colorée par le 
carmin. Puis vient une zone interne (c) dont Tépaisseur 
est moitié moindre de celle de la zone externe et dont les 
hyphes^ à direction surlout parallèle à la surface, forment 
un feutrage beaucoup moins dense que celui de la zone 
externe; de là sa couleur un peu plus p&le que celle de 
cette dernière zone. 

Ailleurs la couche qui nous occupe semble formée de 
deux zones seulement (Fig. 1, B, a, c). C'est la zone 
moyenne qui a disparu, la zone interne (c) venant s'appli- 
quer contre l'externe (a). Dans ces conditions, les travées 
de la zone interne sont généralement plus épaisses, et, 
partant, fortement colorées par le carmin. Enfin, en 
certains endroits, la zone interne disparait à son tour, ne 
laissant persister que la zone externe qui conserve ses 
caractères. Il est facile de suivre, sur les coupes, des 
passages entre ces diverses dispositions. 

3. La couche suivante, très épaisse, ne se présente pas 
non plus jsous un aspect toujours le même (PI. I, fig. 1, 
C, rf, e, /). Dans son ensemble, sa texture est lâche, et ses 
travées bien colorées par le carmin limitent des espaces 
remplis par une substance homogène très faiblement colo- 
rée. 

Mais il n'est pas rare de voir cette couche se partager 
en zones plus ou moins nettes : ainsi on distingue assez 
souvent une zone externe dont les travées, continues avec 



celles de la couche précédente affectent une disposition 
réticulaire (cl); puis vient une zone plus large (e) dont les 
travées principales, parfois assez régulièrement espacées, 
courent surtout dans une direction parallèle à la surface. 
Suit alors une zone interne (f) relativement étroite et plus 
dense que la zone moyenne^ les travées s'étant rapprochées 
entre elles et formant un système de couches concentri- 
ques, parallèles à la surface du peridium. Celte disposi- 
tion se voit surtout nettement sur les coupes longitudina- 
les, comme le montre la fig. 4, pi. I, /*, d'après une pré- 
paration où toute la partie du peridium située en dehors 
de la zone en question s'était nettement séparée au niveau 
de celle-ci. 

4. Plus en dedans, nous rencontrons une couche (PL I, 
fig. 1, 3, 4, 5^ D, Çf A,) d'épaisseur variable et qui se par- 
tage elle-même en deux ou même en trois zones : l'une 
(9)t Ia plus externe à filaments fongiques déliés, formant 
un reticulum peu dense et dont les travées sont surtout 
dirigées dans le sens radiaire; cette disposition radiaire 
devient beaucoup plus nette dans la suite. Les mailles du 
réseau sont remplies par une substance homogène faible- 
ment colorée par le carmin. 

Du côté interne, les travées radiaires se perdent 
dans une zone plus étroite (A), mesurant en certains 
endroits S6 fx, plus dense et par suite plus vivement 
colorée par le carmin. Les hyphes s'y entrecroisent 
dans toutes les directions, formant ainsi une sorte de 
feutrage. Du côté externe en contact avec la zone pré- 
cédente, ce feutrage, un peu moins serré, limite de petits 
espaces arrondis ou de forme irrégulière, occupés par une 
substance homogène d'aspect mat et légèrement colorée 
par le carmin (v. notamment pi. I, fig* 4 et 5 h). Du 



15 

côté interne, au contraire, la disposition feutrée dispa- 
raît et fait place à des filaments radiaires; ainsi nait une 
nouvelle zone, plus claire que les parties adjacentes; elle 
se voit nettement sur les coupes longitudinales examinées 
à un grossissement convenable (PI. I, fig. 5, t). 

5. La couche plus interne (PI. I, fig. 1-5, E) atteint 
jusqu'à 138 fx de largeur. Elle n'est pas uniforme et se 
partage, notamment sur les coupes longitudinales, en 
trois zones assez distinctes : une externe (j), étroite et 
plus colorée par le carmin que les parties auxquelles elle 
touche; cette zone résulte de ce que les fibres radiaires 
internes de la précédente couche, au moment de passer 
dans la couche suivante, s*incurvent toutes en arc au même 
niveau et dans le même sens (PI. I, fig. 5, /). Puis vient 
une zone moyenne (Ji), la plus épaisse des trois, atteignant 
jusqu'à llii|A de diamètre ; elle est dense et cependant 
faiblement colorée par le carmin. Ses hyphes par leur 
entrecroisement forment encore une fois une manière de 
feutrage, tout en affectant une direction surtout radiaire, 
notamment dans la moitié interné de la zone. Dans la 
partie profonde de la zone moyenne, on passe assez 
brusquement à la zone interne (/)• Elle mesure environ 
16 fx d'épaisseur; les hyphes s'y enchevêtrent dans toutes 
les directions, donnant naissance à un feutrage très serré; 
elle se colore fortement par le carmin. 

6. Vient enfin une dernière couche (PI. 1, fig. 1, 3, 4, 
5, F) représentée par la partie du réseau primordial 
(Fischer), située en dehors de la glèbe. Sa largeur varie ; 
elle est en moyenne de 64 fA. Les travées, à direction 
prédominante parallèle à la surface, y forment un reti- 
culum d'apparence assez grossière, et sont bien colorées 
par le carmin. 



14 

Avaut de rechercher quelle est la signification des 
diverses couches que je viens de décrire, il importe 
d*examiner comment elles se présentent sur des individus 
plus âgés, arrivés auS"* stade du développement (de Bary), 

1. La couche externe (PI. I, fig. 6, 7, A), dont l'épais- 
seur est restée la même, ne fixe guère le carmin et pré- 
sente une couleur jaune ou jaune-brunàtre; un liseré plus 
foncé lui forme une bordure externe. A un grossissement 
assez fort (Zeiss. DD, oc. 2, voir pi. I, fig. 7, A), on voit 
les hyphes grossières de cette couche disposées eu fais- 
ceaux qui s'entrecroisent et s'entrelacent en divers sens, 
limitant ainsi des espaces de forme arrondie ou elliptique. 

* La texture est un peu plus dense aux limites externe et 
interne de la couche. 

2. Dans le stade qui nous occupe^ la couche adja- 
cente à Texterne se compose de deux zones seulement 
(PI. I, fig. 6, 7, B, a, 6); la zone interne souvent bien 
visible dans le précédent stade a disparu ou^ tout au plus, 
est vaguement indiquée par places. La zone externe (a) a 
conservé ses caractères; elle est très dense et fortement 
colorée par le carmin. La zone interne (zone moyenne du 
stade précédent) (6) est plus épaisse, plus faiblement 
colorée, à texture moins dense, et cela d'autant plus qu'on 
se rapproche davantage de la couche suivante. 

5. La large couche (PI. I, fig. 6, C) qui occupe toute 
la région moyenne du peridium, ne montre plus cette 
division en zones plus ou moins nettes si fréquente dans 
le deuxième stade. Cette couche consiste, tout entière, eu 
un reticulum de texture assez lâche et dont les travées 
tendent à prendre une disposition radiaire en s'approchant 
de la couche plus interne. 

4. Celle-ci (PI. I, fif, 6, 8, D), sans être bien délimitée 



15 

par rapport à la large couche de la région moyenney 
s'en distingue néanmoins par la direction et les caractères 
de ses hyphes. La direction radiaire de ces dernières, 
encore vaguement indiquée dans le 3' stade, est main- 
tenant très accentuée. En recourant à un grossissement 
convenable, on constate en outre que les hyphes sont 
contournées en forme de tire-bouchon, qu'elles décrivent 
un trajet hélicoîde. Je reviens plus loin sur cette particu- 
larité. 

On ne retrouve plus, dans le 3* stade, de zone compara- 
ble à la zone (A) de la quatrième couche (voir pL I^fig. 
5, A), et qui formait en quelque sorte une bande placée 
en travers des filaments radiaires; maintenant les filaments 
passent, sans subir d'interruption, dans la couche plus 
interne. 

5. Comme dans la phase précédente, les filaments 
radiaires, au moment de pénétrer dans la cinquième couche 
(PI. I, fig. 6, 8, Ë, y, Ar, /), s'incurvent en arcs, donnant 
ainsi naissance à une zone externe, plus colorée par le 
carmin (/). Dans la zone adjacente (zone moyenne du 
2* stade) (A:), les hyphes s'entrecroisent en divers sens, 
tout en affectant une direction surtout radiaire. Enfin, à 
la limite la plus interne de la couche, la direction radiaire 
disparaît et les filaments entrecroisés et entrelacés forment 
un feutrage plus dense. Ce feutrage peut être considéré 
comme représentant la zone interne observée dans la 
deuxième phase (l)^ quoiqu'il ne trahisse plus sa présence 
par une plus forte coloration par le carmin. 

6. Au 3°*'' stade, la couche la plus interne (PI. I, fig. 6, 
8, F) formée par le réseau primordial ne présente que peu 
d'affinité pour le carmin. On y distingue, et c'est aussi le 
cas dans le i^^ stade, dfis petites masses réfringentes sur 



16 

lesquelles je reviendrai dans la seconde partie de ce travail. 

Tous les auteurs s*accordent à admettre, comme par- 
ties constituantes du peridium, trois couches seulement, 
savoir : 1) une couche ou membrane limitante externe; 
3) une couche moyenne ou gélatineuse, et 3) une couche 
ou membrane limitante interne. Examinons quels sont, 
d'après eux, les caractères et la délimitation de ces cou- 
ches auxquelles on a donné différents noms; recherchons 
aussi jusqu^è quel point on peut concilier les descriptions 
et les figures des botanistes qui se sont occupés de cette 
question avec les résultats de nos recherches. 

Nous prendrons pour point de départ la description de 
Corda, le premier auteur à qui nous devons des détails ^ur 
la structure intime du peridium(^). Chez les individus de 
P. impudicus appartenant au 3" stade de développement 
(de Bary), Corda distingue, dans le peridium, les trois 
couches suivantes : 1) une couche externe qu'il désigne 
sous le nom de derme du peridium externe (Lederhaut des 

(I) Les figures de Mieheli, les descriptions et les figures de Krombholz 
et d* autres mycologues, reposent simplement sur Tezamen macroscopi- 
que des objets. J*aurai toutefois Toccasion de revenir sur la description 
donnée par Rrombholz du peridium chez le P. impudicus, -^ Dans son 
mémoire « Zur Morphologie der Phalloideen *, de fiary, parlant des 
travaux de Corda, s*exprime comme soit : « dessen Arbeiten ûber Phal- 
loideen meines Erachtens zu den beslen, welche dieser fleissige Forscher 
geliefert bat, gehôren • (p. e. L KB). Ceci permet de supposer que de Bary 
considérait les travaux de Corda comme étant aussi les meilleurs parus 
jusqu*alors sur la matière. Cette appréciation reste vraie, me semble-t-il, 
en ce qui eoneeme la itructure des Phalloidéeê; en effet, les travaux parus 
depuis, en y comprenant ceux de de Bary et de Fischer, auxquels nous 
devons des données très exactes sur le développement de ces champignons, 
n'ont guère ajouté a nos connaissances sur leur structure. 



«7 

âusseren Peridiums)(^), qui se continue inférieurement 
avec le bourrelet (der Polster), s'amincit supérieurement 
et entoure Tœuf tout entier. 2) Une couche interne, la 
peau internedu peridium ex(erne(innereHaut des âusseren 
Peridiums), qui se continue aussi inférieurement avec 
le bourrelet(^). Dans Tœufy la peau interne recouvre toute 
la surface du chapeau. Entre les deux couches* précédentes, 
se trouve 3) la coucAe tntiqueuêe du peridium eoUeme 
(Schicimschichte des ôusseren Peridiums). Elle forme une 
cloche fermée supérieurement, ouverte inférieurement, 
et dont les bords se mettent en contact avec la surface 
que forment, au niveau du bourrelet, les deux membranes 
enveloppantes. Dans Tœuf, les deux membranes entourent 
complètement la couche muqueuse; celle-ci n'est mise à 
nu qu'au moment de la rupture de l'œuf; elle se liquéfie 
alors et est en partie éliminée. Elle ressemble à du blanc 
d'œuf, mais elle est plutôt comparable à une solution de 
gomme arabique. Elle est teintée de jaune (^. 

Plus loin, Tauteur décrit la structure de ces trois parties 
constituantes du peridium. Ses deux membranes présen- 
tent absolument la même structure; toutes deux sont 
coriaces. Sur les coupes transversales, la peau interne 
(die innere Haut) consiste en un feutrage serré de tissu 
cellulaire,renfermant de petites vésicules disséminées et 
dont les cellules tournées du côté de la couche muqueuse 
se continuent avec les fibres minces, serrées, légèrement 
entrelacées de cette couche; elles présentent de nom- 



(1) Corda donne le nom de peridium tn^tf^fieau chapeau. 

(2) Diaprés Corda, le bourrelet se bifurque, donnant ainsi naissance à 
deux branches : le derme et la peau interne du peridium. 

(3) L. c. p., 71 et 72; pi. VII, dg. 5. 



18 

breuses divisions dichotomiques et donnent naissance 
à des filaments jaunâtres très délicats, déliés, allongés, 
remplis de mucus, qui s'anastomosent avec des filaments 
semblables de Tautre membrane du peridium(^). 

La peau €xterne(die ôussere Haut) du peridium externe 
est plus ferme, à structure cellulaire plus grossière et, 
partant, plus évidente. On voit, sur de bonnes coupes 
transversales, qu'elle est constituée par des cellules cour- 
tes, intimement entrelacées, entourant un certain nombre 
de grosses cellules ovalaires, claires, à noyau périphérique, 
occupant l'extrémité supérieure (interne) de la cellule. Du 
côté interne de la membrane, ces cellules, de même que 
celles de la peau interne, se continuent aussi avec les 
fibres de la couche muqueuse; seulement ici ces der- 
nières sont moins nombreuses et moins serrées(2). 

Le mucus (der Schleim) du peridium externe est clair, 
transparent et entoure complètement les fibres des deux 
membranes... De petits fragments pris au milieu de la 
couche, là où les fibres sont le plus rares, examinés au 
microscope, montrent nettement la jonction des filaments 
venus des deux côtés; il devient évident alors que ces 
filaments ou ces fibres forment simplement la charpente 
intermédiaire entre les deux membranes du peridium et 
qu'ils sont destinés à soutenir et à répartir uniformément 
la substance muqueuse (^). 

En s'en rapportant à la description et à certaines figu- 
resW de Corda, sa peau externe du peridium correspond à 



(1) L. c, p. 73, fig. 10, a, hj b. 

(2) L. c, ibid., fig. li, 6, a, c. 

(3) L. c, p. 73, fig. 12. 
(4)L.c.,fig. 11,a,6. 



19 

notre couche externe (A), plus la zone externe de la 
couche suivante (B, a). En effet, sur la figure à laquelle 
nous faisons allusion, l'auteur désigne par la lettre c la 
face interne de la peau externe où ses filaments émergent 
de la couche muqueuse c innere Floche dieser Haut, wo 
die Fasern d. Schleimes entspringen >(^). Quoique la 
figure de Corda soit fortement schématisée, je crois pou- 
voir comparer cette face interne à la zone susdite. 

Il est plus difficile de débrouiller, surtout d'après la 
description donnée par lui, à quelle partie du peridium 
correspond en réalité la peau interne de Corda. Toute- 
fois, en tenant compte aussi de la figure à laquelle renvoie 
rauteur(^), je crois être dans le vrai en comparant la peau 
interne à Tensemble de ma cinquième couche (E). 

Toute la partie comprise entre la peau externe et la 
peau interne représentant, d'après Corda, la couche 
muqueuse du peridium^ il en résulte que la couche 
muqueuse, dans son ensemble, correspond à mes couches 
trois (C) et quatre (D). Dans la figure 10 de Corda, les 
filaments (6,6) faisant suite à la peau interne (a) sont 
représentés comme ayant une direction surtout radiaire, 
mais cette figure ne montre rien de comparable à la direc- 
tion si franchement radiaire des hyphes de notre qua- 
trième couche, rien non plus de Tinflexiori en arc à 
Tendroit où ces hyphes pénètrent dans la couche sous- 
jacente. 

L*utérus du Plmllus impudicus, dit Bonorden, consiste 
en deux membranes intimement uniesàlabase(Fig. 1 a, 6), 
mais séparées sur le reste de leur étendue par une couche 



(1) L.c, p. 73. 
(2)L.c.,fig. 10,a. 



20 

d*uD mucus épais, jaune, semî-transparent (Fig. 1, c). La 
membrane externe se compose de cellules allongées, 
légèrement renflées, à ramifications peu nombreuses 
(Fig. 2); lorsque lestipes*est développé, la face interne 
de la membrane présente un aspect soyeux, fibrillaire, 
brillant. La membrane interne est formée par des cellules 
cylindriques, allongées, ramifiées, articulées, dilatées aux 
endroits où elles se soudent (Fig. 3); ces cellules intime- 
ment entrelacées se dirigentducôté de la couche muqueuse 
comme les poils d'une brosse, et pénètrent dans cette 
couche. Le mucus compris entre les deux membranes 
renferme les prolongements de ces cellules dont Taspect 
s*est un peu modifié : elles sont plus rarement cloisonnées 
et s'anastomosent entre elles (Fig. 4). La couche muqueuse 
se trouve ainsi intimement reliée à la membrane exlerne(^). 
S'il fallait s'en tenir à la description et aux figures 
données par Bonorden des cellules propres aux diverses 
couches du peridium, on arriverait difficilement à se faire 
une idée de la délimitation de ces couches. Nous le verrons 
dans la suite, tout ce que dit l'auteur touchant les caractè- 
res de ces cellules laisse beaucoup à désirer. Mais d'autres 
faits signalés par Bonorden méritent de fixer un instant 
notre attention. L'auteur parle du facile enlèvement de la 
membrane externe, alors que la membrane interne ne 
peut être séparée de la couche muqueuse à laquelle elle 
adhère intimement. Il est facile, en effet, de détacher du 
peridium une enveloppe externe d'une certaine épaisseur; 
sa surface externe est jaunâtre, sa surface interne, au con- 
traire, présente, comme le remarque Bonorden, un aspect 
soyeux, fibrillaire, brillant. C'est que la partie ainsi enlevée 



(1) L. c, p. 20. 



21 

ne comprend pas seulement notre couche externe (A), 
mais aussi la couche sous-jacente (B) : de là cet aspect 
soyeux et brillant de sa face interne. On peut séparer par 
le grattage ce qui appartient à la deuxième couche; il 
reste alors une pellicule mince, jaunâtre, assez résistante; 
elle seule correspond à la couche externe. A l'aide d'une 
jSne pince et avec un peu de précaution, on parvient aussi 
à détacher des lambeaux de cette pellicule de la couche 
sous-jacente. 

En ce qui concerne la membrane interne, je n'ai pas con- 
staté rintime adhérence à la couche muqueuse dont parle 
Bonorden. Cette membrane se sépare de la couche mu- 
queuse aussi facilement que la membrane externe, avec 
cette différence toutefois que, pendant ces tentatives de 
séparation, elle se rompt avec une grande facilité; cette 
membrane, épaisse d*un demi millimètre environ, présente 
en effet une consistance spéciale, comme cartilagineuse et, 
contrairementà la membrane externe, elle est très fragileO. 
En examinant au microscope de minces tranches des frag- 
ments de la membrane interne séparés de la couche 
muqueuse, on s*assure que cette membrane se compose 
de notre cinquième couche (E), à la face externe de 
laquelle la quatrième couche (D) ou, plus souvent, une 
partie seulement de cette dernière reste adhérente; en 
outre, des lambeaux de la sixième couche (F) restent fixés 
h la face interne de la membrane. La participation des 
filaments radiaires de la quatrième couche (D) à la 
constitution de l'enveloppe interne est clairement signalée 
par Bonorden, lorsqu'il dit à propos des cellules de sa 



(I) Je rappelerai que les ëchantillons dont j*ai po disposer étaient 
conservés dans Talcool. 



22 

membrane interne : « welehe nach der Schleimiage 

hin wie die Haare einer Bûrste hervortreten und in sie 
eindringenCO a. 

L'enveloppe interne du peridium avec les caractères 
macroscopiques que nous venons de lui assigner corres- 
pond sans doute à la deuxième membrane décrite par 
Krombholz et dont il dit : « Dièse zweite Membram ist 
durchscheinend....; sie knirscht beim kâuen zwischen den 
Zâhnen wie Knorpel^.... ist geschmacklos, lederartig, 
e]aslich(^). » Mais Krombholz décrit une troisième mem- 
brane à laquelle il donne aussi le nom de second volva et 
au sujet de laquelle il s*exprime comme suit : Die drille 
Membran kann als Verdopplung der âussersleni^) Huile 
angesehen werden, ist jedoch schneeweiss^ an der âussern 
Flâche innig mit der lederartigen Haut verbundén, an der 
innern Flâche aber mit dem Fruchtlager des Hutes, und 
unten^ wo sie auch bedeutend verdickt ist^ mit der âussern 
StrunkhautW. > Cette troisième membrane doit être com- 
parée à la couche du réseau primordial (notre sixième 
couche^ F)^ interposée entre Tenveloppe interne propre- 
ment dite et la glèbe. 

Julius Rossmann^ après avoir décrit ce qu'il a pu obser- 
ver touchant les premières phases du développement de 
P. impudicus^ considère le champinon presque complète- 
mentdéveloppé mais encore renfermé dans le peridium. 
Parlant de ce dernier^ il dit : la substance gélatineuse (die 



(1) L. c, p. 20. 

(2) Naturgelreue Abbildungen und Besehreibungen der Schtoàmme. 
Drittes Heft, ISS^I, S. 17. 
(5) C*e8t sans doute der innersten que Tauteur a touIu dire. 
(4) L. c, p. 17, Taf. XVIU, fig. 12-15, c. 



23 

Gallerte) est transparente Jaunâtre et renferme une grande 
quantité de fins filaments fongiques..,. Us ne semblent 
pas différer de ceux que l'on rencontre dans les parties 
radiaires du corps interne; ils sont ramifiés, articulés et 
se terminent ou non par une dilatation. A la couche 
gélatineuse, fait suite une deuxième enveloppe, résistante 
qui entoure le corps proprement dit du champignon (0. 
Et plus loin : L'enveloppe résistante externe devient le 
volva externe, Tenveloppe interne se transforme en volva 
interne (2). 

Ces données, on le voit, sont absolument insuflSsantes 
pour en tirer une conclusion quelconque au point de vue 
de la délimitation des couches constituantes du peridium. 
Je reviendrai plus loin sur ce que dit Tauteur des fila- 
ments fongiques. 

Comme déjà j'en ai fait la remarque, de Bary, dans ses 
recherches sur la morphologie des Phalloîdées, s'occupe 
plus particulièrement du Cynophallus caninus Huds. 
D'après l'auteur, pendant le premier stade de développe- 
ment qui se termine par la formation de l'ébauche de la 
glèbe et du stipe, le peridium se compose de trois couches : 
une paroi externe (Aussenwand), une coticAe gélatineuse 
(Gallertschicht) et une paroi interne (Innerwand). Il 
désigne sous ce dernier nom seulement le revêtement 
blanc de la glèbe, et il ajoute : c der streng genommen 
dazu gehôrige unterhalt der Gleba gelegene Theil der 
Mittelsâule môge der besseren Unterscheidung halber das 
BasaUtOck heissen (3) » . 



(I) L. c, p. 190-191. - Taf. IV, fig. 10, H, i2, 13, U, 17, 18. 
(3) L. c, p. 192. 
(5) L. c, p. 58 et 59. 



24 

Je reviendrai plus loin sur ce que dit Tauteur touchant 
la structure de ces parties. 

Dans la suite du développement, les parties consti- 
tuantes du peridium n^éprouvent pas de modifications 
bien importantes. Ainsi, dans le deuxième stade, carac- 
térisé par la formation de la glèbe, la paroi externe du 
peridium s*élend en surface de manière k former constam- 
ment, autour de la glèbe et étroitement appliquée à sa 
surface, une enveloppe membraneuse et close sur tout 
son pourtour; en même temps, -cette paroi conserve 
l-épaisseur qu*elle présentait au début du deuxième stade 
de développement^). 

Dans le troisième stade, caractérisé par le développe- 
ment du stipe, la paroi interne du peridium suit Texpan^ion 
des parties auxquelles elle louche, de telle sorte à con- 
server, par rapport à ces parties, sous forme d une 
membrane mince et blanche, son siège et ses rapports 
primitifs. L'auteur ajoute : t Eine wesentliche Structur- 
verànderung konnle ich in allen den letzterwabnten 
Theilen wàhrend ihrer Dehnung nich wahrnehmen 3). » 

Et un peu plus loin : Pendant l'augmentation de volume 
du corps reproducteur, la paroi interne conserve sensible- 
ment son épaisseur et sa structure ; les filaments de son relî- 
culum deviennent seulement un peu plus épais. En même 
temps, la couche gélatineuse acquiert une épaisseur double 
ou triple de celle qu'elle montrait au début du deuxième 
stade.... Il faut conclure de là que, jusqu'à la fin du 
troisième stade, les parties périphériques du champignon 
doivent suivre l'augmentation de volume du stipe et de la 

(i) L. c, p. 62* 
(2) L. c, p. 68. 



25 

glèbe par un accroissement très actif, suite d*une néofor- 
mation des éléments constituants des tissus(i). 

De Bary ne signale aucune particularité saillante au 
sujet du peridium chez le P. impudicus. Parlant d*un 
exemplaire qui correspond à la fin du deuxième stade ou 
au début du troisième stade de P. canintM^ il dit : 
< Aussenwand, Gallertschicht und Innenwand der Peridie 
sind wie bei diesem angeordnet »(2). 

Dans un échantillon un peu plus âgé (Fig. 20), les 
diverses parties conservent sensiblenAent la même disposi-- 
tion, mais toutes se sont .accrues. Et plus loin, Fauteur 
ajoute : « Was die feinere Structur der Organe von P. 
impudicus betrifft^ so ist dieselbe der von P. caninuB 
durchaus âhnlich, eine ausfûhrliche Beschreibung von 
jedem einzelnen Organe daher ûberflûssig. In Allgemeinen 
sind die Organe von P. imptidicvSf zumal die verschiede- 
nen Haute, dicker, dcrber und fester, als bei der anderen 
Art ; die âussere Peridienhaut ist auf ihrer Oberflâche und 
in den Interstitien ihres derbenHyphengeflechtesmitreich- 
lichen Ablagerungen von oxalsaurem Kalk versehen(3) >. 

La paroi externe (Aussenwand) de de Bary doit-elle être 
assimilée à notre couche externe (A) seulement, ou bien à 
nos deux premières couches (A, B)? Je n.*oserais trancher 
la question. Les figures de Fauteur sont purement macros- 
copiques et ne fournissent aucune indication précise. Peut- 
être, en se basant sur la description donnée par le savant 
mycologue, est-il permis de comparer son < Aussenwand » 
à mes deux premières couches. L'auteur parle, en effet, 



(f) L. c, p. 65. 
(2) L.c.,p. 68. 
(5)L. c, p. 71 et 72. 



26 

d'un lacis à plmieurs couches. « Was die feinere Structur 
dieserTheile betriffty zoo besteht die Aussenwand der Peri- 
die auseinemmehrschichtigen hautartigen Geftecht laog- 
gliedriger verzweigter Hyphen verschiedener Dicke(^) ». 

Il serait plus difficile encore de , préciser à quelles 
parties du peridium correspond en réalité la couche 
désignée par de Bary sous le nom de paroi interne (Innen- 
wand). 

Une forme très voisine de VIthyphallus impudicus a été 
décrite en 1886 par Ed. Fischer : c'est 17. tenuis, rapporté 
de Java par le Prof, comte v. Solms-Laubach. 

Dans lechantillon le plus jeune que Fauteur a eu sous 
les yeux^ s'ébauche la couche gélatineuse du volva(^). 
A une période plus avancée du développement et qui 
correspond sensiblement à la fin du premier stade admis 
par de Bary pour le Phallus caninus^ la couche gélatineuse 
s'est étendue en surface et est devenue beaucoup plus 
épaisse. Ses éléments plongés dans la masse gélatineuse 
maintenant plus distincts, affectent, d'une façon frappante, 
notamment dans les couches internes, une disposition 
radiaire. Une couche mince, nettement délimitée, formée 
par des hyphes étroitement entrelacées et à direction 
surtout parallèle à la surface, couche déjà apparente sans 
être nettement circonscrite dans le stade précédent, 
délimite la couche gélatiniforme du côté interne. L'auteur 
ajoute : « es ist dadurch die Volva in allen ihren Theilen : 
— die eben erwâhnte dûnne Schicht, die Gallerischicht 
und die âusserste deckende, aus brâunlichen^ nicht selir 
enge verflochtenen Hyphen bestehende Schicht, — fertig 

(1) L. c, p. 59. 

(2) L. G., p. 6 et 7, fig. 2, G. 



27 

ausgebîldet, und abgesehen von allgemeinem Wachsihum 
treten in ihr keine wesentlichen Verënderungen mcbr 
ein (*). » 

Sur les figures grossies des coupes, l*auteur ne repré- 
sente que la couche mince interne, qui correspond, 
d*aprës lui, à la paroi interne du peridium décrite par de 
Bary, et une partie de la couche gélatineuse (2). Plus loin, 
Fischer revient encore sur Tabsence de modifications du 
côté du volva : < Die weitern Vorgânge sind am besten 
fur Stiel und Gleba — denn dièse kommen zunôchst 
einzig in Betracht, da^ wie oben bemerkt, die Volva keine 
erlieblichen Verônderungen mehr ertàhrt — gesondert zu 
betrachten(^) >. 

Dans un stade plus avancé (i" stade de de Bary), la 
structure du volva n*a pas subi de modifications notables : 
« ....denn foigt die Volva, in ihrer Structur im wesent- 
lichen immer dieselbeW ». 

Dans ses considérations sur VIthyphallus impudicus et 
le Muiinuê caniniu, Fischer ne dit rien du peridium chez 
ces espèces W. 

Les descriptions et les figures de Fischer permettent, 
jusqu*à un certain point, de délimiter les trois couches 
constituantes du peridium dont parle Tauteur. Sa couche 
externe, formée par des hyphes brunâtres assez lâchement 
entrelacées, correspond évidemment à notre première 
couche (A). L'auteur n'en donne pas de figure d'après 



(1)L. c, p. 7,6g. 8,A 
(2)L. c, fig. 8 et 9,/, G. 
(3) L. c, p. 10. 
(i)L. c.,p. 21.' 
(9)L.c.,p. 39et40. 



28 

observation microscopique. Je crois pouvoir assimiler la 
couche mince interne de Fischer à notre cinquième 
couche (E); il se peut toutefois^ à en juger d'après les 
figures de Fauteur, qu'elle représente simplement la zone 
interne (/) de cette couche, telle que nous lavons ren- 
contrée dans le 2* stade. Ce que dit Fischer de la disposi- 
tion radiaire des hyphes plongées dans la masse gelati^ 
neuse, disposition surtout marquée dans la partie la plus 
interne de cette masse, prouve que, d'après lui, ces 
filaments radiaires appartiennent à la masse gélatineuse, 
non & la membrane interne. 

■ 

Les considérations bibliographiques dans lesquelles je 
vient d*entrer montrent, à toute évidence, que si les 
auteurs s'accordent à admettre comme parties constituantes 
du peridium des Phalloidées trois couches distinctes(l), 
ils sont loin de s'entendre sur les caractères et la délimita- 
tion de ces couches. Ce désaccord s'explique. Nonobstant 
les différences parfois notables que présentent, dans 
rétendue du peridium, ses hyphes constituantes au point 
de vue de leur direction, de leur structure, de leur agen- 
cement, elles n'en forment pas moins un tout continu ; 
toutes les couches, toutes les zones sont reliées entr'elles ; 
ici l'union est plus intime, ailleurs elle l'est moins, mais, 
nulle part, on ne rencontre de séparation complète entre 
deux couches ou entre deux zones voisines. Toute division 
en couches sera donc nécessairement artificielle, et c'est 
affaire de pure convention de distinguer, dans le peridium, 
une paroi externe, une couche moyenne et une paroi 



(1) Comme on l'a vu, d*après Krombbols, le peridiam^serait délimité, du 
côté interne, par une double membrane. 



29 

interne. Hâtons-nous d*ajouter que cette division en trois 
couches semble avoir pour point de départ rexamen macros- 
copique des objets; en effets dans ces conditions, les 
coupes longitudinales ou transversales du peridium mon- 
trent nettement — et les figures de toqs les auteurs le 
reproduisent — deux couches limitantes entourant une 
masse centrale plus épaisse. 

Je vais examiner maintenant, en me basant sur mes 
recherches et en tenant compte aussi des observations faites 
par mes devanciers, quelle division il convient d'établir. 

Malgré le caractère artificiel des couches détachées du 
peridium, celles-là surtout pourront être regardées comme 
distinctes dont la séparation du reste de la masse est 
facile et se produit à un niveau toujours le même. Partant 
de là, je distinguerai, dans le peridium, à l'exemple de 
presque tous les auteurs : 1) une enveloppe externe, 
3) une enveloppe interne et 3) une masse intermédiaire. 

1. Enveloppe externe. L'enveloppe externe, facilement 
séparable de la masse intermédiaire, correspond à mes 
deux premières couches (A, B) bien visibles sur les 
coupes longitudinales et transversales, après durcissement 
des objets par Talcool et coloration par le carmin et Théma- 
toxyline. La couche externe (A) est nettement distincte de 
la couche sous-jacente (B) par sa coloration jaunâtre, son 
peu d'affinité pour les matières colorantes, l'agencement 
et, comme je le démontrerai plus loin, les caractères 
de ses hyphes; comme j'en ai déjà fait la remarque, 
elle se laisse détacher de la couche sous-jacente sous 
forme d'une mince pellicule ; pour ce motif, je la dési- 
gnerai sous le nom de pellicule de Venveloppe exlerne^ en 
réservant au reste de l'enveloppe (couche B) celui d'en- 
vcloppe externe proprement dite. 



30 

Il résulte de ce que j*ai dit plus haut des caractères de 
la deuxième couche (B), que Teiiveloppe externe propre- 
ment dite sera plus ou moins épaisse d*après le nombre de 
zones entrant dans sa constitution; mais^ dans tous les 
cas, sa texture, son affinité pour les matières colorantes 
permettront de la distinguer de la pellicule. 

Nous avons vu que la partie du peridium décrite par 
Corda sous le nom de « aussere Haut » correspond 
probablement à nos deux premières couches ; cette peau 
externe serait donc comparable à notre enveloppe externe. 

Sans aucun doute, Tenveloppe externe telle que nous 
la comprenons est identique à la membrane externe de 
Bonorden. Nous Tavons dit, Taspect soyeux, fibrillaire, 
brillant de la face interne de cette membrane signalé par 
Fauteur, trouve son explication dans Tadhérence de la 
deuxième couche (B) à la couche externe ou pellicule (A), 
et à son détachement de la couche (G) ou masse intermé- 
diaire sous-jacente. 

Il résulte aussi des considérations dans lesquelles nous 
sommes entré plus haut que, tout en faisant des réserves 
sur la vraie délimitation de V c Aussenwand » de de Bary, 
nous sommes probablement dans le vrai en comparant 
cette paroi externe à notre enveloppe externe. 

Par contre, la couche externe de revêtement décrite par 
Fischer ne répond pas à l'ensemble de Fenveloppe externe, 
mais simplement à la pellicule, c'est-à-dire à notre pre- 
mière couche (A). 

2. Enveloppe interne. Elle se détache de la masse inter- 
médiaire tout aussi facilement que Tenveloppe externe, 
dont elle se distingue toutefois par sa consistance spéciale 
et sa fragilité. Trois couches (D, E, F) concourent à sa 
formation. Dans certains cas, la disjonction entre Tenve- 



31 

loppe interne et la masse intermédiaire a lieu à un niveau 
qui correspond à la limite externe de la zone interne de 
notre troisième couche (Fig. 4. G. /) ; dans ces conditions, 
cette zone interne (/} doit être considérée comme apparte- 
nant à Tenveloppe interne; mais c'est là une exception 
à la règle W. D'ailleurs, dans le troisième stade, la zone 
interne de la troisième touche a disparu. Je considère la 
partie du réseau primordial comprise entre la glèbe et la 
cinquième couche comme appartenant à Tenveloppe 
interne, à laquelle elle adhère généralement ou sur 
laquelle, tout au moins, elle laisse des lambeaux de 
sa substance. Cette partie du réseau primordial (F) corres- 
pond à la couche décrite par Krombholz sous les noms de 
troisième membrane ou de second volva. 

J'ai rapporté avec doute la peau interne du peridium 
externe de Corda à ma cinquième couche (E) ; le « innere 
Haut » de ce mycologue ne représenterait donc qu'une 
partie de Tenveloppe interne. 

Les caractères attribués par Bonorden à sa membrane 
interne conviennent bien, au contraire, à Tensemble de 
notre enveloppe interne. Je n'en puis dire autant de 
la paroi interne « Innerwand » de de Bary; doit-elle être 
attribuée à toute notre enveloppe interne ou seulement à 
une des couches de cette enveloppe? La description 
donnée par l'auteur et l'absence de figures ne nous 
permettent pas de trancher la question. 

On l'a vu plus haut, la couche mince interne de Fischer 
ne représente qu'une partie de l'enveloppe interne et cor- 
respond soit à l'ensemble de la cinquième couche (E), 



(1) Gomme on Ta vu, en général la partie la pins interne de la quatrième 
ooQche contribue à la constitution de Penveloppe interne. 



32 

soit à la zone la plus interne de cette couche (/), telle 
qu*on la rencontre dans le cours du 2* stade. 

3.. Masse intermédiaire. La masse intermédiaire étant 
comprise entre les enveloppes externe et interne, corres- 
pondy par conséquent, à notre troisième couche (G) quel 
que soit d*ailleurs le nombre de zones entrant dans la 
constitution de cette couche. Gomme j*en ai fait la remar- 
que, par exception la zone la plus interne (f) peut 
prendre part à la formation de Tenveloppe interne (voir 
pi. I, fig. 4). 

La délimitation variable attribuée par les divers auteurs 
aux enveloppes externe et interne a nécessairement pour 
conséquence une délimitation également variable de la 
masse intermédiaire. Ainsi, la masse intermédiaire telle 
que je la comprends correspond à la couche muqueuse de 
Bonorden, les membranes externe et interne de ce bota- 
niste étant elles-mêmes comparables à ce que j*ai désigné 
sous les noms d^enveloppes externe et interne. Dans la 
manière de voir de Fischer, d'après lequel la couche 
externe est simplement représentée par la pellicule de notre 
enveloppe externe, et qui considère les fibres radiaires 
internes (quatrième couche ou couche interne (D) de 
l'enveloppe interne) comme appartenant à la couche géla- 
tineuse, celle-ci acquiert plus d'étendue et comprend mes 
deuxième, troisième et quatrième couches. 



IL 



Caractères des hsrphes du peridium. 

En décrivant les diverses couches du peridium, je n'ai 
guère insisté sur les caractères des hyphes qui les 



33 

composeot. Sans doute, ces hyphes se continuent à travers 
toute la masse du champignon , et Ton peut appliquer , aux 
parties constituantes du Phallus, ce que dit J. Sachs du 
Crudbulum vulgare, en divers endroits de son beau 
mémoire sur la morphologie de ce Gastéromycète : 
« Tontes ces couches ne sont que des associations de 
ramifications homologues de filaments polymorphes de 
même valeur(<) ». Mais ce polymorphisme mérite de fixer 
rattention, car il contribue pour une part et indépendam- 
ment de la direction prédominante, de Tagencement des 
filaments fongiques, à donner, à certaines couches du 
peridium, leur aspect caractéristique. 

1. Enveloppe externe. Dans la pe//icu/e de lenveloppe 
externe, les hyphes se distinguent de toutes celles des 
autres parties constituantes du peridium, par leur forme 
et leurs dimensions (PI. II, fig. 1-17). Les cellules qui 
les composeot, à contours nettement accusés, ont une 
longueur qui varie de 25 à 40 fx, sur un diamètre trans- 
versal de 3,5 à 5 fx; certaines parties plus larges, à 
l'endroit des bifurcations par exemple, atteignent jusqu'à 
7,5 |x; enfin, le diamètre des grosses cellules sphériques 
intercalées en divers points entre les cellules ordinaires 
(PK II, fig, 9 et 15) atteint jusqu'à 35 (i. 

La forme des hyphes est en général cylindrique, comme 
on peut s*en assurer sur les coupes optiques ou réelles des 
filaments; dans certains cas, toutefois, on constate un 
aplatissement plus ou moins considérable. On ne rencontre 
pas, sur le trajet des hyphes, de vraies boucles, mais il 
n'est pas rare de trouver, au niveau des cloisons inter- 



(I) Jt Saghs, Morphologie deê Crueibulum uulgare Tulasne. Bot. 
ZeUiing, 1885, S. 833-845 et 849-861, Taf. XIII et XIV. 



34 

cellulaires, des petits bourgeons ou bourrelets en demi 
cercle qui sont en quelque sorte le premier indice de ces 
formations. Faut-il considérer comme Thomologue de ces 
bourrelets, les dilatations plus fortes que montrent, à Tune 
de leurs extrémités, certaines cellules (PI. Il, fig. 4)? S'il 
en est ainsi, cela viendrait à Tappui de Topinioii de 
M. Patouillard, diaprés laquelle les boucles seraient de 
simples ramifications latérales avortées, le renflement qui 
leur donne naissance pouvant devenir le point de départ 
d'une hyphe semblable à celle dont il provient(^). 

On trouve par places, intercalées entre les cellules 
cylindriques ordinaires, des cellules sphériques, globu- 
leuses, dont le diamètre, comme on Pa vu, peut atteindre 
35 (JL et au delà. Dans le matériel dont je dispose, ces 
cellules sont vides, mais elles rappellent les cellules globu- 
leuses à oxalate de chaux décrites et figurées par de Bary, 
dans le Phallus caninus^). Mon savant collègue, M. le 
professeur L. Errera, qui a vu mes préparations, est porté 
à croire que ces grandes cellules de P. impudicus ont, 
en effet, semblable signification. Il a rencontré d'ailleurs, 
dans la couche périphérique des filaments mycéliens de 
cette espèce, des cellules à cristaux d'oxalate de chaux en 
rosette, en tout comparables à celles du P. caninus. 

Je n'insisterai pas davantage sur la forme des hyphes 
de la pellicule de l'enveloppe externe; un coup-d'œil jeté 
sur les fig. 1-17 de la pi. II fera comprendre mieux que ne 
pourrait le faire une longue description, la manière d'être 
des ramifications et des bifurcations cellulaires, comme 



(1) N. Patouillard, Lei Hyménomycètes d'Europe, Anatomie générale et 
elcuêifiMtiondeê champignon$ eupérieure, Paris, 1887, p. 6. 

(2) DB Baet, Zur Morphologie der Phalloideen,eic,, 1. c, pi. IV, fig. 14. 



53 

Aussi les divers modes d'ageocement; d'anastomoses et de 
soudure des filaments entre eux. 

En ce qui concerne le contenu, indépendamment de 
celui des cellules globuleuses dont il a été question^ à côté 
de cellules dépourvues de protoplasma — et ce sont les 
plus nombreuses — on en trouve d'autres renfermant 
encore cette substance sous forme d'une masse granuleuse. 
Je n'y ai pas découvert, avec certitude, la présence de 
noyaux. 

En résumé, les hyphes de la pellicule de l'enveloppe 
externe se distinguent de celles de toutes les couches sous- 
jacentes, par la forme, les dimensions de leurs cellules, 
leur mode d'agencement, et j'ajouterai, par leur coloration; 
elles ont, en effet, une coloration jaunâtre qui persiste, 
jusqu'à un certain point, même après l'action du carmin, 
pour lequel, comme on Ta vu, elles ont peu d'affinité. 

D'après Corda, les deux membranes du peridium externe 
se ressemblent absolument par leur structure c gleichen 
in Bezug ibrer Struktur einander vôllig >. Toutefois 
l'auteur dit plus loin en parlant de la membrane externe : 
€ ibre Zellstruktur ist grôber und daber auch deutlicber. 
In guten Querschnitten siebt man sie aus dichtverwebten 
kurzen Zellen gebildet, welche zwischen sich einzelne 
eifôrmige belle grosse, mit einem seitlicben nacb oben 
liegenden Nucleus versebene Zellen umscbliessen, und 
sicb an der Innenflâcbe der Haut ebenfalls in die Fasern 
des Scbleimes verlfingern, wie es die Zellen der inneren 
Haut tbun, etc.(^) ». Il ressort de cette dernière pbrase que 
l'auteur a en vue, non seulement notre cuticule, mais 
toute l'enveloppe externe du peridium. Cependant la 

(i) L. c.yp. 73. 



56 

plupart des caractères qu'il assigne à son < âussere Haut » 
s'appliquent bien aux éléments de la cuticule. Les grosses 
cellules ovoïdes dont parle Corda correspondent évidem- 
ment à celles rencontrées par nous. A part ces cellules, 
rien, dans la figure donnée par Fauteur, ne reproduit, 
même approximativement, les caractères des byphes péri- 
phériques. Ces byphes y sont représentées comme ayant 
le même diamètre que celles situées plus profondément(^). 

« Die âussere Membran besteht aus lânglichen, etwas 
gebauchten, sparsam âstige Zellen ». A cela se réduit tout 
ce que dit Bonorden des caractères des éléments apparte- 
nant à la couche la plus externe du peridium. La figure à 
laquelle renvoie Fauteur ne donne aussi des byphes dont 
il s*agit qu'une idée très imparfaite(3). 

Je ne trouve rien, dans le mémoire de Rossmann, tou- 
chant la structure de l'enveloppe externe du peridium. 

Pour de Bary, la paroi externe du peridium consiste en 
un plexus membraneux formé de plusieurs couches 
d*hyphes à articles longs, ramifiés, d'épaisseur variable. 
Les interstices du plexus sont étroits et renferment de 
l'air(3). L'auteur n'entre pas dans d'autres détails au sujet 
de la structure de ces éléments, et aucune figure ne vient 
compléter la courte description que nous trouvons dans le 
texte. 

J'ai comparé, à ma première couche ou cuticule, la 
couche externe du peridium décrite par Ed. Fischer, chez 
Vlthyphallus tenuis; mais ce mycologue ne signale que la 
couleur brunâtre, le lâche entrelacement des byphes, sans 

(l)L.c.,6g. il. 

(2) L. c, p. ao, Taf. I, fig. 2. 

(3) Zur Morpkologiû der Phalloideenf etc., 1. c, p. 89. 



37 

sarréter autrement à la structure de ces derniers. 

Dans la couche interne (B) de l'enveloppe externe, quel 
que soit le nombre de zones qui la composent, nous ren- 
controns des hyphes qui, par Tensemble de leurs carac- 
tères, se distinguent, à première vue, de celles de la 
pellicule. A la limite des deux couches, certaines hyphes 
servent en quelque sorte de transition entre celles à 
cellules larges et courtes de la pellicule, et celles à cellules 
toujours plus étroites et généralement plus longues de la 
couche sous-jacente. Dans ces éléments de transition, des 
filaments grêles succèdent plus ou moins brusquement à 
ceux beaucoup plus larges de la couche externe (PL 11^ 
fig. 18, a-e). 

L'épaisseur des cellules de la couche interne est, en 
moyenne, de 1 à 2 f^. Fréquemment, au niveau des cloi- 
sons, existent comme dans la pellicule et souvent plus 
prononcés, des bourrelets en demi-cercle ou boucles 
rudimentaires(PL II, fig. 20-23, 25, 27, PI. III, fig. 1). 
Dans certains cas, le nodule, séparé par une cloison de la 
cellule qui lui a donné naissance, embrasse perpendicu- 
lairement la cloison de séparation des deux cellules con- 
tiguês (PI. II, fig. 20-23, PI. III, fig. 1). A certains 
endroits des bifurcations, on trouve une disposition qui 
mérite d'être signalée. C'est une sorte d'expansion mem- 
braniforme, rappelant une disposition semblable qu'il 
n'est pas rare de rencontrer dans certaines fibres ner- 
veuses en voie de développement (PI. II, fig. 24). 

D'après quelques mensurations faites en prenant 
pour points de repère les cloisons avec renflements à 
boucle, la longueur des cellules oscille entre 17, 5 f* 
et 50 p. 

Contrairement à ce qui a lieu pour les cellules de la 



38 

pellicule, le plus souvent dépourvues de contenu proto- 
plasmique, celles de la couche interne renferment tou- 
jours un protoplasme granuleux, ce qui explique, en 
grande partie du moins, la facile coloration de cette 
couche par le carmin. Je ne me prononcerai pas sur la 
question de savoir si certains granules plus vohimineux 
et plus susceptibles de coloration que les parties voisines 
correspondent- ou non à des noyaux. 

On a vu que les caractères de structure assignés par 
Corda à son < âussere Haut » correspondent à Tensemble 
de Tenveloppe externe, c'est-à-dire à nos deux premières 
couches, mais ne sont applicables, en réalité, qu*aux fila- 
ments de la pellicule. 

Bonorden, Rossmann, de Bary et Ed. Fischer ne nous 
apprennent rien sur les caractères des cellules et des 
hyphes de la couche interne de Tenveloppe externe. 
Comme on a pu le constater, ce que dit de Bary 
des éléments de celte enveloppe en général s'applique 
plutôt à ceux de la couche interne qu*à ceux de la 
pellicule . 

2. Masse intermédiaire. Dans la masse intermédiaire 
gélaiiniforme, la plupart des filaments présentent ceci 
de caractéristique qu'ils se composent de parties alternati- 
vement plus larges et plus étroites, d'où, dans certains 
cas, un aspect plus ou moins moniliforme (PI. III, 
fig. 3-6). Les parties étroites n'atteignent pas 1 f* d'épais- 
seur, les parties larges mesurent, en moyenne, 2 à 3 fx. 
Les filaments étroits montrent le plus souvent des points 
ou bâtonnets foncés, séparés par des espaces clairs ; les 
parties larges renferment un protoplasme granuleux 
dans lequel on distingue, par places, comme dans celui 
des hyphes de la couche interne de Penveloppe externe, 



39 

des grains plus grossiers et plus susceptibles de coloration. 
Il est impossible de découvrir, sur les filaments étroits, des 
cloisons cellulaires; celles-ci se voient, quoique rarement, 
sur les parties larges. La mensuration de deux cellules a 
donné, pour l'une 25 fA, pour Tautre 30 f^ de longueur. 

La forme si caractéristique de la plupart des hyphés de 
la masse intermédiaire n'est pas un produit artificiel ; je 
la rencontre aussi bien sur les coupes que sur les prépa- 
rations obtenues par dissociation. Gomment expliquer 
d'ailleurs si elle était le résultat des réactifs employés ou 
un produit d'altération qu'elle appartient seulement à la 
partie gëlatinisée du peridium? 

De là à considérer cette disposition spéciale comme étant 
en rapport avec le processus de gélificâtion, il n'y a pas 
loin. Les parties étroites devraient leur origine à la gélifi- 
cation quasi complète des parois cellulaires. Il se passe- 
rait, pour ces hyphes de Phallus^ un phénomène analogue 
à celui signalé par M. Patouillard chez le Voharia gUnoce- 
phala: c on ne distingue au microscope, au milieu de la 
glaire qui recouvre le chapeau, que des stries sombres, indi- 
quant la cavité primitive des cellules gélifiées (^). > Seule- 
ment, chez le Phallus imptidicw^ entre les stries sombres, 
se trouvent intercalées des portions hyphiques plus larges, 
qui indiquent que la transformation gélatineuse ne se fait 
pas en même temps ou n*est pas également active sur 
toute la longueur des filaments fongiques. Dans une pré- 
paration à l'encre de Chine, que je dois à robligeance de 
mon savant collège, M. le prof. L. Errera, les parois géli- 
fiées des hyphes provenant de la couche intermédiaire du 



(l)L. c, p. 7. 



40 

peridium du P. impudicus se distinguent de la façon la 
plus nette; or je constate que le diamètre transversal de 
ces hyphes correspond sensiblement à celui des renfle- 
ments non gélifiés. Il serait intéressant de vérifier si, à 
répoque de la pleine maturité du champignon, les parties 
larges se retrouvent encore. 

Corda ne nous renseigne nullenïent sur les caractères 
des hyphes de la couche gélatineuse. 

Bonorden, après avoir dit quelques mots des cellules 
constituantes des deux enveloppes du peridium, ajoute : 
«t Der zwischen beiden Hâuten liegende Schleim enthâlt 
die Fortsetzungen dieser Zellen, sie haben hier aber eine 
etwas veranderte Gestalt, sie sind seltener septirt und 
anastomosiren ».* Et plus loin : < Die Zeilen sind stets 
dichotom verzweigt, die Zweige in den Winkeln auch oft 
erweitert(^) ». Dans cette description, on le voit, il n'est 
fait aucune allusion aux dilatations séparées par des 
étranglements, que présentent les hyphes de la masse 
intermédiaire du peridium. Rien non plus, dans la figure 
très médiocre à laquelle renvoie rauteur(Fig. 4), ne donne 
une idée de cette disposition. Je ferai remarquer que les 
dilatations signalées par Bonorden, aux endroits de bifur- 
cations de cellules fongiques de la couche gélatiniforme 
et de Tenveloppe externe, dilatations très faiblement 
indiquées dans la figure 3 de son mémoire^ rappellent les 
dilatations semblables que nous avons rencontrées sur le 
trajet des hyphes de la couche in terne de Tenveloppe 
externe. 

Gomme il a été dit dans la première partie de ce tra- 



(i) L. c, p. 20, fig. 4. 



41 

vaily d'après Rossmann, les fins filaments fongiques de la 
substance gélatiniforme ne semblent pas différer de ceux 
que Ton rencontre dans les parties du corps radiaire 
interne ; ils sont ramifiés, articulés et se terminent ou 
non par une dilatation. 

De Bary insiste davantage sur la structure de la coucbe 
muqueuse ou gélatineuse. Cette couche consiste, diaprés 
lui, indépendamment de la masse homogène, en des fila- 
ments étroits, cloisonnés, à articles allongés, à mem- 
brane mince, à contenu protoplasmique homogène. Ces 
filaments à ramifications nombreuses sont lâchement 
entrelacés, souvent aussi reliés entre eux sous forme de 

réseau Aux endroits de contact avec les parois 

externe et interne du peridium et avec la pièce basale, ces 
filament se continuent directement avec ceux de ces 
organes (<). Plus loin, de Bary revient sur les caractères 
de la couche gélatineuse, dans le cours du Z* stade. 
Il constate que, malgré l'augmentation d'épaisseur de la 
couche sa structure primitive persiste; seulement, les 
filaments légèrement épaissis, présentent çà et là des 
dilatations variqueuses, et renferment un protoplasme 
irrégulièrement et grossièrement granuleux(3). Il semble 
résulter de ce passage que de Bary a vu, dans la couche 
intermédiaire du peridium chez P. caniniu^ la disposition 
rencontrée par nous dans celte même couche, chez 
le P. impudicus. 

Dans son mémoire déjà cité, Ed. Fischer ne nous 
apprend rien au sujet des caractères des filaments fongi- 
ques dans la masse gélatiniforme. 



(1) L. c, p. !(9. 

(2) Zw Morphologie der Phalioidem, etc., 1. c, p. 68, 



42 

3. Enveloppe interne. Je n'ai rien de bien particulier à 
ajouter, en ce qui concerne les hyphes de cette enveloppe, 
aux indications données dans la première partie de ce 
mémoire. Indépendamment de leur délicatesse au niveau 
de la quatrième (D) et de la cinquième (E) couche^ elles se 
caractérisent surtout par leur trajet hélicoïde à la hauteur 
de la quatrième (PI. I, fig. 8, D). Dans la sixième cou- 
che (F), les hyphes plus grossières se continuent, du côté 
interne, dans les travées de la glèbe. J*ai déjà signalé 
la présence, au milieu de ces hyphes, de nombreux 
corpuscules réfringents. Cette couche renferme, en outre, 
en assez grand nombre, des hyphes de nature spéciale sur 
lesquelles je reviens plus loin. Fait digne de remarque, 
dans la cavité du stipe où ces hyphes sont plus nom- 
breuses encore, elles se trouvent aussi associées à de 
semblables corpuscules réfringents. 

Je ne trouve nulle part indiquée, dans les auteurs qui se 
sont occupés de la structure des Phalloïdées, le trajet en 
tire^bouchon des hyphes de Tenveloppe interne du peri- 
dium. Quant aux hyphes spéciales auxquelles je yiens de 
faire allusion, elles ont été vues par Corda, mais seulement 
dans ce que l'auteur appelle les voiles externe et interne, 
non dans le peridium. 

Hyphes claviformes. 

Les hyphes constituantes du peridium dont nous nous 
sommes occupé jusqu'à présent varient surtout d'après les 
couches ou les zones auxquelles elles correspondent; mais 
il est d'autres filaments fongiques dont les caractères, 
nettement tranchés d'ailleurs, semblent absolument indé- 
pendants du siège que ces filaments occupent. Dans le péri- 



43 

dium, ils sont surtout abondants au niveau de la couche 
interne; on les trouve aussi, et plus nombreux encore, dans 
le tissu qui remplit primitivement la cavité du stipe. 

A première vue, ces hyphes se distinguent de leurs con- 
génères par Pensemble de leurs caractères morphologiques. 
Ce sont des éléments de longueur variable, parfois très 
longs — jusqu*à occuper, et au-delà, tout le champ du 
microscope — en général cylindriques (PI. III, fig. 86, 
fig. 106), parfois plus ou moins aplatis, rubanés; de 
diamètre le plus souvent uniforme sur une grande partie 
de leur trajet, lequel est rectiligne ou, plus fréquemment, 
ondulé; non ou très rarement septés, rarement ramifiés, 
terminés, au m'oins à Tune de leurs extrémités, par un 
renflement claviforme, souvent très développé. iNe voulant 
pas préjuger la vraie nature et la signification de ces fila- 
ments fongiques, je les désignerai sous le nom A'hyphes 
clavifonnes. La manière dont ces hyphes s'unissent et 
s'articulent entre elles mérite de nous arrêter un instant. 
On distingue deux modes d'articulation principaux : dans 
un premier mode, le plus fréquent, l'un des filaments se 
juxtapose, par une extrémité non renflée, bout à bout ou 
latéralement, à la dilatation claviforme du filament contigu 
(PI. III, fig. 7, 8, a, 10, d); dans un second mode, les 
extrémités des deux filaments conjugués sont également 
renflées et s'embrassent en quelque sorte (PI. III, fig. 8, 
a, 6). Il existe aussi des dispositions intermédiaires, dont un 
coup d'œil sur les fig. 7 à 10 de la pi. III peut donner une 
idée. 

DansI es préparations provenant d'objets conservés dans 
l'alcool et examinés dans la glycérine diluée, alors que 
les hyphes ordinaires un peu épaisses offrent un aspect 
granuleux, les hyphes claviformes paraissent homogènes, 



44 

très réfringentes, à contours foncés. Toutefois il n'est pas 
rare de voir la partie homogène interrompue en certains 
points, comme fragmentée dans le sens transversal (PI. III, 
fig. 10, a, d, e, fy g); à ces niveaux, Taspect homogène 
fait place à un aspect granuleux. Ces interruptions semblent 
donner la clef d^une disposition très remarquable présentée 
par d'autres filaments daviformes, et que j'ai constatée 
notamment après Taction de Tiodure de potassium ioduré; 
elle consiste en une striation transversale très nette et 
parfois très régulière, des stries plus foncées alternant 
avec des stries plus claires (PI. III, fig. 9). 

A quoi faut-il attribuer l'aspect homogène des hyphes 
daviformes? Est-il dû à l'épaississement de la paroi cellu* 
laire ou bien à la présence d'un contenu spécial ? 

Il s*agit bien d'un contenu spécial, et voici les arguments 
qui militent en faveur de cette manière de voir. 1) D'abord 
l'interruption, par places, de la substance homogène n'est 
guère favorable à Thypothèse d'après laquelle l'homogénéité 
résulterait d'un simple épaissement des parois hyphiques. 
2) Dans aucun cas, ni sur les filaments vus en longueur, 
ni sur les coupes tranversales réelles ou optiques, je n'ai pu 
découvrir la moindre trace de lumière centrale; aux 
endroits où existe Taspect homogène, il comprend toute 
l'épaisseur du filament. 5) La substance homogène se 
comporte, non comme une substance solide, mais comme 
une masse molle, di£Quente; sortie des hyphes, elle forme 
ces gouttelettes sur lesquelles j'ai déjà attiré l'attention, et 
que Ton rencontre toujours, en nombre plus ou moins 
considérable, dans le voisinage des filaments en massue. 
Une de ces gouttelettes est représentée pi. III, fig. 10 c. Il 
m'a paru que certaines formes spéciales des hyphes davi- 
formes pourraient bien provenir d'une échappée de la 



45 

substance homogène, après rupture de la paroi cellulaire 
(PI. m, fig. 10, e, x). 

Le contenu homogène se colore simplement en jaune 
par riode; il ne fixe pas le carmin; au contact de la 
safranine, il prend une teinte rose vif; la vésuvîne lui 
donne une coloration jaune d*or d'autant plus prononcée 
que la substance se trouve en masse plus épaisse, par 
conséquent au niveau des renflements claviformes (PI. III, 

fig. 10). 

Des cristaux d'oxalate de chaux en petites macles 
d'inégale grandeur se rencontrent assez souvent et en 
quantité variable, à l'endroit des renflements en massue 
(PI. III, fig. -7 et 8). Ils semblent incrustés dans la 
substance des hyphes. 

A première vue, les hyphes claviformes paraissent abso- 
lument indépendantes des autres filaments fongiques; 
toutefois un examen attentif fait découvrir, en certains 
points, des formes transitoires qui établissent sans doute 
une liaison entre les deux. 

Avant de rechercher quels peuvent être la signification 
et le rèle des hyphes claviformes, examinons si elles ont 
été signalées, chez les Phallus, par d'autres observateurs. 

Les filaments en question ont été vus et passablement 
figurés par Corda, dans ce que Tauteur appelé : « Schleier 
derinneren Strunkflache » (Taf. VII, fig. 8). Parlant de 
ces filaments, il s'exprime comme suit : « Die Zellfasern 
sind an ihrer Gliederung oft seitlich sackfôrmig erweitert, 
und in dieser Erweiterung findet man Spuren eines schlei- 
migen Inhaltes (0 » . L'auteur indique ainsi deux des 
principaux caractères des hyphes claviformes. 

(I) Tandis que, dans Texplication de la figure 8, il s'agit du « Schleier 



46 

Bonorden parle d'une dilatation vésiculaire terminale 
de cellules fongiques du peridium; mais il s'agit, d*après 
lui, d'un produit artificiel : c Wenn man ein Stûckchen 
der inneren Haut mit feinen Nadeln zerreist, um ihren 
Bau zu untersuchen, so trennen sicb hâufig die articu- 
lirten Zellenden, die Zellen erscheinen daher oft so, als 
wenn sie in einer blasigen Auftreibung endeten, dies ist 
aber nur Folge des UntersuchuDg(0 ». L'auteur a-t-il eu 
sous les yeux les vraies hyphes à dilatation terminale clavi- 
forme? A en juger d'après le passage qui précède, c'est 
peu probable. D'ailleurs, aucune des figures du mémoire 
de Bonorden ne nous renseigne à cet égard. 

Rossmann parle de filaments à extrémité renflée, et il 
figure de semblables filaments dans ce qu'il appelle la 
strie centrale (2); mais la figure à laquelle renvoie l'auteur 
n'est nullement démonstrative, et Ton reste forcément 
dans le doute s'il s'agit ou non des filaments claviformes. 

J'ai en vain cherché, dans les travaux de de Bary et de 
Fischer, quelque indication touchant ces filaments, pour* 
tant si caractéristiques et sur lesquels, on vient de le voir, 
Corda avait déjà attiré Taltention. 

Quelle est la signification des hyphes claviformes ? Elles 
rappellent incontestablement, par plusieurs de leurs 
caractères, les laiicifères des Russules et des Lactaires : 
leur grande longueur, leur diamètre relativement considé- 



der inneren Slrunkflache »; dans le texte, Pauteur renvoie a cette figure à 
propos do « âusscrer Strunkschleier » (1. c, 72-73). Dans la figure 6 où 
Corda représente une partie du « ausserer Strunkschleier », les filaments 
en massue sont moins reconnaissables. 

(i) L. e., p. ao. 

{2)L.c.,p.l90, fig. 17. 



47 

rable et le plus souvent uniforme sur une grande étendue, 
leur trajet généralement ondulé, la rareté de leurs anasto- 
moses, la dilatation terminale, la minceur de leur enveloppe, 
Taspect homogène de leur contenu, l'absence presque 
constante de cloisons, constituent autant de points de 
ressemblance avec les filaments laticifères. Des formations 
rappelant ces filaments ont d'ailleurs été signalées chez 
beaucoup de champignons appartenant aux groupes les 
plus divers ; ainsi, par exemple, chez le Fistulina hepatica 
par de Seynes, chez les Àgaricus praecox eiA.olearius par 
Tulasne, chez des Amanites, des Volvaires^ des Bolets, 
des Polypores, etc. J'ai sous les yeux des préparations de 
Fistulina hepatica traitées par Tiode et renfermant les 
filaments en question ; leur coloration brun-foncé trahit 
inmiédiatement leur vraie nature; ce sont bien des latici- 
fères, mais, ce caractère à part, ils présentent, avec les 
hyphes claviformes de Phallus^ de nombreux points de 
ressemblance; seulement leur épaisseur est, en général, 
un peu plus forte. Ce qui frappe notamment c'est l'inter- 
ruption, par places, du contenu homogène et son rempla- 
cement par un contenu granuleux, tout comme cela 
s'observe chez le Phallus impudicus. C'est donc surtout par 
la nature de leur contenu que les hyphes claviformes de 
ce dernier se distinguent des vrais laticifères. On a vu 
comment ce contenu se comporte en présence de l'iode et 
de diverses matières colorantes; il s'agit d'ailleurs d'échan- 
tillons conservés dans l'alcool depuis un temps plus ou 
moins long. Ces données sont nécessairement insuffisantes 
pour permettre de diagnostiquer la vraie nature du contenu 
homogène. Il serait indispensable, pour atteindre ce but 
d'étudier les hyphes claviformes sur des exemplaires 
fraîchement recueillis. Depuis que mon attention a été 



48 

altirée sur ces éléments^ je n ai pas eu l*occassion de les 
examiner dans de semblables conditions. 

Comme le remarque M. Patouillard « la spécialisation 
des fonctions physiologiques chez les champignons com- 
mence à se montrer par la présence d'hyphes oxali- 
gènes(l). » Serions-nous en présence d'hyphes de cette 
nature? Sans prétendre trancher la question, je rappelerai 
la présence fréquente, au niveau des renflements en 
massue, de macles d'oxalate de calcium. 

Je constate aussi une ressemblance assez grande entre 
nos hyphes claviformes et les « weitlumigen Hyphen » 
récemment décrites et figurées par Ed. Fischer chez 
Cyttaria Darwini Berk.(2). La principale différence résulte 
de ce que les hyphes à large lumière observées par Fischer 
sont vides. Les objets dont disposait Tautcur étaient con- 
servés dans Falcool. 

En résumé, de nouvelles recherches et surtout des 
recherches faites sur le vif sont nécessaires avant de pouvoir 
se prononcer, d'une façon définitive, sur la vraie significa- 
tion et la vraie nature des hyphes claviformes du Phallus 
impudicus. Il serait notamment utile, pour arriver à 
résoudre le problème, de s'adresser à des stades plus 
jeunes, dans le but de rechercher la première apparition 
et le mode de genèse des éléments en question. 



(1) L. c, p. 17. 

(2) Ed. FiscHBB, Zur Kenntniu der PUzgattung Cyttaria, Bot. Zeitang, 
iê Jahrg., 1888, n* tfl, S. 820, Taf. Xlf , fig. 7a. 



49 



EXPLICATION DES PLANCHES. 

TonUi Uê fyurei oni été dessinéu à la chambre ehUre, 

A. Gouehe externe da peridium (Catienle). 

B. Deuxième couche du peridium. 

a. Zone externe de cette couche. 

b. Zone moyenne A * » 
e. Zone interne » » » 

C. Troisième couche du peridium. 

d, e, f. Zones qui la composent* 

D. Quatrième couche du peridium. 

^, h. Zones qui la composent. 

E. Cinquième couche du peridium. 

i, k, I. Zones de cette couche. 

F. Sixième couche ou couche interne du peridium. 

PL I. 

Fig. 1. Goupe transversale du peridium d'un échantillon au 2« stade du 

développement (db Bàbt). Hrtn. s. 4. oc. 3. 
9 2. Fragment de coupe transversale de la partie externe du peridium 

du même. Hrtn. s. 5. oc. 3. 
a 3. Coupe transversale de la partie interne du peridium du même. 

Hrtn. s. 4. oc. 3. 

• 4. Goupe longitudinale de la partie interne du peridium du même. 

Hrtn. s. 4, oc. 3. Tube retiré. 
« 5. Coupe longitudinale de la partie interne du peridium du même. 

Hrtn. s. 8. oe. 3. 
« 6. Coupe longitudinale du peridium d'un échantillon au 3« stade de 

développement (de Bart). Hrtn. s. 2. oc. 3. 

• 7. Coupe longitudinale de la partie externe du peridium du même. 

Zeiss. DD. oc. 2. 
» 8. Coupe longitudinale de la partie interne du peridium du même. 
Même grossissement. 



50 



FI. n. 



Fig. 1-17. Hyphcs de la cbuche externe du peridium. Zeiss s. F. oc. 2. 
Tube rentré. 

> iS. a, b, e, df e. Filaments fongiques au niveau de la transition 
entre la couche externe (A) et la couche sous-jacente (B). 
Même grossissement. 

19-28. Hypbes de la deuxième couche (B) du peridium. Même grossis- 
sement. 

PI. m. 

Fig. 1-2. flyphes de la couche B (deuxième couche) du peridium. Zeiss. ^. 

F. oc. 2. Tube retiré. 
» i-6. Hjrphes de la couche C (troisième couche) du peridium. Même 

grossissement. 
V 7-8. a, b, Hyphes claviformes de la couche F du peridium. Même 

grossissement. 
» 9. Hyphes de la même région, après traitement par Piodure de 

potassium ioduré. — Zeiss. obj. apochr. 4.0 mm. oc. compen- 
sateur 4. 
» 10. a^g. Hyphes provenant de la partie centrale du stipe avant 

épanouissement. Traitement par la vésuvine. — Même 

grossissement. 







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S2 

« cisscment des mérithalles et même des styles, agran- 
« dissement luxuriant des organes, coloration des corolles, 
« plénitude de sève qui empêche les sépales de se flétrir 
« trop tôt et les fait participer à la prompte maturation . 
« des fruits. » 

Selon M. Christ, les caractères des espèces de montagne 
seraient invariables et se conserveraient dans les pieds 
transportés dans la plaine. Le R. glaiLca descendu des 
régions élevées dans les galets de TAar, près de Neuhaus, 
vers 570 mètres d*altitude, se distingue^ il est vrai, dit 
M. Christ, par une taille beaucoup plus élevée, mais il 
conserve ses autres caractères, même ceux de la maturité 
précoce et des sépales quasi persistants. Le R, glauca qui 
existe sur les collines de la Belgique, paraîtrait y être, 
pour M. Christ, un reste d*une végétation glaciaire. 

Le même auteur ajoute : «Très généralement, le rempla- 
« cernent des fl. canina et dumetorum par les R, glauca 
« et coriifolia est rapide et complet dans les Alpes, le 
« Jura et les Vosges. Dans les montagnes de l'Allemagne, 
« il en est de même, avec la différence que les Roses de 
« montagne descendent plus bas, mais cependant pas 
« jusqu'au fond des bassins et des plaines : tel est le cas 
« près de Wûrzbourg, Weimar etBudolstadt, en Silésie, 
« en Moravie et en Angleterre. C'est seulement dans le 
(( Nord près de Dantzig, sur la Westerplatte, qu'on atteint le 
« point où les A. glauca et coriifolia commencent à appa- 
« raitre dans la plaine, ainsi que cela s'observe en Scandi- 
« navie. Mais toujours avec la différence significative 
« que ces derniers Rosiers choisissent de préférence les 
< lieux boisés, tandis que les R, canina et dumetorum 
a habitent des stations champêtres. Dans le Midi, les deux 
« Roses de montagne se tiennent à de plus grandes 



S3 

hauteurs, parce que là les deux autres espèces moulent 
jusque dans la région montagneuse. Le R. glauca^ 
sous une forme très réduite qui rappelle le R. ferru- 
gînea Vill.^ pénètre jusque dans les Abruzzes et le 
R. coriifolia atteint l'Apennin toscan. 
« On rencontre assurément, c'est encore M. Christ qui 
parle, des formes interniédiaires entre les R. canina et 
glauca^ entre R. dumetorum et coriifolia^ mais leur 
apparition est rare. Ce sont là les formes indécises que 
j'ai nommées R. glauca var. tubcanina et R. coriifolia 
var. subcollina. » 
En considérant certains faits bien établis sur le faciès 
et sur la distribution géographique d'un bon nombre 
d'espèces de montagne appartenant à d'autres genres, on 
est disposé à accepter de confiance comme étant fondées 
la plupart des remarques émises par Al. Christ sur les 
caractères et la dispersion des R. glauca et R. coriifolia; 
mais dès qu'on aborde l'examen des faits on ne tarde pas 
à concevoir des doutes sur la légitimité des idées du savant 
botaniste de Bâle. 

Nous allons examiner successivement les questions 
suivantes. Les espèces dites de montagne présentent-elles 
bien d'une façon suffisamment constante : 
1® des folioles relativement grandes? 
2* une inflorescence raccourcie ? 
3^ des pédicelles courts, cachés par les bractées ? 
4^ des styles réunis en capitule court? 
Ko des réceptacles à maturation précoce? 
G"" des mérithalles courts et un port trapu ? 
Nous estimons qu'à la première question on peut 
répondre négativement. Souvent les R. canina et jR. dume- 
torum de la plaine présentent des folioles relativement 



54 

grandes et, d*autre part, souvent les R. glauca et fi. corii- 
folia de la montagne portent des folioles petites ou 
médiocres. 

Il n'est pas rare de trouver des variétés du R. canina^ 
A. dumetorum et fi. tomentella à inflorescence raccourcie 
avec des pédicelles cachés par les bractées. 

Quant à la question des styles courts ou allongés, nous 
ne comprenons pas bien ce que M. Christ a entendu dire. 
Nous savons que dans les Synstylae les styles sont normale- 
ment longuement exserts pour former une colonne stylaire 
égalant les étamines ou à peu près ; que dans la section 
Stylosocy les styles sont un peu saillants et constituent une 
courte colonne stylaire; que dans la section IndUcae^ les 
styles sont également un peu saillants^ mais non rappro- 
chés les uns des autres en colonne. Nous pouvons ajouter 
que dans le R. sericea^ ce type si singulier, les styles sont 
également saillants, et même parfois jusqu'à égaler les 
étamines. Mais dans toutes les autres espèces connues, à 
l'exception du R. gigantea dont la place taxinomique n'est 
pas encore bien arrêtée, les styles sont inclus ou du 
moins ne dépassent Torifice du réceptacle que tout juste 
assez pour porter leurs stigmates au jour. Normalement, le 
capitule stigmatique est sessile, plus ou moins arrondi ou 
conique, plus ou moins gros ou plus ou moins petit selon 
que le sommet des styles est plus ou moins velu, glabrescent 
ou glabre(^). Ce n'est que très accidentellement que les 



(1) Qaand les styles sont très velus, les stigmates sont séparés les uns 
des autres par le tomentum et leur écartement produit un gros capitule 
sUgmatique étroitement appliqué par ses bords autour de l'orifice du 
réceptacle. Dans ce cas, les stigmates ne sont pas plus sessiles que dans 
les capitules à si} les glabres, glabrescents ou faiblement hérissés; seule- 
ment ici le tomei|tum n*empéche pas d'apercevoir le sommet des styles 



55 

styles se montrent saillants d'une façon marquée dans la 
fleur vivante ou sur le réceptacle à l'état de vie; mais ce 
qui arrive assez souvent, par suite de la contraction des 
tissus du réceptacle florifère et surtout du réceptacle 
fructifère durant la préparation des spécimens d'herbier, 
c*est que les styles font saillie d'une façon apparente 
au-dessus du disque, portant ainsi à quelque distance de 
celui-ci le capitule stigma tique. C'est là un accident qui a 
fait croire à quelques phytographes que les styles étaient 
plus allongés dans certaines espèces ou variétés que dans 
d'autres. Cette exsertion artificielle se constate facilement 
dans les formes à sépales rabattus pendant la maturation 
des réceptacles, mais il n'est pas aisé de l'observer dans 
les formes à sépales relevés après Tanthèse. 

Si M. Christ a entendu parler de la longueur absolue 
des styles, la question est différente. La longueur totale 
des styles est en rapport avec la forme du réceptacle. 
Si celui-ci est court, les styles seront courts, s'il est allongé, 
les styles seront plus longs que dans le premier cas. Mais 
s'il existe des types spécifiques dont les réceptacles fructi- 
fères sont toujours ou presque toujours courts, c'est-à-dire 
arrondis ou déprimés, et d'autre part, s'il existe d'autres 
types à réceptacles habituellement plus ou moins allongés, 
on compte certaines espèces ou variétés qui voient leurs 
réceptacles varier de la forme globuleuse ou subglobuleuse 
à la forme ovoïde, parfois avec un rétrécissement supé- 
rieur plus ou moins marqué. Les R. caninay R. dumet(H 
rum, R. glauca, R. coriifolia et R. graveolens présentent 



qui sont plas oa moins saillants selon la place occupée par eux dans le 
capitule. II n'y a donc entre les capitales stigmatiques tomenteux, 
hérisses, glabrescents ou glabres que la seule différence produite par le 
degré de Tîllosîté ou de glabréité. 



86 

ces dernières variations dans leurs réceptacles fructifères. 
II s'en suit que ces espèces peuvent avoir chacune des 
styles plus ou moins courts ou plus ou moins allongés selon 
la forme que prend leur réceptacle. La longueur des styles 
étant sous la dépendance de la forme des réceptacles, les 
caractères que Ton peut en tirer ne peuvent avoir que la 
valeur de ceux du réceptacle, valeur reconnue & peu 
près nulle, comme celle de la présence ou de Tabsence 
d'un pédicule aux akènes ou aux ovaires. 

La maturation plus précoce des R.glauca et R. coriifolia 
pourrait être un caractère distinctif moins douteux que les 
précédents, mais il a besoin de faire l'objet de nouvelles 
observations. Il est toutefois à remarquer que des variétés 
de R. canina et de R. dumetorum croissant, dans la 
montagne, en compagnie des R. glauca et R. coriifolia^ 
peuvent mûrir leurs réceptacles en même temps que ces 
derniers. Ce sont là des variétés que M. Christ rapporte- 
rait, non pas aux R, canina et R. dumetorum^ moins bien 
au R. glauca et R. coriifolia sous les noms de subcanina 
et mbcollina. Ces variétés sont-elles bien réellement des 
formes intermédiaires, comme le pense M. Christ? C*est 
poifsible. Dans tous les cas, les matériaux conservés dans 
rherbier de cet auteur sous les noms de var. subcanina 
et var. subcollina ne nous présentent rien de bien clair, 
de bien précis, et ne nous paraissent pas justifier Tidée 
que Fauteur s'en est faite. Il nous semble que rétablisse- 
ment et la délimitation de groupes intermédiaires, s'ils 
existent toutefois, entre les R. glauca et A. coriifolia d'une 
part et les A. canina et fi. dumetorum de la plaine, 
d'autre part, exigera de longues et délicates recherches. 

Selon M. Christ, les espèces de montagne dont il a été 
question ci-dessus auraient des mérithalles plus courts et 



87 

un port plus trapu que les espèces correspondantes de la 
plaine. En ce qui concerne les R. glauca, R. coriifolia^ 
R. canina et R. dumetorum, les exceptions à cette règle 
nous ont paru tellement nombreuses qu*on fera peut-être 
bien de n'accepter celle-ci que provisoirement en attendant 
des vérifications nouvelles. Nous sommes à nous deman- 
der si c*est bien à l'influence de l'altitude qu'on doit exclu- 
sivement attribuer le raccourcissement des entrenœuds et 
le port plus trapu de certains buissons de R. glaiLca et de 
fî. corUfoUa, et si ce n*est pas plutôt à des influences 
purement locales tenant à la nature des stations. Dans les 
AlpeSy au même niveau d*altitudey et à peu de distance les 
uns des autres, nous avons constaté de telles différences 
dans le port de buissons de R, glama et de R. coriifolia, 
que nous sommes porté à n'accorder aucune valeur à 
l'altitude sur le raccourcissement des mérithalles et sur le 
port des buissons de Rosa. Les R. alpina^ R. ferruginea, 
R. montana et R. pomifera varient également beaucoup, 
dans les mêmes localités, selon la nature des stations. 

Le R. montana Chaix, qui est une espèce de montagne 
croissant assez fréquemment dans les mêmes localités que 
les R. glatu^a, R. coriifolia et R, abietina (A. uriensis)^ con- 
tredit d'une façon frappante ce qu'avance M. Christ sur 
rinfluence de la montagne en ce qui concerne le raccour- 
cissement des mérithalles et la taille des buissons de 
Roses. Cette espèce se présente parfois comme un petit 
arbrisseau, mais, le plus souvent, elle constitue un buisson 
aux tiges élancées dépassant de beaucoup les autres 
espèces de montagne croissant à côté de lui et dépassant 
également d'une façon sensible les jR. canina et R. dumeto^ 
rum. Tel est le cas que nous avons fréquemment constaté 
dans les alpes du Dauphiné, du Piémont et de la Suisse, 



S8 

Nous sommes porté à croire que M. Christ s'est trop 
inspiré du fait si connu de la réduction de taille chez les 
plantes alpines sous Tinfluence de l'altitude et a été ainsi 
entraîné dans une généralisation un peu précipitée. 

Recherchons maintenant si la plaine ne nous offre pas 
d'exemples à mettre en parallèle avec ceux que M. Christ 
cite pour la montagne^ et qui viendraient nous démontrer 
que la réduction de taille et le raccourcissement des 
mérithalles ne sont point exclusifs à la montagne. 

Le R. rubiginosa L. de la plaine comparé aux R. mp- 
crantha et aux R, caninaf R. dumetorum et R. tomentosa 
avec lesquels il croit souvent en mélange, nous offre un 
exemple admirablement démonstratif de réduction des 
mérithalles et de la taille. Le contraste entre ce type et les 
autres espèces citées, reste frappant sur tous les points de 
la Belgique, depuis le niveau de la mer jusque sur les 
collines de 100 à 200 mètres et même sur des points 
plus élevés de notre pays. L'analogie du R. rubiginosa 
avec les R. glauca et A. coriifolia tels que les caractérise 
M. Christ se poursuit dans la coloration plus intense de sa 
corolle, dans la contraction de Tinflorescence et dans le 
relèvement des sépales après l'anthèse. 

Au sujet de leur distribution dans les montagnes, du 
moins dans les Alpes, le Jura et les Vosges, M. Christ pré- 
tend que le remplacement des R. canina et R. dumetorum 
par les R. glauca et R. coriifolia est rapide et complet. 
En est-il bien ainsi? Encore, pour ce cas, le monographe 
des Roses suisses ne nous parait pas avoir suiBsamment 
vérifié les faits et semble s*étre laissé entraîner par des 
idées préconçues. 

MM. Burnat et Gremli lui ont déjà fait remarquer que 
dans les Alpes maritimes les espèces dites de montagne 



K9 

croissent à la même altitude et souvent dans les mêmes 
stations que les espèces parallèles de la plaine. 

En Belgique, les R. glauca et R. coriifolia, qui sont 
toutefois rares et très disséminés, croissent en compagnie 
desR. caninaei R. dumetorum entre les limites de 100 à 
800 mètres d^altitude. Ils paraissent se rencontrer dans 
des conditions analogues en Thuringe. Ces deux der- 
niers exemples sembleront sans doute peu concluants à 
M. Christ, parce qu'ici, il ne s*agit pas de véritables 
montagnes. 

Mais même dans les Alpes de la Suisse, les faits sont-ils 
bien tels que les expose le botaniste bàlois? Nous ne le 
pensons pas^ car il n'est pas rare de voir, du moins à des 
altitudes peu élevées, de vrais fi. canina et fi. dumetorum 
croître en compagnie des fi. glauca et fi. coriifolia. 

Il restera à constater si, à des altitudes plus élevées, ces 
deux dernières Roses restent pures de tout mélange avec 
les formes parallèles de la plaine. 

En ce qui concerne les fi. glauca et fi. coriifolia^ nous 
estimons qu'il reste encore beaucoup de vérifications et 
d'observations à faire avant d'être définitivement bien ren- 
seigné sur leurs caractères morphologiques et sur leur 
distribution dans le sens de l'altitude. 

Quant au fi. graveolenSf son caractère montagnard nous 
parait encore loin d'être démontré. De nouvelles recher- 
ches sont indispensables pour fixer exactement la distribu- 
tion de cette Rose au point de vue de l'altitude. 

Nous engageons vivement les spécialistes à porter leur 
attention sur les divers faits que nous avons traités ci- 
dessus, et à relever avec précision l'altitude des stations 
des espèces dites montagnardes et les dates de leur florai- 
son et de leur maturation comparées à celles des espèces 
et formes dites de la plaine. 



60 



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Concordance des styloB velus avec les sépales 

relevés après ranthèse. 

MM. Burnat et Gremli ont été les premiers à signaler 
la concordance des sépales relevés après Tanthèse avec 
des styles velus. D'après ces habiles spécialistes, cette con- 
cordance paraîtrait presque générale. Le fait signalé par 
eux est certainement curieux et mérite de fixer Tattention, 
mais a-t-il bien toute l'importance qu'ils semblent y atta- 
cher et peut-il être d'un grand secours pour la distinction 
de certaines formes? 

Nous allons examiner cette question. 

Établissons tout d*abord que toutes les espèces à sépales 
relevés après Tanthèse et véritablement persistants sont, 
à notre connaissance^ à styles densément velus ou tomen- 
teux. Ces espèces sont : 



R. pomifera Herrm. 

R. mollis Sm. 

R. orientalis Dupont. 

R. elymaitica Roiss. et Hausskn. 

R. cinDamomea L. 

R. davurica Pall. 

R. DQtkana Presl. 

R. pisocarpa Gray. 

R. blanda Ait. 

R. arkansana Porter. 

R. ragosa Thuob. 

R. kamtschatica VoDt. 

R. laxa Retz. 

R. Beggeriana Schrenk. 

R. anterinaefoUa Boias. 



R. Alberti Regel. 

R. gymnocarpa Nutt. 

R. Webbiana Wall. 

R. macropbylla Lindl. 

R. alpînaL. 

R. acicularis Lindl. 

R. pimpinellifoUa L. 

R. xanthina Lindl. 

R. latea Mil). 

R. sulpburea Ait. 

R. sericea Lindl. 

R. minutifolia Engelm. 

R. laevigata Hicb. 

R. micropbylla Tbumb, 



61 



Les espèces et les formes seeoadaires à sépales relevés, 
mais demi-persistants sont également à styles plus ou 
moins velus. Tel sont les : 



R. gUueaVUl. 
R. coriifoiû Pries. 
R. uriensis Lag. et Pag. 
R. moQtana Chaix. 
R. ferrugînea Yill. 



R. rabiginosa L. 

R. glatinosa Sibth. eiSm. 

R. sicula Tratt. 

R. graveoleDS Gren. 

R. omissa Désëgl. 



Si nous n'avons pas énuméré le R. Heckeliana Tratt. 
dans Tune ou Tautre de ces deux catégories, c*est que nous 
ne savons pas si les sépales sont demi-persistants ou per- 
sistants. 

A la suite de ces deux groupes, nous pouvons en citer 
un troisième, celui des Carolinae, dans lequel les styles 
sont densément velus avec des sépales non-rabattus après 
Tanthèse, mais étalés ou relevés en coupe, persistant ordi- 
nairement pendant la maturation, et à la fin caducs. 

Examinons maintenant à ce point de vue les espèces à 
sépales rabattus. 

La section des Bracteataef comprenant les JR. bracteata 
Wendl. et R. clinùphylla Thory {R. involucrata Roxb.) 
présente des styles tomenteux avec des sépales rabattus U). 

Dans la section des Synstylae^ où les sépales sont tou- 
jours rabattus, les styles sont glabres ou velus selon les 
espèces. C*est ainsi que les R. muliiflora, R. phoentcxa^ 
R. arvensis et R. setigera se son! constamment montrés 
jusqu'ici à styles glabres, et les JR. microcarpay R. ÇoU 



(\) N'ayant pas encore eu l'occasion d'observer des fruits bien mûrs des 
R, braeieata et R, elinophylla, nous ne pouvons pas dire si les sépales se 
désarticulent et deviennent à la fin caducs, ou s'ils sont persistants. Il y a 
là une incertitude qu'il importe de faire disparaître. 



62 

leM, R. LfAciae^ R. Wichuraiana^ R. tunquinensis, R. 
anemonaeflora et R. moschcUa, à styles velus. Quant au 
JR. setnpervirensy ses styles sont presque toujours velus, 
mais ils peuvent se montrer glabres dans quelques cas 
très rares. 

Le R. stylosùf qui constitue à lui seul le groupe Stylosae, 
a les styles presque toujours glabres (0, très rarement 
velus; ses sépales sont rabattus. 

Dans les R. indica Lindl. et R. semperflorens Gurt., 
les styles, qui sont normalement saillants, sont tantôt 
assez longuement glabres au sommet, puis plus ou moins 
velus vers la base, tantôt velus jusque vers le sommet; ils 
peuvent être enfin complètement glabres. La véritable 
allure des sépales après Tanthèse, et pendant la maturation 
n'est pas encore bien connue. Les sépales restent-ils habr- 
tuellement réfléchis après Tanthèse et deviennent-ils 
caducs par désarticulation, ou bien se relèvent-ils et sont- 
ils persistants? Nous avons vu des cas de relèvement très 
caractéristique avec des styles glabres, mais n'étaient-ce 
pas là de simples accidents? 

Le R. gigantea a les styles velus jusqu'au sommet ou 
assez longuement glabres sous les stigmates. Dans cette 
espèce, les sépales restent rabattus sur le réceptacle mùr, 
mais finissent-ils par se désarticuler ou bien sont-ils per- 
sistants? Sur un fruit mûr que nous avons pu examiner, les 
sépales ne présentaient aucune trace de désarticulation. Y 
aurait-il ainsi des sépales réfléchis avec persistance? Il y a 
là, selon nous, un point fort important à élucider. 

(1) Nous n*avons en vue ici que la partie visible des styles au-dessus de 
Torifice du réceptacle. Il arrive dans la section des Stylosae comme dans 
celle des Caninae {Cynorrohdon) que la partie inférieure et cachée des 
styles dits glabres peut être plus ou moins velue. 



65 

Dans la section des Caninae (Cynorhodon)^ à sépales 
rabattus et caducs^ les R. canina, R. dumetorum et R. 
tomentella ont ordinairement les styles velus, mais 
chacun d*eux présentent certaines variations à styles 
glabres ou glabrescents. Le R. Pouzini a plus souvent les 
styles glabres que velus. Le R. sepium est dans le même 
cas. Le A. micrantha présente fréquemment des styles 
glabrescents ou glabres, mais parfois aussi des styles plus 
ou moins fortement hérissés. 

Le R. gallka et le R. Jundzilli sont deux espèces qui, 
avec des sépales rabattus, sont à styles plus ou moins 
densément velus. 

D'après ce qui précède, on voit que la grande majorité 
des espèces est à styles velus et que la villosité des styles 
accompagne toujours ou presque toujours des sépales rele- 
vés après Tanlhèse, persistants ou demi-persistants, que 
certains espèces peuvent avoir des styles velus avec des 
sépales rabattus comme certains types à styles glabres ou 
glabrescents. La glabréité des styles serait-elle pour quel- 
que chose dans la réflexion des sépales de certaines espè- 
ces ou formes? Y aurait-il là une véritable solidarité ou 
seulement une simple concomitance? MM. Burnat et 
Gremli semblent soupçonner qu'il pourrait bien y avoir 
une sorte de solidarité entre les deux faits. Pour appuyer 
cette façon de voir, ils invoquent une variété du A. Pou- 
zini (R. leptoclada Boullu) à styles velus et à sépales rele- 
vés et plusieurs soi-disant variétés des R. coriifolia et 
R. glauca. A notre avis, ces exemples ne sont pas con- 
cluants; Tun d'eux est probablement un simple accident, 
les autres sont établis sur des interprétations spécifiques 
bien douteuses. Du reste, on peut opposer à ces faits 
relatés par MM. Burnat et Gremli^ d'autres faits contraires, 



64 

c*est-à-dire des cas de relèvement des sépales avec des 
styles glabres. Avant de pouvoir se prononcer dans cette 
question, il faut se livrer à de nouvelles recherches. 



III. 



Quelle valeur peut-on accorder & la présence 
d'acicules et de glandes sur les axes P 

Nous avons plusieurs fois attiré Taltenlion sur la valeur 
que Ton peut attribuer aux acicules ou aux glandes qui 
apparaissent sur la tige, les branches et les ramuscules. 

Nous croyons utile de reprendre nos anciennes observa- 
tions sur ce sujet et de les compléter. 

L'armature des axes a toujours fait, de la part des spécia- 
listes, l'objet d'une étude très sérieuse. Plusieurs auteurs 
se sont même appuyés sur la forme et la disposition des 
aiguillons et de leurs dérivés pour établir les divisions 
principales de leur classification, ou du moins pour 
caractériser certaines sections du genre. Godet s*est unique- 
ment basé sur Tarmature pour répartir les espèces 
(européennes)en groupes principaux, dont les subdivisions 
reposent également sur la forme et la disposition des 
aiguillons. M. Regel a eu aussi recours à Tarmature pour 
établir certaines subdivisions de sa classification. Tout 
récemment, M. Baker, dans l'appendice de la neuvième 
édition du traité des Roses cultivées, par M. W. Paul 
(The Rose Garden), s'inspirant des idées de Godet, fait 
remarquer que la majeure partie des Roses peut-être 
distribuée en trois groupes : Diacanthae, Heteracanthae et 
Homocanthae. 



68 

Malgré leur nature appendiculaire, les aiguillous et les 
acîcules fournissent d'excellents caractères, mais ils n*ont 
pas toute rimportance que leur ont attribuée certains 
spécialistes et ne peuvent servir uniquement de base à la 
classification naturelle du genre. 

Les aiguillons et les acicules sont, comme d'autres 
organesy soumis à des variations assez nombreuses; il 
faut une assez longue expérience avant de pouvoir discer- 
ner ce qui est normal, constant, de ce qui n'est qu'acciden- 
tel et passager. Sans cette expérience, on peut, à chaque 
instant, être dupe des apparences. Les erreurs sont d'autant 
plus faciles que l'on a souvent affaire à des spécimens 
d'herbier ne représentant que de simples fragments 
d'individus. 

C'est sur le vif soit à l'état sauvage, soit dans les 
jardins, que Ton doit surtout chercher à se rendre un 
compte exact de la forme des aiguillons. Tous ceux qui 
ont beaucoup examiné de Rosiers vivants, et spécialement 
ceux qui se sont livrés aux expériences de culture, savent 
combien les aiguillons sont sujets à varier selon la force 
ou la faiblesse des axes. Dans son jeune âge, le Rosier émet 
des tiges délicates, à aiguillons ressemblantsouvent fort peu 
à ceux qui se développeront postérieurement sur des axes 
robustes. Ces aiguillons sont grêles, plus ou moins nom- 
breux, souvent droits, alors que leur forme normale appar- 
tient au type crochu; d'autre part, ils pourront être 
alternes, alors qu'ils appartiennent à la catégorie des 
aiguillons régulièrement géminés. Ce n'est qu'après deux 
ou trois ans et même après un plus long laps de temps 
que le buisson de Rosier donne naissance à des tiges sur 
lesquelles l'armature se présente, dans les conditions 
propres à l'espèce. Remarquons que Tàge ne suffit pas 

8 



66 

toujours pour faire acquérir au buisson son cachet normal. 
Certains buissons, provenant de plants — nous parlons ici 
de Roses élevées dans les cultures — ayant été contrariés 
dans leur jeune âge, peuvent rester malingres pendant 
très longtemps et n*oifrir qu'une armature plus ou moins 
anomale. Ce fait se produit également à Tétat sauvage 
et donne souvent lieu, tant au point de vue des aiguillons 
que sous le rapport des autres organes, à des apprécia- 
tions erronées sur la valeur des caractères. L'arrêt de 
développement provoqué par Tune ou Tautre cause, passa- 
gère ou constante, peut donner naissance à des formes 
naines, chez lesquelles Tarmature diffère notablement de 
celle des formes ayant pu se développer d'une façon 
normale. Le phytographe doit donc se mettre en garde et 
rechercher avec soin, avant de prendre une décision sur les 
caractères d*armature d'un type spécifique quelconque, 
quelles sont les diverses causes capables d'altérer la forme et 
la disposition typiques d'une espèce. C'est pour n'avoir pas 
tenu compte de ces causes de variation^ que bien des 
descripteurs ^e sont trompés en appréciant les caractères 
de Tarmature soit en exagérant la valeur de certaines 
formes et de certaines dispositions d'aiguillons, soit en 
refusant à ceux-ci la valeur taxinomique à laquelle ils ont 
droit. 

Etudiée dans des conditions normales, la forme des 
aiguillons, malgré ses variations, présente souvent des 
différences constantes d'espèce à espèce, ou même parfois 
de groupe à groupe. C'est ainsi que les aiguillons crochus 
du R. rubiginosa se distinguent des aiguillons crochus du 
R- canina, que les aiguillons crochus des Synstylae sont 
différents des aiguillons crochus des Caninae^ que les 
aiguillons arqués et parfois plus ou moins droits du 



67 

A. tomentosa ne peuvent pas être confondus avec les 
aiguillons droits du H. villosa L. (A. pomifera Herrm. et 
R. mollis Sm.). 

La coloration même des aiguillons peut offrir, à son 
tour, des caractères distinctifs qu*il est utile de faite res- 
sortir. Certaines espèces ont des aiguillons constamment 
très pâles, d*un vert jaunâtre, tandis que d'autres espèces 
les ont plus ou moins vivement colorés. 

Passons maintenant aux acicules et aux glandes des axes. 

Certaines Roses présentent constamment ou habituelle- 
ment des acicules ou des glandes, tandis que d^autres n'en 
présentent qu'accidentellement. Les acicules ou les glandes 
accompagnent tantôt des aiguillons alternes, crochus ou 
droits^ tantôt des aiguillons géminés, crochus ou droits. 

Voici le tableau des espèces^ rangées par sections, qui 
présentent normalement ou accidentellement des acicules 
ou des glandes en dehors de la partie inférieure des tiges. 

Sbct. — SYNSTYLAE. 

R. moioliata Herrm. — Présence accidentelle de soies glandaleuses 

ou de fines acicules. 
K. arrenala Hads. — Même observation. 
B. anemonaeflora Fortune. — Présence probablement accidentelle 

de soies glanduleuses. 

Sect. — GALLICAE. 

B. gallioa L. — Présence à peu près constante d*acicules glanduleuses 
ou non glanduleuses. 

Sbct. — CANINAE. 

&. oanina L. — Présence très accidentelle de fines [acicules ou de soies 
glanduleuses. 

B. mbiginoaa L. — Présence assez accidentelle d*acicules ou de soies 

glanduleuses. 
B. glutinosa Sibth. et Sm. — Présence à peu près constante d* acicules 
et de soies glanduleuses. 



68 

Sect. — CAROLÏNAE. 

H. humilia Marîh. — Présence accidentelle d*aciculei. 

R. luoida Ehrh. — Même obsenration. 

R. nitida Willd. — Présence constante d*acîeoles. 

Sect. — CINNAMOMEAE. 

H. olnnamomAa L. -^ Présence accidentelle d*acicules. 

B. davurioa Pall. — Même observation. 

R. nigOsaThunb. — Présence constante d^acicules. 

R. kamtohatioa Vent. — Même observation. 

R. nutkana Presl. — Présence accidentelle d*acicules. 

R. laxa Retz. — Même observation. 

R. Beggeriaiui Schrenk. — Même observation. 

R. Albarti Regel. — Présence assez constante d'acicules. 

R. gjnmooarpa Nntt. ^ Même observation. 

R. maorophylla Lindl. — Présence accidentelle d*aciculcs. 

R. Webbiana Wall. — Même observation. 

R. blaada Ait. — Même observation. 

R. aolonlarls. Lindl. — Présence constante d*acicales. 

R. nipponemais Crép. — Même observation. 

R. alpina L. — Présence accidentelle d*acicules. 

Sect. — PIMPINELLIFOLIAE. 

R. pimpinellif olia L . — Présence constante d^acicales. 
R. zanthina Lindl. — Présence très accidentelle d^acicoles. 

Sect. — LUTEAE. 
R. ralphnrea Ait. ^ Présence bibitaelle de fines glandes. 

Sect. — SERICBAE. 
R. serioaa Lindl. — Présence accidentelle d*acicules. 

Sect. — MINUTIFOLIAE. 
R. minutifolla Bngelm. — Présence constante d'acicules. 

Sect. — BRACTEATAE. 
R. braoteata Wendl. — Présence accidentelle d'acicules glanduleases. 



69 

Sect. ~ LAEVIGÂTAE. 
S« IfteTigaia Michx. — PréseDCt accidentelle d*acicoles. 

On peut déjà voir p«r cette liste, en tenant compte des 
espèces non sétigères qui font partie des diverses sections, 
que la présence ou l'absence d'acicules sur les axes ne 
peut servir à caractériser les sections naturelles du genre 
et que le groupe désigné sous le nom d'Heteracanthae est 
constitué d'éléments hétérogènes. 

Dans la section Synstylae, les tiges, même à leur base, 
ne sont pas sétigères et l'apparition d'acicules ou de glandes 
sur Tun ou rau(re point des axes n*a aucune valeur sous 
le rapport taxinomique. 

Dans la section Caninae^ le R. rubiginosa présente très 
souvent des aiguillons sétacés ou des acicules dans toute la 
partie inférieure de ses tiges, parfois même à une assez 
grande hauteur, surtout dans les buissons plus ou moins 
atteints de nanisme. Il y a là un caractère qu'on peut uti- 
liser pour distinguer cette espèce de la plupart des autres 
espèces de la sous-section Babiginae. L'apparition d'aci- 
cules dans la partie supérieure de la tige du R. rubiginosa 
et sur les ramuscules florifères est accidentelle, comme 
dans diverses variétés du R. canina. 

Chez le R. glutinosay dont l'autonomie spécifique nous 
laisse encore des doutes, la tige et ses ramifications sont 
presque toujours chargées d'aiguillons droits mélangés à 
de nombreuses acicules. Tant que cette Rose conserve 
une taille naine, les aiguillons restent droits, mais dès 
que les axes s'allongent, les aiguillons tendent à reprendre 
on reprennent la forme crochue caractéristique de la 
plupart des Rubiginae. La disparition des acicules est 
très rare. 



70 

Dans la section des Carolinae^ le R. carolina présente 
des acicules dans la partie inférieure de ses tiges^ mais 
' ces acicules s^arrétent bientôt et ne s*élèvent jamais dans la 
partie moyenne ou supérieure. Chez le R. humilis^ les 
acicules sont plus nombreuses et parfois envahissent 
complètement la tige et s*étendent sur ses ramifications. 
On peut dire la même chose du R. lucida. Quant au 
M. nitida^ son état habituel est d'être complètement 
sétjgère. 

Dans la section des Cinnamomeae^ les acicules se présen- 
tent dans des conditions très variées. Toutes leurs espèces 
ont la partie inférieure de leurs tiges plus ou moins séti- 
gère; mais, chez les unes, les acicules disparaissent bientôt 
sans envahir les parties moyennes ou supérieures, comme 
cela se passe ordinairement dans les R. cinnamomea^ 
R. davuricOf R. nutkanay R. pisocarpa^ R, californicaf 
R, macrophylla^ R. Webbiana^ R, blanda et R. a/ptna, 
tandis que dans les R. rugosa, R. kamtchaîkaf R. acicu^ 
laris et R. nipponensis les acicules recouvrent entièrement 
tous les axes d*une façon constante. 

Au point de vue dos acicules, les R. Alberti et R. gytn- 
nocarpa présentent un état intermédiaire entre les quatre 
dernières Roses citées et les autres Cinnamomeae. 

Le nanisme peut modifier profondément les caractè- 
res que les acicules présentent habituellement sur les buis- 
sons de taille ordinaire. C*est ainsi que dans certaines 
formes naines des R. blanda, R, Reggeriana, R. Alberti 
et R. gymnocarpa, les tiges avec leurs ramifications peu- 
vent être complètement sétigères, prenant par là le 
caractère des R. acicularis, JR. nipponensis, R. kamtchatica 
et R. rugosa. 

En présence de ces états divers dans la situation des 



71 

acicules et des variations qu^entraine le Danisme^ il faut 
user de beaucoup de prudence dans remploi des caractères 
basés sur ces appendices. 

Pour ceux-ci, comme pour les aiguillons, le phytographe 
a besoin d*une longue expérience avant de pouvoir les faire 
servir utilement à la distinction des espèces. 



IV. 



Bemarques sur le disque. 

Dumortier, dans sa Monographie des Roses de la flore 
belge (1867), fait la critique des diverses classifications pro« 
posées avant lui pour les espèces du genre Rosa. N'étant 
satisfait d'aucune de ces classifications, qui, à son avis, ne 
sont point naturelles, il en invente une nouvelle, dont les 
bases reposent sur les différences offertes par un seul 
organe. 11 avait cru que pour Tarrangement taxinomique 
des espèces dans le genre, on devait procéder comme pour 
la classification des groupes primordiaux, c'est-à-dire cher- 
cher dans la fleur seule un caractère de premier ordre 
auxquels tous les autres caractères doivent être subor- 
donnés. 

Si, pour rétablissement des grandes divisions du règne 
végétal, on trouve certains caractères auxquels tous les 
autres caractères sont subordonnés, il n*en est plus tout 
è fait de même lorsqu'il s'agit de groupes taxinomiques 
secondaires et surtout quand il est question de l'arrange- 
ment des espèces dans le genre. Plus on descend dans la 
série végétale, plus devient faible ce que l'on désigne sous 
le nom de subordination des caractères. C'est pour avoir 



72 

méconnu cette vérité que Dumortier a fait complètement 
fausse route et que sa nouvelle classification des Roses 
est même plus artificielle que bien des classifications anté- 
rieures. C*est également pour cette raison qu*une foule 
d*auteurs ont établi dans d autres genres des divisions qui 
ne respectent pas les véritables affinités. 

Le botaniste belge s'était imaginé que, dans le genre 
Basa, le sommet apparent de la coupe réceptaculaire, qu'il 
appelle le nectaire et que d'autres auteurs désignent sous 
le nom de disque^ était un organe distinct dont les modifi- 
cations devaient servir principalement de base à une 
classification naturelle des espèces. 

En partant de là, il a subdivisé le genre en trois grou- 
pes d'espèces : les unes à nectaire nul constituant le sous* 
genre Chamaerhodony d'autres à nectaire mince, inséré sur 
le calice, constituant le sous-genre Cassiorhodony enfin 
d'autres à nectaire épais, inséré au sommet de Turcéole. 
Ces dernières espèces étaient subdivisées d'après des 
caractères tirés des styles et des ovaires en trois sous- 
genres Erorhodon, Cynorhodon et Stylorhodon. 

L'absence de nectaire, la présence d'un nectaire mince 
inséré sur le calice ou d'un nectaire épais inséré au 
sommet de l'urcéofe reposent sur des faits mal observés. 
Ce que Dumortier appelle le nectaire existe dans toutes 
les espèces du genre, seulement il est plus ou moins 
large ou plus ou moins épais selon les espèces; quant à sa 
prétendue insertion, elle est la même partout. EchafTau- 
dée sur de grossières erreurs d'observation, cette soi-disant 
classification naturelle devait nécessairement entraîner à 
des associations tout à fait artificielles. C'est ce qui est 
arrivé. Aussi voyons-nous le sous-genre Chamaerhodum 
constitué du R. pimpinellifolia (sect. Pimpinnellifoliaé) 



73 

et du R. Sabini (sect. Caninae); le sous-genre Coisio- 
rhodon composé des R. cinnamomeay R. fraocinifolia 
(secU Cinnamomeae) et du A. carolina (sèct. Carolinae) ; 
le sous-genre Erorhodon formé du R. gallica (sect. Ga/- 
Kcae) et du A. fur6tna/a (forme hybride qui n'appartient 
pas à la section Gallicae) ; le sous-genre Cynorhodon com- 
prenant des espèces de la section Caninae associées au 
R. alpina(seei. Cinnamomeae); le sous-genre Slylorhodon 
présenter le R. arvensis (sect. Synstylae) uni au R. stylosa 
(sect. Stylosae). 

Comme on le voit, la classification de Dumortier est 
une œuvre qui ne repose sur aucun fondement réel 
et qui ne mérite pas une critique plus étendue. Cet auteur 
a eu, du reste, le grand tort de s*occuper de la classifica- 
tion des Roses sans tenir compte des espèces exotiques, 
qu'il ne connaissait d'ailleurs que très imparfaitement. 

L'erreur dans laquelle est tombé ce phytographe n'a 
toutefois pas été sans profit pour la science, car elle a attiré 
de nouveau l'attention sur une partie de la fleur qu'on avait 
généralement trop négligée, c'est-à-dire sur la forme du 
disque. En 1869, dans le premier fascicule des Primiîiae 
monographiae rosarum^ nous avons donné quelques détails 
sur le disque de plusieurs espèces; en 1873, M. Christ, 
dans sa monographie des Roses de la Suisse (Ote Rosen der 
Schweiz, etc.), a fait intervenir la forme du disque dans la 
diagnose de quelques groupes de sa classification. 

Bien avant Dumortier, Lindiey avait fait usage du dis- 
que pour caractériser certaines sections. C'est ainsi que 
l'on trouve dans sa monographie : 

DÎT. IV. OixmttmomeAe : discus tenais (nequtqutm incrasMtus). 

— V. Fimplnellifoliae : diieus subnullus. 

— VI. OentIfollA* : discus incrusatos ftacem cUudeiu. 



74 

DÎT. VII. Tilloiae : diseiu incrassatus faocem claudens. 

— VIII. Bubiginoifte : discus incrassatus. 

— IX. OaninAe : discas incrassatus faucem claudens. 

En rapprochant ces citations de la classification de 
Dumortier basée sur la forme du disque, on doit recon- 
naître que cet auteur a pour ainsi dire calqué son devancier 
et que les caractères du disque ne sont pas en somme de 
son invention. 

Remarquons que Lindiey et Dumortier ont considéré le 
disque dans la fleur, tandis que M. Christ Tenvisage dans 
le fruit. 

Les observations déjà assez nombreuses que nous avons 
faites sur la forme du disque, nous font espérer que 
celui-ci, étudié avec soin sur le vif, finira par livrer des 
caractères distinctifs qui ne seront pas sans importance. 
Il est même très probable que ses modifications correspon- 
dront assez fidèlement à certaines sections naturelles, ou à 
des sous-sections. 

Nous nous réservons de publier sur cette partie de la 
fleur un travail spécial accompagné de figures, dans lequel 
nous ferons connaître l'organisation anatomique du disque. 
Celui-ci est constitué de deux parties distinctes : Tune 
superficielle, plus ou moins mince ou plus ou moins épaisse, 
prenant naissance à l'orifice du réceptacle, formée d*un 
tissu parenchymateux à cellules assez grandes, dans 
lequel circulent les vaisseaux se rendant aux filets des 
étamines; Tautre formée d*un tissu plus compacte consti- 
tuant la masse principale du col du réceptacle. 

Dès le début de la fructification, la partie superficielle 
du disque et qui constitue le véritable nectaire, se des- 
sèche, brunit, tandis que la partie sous-jacente du col 
du réceptacle continue à vivre et s'épaissit plus ou moins. 



75 



V. 



Direction des sépales pendant et immédiatement 

après l'anthèse. 

Si la direction des sépales pendant le maturation du 
réceptacle a été prise en sérieuse considération par la 
plupart de spécialistes modernes, leur direction pendant 
et immédiatement après Tanthèse n*a pas fait Tobjet d'une 
attention suflBsante. 

En 1818, Seringe (Musée helvétique) signalait la 
réflexion des sépales desR. moschata^ B. indica et JR. damas- 
cena pendant Tanthèse. En 1820, Lindley disait que la 
réflexion des sépales, pendant Tanthèse, contribue à 
distinguer le A. damascena du R. centifolia, elle R. alba 
de diverses autres espèces. 11 attribuait à son R. Brunonii, 
qui n*est qu'une simple variété du R. moschata, des sépa- 
les réfractés pendant Panthèse. 

Les auteurs qui sont venus ensuite n'ont pas apprécié 
tout rintérèt de ces premières observations sur la direction 
des sépales pendant l'anthèse et n ont pas utilisé celle-ci 
comme elle le méritait. Celte indifférence à Tégard de ce 
caractère, comme Tindifférence qu*on n*a cessé de témoi- 
guer è regard d'autres caractères excellents, est due à une 
malheureuse routine qui date de Linné, d'après laquelle on 
attachait une importance excessive aux caractères du revête- 
ment des organes. Cette routine, nous Pavons dit ailleurs, 
a fait souvent fermer les yeux sur des caractères bien 
autrement importants. 

La direction des sépales pendant Tanthèse peut, comme 



76 

Ta dit Lindley, aider à distinguer certaines espèces les unes 
des autres. 

Dans les Synstylae^ les sépales paraissent être plus sou- 
vent réfractés pendant l'anthèse qu'étalés ou un peu 
défléchis. 

Dans les Cinnamomeae^ certaines espèces ont les sépales 
appliqués sur la corolle, d'autres les ont plus ou moins 
défléchis, d'autres enfin les ont franchement réfractés. 

Les mêmes variations s'observent dans la section Canular. 

Nous sommes persuadé que des observations faites avec 
soin sur l'allure des sépales pendant Tanthèse et immédiate- 
ment après Tanthèse, et sur le temps que ces organes 
mettent à se relever, dans les espèces à sépales redressés 
pendant la maturation, donneront des résultats fort inté- 
ressants au point de vue de la distinction des espèces et 
des variétés. 



MYCBTES SIBmiCI. 

DBSCRIPSIT 
P.-A. SAGGARDO, 

AMVTÂiiTiMJfl DocT. A.-N. BuLBti, DOCT. J.-B. Di-ToHi,- J. Paoutti n 

F. Sacgaioo. 



Mycetes plures a cl. Nie. Martianoff in Sibiria média 
colleetos eollega optitnus Lib. Bar. F. de Thûmen duos 
ante annos determinandos tradidit. Adjuvantibus doctori- 
bus A.-N. Berlese et J.-B. De-Toni discipulisque J. Paoletti 
et F. Saceardo, mihi carissimis, fungos istosnuper scru- 
tatussum et nunc in lucem edo. 

Jam ab anno 187Smeritissimus N. Martianoff mycetes 

sibiricos, praecipue prope Minussinsk, diligenter colligere 

et amicus de Thûmen iliustrare caeperunt. Ex quo studio 

ortae sunt quinque contributiones, in annalibus Societ.Nat. 

Moscuensis evulgatae sub titulo : « Thûmen's Beitrâge 

zur Pilzflora Sibiriens », lanno 1877, Ilanno 1878, III 

anno 1880, IV (in qua egomet nonnulas species descripsi) 

anno 1880, tandem V anno 1882. His addenda est ejns- 

dem cl. Thuemenii nota : « Fungi aliquot novi in terra 

Kîrghisorum ». Florentiae anno 1880 édita, in qua 

mycetes 14 a cl. J. Schell lecti prope Orenburg Sibiria 
occid. describuntur(l). 



(i) Excluduotur fangi descripti in Sorokine • Aperça syst. dés Chytri- 
diacées récoltées en Russie et dans TAsie centrale, Paris 1882 > et in 



78 

Contributio haec conlinet fungos IIS, quorum 89 sunt 
mycologiae Sibiricae addendi, ex his vero 2S omnino novi, 
qui describuntur et icône illuslrantur. Nomina specierum 
novarum praeter paternitatem roeam praebent illam singuli 
adjutoris qui mecuni stirpem scrutatus est. 

Ut spécimen quoddam habeatur, licet valde imper- 
fectum, florae mycologicae Sibiriae mediae, cataloguai 
mycetum omnium ibi hucusque observatorum in calcem 
addidi. Species omnes a Thuemenio enumeratas retuli, etsi 
plures — praecipue Uredinearum — sensu recentiorum 
auctorum essent reducendae v. reformandse. Faciès hujusce 
florae mycologicae, quoad gênera omnia, quoad specieâ 
plurimas, ab europaea non multum differt; non paucae 
sunt formae speciflcae novae, sed cum typo europaearum 
satis congruentes. 

Patavii XY Maji iS89. 

P.- A. Saccardo. 



Hymenomyceteae. 

ArmilUirla mellea Wahl. — Sacc. Syll., V, p. 80. 

Bab. in silvis pr. fl. Uss (i728).(0 
BMsalarabra Fr. — Sacc. Syll., V, p. 462. 

Hab. in silvis pr. fl. Uss (1 723). Legit Saffianoff . 
— pnrparea GilK — Sacc. Syll., V, p. 458. 

Bab. in silvis pr.fl.Uss(1728). Legit Saffianoff. 



ejusdem «Mater. Flor. Asie centr. Moscuael884» in quîbus enumerantur 
species ex Turkestan et Afganistan ; nec non species (2i) descriptae in 
« Borscowii Pilze der Middendorffsche Reise aus dein Hochnorden Sibirien, 
Petersb., 4856-07. » 
(i) Nameri inter parenthèses respondent collectioni cl. Martianoff. 



79 

C&«Hii^hMiu tImMu Fr — Sacc. Syll., V, p. 1138. 
Hab. in silvis pr. fl. Uss (1723). Legit Saffianoff. 

Coprtaaft •lerqulllnas Fr. — Sacc. Syll.» V, p. 1080. 
Bob. prope Minussinsk (?) (1424). 

Pcnlopliora dîÊÊmmm Sacc. sp. n. — Effusa, superfi- 
cialis, mox in areolas inaequaliter quadratas y. 
varie angulosas diffissa, coriacea, crassiuscula, 
ex alutaceo rufescens; areolis ambitu perpendi- 
culari nudo concolori inter se discretis; hymenio 
plano-convexo, sub lente tenuissime velutino; 
setulis hymenialibus tereti-oblongis v. tereti- 
conoideiSy 20-30 b= 5-6, spinulis cylindraceis, 
3-5 «» 1 y creberrimis, hyalinis, demum seceden- 
tibus obsessis; sporis non visis. 

— citterea (Fr.) Cooke. — Sacc. Syll., VI, p. 643. 

Hab, in ramis corticatis Rhododendri dahurici 
in silvis subalpinis pr. fl. Golubaja (1803). — 
Species hymenio in areolas discretos eximie fisso 
setulisque longuiscule spinulosis mox distincta; 
3 — 4 cm. extensa, aveolae 1,5 — 2 mm. lat.^ 
i/s mm. crass. 

Hab. in cortice Salicum pr. fl. Syda (1677). 
Cariieiain lacleam Fr. — Sacc. Syll., VI, p. 610. 

Hab. ad ligua Belulae albae pr. fl. Ubey et 
Golubaja (1677, 1811). 

— aaiorpliaiii (Pers.) Fr. — Sacc. Syll., VI, p. 606. 

Hab. in cortice Pini Pitchae in silvis pr. fl. 
Uss (1720). Legit Safiianoff. 

— Incarnalnm (Pers.) Fr. — Sacc. Syll.^VI, p. 625. 

Hab. in cortice Salicum in sylvis subalpinis pr. 
fl. Golubaja (1815). 
Mcranoi rjrlhldacjrelani Sacc. et F. Sacc. n. sp. — 



80 

Resupinatum^hinc hinde breviter effuso-reflexum, 
papyraceum, initio suborbiculare dein confluendo 
elongatum; hymenio exalutaceo rufescenleomnino 
glabro; distincte concentrice sulcato-zonato, mar- 
gine pallidioreadpresse fimbriatulOySubtus(in parle 
reflexa) pallido, substrigoso; sporis... non viais. 

Hab. in oortice truneorum Sorti aucupariae in 
silvis subalpinis pr. fl. Golubaja (1754, 1783). 
— Videtur aifine Stereo percomi B. et Br. Sacc. 
Syll.y VI, p. 576^ sed pileus vix reflexus nec vere 
spongioso-hispidus minusque crassus. A Penùh 
phora papyrina Mont, differt defectu setularum 
hymenialium. 

IJredineae. 

Uromjrce» ffabae (Pers.) De Bary. — Sacc. Syll.,yil, 2, 
p. 531. 

Var. OrobI (Uromyces Orobi (Pers,) Plowr.). 

Hab. in foliis Orobi alpestris iji. 1751) et 
Orobi cujusdam indeterminati (n. 1752) in ail vis 
pr. fl. Golubaja; etiam in ioXm Orobi tuberosi^ 
pr. fl. Nienia in silvis subalpinis (n. 1747). 

Teleutosporae 25-32 = 19-22; pedicellus 
ad 40 fx longus, 2, 5 — 3, 5 /x er. 
Paectnla annalarl» (Str.)Wint. — Sacc. Syll.^VII, % 
p. 689, forma Nepetae. 

Bab. in foliis Nepetae lavandulaceae in desertis 
pr. Maidaschi (n. 1653). 
— Veronicae (Schum.) Wint. — Sacc. Syll.,VII, 2, 
p. 685. 

Hab. in foliis Veronicae longifoliae in pratis 
pr. fl. Oja (n. 1805). 



81 

Teleutosporae 40-45 = 16-90, levés. 
PHCciata AreMariae (Schum.) Sehrôt. — Saoc. Syil., 
Vn, % p. 683. 

Hab. in foliis Cera$tii pilosi in pratis siib- 
alpinis pr. fl. Golubaja (n. i743» 1595) et in 
foliis Stellariae nemarosae in pratis pr. fl« Niemir 
(n. 1744). 

Teleutosporae levés, (in Cerastio) 43-44 »■ 
16-48; (in Stellaria) 34-36 =» 14-15. 

— Valastlae Pers. — Sacc. Syll., Vil, 3, p. 685. 

Hab. in foliis Galii verni in silvis pr. fl. Golu- 
baja (n. 1787). 

Teleutosporae obiongo-fusoideae, 43-48 =» 
14-16 ; pedicellus 36-45 = 3-4. 

— Circacae Pers. — Sacc. Syll., VII, 3, p. 686. 

Hûb. in foliis Circaeae alpinae in silvis umbro- 
sis pr. fl.Golubaja (n. 1763). 
Teleutosporae levés, 23-34 =» 10-11. 

— ¥anac€ll DC. — Sacc. SylL, VII, 3, p. 637. 

Hub. in foliis Artemisiae DracuncuU in deser- 
tis pr. Caratus(n. 1706). 

Teleutosporae longiuscule pedicellatae, 40-43 :e= 
14-18, .levés. 

— Hleracli (Schum.) Mart. — Sacc. Syll. Fung., 

VII, p. 633. 

Hab. in caulibus languidis Crepidis tectorum 
pr. Minussinck (1459). 
Var. Cirait. 

Hab. in foliis Cirsii speciei in pratis subalpinis 
pr. fl. Golubaja (n. 1774). — Teleutosporae 
33-34 =3 16-30; pedicellus brevissinius. 

— fàalMIeaa S. et De-Toni sp. nov. — Hemi- 

6 



82 

puccinia. Acervulis clado-phyllogenisy minutis, 
oblongis, tectis, dein rimose erumpentibus, 
dense gregariis, vix 1/3 mm. longis, ochraceis, 
pulvereis; uredosporis, teleutosporis intermix- 
tiSy sphaeroideis, minutissime asperulis 18-20 
^ diam pallide ocbraceis, decidiie stipitatis; 
teleutosporis eliipsoideis medio-constricto-uni- 
septatis (abnormiter rarissime biseptatis) utriii- 
que rotundatis levibus cinnamomeis tuiiiea 
ubique aequali saturatiore 30-32 = 20-22; 
stipite cylindraceo teleutosporam subaequante 
byalino, mox deciduo. 

Hab. in caulibus foliisque languidis Dian- 
thi sinensis ^ stlvatici (D. bracbylepidis Reieb.) 
in rupestribus pr. flumen Golubaja (1735). Cum 
P. Arenariae (Schum.) = P. Dianthi (DC.) ne 
comparanda quidem. 
Paccinla tasca RelhanFI.Gant.,11.— Saec.Syll.Fung., 
2, VII, p. 669. 

Hab. in fol ii s PuUatillae vulgaris var. altaicae 
pr. Gladen etMetikowo (1693). 
-^carlelcola Fuck. — Sace. Syll., VII, % p. 662. 
f. Cartels pedifollac. 

Hab. in foliis culmisque Caricis pedifoliae in 
silvis pr. Metikowo (n. 1499). 

Teleutosporae 28-30 = 14-16; mesosporae 
25-28 = 15-16. 
Phragmldlam •abcortlciam (Schrank) Wint. — 
Sacc. Syll., VII, 2, p. 746. 

Hab» in foliis Rosae Gmelini in silvis pr. fl. 
Golubaja (n. 1755). Praeter teleulosporas, adsunt 
etiam aecidiosporae globosae, leviter aculeolatae, 
12-16 fA diam., aurantiaco-flavae. 



83 

Prag mldlani PoieaUllae (Pers.) Karst. -* Sacc. Syll., 
VII, 2, p. 743. 

Hab, in foliis Poientillae approximatae in agris 
pr. Sabriuskoje (n. 1780. Legit. A. Argunowa). 

Teleutosporae 3-4-scpta(ae, fuscae 50-72 » 
22-24; pedicellus ad 160 (a longus, 3-4 (jl cr., 
uredosporaeglobosae^aculeoletae, 18-20 [x diam., 
flavescentes. 
Croimrllani laccldam (Alb. et Schwein.) Wint. — 
Sacc. Syll., VII, 2, p. 598. 

Hab. in foliis Paeoniae anomalae in silvis alpinis 
pr. fl. Abalow (n. 1729) et pr. fl. Golubaja 
(n. 1598). 

Teleutosporae 30-36 = 8-10; uredosporae 
22-24 = 14-16. 
melanapsora p»pullna(Jacq.) Lév. — Sacc. Syll.^ Vil, 
2, p. 590. 

Hab. in foliis Populi laurifoliae (absque loco et 
numéro). 
IJrcdo HIeracll Schum. — Sacc. Syll., VII, 2, p. 633. 
Hab. in foliis Cardui crispi in pratis pr. fl. 
Syda(n. 1618). Uredosporae 23-24 p diam. 

— (Caeoma) nlieoa Schwein. — Sacc. Syll., VII, 2, 

p. 866 (Uredo luminata (Schwein., Thûm.). 

Hab. in foliis Rubi saxatilis pr. M. Mac prope 
Fujiuk (n. 1575). 

Sporae globosae 17-19 = 12-15 flavescentes. 

— miniala Pers. — Sacc. Syll. Fung., VII, p. 746. 

Hab. in ramulis vi\is Rosae Gmelini in pratis 
pr.fl. Tuba (1574). Status uredineus Phragmidii 
subcorticii. 
AEcldlatn albeaceua Grev.— Sacc.Syll.,VlI,2,p.612. 



84 

Hab. in foliis caulibusque Adoxae Moschaîelli- 
fiae în silvis pr. fl. Ubej (n. 1433). 

Gonlextus pseudoperidii e cellulis subhexa- 
goniis quasi imbricatis efTormatus; aecidiosporae 
polygoniae 18-20 jli diam. 
AEcidiam Ligalarlae Tbûm. — Sacc. Syll., VII, 2, 
p. 800. 

Hab. in foliis Ligulariae sibïricae in pratis 
humidis pr.Caratus. Leg. Argunowa (n. 1715}. 

Aecidosporae 15-18 f^diam. 

— (tominerfeltll Johans. — Sacc. Syll., VII, %, 

p. 775. 

Hab. in foliis Thalictri speciei cujusdam pr. 
Ussinskoje (n. 1479). 

AEcidiosporae 18-22 fx diam., polygoniae^ 
! levés. 

I — arcentatam Schuitz. — Sacc. Syll., VII, 2, 

I p. 609. (Pucciniae Violae DC. f. aecidiosporae). 

Hab. in foliis caulibusque Violae silvestris var. 
I rupestris in silvis (1853). 

I AEcidiosporae 18-20 fi diam., verruculosae. 

— Ctrall DC. — Sacc. Syll., VII, 2, p. 629. 

f. Saaasoreae. 

i 

Hab. in foliis SatÂSSureae discoloris in pratis pr. 
fl. Ubej (n. 1619). AEcidiosporae 15-16 fx diam. 

— Theall Desv. — Sacc. Syll., VII, 2, p. 602. 

Hab. in foliis Them pratensis pr. montem 
Samochwal (n. 1661). 

AEcidiosporae subpolygoniae, 18-20 p diam. 

— Phlomldls Thûm. — Sacc. Syll., VII, 2 p. 

Hab. in foliis Phlomidis tuberosae in desertis 
pr. Karatus. Leg. A. Argunowa (n. 1708). 
. AEcidiosporae globosae, levés, 18-20 ^ diam. 



85 

AEcidlain rabellani Gmel. — Sacc. Syll. , VII, % p. 630. 
Hab. in foliis Rumicis cordifolu in pratis pr. 
Karatus. Leg. Argunowa (n. 1713). 

— Faleariae var. Bopleorl Ailcati DG. — Sacc. 

Syll., VII, 2, p. 610. 

Hab, in foliis Bupleuri falcati var. scorzoneri- 
folU in lapidosis pr. Gorodok (n. 1589). 

Aecidiosporae 15-18 /^ diam. 

— Urtfcae Schum. — Sacc. Syll., VII, 2, p. 026. 

Hab. in foliis Urticae dioicae (absque loco et 
numéro). 
Ccratlllain eornatam Rabenh. — Sacc. Syll. Fung., 
VII, p. 738. 

Hab. in foliis Sorbi aticupariae vivis in silvis 
subalpinis pr. fl. Golubaja (1753). — Status 
aecidiosporus Gymnosporangii Juniperini. 

XJstilagineae. 

Eatylona hydpoplilliiiii S. et P. sp. n. 

Acervulis amphigenis, suborbicularibus, utrin- 
que proniinulis, nigricantibus, in maculis flaveo- 
lis indefinitis foliorum innatis, nunquam erum- 
pentibus; sporis in quaque cellula matricis plu- 
ribus dense stipatis, subglobosis vel angulosis, 
24 jx diam., episporio crasso brunneo, nucleo 
sphaerico 15 fx diam. subhyalino. 

Hab. ad folia 5tï cicutaefolii in paludosis prope 
Ninussinsk (n. U72). 



86 



Phycomyceteae. 

PeroBospora eÊtamn Grev. Rabenh. — Sacc. Syll. 
Fung., VII, p. 286. 

Hab. iD foliis vivis Àtriplicis levis in ruderalis 
pr. Karalus (1709). Legit A. Argunowa. 

— Lamil (Al. Braun) De Bary. —Sacc. Syll., VII, 

p. 256. 

Hab. in foliis Stachydis palustris in pratis 
prope Minussinsk (n. 1496, p. p.). 

Pyrenomyceteae. 

Erysipbe lamprocarpa (Wallr.) Lév. — Sacc. Syll., 
1, p. 16. 

Hab. in foliis Stachydis palustris prope Minus- 
sinsk (n. 1448). 

— Martll Lév. — Sacc. Syll. Fung., I, p. 19. 

Hab. in caulibus languidis Pedicularis resupi' 
natae in pratis prope fl. Ubej (1647). 
Hypozi^lon acrpcna Fr. S. V. Se, p. 384. — Sacc. 
Syll. Pyr., I, 578. 

Hab. in ligno putri Pini silvestris prope fl. 
Ubej (1679.) 

Obs, Asci longissime pedicellati, 140-150 =» 
6-7; p. sp. 70-80 = 6-7; sporidia cymbiformia 
9-10 s= 4-5 fuliginea, initio biguttalata. 
Anthoataiiia faveolare S. et B. — Stromattulala effuso, 
ligni superficiem nigrificante, maculas subinde 
perithecium singulum complectentes, nigras, for- 
mante, crustaceo; peritheciis i/i mm. diam., 



87 

globosisy atris subcarbonaceis, in collum prominu- 
lum perforatum vix apice incrassalum productiSy 
ligno infossis, vel omniiio immersis sed semper 
parum protuberantîbus; ostiolis exserds, puncti- 
formibus, nigris; ascis i^ylindraceis in stipitem 
brevem abeunlibus, paraphysatis, foveolatisquey 
90 = 8, octosporis ; sporidiis oblique monostichis, 
ovoideisy parum inacquilaleralibus, subinde utrin- 
que attenuatis, 10-12 eaS-ôy guttulatis, rufo- 
fuligineis. 

Hab. in ligno emortuo subputrescente Salicis 

in silvis prope Mont. Kortus (1676). Perithecia 

demum secedentia et foveolas in ligno relinquentia. 

Calosphaerla mialma Tul. — Sacc. Syll. Fung., I, 

p. 101. 

Hab. in ramulis Vibumi Opuli emortuis in 
silvis pr. Patroskilowo (^1631 , p. p.). 
Viilsn leacesioaifi (Pers.) Fr. — Sacc. Syll., I, p. 139. 

Hab. in ramis Sorbi aucupariae? in sylvis 
subalpinis pr. flum. Golubaja (n. 1781). 
— Saffianofflaiia S. et B. -^ Peritheciis in acervulos 
elevatos cortice interiore hinc inde nidulantes 
dispositis, irregulariler monostichis vel subpoly- 
stichis globosis, 10-30 in quoque acervulo, osliolis 
cylindraceis^ breviusculis, in fasciculo libero col- 
lectis, apice incrassatulis, poro ininuto perlusis; 
ascis clavatis, subsessilibus, 36-40 =» 6-7, octospo- 
ris; sporidiis subdistichis^ cylindraceis, redis vel 
curvalis, 10-12 —2-5, hyalinis. 

Hab. in ramis emortuis Tamaricis pentan- 
drae in silvis prope flum Uss (n. 1722). Legit 
' Saffianoff; oui dicata species. 



88 

F. coenobiîicaef V. ceratophorae et F. Rubi 
a£Snis. 

Yalsa opalina S. et S. nep. sp. nov. ^ Acervulis grega- 
riis, subeutaneis pulvinatis 1,5 mm. lat. ambitu 
circularibus; perith. 5-8 circinantibus globulosis 
i/s mm. lat.; ostiolis cylindraceis breviusculis in 
discum subcircularem nigrum i/i mm. diam. 
levem epidermide arête cinetum desinentibus; 
ascis fusoideis subsessilibus 45-60 ^a 10-13sporid. 
distichis allantoîdeis 18 = 2,5 hyalinis. 

Hab» in ramulis omortuis Viburni Opuli in 
silvis pr. Patroschilowo (1631 p. p.). Valsne 
salicinae affinior. 

▼alflclla nliilnia Niessl. — Sacc.Syll.Fung.y I^p. 159, 
var. padliia : acervulis subgloboso-conoideis, 
strato nigro stromatico obductis, 3-4 perithecia 
i/e mm. lat. continentibus, disco perexiguo aibo 
]/4 mm. lat., ascis clavatis 50-60 = 6-7; sporidirs 
2-3 strictis allantoîdeis biguttatis 7 = 2 hyalinis 
in quoque asco 15-25. 

Hab. in ramis emortuis Pruni Padi pr. Minus- 
sinsck (1456). 

GnoMioiila Amygdalinae Fuek. — Gnomanielta Sacc. 
Syll. Fung., I, p. 418. 

Hab. in eaulibus emortuis Euphorbiae lutescentis 
in eampis pr. Meticowo (1670); perithecia lageni- 
formia obtuse rostellata 1/4 mm. lat.; asei 36-40 =: 
6-7; spor. subfusoidea 16-18 = 3-3,5 matura 
distincte 1-septata; hinc vera Gnomonia née Gno- 
moniellaé 

•phaerella Raonncnll Karst. Fungi spet., n. 50. 
Sligtnatea Ranunculi Fr. Summ. veg. Se, 



89 

p. 421. Sacc. Syll. Pyr., II, p. 842. Sph. fusi- 
spora Fuek. Reis. Nordpol. in Oud. Cont. 
Seml., p. 51, t. Il, p. 3-4. 

Hab. in utraque pagina foliorum Callianthemi 
rutaefolii in alpib. Schamaw Sibiriae ({478). 

Obs. Nullo charactere a Sphaerella distinguicur. 
•phaerella lycapodlna Karst. — Sacc. Syll. Fung., I, 
p. S33. 

Hab. in foliis emorluis Lycopodii annotini in 
silvis alpinis montis Borus (n. 1821 p. p.). 

Asci fusoidei,70-7S=9; sporidia anguste fusoi- 
dea, subrccta, 21-24 = 3, l-seplata, vix con- 
strieta subhyalina. 

— Cerastii Fuck. — Sacc. Syll. Fung., I, p. S38. 

Hab. in foliis Cerastii pilosi in pratis subalpi- 
nis pr. fl. Golubaja (1742 p. p.), Dubia quia 
immalura. 

— paailla Auersw. — Sacc. Syll. Fung., I, p. 530. 

Hab. in foliis Typhae lalifoliae in lacu Kysy- 
kul (1690 p. p.). 
Oldyaiella Barbierl West. >- Sacc. Syll. Fung., I. 
p. 547. 

Hab. in trunculis5e(/tpopult/o/fï pr. fl. Jenis- 
sti (1560). Asci clavati 70-85 = 10-15; sporid. 
disticha, fusoidea, 20-25 = 6-7. 
Di4yiii#splMieria prodacia S. et P. sp. n. 

Pcritheciis sparsis gregariisve, initio epider- 
mide velatis, mox subsuperficialibus, e globoso 
iageniformibus, atris, i/s mm. diam., in ostiolum 
perithecium subaequans y. brevius cylindraceo- 
conoideum apice obtusiusculum productis; ascis 
fusoideo-clavatisy utrinque obtusiusculis, subses- 



90 

• 

silibuS, 65-70 = 9-11 ; paraphysibus filiformibus, 
copiose obvallalis; sporidiis oblongo-fusoideis 
inaequilateraiibus, ulrinque oblUwSulis, medio 
constriclo uniseplatis, dilule olivaceis, 4-gullatis, 

22-26 = 5-6. 

Hab. in caule Lonkerae coeruleae in sjivis pr. 
fluv. Chabyk (n. 1629). Ad genus Rhynchostoma 

vergiL 
Lcptosphaerla AeoiiUI Sacc. F. V., 11,515, Syll.Pyr., 

II, p. 24. 

Hab. in caulibus exsiccatis Aconiti Lycocloni 
in silvis prope Melicowo Sibiriae (1537). 

Obs, Perilhecia sparsa globoso-conoidea, in 
ostiolum cylindricum, perspicuum abeuntia, 
primo tccla dein sublibera, i/« mm. diam. ; asci 
cylindraceiy 80-90 = 10, oclospori; sporidia mo- 
noslicha vel sursum disticha, 21-24=7, iri- 
septata, parte superiori vix crassiore fusoidea, 
recta vel curvula, olivaceo-lutescentia. 

— aiiceps Sacc. Syll., II, p. 27. 

Hab. in ramulis Ribis acicularis prope Kamenke 

(n. 1561). Vix differt ascis paullo brevioribus 

nempe 70-85 = 7,5-9; sporidia fusoidea, pallide 

olivacea, 3-septata, 18 ==3,5. 

~ Llbaaolldl«(Fuek.)Niessl. — Sacc.Syll.,II, p. 16. 

Hab. in caulibus Bupleuri aurei in pralis 
prope Meticowo (n. 1591). Perilhecia brève papil- 
lata 300-400 fx diam. -, sporidia fusoidea, recta vel 
curvula, 3-septata, flavo-fuscidula, 25-27 = 6. 

— dabla S. et P. 

Peritheciis laxe gregariis, epidermide velatis, 
globoso-depressis, brève papillatis, dein umbilica- 



91 

tis, iiigris, 1/4 mm. diam. ; ascis fusoideo-clavatis, 
utriiique obtusulîs subsessilibus, 7K-90 »» 10 ob- 
solète paraphysatis, octosporis; sporidiis 2-3-s(i- 
chis, recle fusoideis, ulrinque obtusulis^ triseptatis 
non vel vix constriclis^ pallide fuligineis, 25-30 = 
5.5,5. 

Hab. in eaule Valerianae dubiae in lapidosis 
prope Minussinsk (n. «1446). 
Lcpt^sphacrla agnlUi (Desm.) De Not.et Ces. — Saec. 
Syll. Fung.,II,p. 40; var. Bapleorl: peritheciis 
obtusiusculis 1/3 mm. latis ; ascis fusoideo-clavalis 
substipitalis 75-80 = 9-10; sporidiis fusoideis 
ulrinque aeutis 5-septatis 30-35 «=> 4-5 ad septa 
levissime constrictis, subolivaceis loculis subinde 
senio secedentibus. 

Hab. in caulibus emorluis BupleutH falcatipr. 
Minussinsk (1484). 
— typbiseda Sacc. et Berl. — Sace.Syli. Add.,p. 143. 

Hab. in calamo putrescente Typhae lalifoliae 
ad lacum Kysykul (1690 p. p.). 
Mctaspbacria eorlicola Fuck. — Sacc. Syll. Fung., 
Il, p. 166. 

Hab, in ramulis corticatis Corni albae pr. fl. 
Chabyk (1552 p. p.). — Asci 120 = 6-8; spor. 
18-20 =s 6-7, 3-8ep(ata, vix conslricla; perith. 
1/6 mm. lat. — Metasphaeria lejostega (Eli.)» 
M. depressa (Fuck.) et il. cinerea (Fuck.) forte 
ab hac non satis differunt. 
Spbacpnlina latcrmixla (B. et Br.) Sacc. var. Corni 
Sacc. Syll. Fung., II, p. 188. 

Hab. in ramulis Corni albae juxta flumen 
Cbabyk (1552 p. p.). 



92 

V€icl|0«pora •pectablll» (Fabr.) — Sacc. Syll., II, 
p. 299. Berlese FungiMor., fasc.II, n. 2. Decais- 
nella spectabilis Fabr. Vaucl.^ I, p. 112, fig. 64. 

Hab. in ramulis vivis Tragopyri lanceolati in 
lapidosis (1466). 

Obs. Perithecia sparsa, rugosa, conoidea vel 
globosa-conoidea, subinde complanata, ostiolo 
crasso, obtuso praedita, i/s-s/i mm. diam., dura 
basi ligno insculpta; asci jam resorpti; sporidia 
oblonga iransverse primo J-septulata, dein 11-14- 
septala loculis septis 1-3 longitudinalibus divisis, 
32-56 = 10-12, olivacea. 
Plcospora média Niessl. — Sacc.SylI.Fung.JI.p.244. 

H€ib. in caulibus emoriuisYungiae diversifoliae 
in lapidosis pr. Gara tus ( 1 7 1 9). Legit A . Angunowa . 
Et in caulibus Galii vert pr. Gasantzewa (1621). 

— herbaram (Pers.) Rabh. — Sacc.Syll., II, p. 247. 

Hab. in caulibus Phloiodicarpi dahurici in 
desertis prope Znamienskoje (n. 1586), in caule 
Libanotidis pr. Kiswaja (1 587). Var. mieroapora 
Sacc. Syll. Fung., II, p. 247. In caulibus Solani 
persici pr. Gorodok (1626). 

— Saeeardlana Roum. — Sacc. Syll. Fung., Il, p. 254. 

Hab. in ramulis emorluis Eurotiae ceratoidis 
in desertis pr. Busunowa (1662). Sporid. 20-24 
-=12-15; asci 90-100 = 20-25; perith. demum 
collabascentia. 

— eoronala Niessl. Not. ûb. krit. Pyr., p. 16, tab. IV, 

fig. 2. Berlese Mon. PI. Cl. et Pyr., p. 71, tab. 
III, fig. 2-4. Pyrenophora coronata Sacc. Syll., Il, 
p. 283. 

Hab. in caulibus emortuisffetn^rocal/tdts/Iavae 
in pratis prope fl. Ghabyk (1695). 



93 

06s. Perithecia osliolo fasciculo setarum bre- 
vissimeornato.Sporidia fusoidea 7-septataJoculis 
1-3-septa longit. divisis, 24-96 = 7-8, flavo fusca. 

aaeepsB. et S. — Péri theciissparsis, 250-300 
juidiam., rugulosis, epidermide tectis, globosis, 
demum complanato-collapsis, ostiolo minuto prae- 
ditisy contextu minute parenchymaticOy dense 
fuligineo myeelio fibrilloso einetis,- ascis ovoideo- 
clavatis, rectis vel curvatis^sursuro late rotundatis, 
basi in stipitem crassum, brevissimum, nodulosum 
abeuntibus, 90-1 10 = 25-32; paraphysibus coali- 
tis; ramosisy asco longioribus obvallatis, octosporis ; 
sporidiis distichis vel basi oblique monosticbis, 
. oblongo-ovoideis, saepe inaequilateralibus, trans- 
rerse demum 7-septatis, septîs tribus primariis 
crassioribusy loculis septis uno vel rarius duobus 
longitudinalibus divisis, parte superiori crassiore, 
24-27 = 12, primo flavo-rufulis, dein eastaneo- 
luteseentibus, mueo obvolutis. 

Hab. in caulibus exsiccatis Tragopyri lanceolati 
in lapidosis prope Krivaja(1672). Habitus omnino 
Pyrenophorae sed glabra. An forma decalvata 
Pyrenophorae hispidae var. alpinae oui analoga? 
Inter Pleosporas genuinas nulla vere affinis. 
— inrectorla Fuck. — Sace. Syll., II, p. 265. 

Hab. in eaule Sisymbrii Sophiae in ruderatis 
prope Minussinsk (n. 1543); in caulibus Pti/sa- 
tillae vulgaris et Anemonae narcissiflorae et in 
seapis Allii angulosi pr. Gladen et Metieowo 
(1693, 1532), 
Pypenopbora ebrysoapora (NiessI) Sacc. Syll. Pyr., 
II, p. 285. Berlese Mon. PI. Cl. et Pyr., p. 234, 
tab. XII, fig. 2, 3. 



94 

i7a6.în caulibus emortuis exsicesXis Oocytropidis 
argentatae in desertis prope Minussinsk Sibiriae 
(1573). 

Obs. Sporidia perfecte evoluta 22-24 = 10-11, 
■ fuliginea, Iransversc T-septata, loculis mediis sub- 
Inde etiam extimis septis uno-duobus longiludi- 
nalibus divisis, asci ovoideo-elavati 90 = 27. 
CneorMIariii Bhamnl (Necs) Fuck. — Sacc. Syll. 
Fung., II, p. 315, var. Vlliarttl. Peritheciis 
oblusis sed vix umbilicatis, rugulosis i/t-s/i mm. 
diam. ; ascis 100-1 15^10-12; sporid. ellipsoJdeo- 
obloDgis, 5-7-sep(a(o-muriformibus, medio pro- 
fundius constrictis, 20-22 = 8-10. 

Hab, in ramis Viburni Opuli in silvis pr. 
Patroschilowo (1631 p. p.). 
— Caraganae Karst. Symb. Myc. Fenn., IV, p. 182. 
Sacc. Syll. Pyr., II. p. 310. 

Hab. in ramulis Caraganae fruiescentis in 
silvis subalpinis prope fl. Golubaja (1748). 
Ophloliolaa leptoaphaerloldes S. et P. sp. n. 

Peritheciis subgregariis, globoso-depressis, 
subcutaneo-erumpentibusy atris, 1/3 mm. lat., 
ostiolo papillato vix perspicuo; ascis tereti-cla- 
vulaiis, apice rotundatis, breviss. noduloso-stipi- 
iatis, 90-110 := 13- 18, filiformi-paraphysatis 
8-sporis; sporidiis fusoideo-bacillaribuSy 16-sep- 
tatis, rarius 17-20-septatis, ad septa leviter con- 
strictis 93-108 = 5,5, luteo-olivaceis, articulis 
cuboideis, extimis conoideis. 

Hab. in ramulis Thesii pratensis in desertis 
pr. montem Somochwal (n. 1440). — A. Lept. 
megalospora cui subaffinis, differt sporidiorum 



I 



95 

loculis aequalibuSy sporidiis ascum subaequantibus 
ostiolis non setosîs. A lypo Ophioboli leviler 
descîscit ostiolo brevissîmo, sporidiorum arliculis 
subinde secedentibus. 
Ophl«li«liiA elae«sp*ra» S. et P. sp. n. 

Peritheciis laxe gregariis, subculaneo-erum- 
pentibus, e globoso obtuse conicis, 1/5-1/4 mm. 
lat. ; ascis elavatis, apice rotundatis, brève crasse 
stipitatisyfiliformi-paraphysatisy 148-i70 = 18-20, 
octosporis; sporidiis bacillaribus, utriuque leviter 
attenuatis, 1 8-2S-sep(atis, ad septa non constrictis, 
intense olivaceis^ 120-145 <=3 3,4. 

Hab, in ramulis Thermopsidis lanceolatae jn 
desertis prope Gorodok (n. 1563). Sporidiis 
intense coloratis mox distincta species. 
P«lysll|^iDa •chraceam (Wahlenb.) Sace. Syil. Fung., 
II, p. 458. 

Hab, in foliis vivis Pruni Padi in Sibiriae (sine 
numéro). 
Dotlildclla betalina (Fr.) Saoc. * D. Betalae-nanae 
(Wahlenb.) Karst. M. F., Il, p. 224. Sace. 
Syll. Pyr., II, p. 629. 

Hab. in utraque pagina (sed praecipue in 
superiore) foliorum Betulae fruticosae in pratis 
alpinis prope Montem Borus (1814). 

Obs. Immatura ; stromata 1-2 mm. diam., pul- 
vinata,planiuscula,atra nitida,ostiolis punctulata. 
Laphadermloiii melaleacam (Fr.) De Not. — Sace. 
Syll. Fung., II, p. 791. 

Hab* in foliis languidis et emortuis Dryadis 
octopetalae in alpibus Scbaman (1477). 



96 



DiAcomyjMteae. 



C«ee«iiijree0 qaadratoA (Schmidt et Kunzc) Karst. 

*C. nralnna S. et P. — A typo diflTert ascis 
brevissime stipitatiSy 110-120 = 11-13, sporidiis 
filiformibus, 25-30-euboideo-guttuIatis (an tan- 
dem septatis?) 75-80 = 1 , et habitatione in foliis. 

Hab. in foliis Arctostaphyli Uvae^Vrsi prope 
Kosatchinskaja (n. 1637). 

Sphaer opsideae . 

Phama herbamin West. Exs., 968. — Sacc. Syll. 
Fung., p. 133. 

Hab. in ramulis siccis Corispermi hyssopi- 
folii in desertis prope « Garatus » Sibiriae, in 
caulibus Galii densiflori pr. Sajanskoje (1622^ 
1712). Legit. cl. A. Argunowa. 

— «eboloaa (Pers.)Mont. — Sacc. Syll.» III, p. 13K. 

Hab. in ramulis siccis Bupleuri faleati et Liba- 
notidù in pralis Kro^aja (1495, 1S87). 

— Teratrina S. et P. 

Peritheciis laxe gregariis, epidermide velatis, 
dein erumpentibus, nigris, globosonlepressis, 
brève papillatis, i/smm. diam. ; sporulis oblongis, 
utrinque rotundatis, redis curvulisve 13-15 = 3,5, 
2-3-guttatis, hyalinis; basidiis subnullis. 

Hab. ad folia et caules Veratri albi in pratis 
pr. Nicolskoje (n. 1694). Affinis Ph. Pritchardiae 
et Ph. macrotheca. 

— Uncan (Tode) Desm. An. Se. Nat. 1849. — Sacc. 

Syll. Sphaer. et Mel., p. 119, forma Llaarlae. 



97 

Sporulis 7 =a 3, allantoideis, in peritheciis grega- 
riisy majusculis, complanalis, airis, albido-farclis 
congestis. 

Hab. in ramis exsiocatis Linariae geni$ taefoliae 
in desertis pr. Nowaselowa (1646). 
na l#ttclMliDft (Pers.) West. - Sacc. Syll., III, 
p. 138. 

Hab, in caulibus Chenapodii in ruderatis prope 
Meticowo (n. 1465). 
— sciitellato S. et P. sp. nov. 

Peritheciis dense gregariis, innato-erumpenti- 
bus, globoso applanatis, minutissime papillatis, 
demum eollabascendo patellatis, initio brun- 
neis, demum nigricantibus, 4/10 mm. lalis; spo- 
rulis fusoideis, curvatis, utrinque acutiuseulis, 
9s»2, b, continuis, hyalinis, eguttulatis, basi- 
diis nullis vel perexiguis. 

Bab. in caulibus Crepidis teclorum in desertis 
prope Gorodok (1405). 
CyiM»para Carat West. — Berl. et Yogi. Syll. Add., 
• p. 319. 

Bab, in ramulis Corni albae pr. fl. Ghabik 
(1452 p. p.). 
Termlealaria Demallaiii (Pers.). Pries. — Sacc. 
Syll. Fung., III, p. 925. 

Hab. m caulibus emortuis Euphorbiae lutes" 
centis in campis pr. Meticowo (1670 p. p.). 
Ca«lathyrlaiii lyeopodloam S. et P. sp. n. 

Peritheciis laxe gregariis, globoso depressis 
vit papillatis, poro pertusis, epidermide subve- 
latis, erumpentibusque^ i/i-i/s mm. lat. ; sporulis 
ellipsoideis, utrinque rotundatis, dilute olivaceis, 
6 » 2, uni-biguttulatis. 



98 

Hab. in foliis Lycopodii annotini in sylvis 
alpinis prope montem Borus (n. 182i), soda 
Sphaerella lycopodina. 
AACochyta Bebal^Mi S. et B. sp. nov. 

Peritheciis macula fusca insidentibus, grega- 
riis, epidermide tectis,minutis, 200-250 fi diam., 
membranaceis, poro pertusis, globoso-conoideis, 
sporulis ellipsoideo-oblongis, utrinque latiuscule 
rotundatis et fere breviter eylindraceis, ad médium 
uniseptatis^ saepe parum constrictis, pallidissime 
flaveolis, in massa saluratîoribus, 16-18 = 5-6, 
primo guttulatis. 

Hah. in eaulibus Chenopodii sp. cujusdam in 
campis pr. pag. Kultehek (n. 1443). 
B^billarda dlscoalolde» Sacc. et Berl. sp. nov. 
Peritheciis sparsiS; epidermide tectis, valde 
complanatisy ostiolo minuto i/j mm. diam., cir- 
cularibus^ atris, contextu minute parenchymatiço 
fuligineo; sporulis ovoideo-fusoideis,sursum valde 
attenuatis et in setam acutamlongam desinentibus, 
ad médium vel prope apicem uniseptatis, non 
constrictis, hyslinis, 14=3-4 (sine seta), basidiis 
brevioribussuffultis; setis 16-20 = 1. 

Hab. in eaulibus emortuis Polygoni polymorphi 
in pratis pr. Meticowo (1671). 
Camiirasporlaoi sarclnola S. et B. sp. nov. 

Peritheciis sparsis, 200-250 fx diam., atris; 
contextu crasse parenchymatiço fuligineo, epider- 
mide tecliSygloboso-depressis; sporulis numerosis, 
sphaeroideis vel ovoideis, 3-5-septatis, murifor- 
mibus vel cruciatim divisis, 15-20^=15, atro- 
fuligineis. 



99 

Hab. in ramulis Corispermi hyssopifolii in 
desertis prope Caratus (n. 1712). Leg. A. Argu- 
nowa. Affine C. Roumeguerii, C. cruciato simile 
sed sporulis majoribus. 
SeptorlaHaM West. — Sacc. Syll., HI, p. 486. 

Hab. in foliis Rubi saxatilis in sylvis prope 
flum. Gzasgol (n. 17K8). 

— mUkehfûim Rob. et Desm. — Sacc. Syll., III, 

p. 539. 

Hab. in foliis Stachydis palustris in pratis 
prope Minussinsk (n. 1496, p. p.). — Sporulae 
filiformes, obsolète 5-6-seplulalae, 50-58 =-1,5. 

— Hamleaiii S. et P. sp. n. 

Maculis subcircularibus, amphigenis, alutaceis, 
zona atro-rubra in pagina superiore distinctiore 
cinctis; peritheciis hypophyllis, parcis, lenticu- 
laribus, i/io-^/s mm. diam., minute pertusis, 
nigricantibus; sporulis bacillaribus^ curvulis, 
50-68 = 3, utrinque obtusiusculis, minute parce 
gultulatiS; byalinis. 

Hab. in foliis Rumicis Àcetosae in pratis pr. 
Caratus (n. 1711). — AS. polygonina Thûm. 
differt peritheciis hypophyllis, sporulis conspicue 
majoribus. 
Rhalidosp«ra maealans R. et S. sp. n. — Perithe- 
ciis minuiis, 150 fx diam., membranaceis^ epider- 
mide tectis, macula fusca insidentibus; sporulis 
bacillaribus, numerosissimis, 1 8-32 » 1 , byalinis . 

Hab. in ramis exsiccatis Oxyridis amaran- 
thoidis in ruderatis prope pag. Gladen (1666). 

— Palemanlarain S. et P. sp. n. 

Peritheciis bine inde dense maculiformiter 



100 

congregatisy hypbisque brevibus atris, ramulosis 
septatis, cinctis, epidermide diu velatis, 80-100 fx 
lalis, obsolète papillatis ; sporulis bacillaribus 
utrinque subobtusis, rectis, byalinis» 28-33 == 1^ 
5-2. 

Hab. in ramis Polemonii coerulei in pratîs pr. 
flum. Syda (n. 1623). Gum Septaria Polemonii 
Thûm. non comparanda. 
Hhabdaspora dlssemlnata S. et P. sp. n. 

Longe lateque erebriuscule disseminata; peri- 
theciis punctiformibus, globoso-depressis, alris, 
epidermide velatis, i/io mm. lat., demum sub- 
inde umbilicatis; sporulis exiguis, bacillaribus, 
15-20 = 2, reetis, eguttulatis, hyalinis. 

Hab. in caulibus Thalictri spec. in sylvis pr. 
flum. Ubej(n. 1541). 
— CIrall Karst. — Sacc. Syll. Fung., III, p. 592, — 
var. Calimerldls peritheciis obtuse papillatis 
1/4 mm. lal.; sporulis filiformibus, eontinuis, 
eurvulis 45-50= 1,5. 

Uab. in caulibus emortuis Calimeridis altaicae 
in desertis pr. Gorodok (1603). 
Sacldiam Spegazzlnlaonm Sacc. Syll., III, p. 650. 

Hab. in foliis Stachydis palustris in pratis 
(n. 149G p. p.). Perilhecia scutata, astoma, atro- 
nitida, 1/9 mm. diam., demum rugosa; sporulae 
numerosissimae, 9-11 pdiam., dilutissime luteo- 
lae« tunica distincta crassiuscula. 
Placoaphaerla Onobrychtdla (DC.) Sacc. f. Cara- 
ffattae. 

Hab. in foliis Caraganae arborescentis in silvis 
pr. fl. Golubaja(1750). 



I 



101 

P«ly0licnilna rnbra (Desm.) Sacc. Syll. Sphaer. et 
MeL, p. 622. Septoria rubra Desm. 10 Not.; p. 8, 
f. Spiraeae. 

Hab. in foliis Spiraeae chamaedrifoliae in silvis 
subalpinis Golubaja (1776). 

Hyphomyceteae. 

rcnlclllliiui glaneam Link. — Sacc. Syll. Fung., IV, 
p. 78. 

Hab. in foliis dejectis Sorbi, etc., pr. Golubaja 
(1601). 

Avolarla Biatortac (Fuck.) Sacc. Syll. Fung., IV, 
p. 145. 

Hab. in foliis vivis Polygoni Bistortaein pratis 
pr. Garatus (1714). Legit A. Argunowa. 

Haplarla rhlzopblla S. et F. Sacc. sp. n. — Effusa, 
ochraceo-fusca, subvelutina, laxa; hyphis fertili- 
bus erectis v. declinatis vage ramosis parce sep- 
tatis dilute fuligineis tandem obscurioribus ramu- 
lis vero subhyalinis; hypbis superne ramulisque 
crebre acute denticulatis ; conidiis hyalinis ovoi- 
deis, exiguis, 3-4 = 3, denticulis oriundis. 

Hab. in radice putrescente adhuc semi infossa 
Betae pr. Minussinsk (1500). 

Cladoaporlani Typharam Desm. — Sacc. Syll Fung., 
IV, p. 366. 

Hab. in foliis Typhae latifoliae in lacu Kysy- 
kul(1690p. p.). 

Macroaporiam commaiie Rabh. — Sacc. Syll., IV; 
p. 824. 

Hab. in caulibus Delphinii elati var. intermedii 
in campis prope Nitchka (n. 1538). 



102 

lllospoirtam ▼agani Sacc. sp.n. — Sporodochiis erum- 
pentibus, gregariis, epiphyllis, depresso-pulvina- 
tisy brunneolis, vix «/s mm. lat. ; hyphis sterilibus 
nubiloso-hyalinis repentibus, flexuosisy tenuibus, 
fertilibus congestiSyassurgentibuSy torluosis, irre- 
gularibus, sursum in conidia obovato-clavulatay 
curva^ basi acuta apiceque oblique acutaCa^ infra 
médium septata, lS-16 = 7-8^ fumoso-hyalina» 
eatenulata abeuntibus. 

Hab. in foliis subvivis Violae uniflorae prope 
Minussinsk (n. 1451). Conidia ea Marsoniae 
Potentillae in memoriam revocant* 
Tabercalarla mlnor Link. ^ Sacc. Syll., IV, p. 639 
Paol. Tuberc, p. 11, lab. III, f. 11-15. 

Hab. in ramis Tamaricis pentandrae in fylvis 
prope fl. Uss (n. 1722 p. p.). Leg. Saffianoff. 
— Talffarls Tode. — Sacc. Syll. Fung., IV, p. 638. 

Hab. in ramis emortuis Sorbi aucupariae pr. 
Proswianojae (1497). 

Mycelia sterilia. 

Xj^loalroma Corlam Pers. 

Hab. intra lignum putre Pini Ledebourii in 
silvis pr. fl. Salba (1684). 



103 



CONSPECTUS MYCETUM 

in Sièiria, praeseriim eirca MinusHnàk et in Kighiscia hueusque 

obtervaU>rum{l). 



I. ffymenomyceteae, 

Lepiota hapalopada Ralebbr. 1, 
14(2). 

— parraniittiata Lascb. 1, 15. 

— ezcoriata Schaeff. III, 16. 

— Nympharum Kalchhr. U, 

21. 

— TerreyiBerk.elfir. 11,21. 
Armillaria focal is Fr. Il, 22. 

* — mellea Vabl. II, 22. 
Trichoioma resplendeos Fr. Il, 
22. 

— quinquepartitum Fr. Il, 

22. 

— ustale Fr. Il, 22. 

— hamile Fr. II, 22. 

— polioleucum Fr. Il, 22. 

— cinerescens Bull. II, 22. 

— personatum Fr. I, 15. 

— holoianthiDum Kalchbr. I, 

15. 

— porteotosum Fr. III, 17. 
Clitocybe cerussata Karst. V, 1 1 . 

— flaccida Sow. I, 15. 

— suaveoiens Schum. II, 22. 



Clitocybe odora fiull. II, 22. 

— splendens Pers.II, 22. 

— geotropa Bull. II, 23. 

— expallens Pers. II, 25. 

— angustissimaLa8ch.II,23. 

— fragrans Sow. II, 23. 

— mortuosa Fr. II, 23. 
Collybia butyracea Bull. II, 23. 

— atrata Fr. II, 23. 

— stridula Fr. II, 23. 

— misera Fr. II, 23. 

— cirrbata Schum. II, 23. 

— Tclutipes Curt. III, i7. 

— SobolewskiiWeiDm. 1,15. 
Myceaa plicato-crenata Fr. II,2i. 

— ammoniaca Fr. III, 17. 

— polygramma II, 24. 

— rugosa Fr. II, 24. 

— vulgaris Pers. II, 24. 

— parabolica Fr. II, 24. 

— debilis Fr. II, 24. 
Ompbalia scyphoides Fr. II, 24. 

— rustica Fr. II, 24. 
Pleurotus ostreatusJacq.III, 17. 

— pantoleucus Fr. 1, 15. 



(1) Breyiationes « I, II, III, IV, V » indicant séries {Beilràge zur PUz- 
flora Sibirient) cl. Thûmenii. « Kirg. » indicat notulam Thûmenii de 
fungis Kirgis. Gruz(*) speciebus praefixa indicat species in praesenti 
opella supra enumeratas. 

(2) Species, in quoque gcnere, ordine baud slricle systematico dispositae 
sunt, quod in nudo elencho baud necessarium visum est. 



lOi 



Plearotus sapidus Schaltx. Y, 
12. 

— cortieatus Fr. II, 2i. 

— applicatus Batsch. II, 24. 

— acerÎDus Fr. Il, 25. 
Hygrophorus eburneus Fr. 1 1 y 28. 

— erobescens Fr. II, 28. 

— coprinus Fr. 11^ 28. 
LacUrius piperatus Fr. II, 28. 

— turpis Fr. II, 28. 

— tormioosus Fr. Il, 28. 

— pergamenus Fr. Il, 28. 

— subdolcU Fr. III, 18. 

— pobesceos Fr. III, 18. 
Russula iDiegra Fr. Il, 28. 

— adulterina Secret. II, 28. 

— fragilis Fr. Il, 28. 

— furcata Fr. II, 29. 

— puellaris Fr. II, 29. 

— xerampelina Fr. V. 12. 

* — rubraFr. 

* — parpurea Gill. 
Marasmius Oreades Fr. III, 18. 

— scorodonius Fr. Il, 29. 

— epiphyIIuaFr.ll, 29. 

— Rotula Fr. V, 12. 
LentiDus îepideus Fr. 1, 16, II, 

29. 

— Martianoffianus Kalchbr. I, 

17. 

— degener Kalchbr. III, 18. 
Panus farioaceas Fr. 1, 17. 

— rudis Fr. II. 29. 

— stipticQS Fr. V, 12. 
LeDsites sepiaria Fr. Il, 29. 

— betulina Fr. II, 29. 

— trabea Fr. V, 12. 

— yariegaU Fr. 1^ 17, 



I Schiiophyllam commane Fr. I, 
17. 
Volvaiia bombycina Schaeff. II, 

25. 
Entoloma eropbilam Fr. II, 25. 
Nolaoea Infula Fr. II, 25. 

— pascua Pers. 11,25. 
Claudopus ▼ariabilis Pers. 1, 16. 
Pboliota destruens Brond. V,ll. 

— aurirella Batscb. 1, 16. 

— mutabilis Schaeff. 1,16. 

— praecox Pers. III, 17. 

— tuberculosa Fr. III, 17. 

— marginata Batsch. III, 17. 

— lilaeino-argillacea Kalchbr. 

Il, 25. 

— curvipes Fr. II, 25. 
iDocybe rimosa Bull. H, 26. 

— scabella Fr. II, 26. 

— geophylla Sow. Il, 26. 
Hebeloma spoliatum Fr. Il, 26. 

— truDcatum Schaeff. II, 25. 

— festibile Fr. Il, 25. 

— vcrsipelle Fr. Il, 25. 

— testaceum Batsch. Il, 26.. 
Flammula flayidaSchaeff.il, 26. 

— lubrica Fr. Il, 26. 

— Çummosa Lasch. Il, 26. 

— Liquiritiae Pers. Il, 26. 

— penetrans Fr. I, 16. 
Naucoria reducla Fr. Il, 26. 

— pediades Fr. Il, 27. 
^ tenax Fr. II, 27. 

Galera Hypnorum Batsch. 11,27. 
Cortinarius leacopus Fr. Il, 27. 
Paxillus sordarius Fr. III, 18. 
Agaricuf campestris lib. III, 
17. 



lOS 



Stropharia melaspermt Bull. II, 
27. 

— semiglobata Fr.1, 16. 

— albo-nitens Fr. 1, 16. 
Hypholoma lateritium Batsch. V, 

12. 

— CandolleaDum Fr. Il, 27. 
Psilocybe callosa Fr. 1, 16, II, 27. 
Coprinos coogregatus Fr. II, 27. 

— fimetariuB Fr. W, 16. 

— oTatus Fr. Il, 27. 

— mieaceus Fr. IV, 17. 
* — sterqailinus Fr. 
Panaeolus papillon aceus Fr. Il, 

27. 

— Pbalaeoarum Fr. III, 18. 

— spbiiictrinus Fr. V« 12. 
Psalbyrella disseminaUPers. II, 

27. 
'^'Goiophidius viscidus Fr. 11,28. 
Boletus flavidus Fr. III, 18. 

— bovinus L. III, 18. 

— felleus. III, 18. 

— graoulatus Fr. II, 29. 

— badins Fr. II, 29. 

— scaber Fr. II. 29. 

— luCeus L. II, 30. 

— flavus Wilh. V, 12. 
Polyporus chioneus Fr. Il, 30. 

— rhoeades Fr. 1I> 30. 

— birsutus Fr. Il, 30. 
var. puberus Ralcbbr. 

1, 18. — Var, resupina- 
tusThûm.V, 13. 

— perennis Fr. II, 31. 
-^ velutinus Fr. II, 51. 

— officioalis Fr. Il, 31. 

— betulinns Fr. II, 31. 



Polyporus iocamatusFr. IV, 17. 

— femeotarius Fr. Il, 31 . 

— sulfareus Fr. IV, 17. 

— Demidoffi Léi. II, 31 . 

— biformis KIotzsch. II, 32* 

— vulpioua Fr. Il, 32. 

— pînicola Fr. 1, 17. 

— variu5 Fr. Il, 30. 

var. pertenuis Thûm. 

1,17. 

— trabeus Bostk. I, 18. 

— mirus Kalchbr. I, 18. 

— Steveni Le?. I, 18. 

— igniarius Fr. I, l9. 

— borealii Fr. 1, 19. 

— circularius Fr. II, 30. 

— deatructor Fr. II, 30. 

— fumosus Fr. 11^ 30. 

— applaDatus Fr. V, 14. 
- — salicinus Fr. V, 14. 

— adustus Fr. V, 13. 

— amorpbus Fr. III, 19. 

— sciurinus Kalcbbr. Y, ii, 
-» bramalis Fr. V, 14. 

— versicolor Fr. v. laceratus 

Thûm. 1,19, 11,31. 

— _ var. olivasceus Secret. 

V, 13. 
var. Iris Secret. V, 13. 

— lacteus Fr. V, 14. 
Trametes Bulliardi Fr. II, 32. 

— regia Miqael. II, 32. 

— mollis Fr. III, 19. 

— odorata Fr. 1, 19. 
-^ gibbosa Fr. 1, 19. 

— cinnabarina Fr. 1, 19. 

— odora Fr. 1, 19. 

— serpens Fr. 1, 19. 



106 



Daedalea ooicolor Fr. Il, 52. 

Yar. obscurata Kalchbr. 

V, 12. 

— qnercina Pcrs. IV, 17. 
Merulius lacrimans Fr. Il, 32. 

— tremellosus Fr. Il, 35. 
•— rofus Fr. Il, 35. 

— moUuscus Fr. Ilj 55. 

— aorantiacus KIoUsch. V, 

16. 
Solenia ochracea Uoffm. III, 20. 

— anomala Fuck. IV, 18. 
Hydnum ferrugiDeamFr.il, 55. 

— corailoides Scop. Il, 55. 

— pudorinuni Fr. Il, 55. 

— bicoIorAlb.etScbw.il, 55. 

— subcarDeum Fr. Il, 55. 

— cirrbatam Pers. Il, 55. 

— subsqaamosum Batscb. Il, 

33. 

— coeruleum Vabl. Il, 35. 

— scrobiculalum Fr. Il, 5i. 

— sqaamosum Scbaeff. III, 

19. 
Irpex birsutus Kalcbbr. Il, 5^. 

— lacteus Fr. II, 5i. 

— sinnosus Fr. Il, 5i. 

— fusco-violaceus Fr. Il, 5^. 

— paradoxus Fr. V, 16. 
Radulum orbiculare Fr. V, 16. 

— laetumFr. V,16. 
Craterellus cornucopioides Fr. 

Il, 54. 
*SlereuQi rhytidocyclum Sacc. 
8p. D. 

— Fini Fr. I, 20. 

— hirsutom Fr. V, 13. 
-~ purpureum Fr. Y, 13. 



*Jteream concbatum Fr. II, 54. 
Hymenochaete rubiginosa Lcv. 

V, 15. 
^Corticiom lacteum Fr. V, 13. 

— giganteum Fr. IV, 17. 

* — amorphum (Pers.) Fr. 111, 

19. 

— comedensFr. IV, 17. 
— . calceum Fr. IV, 17. 

* — iDcarnatum (Pers.) Fr. V, 

13. 

— puniceum Fr. III, 19. 

— nudumFr. V, 13. 
^PeDÎophora diffissa Sacc. sp.n. 

* — cioerea (Fr.) Cook. Sacc. 

Syll., IV, 17. 
Exobasidium Vaccinii WoroD. 

IV, 18. 
Clavaria abietina Pers. Il, 55. 
Exidia glandulosa Fr. III, 19, V, 

16. 

— impressa Fr. II, 56. 
Ti-emella indecorata Somm. IV, 

18. 
Dacryomyces stiliatus Nées. III, 
20. 

— deliquescens Duby. III, 

20(Septocolla). 

II. G<$8teromyceieae. 

Ly coperdon labellatum Ralchbr. 
II, 53. 

— gemmatum Batscb. Il> 55. 

— pusillum Batscb. II, 53. 

— uteriforme Bull. II, 56, V, 

16. 

— pyriforme Schaeff. I, 20, 

11,56. 



107 



Lycoperdon excipuliformeScop. ; 
11,36. 

— afroparpureamVitt.y,16. 
BovisU Ulacini Berk. et Mntg. 

I|20. 

— plumbea Pers. Il, 36. 
Geaster hygrometricus Pers. I, 

20. 
Tylostoma mammosum Fr. 1, 21 . 

— squarrosum Pers. IV, 18. 
Secolium Ssabolcsense Hanzf. 

1,20. 
Battarrea Stefenii Fr. IV, 18. 
Rhizopogon rubescens Tul. 

Rabh. Il, 36 (Hyme- 

nang.). 
Cracibalum bulgare Tul. I, 21. 
Cyathus Olla Pers. Il, 36. 

III. Ustilagineae. 

Ustilago Carbo Tul. II, 7. 

— ureeolorum Tul. IV, 8. 
Urocystis pompbolygodes Rabb. 

111, 8. 
*£fityIonia bydropbilum S. et P. 

IV. Uredineae. 

(Jromyces punctatus Scbrot.lll, 
13, IV, 13, V, 10. 

— Iridis Lëv. IV, 13, 

— Viciae Fuck. III, 13. 

— Veralri Schrôt. IV, 13. 

— Aconiti Fuck. III, 13. 

— praeminens Pass. IV, 14. 

— Erylbronii Pass. III, 14. 

— LathyriFckl. I,12,V,10. 

— Silènes Fock. IV, U. 
•* Rumicum Fuck. 1, 12« 



Uromyces Limooii L^v. V, 10, 
IV, U. 

— Valerianae Fuck. V, 10. 
— Hedicaginis Pass. Il, 13. 

— Onobryehidis Lcv. IV, M. 

* - Orobi Fuck. II, 13, III, 

13, IV, 11. 

— Polygoni Fuck. II, 13. 

— Pbacae Tbûm. II, 13, III, 

13. 
Puccinia Gentianae Lk. I, 9. 

— Eriophori Thûm. IV, 11. 

— Polygonorarti SehIchtd. I, 

10, II, 10, 

— Artemisiarum Duby. 1, 10, 

11, 11, III, H, V, 8, 9, 
IV, 12. 

— crassivertex Thûm. 1, 10, 

V,9. 

— yariabilis Grev. 1, 11. 

— obtegens Tul. IV, 11. 

— MartianoflBana Tbûm. 1,11. 

— Tomica Thûm. IV, 12. 

— Galiorum Lk. I, 11. 

— De Baryaua Tbûm. IV, 13. 

— Lychnîdearum Lk. I, 11, 

11,11. 

— Menthae Pers. I, 12. 

— graminis Pers. 1, 12, II, 13. 

— Kirghisica Tbûm. Kirg. 

197. 

— SchellianaThûm.Rirg.197. 

— VcratriNiessl. II,12;V,9^ 

— Stellariae Duby. U, 12, iv) 

12. 

* — Anemooes Pers. (P. fuêea 

Relh.). II, 12, m, 12. 

— Clayloniae Thûm. II, 12. 



108 



Pueeinu arundioacea Hedw. 
Il, 13. 

— Cieulae Thûm. 1, 9. 

— Hemerocaliidis Thûm. III, 

10. 
•^ AllilRud. III, 11,1V, 11. 
. — ezpansa Lk. III, 11. 

* — HieraciiHarl.III,ll,n,12. 

— PoIygODorumSchlchtd.lII, 

11. 

— heterochroa Desm. III, 12. 

— Stussureae Tbûm. Il, 9. 

— miousseiifis Thùm. Il, 9. 

— Bardanae Cda. Il, 9. 

— Serratulae Thûm. IV, 11. 

— CirsiiU5cb. II, 9,111,11, 

V, 10, IV, 11. 

— Bûiortae DC. Il» 10. 

— Pedicularis Thûm. H, 10. 

— PhlomidU Thûm. Il, 11. 

— DiaothiDC.II, 11;III,12. 

— Giechomae DC. Il, 11. 

— CboDdrillae Cda. II, 12. 

— Tbaliclri Chev. III, 13. 

— Calthae Lk. III, 13. 

* — caricieola Fuck, 

* — annolaris (Str.) Wint. 

* •— Veronicae (Schum.) Wint 

* — Arenariae (Schum.) Schrôt. 

* — Valantiae Pers. 

* — Circaeae Pew. 

* — Tanaceti DC. 

— Centaureae DC. II, 12. 

— Asteris Daby. V, 9. 

* — fastidiosa Saec. et De-Toni 

sp. n. 

— Stellariae Duby. III, 12. 

— Violarum Lk. III, 12. 



Poccinia Morthierii Koernck. 

III, 12. 
Thripbragmium Ulmariae Lk. 

II, 18. 
*Phragiiiidiam subcorticum 

(Schr.)WiDt. 1,13,11, 17. 
* — Potentillae (Pers.) Kjirst. 
I, U, II, 17, V, 11. 

— apiculatum Rabh. II, 18, 

III, 15, IV, 15. 
Xenodochus carbonarius 

Schlchd. I, U, III, 15. 
Thecopsora areolata Magn. II, 
21, III, 16. 

— VacciniorumRarst.lV.lG. 
Puceiniaslram Epiiobii Otth. V, 

11. 
Melampsora Euphorbiae Cast. 
11,18. 

— epitea Thûm. IV, 16 

— CasUgoei Thûm. Il, 19. 

— Lini Tul. IV, 16. 
^ salicina Tul. Il, 19. 

— Balsamiferae Thûm. 11,20. 

— belulina Tul. II, 20. 

— populina Lév. 111, 16. 

— Rhododeodri Thûm. Ill, 

16. 

— AIni Thûm. 11,21. 

— Hypericorum Schrôt. II, 

21, III, 16. 

— Caprearum Thûm. I, 13, 

11,19, m, 15, IV, 16. 

— Cynanchi Thûm. I, 13. 

— Trcmulae Tul. V, 11. 
Coleosporium SafiauoflSanum 

Thûm. III, U. 

— Saussureae Thûm. IV, 15. 



109 



Celeosporiam Âconiti Thûm. 

m, H. 

— PalMtillae Fr. II, 16. 

— oehraeenm Bon. II, i 6. 

— mîniatam Bon. Il, 16, IV» 

15. 

— cimicifagatiini Tbum. II, 

17. 

— iDulae Fttck. II, 17. 

— Campanulacearum Fr. II f 

15. 
^ Cacaliae Fuck. H, 16. 

— Sonchi Tul. II, 16. 

— SeneeioDum Fuck. 1, 12. 

— Ligulariae Thum. 1,13. 
*Cronartiam flaccidum (Alb. et 

Schw.) Wint. 

— ribicolum Diclr. IV, 16. 
Caeoma Ribesii Lk. II, 14. 

— Ulmariae Thûm. II, 15. 

— MartianoffianamThûni.II, 

15. 

— Pyrolae Schlchtd. II, 15, 

III, U. 
*(Jredo (Caeoma) nitens Schw. 
III, U. 

* — Hieracii Schuni. 

— HedysariDC.ÏIjU. 

— Caraganae Thûm. IV, 15. 

— Limonii DC. II, 14< 

— AlismatisThûm. II, U. 

— sonchina Thûm. Kirg., 

197. 

* — miniata Pers. 

— Thermopsidîs Thûm. f, 12. 

— vepris Desm. V, 10. 
^Ceraiitium cornutumRabh. IV, 

10. 



Peridermium oblongîsporium 

Fuck. V , 8. 
AEcidium Taraxaci Knz. et Sch. 

1,7. 

— Statices Desm. IV, 10. 
♦ — CirsuDC.1,7, 11,8. 

— Âquilejae Pers. IV, 10. 

— cimicifugatumSchwi.1,7. 

— relîculatam Thûm. IV, 9. 

— Lycoctoni Rabh. 1, 7. 

— Tussîlaginis Pers. IV, 9. 

— Asteris Thûm. 1,7. 

— Libanotidis Thûm. IV, 9. 

— Galatellae Thûm. 1, 7. 

— RanunculacearumDC.1,8, 

III, 9. 

— Thaliclrî Grcv. I, 8, IV, 

10, V, 7. 

— llartianoffiannm Thûm. I, 

8, V, 7. 

— Sonchi Wcsld. I, 8. 

* — Urticae Schum. I, 8, III, 

10. 

— Epilobii DC. 1, 9. 

* - Phlomidis Thûm. 1, 9. 

— NonncaeThûm.Kîrg.,196. 

— Limnanthemi Thûm. 

Kirg., 196. 

— Polygoni Kunze. III, 9. 

— Crepidis Wallr. III, 9. 

— leu<9ospermum DC. III, 9. 

— Saxifragae Thûm. Ill, 9. 

— Safianoffianum Thûm. III, 

9. 

— lonicerinum Thûm. III, 
10. 

— Lonicerae Duby. IV, 9. 

— Lappulae Thûm. III| 10. 



110 



AEcidium Grossalariae DC. III, 
10, IV, 9. 

* — albescens Grev, 

* — Ligulariae Thûm. Rirg. 

196, V, 8. 

* — Sommerfeltii Johans. 

* — argentatum Schultz. 

— Astragali Thûm. 11,7. 

— Orobi DC. II. 7. 

— Viciae Op. 11, 7. 

— Violae Scbam. Il, 7. 

* — Thesii Desm. Saec, 

* — rubellum Gmel. Sacc, 

— Libanotidis Thûm. IV, 10. 

* ~ Falcariae v. Bulpleuri fal- 

catiDG. IV,9. 

— incarceratum Berk. et Br. 

V,7. 

— Dracunculi Thûm. II, 7. 

— Berberidis Gml. IV, 10. 

— minussense Thûm. II, 8. 

— Primulae DC. IV, 10. 

— Pulmonariae Thûm. II, 8. 

— Rumicum Schichtd. II, 9, 

III, 10. 

— Onosmatis Thûm. V, 8. 

— ValerianearumDuby.V, 8. 

V. Pkycomyceteae. 
Cystopus candidus Duby. II, 6, 
III, 8. 

— cubicu8DeBy.il, 6, IV, 8. 
*PeroDospora effusa Grev. Rabh. 

— sordida Berk. IV, 8. 

* — Lamii (Al. Braun) De By. 

— calotheca De By. II, 6. 

— parvula Schneîd. III, 8. 

— Alchemillae Niessl. III, 8. 



Peronospora parasitica De By. 

III, 8. 

Protomyces Heleocharidis Fuck. 
11,2. 

— Martianoffianus Thûm. II, 

2. 

— macularia Fuck. I, 3. 
Mucor stoloDÎfer Bhrbg. I, 4. 

VI. PyrenomyeeUae. 

Sphaerolheea Cutaguei Lév. Il, 

38, III, 22, IV, 26. 
Uncioula aduDca Lév. 1,22, II, 

38, III, 22. 
Podosphaera clandestina Le?. 

▼ar. ramulicola Thûm. V, 
22. 
^Brysiphe lamprocarpa Lév, II, 

39, V, 22. 

— Liakii Lëv. II, 40, V, 22, 

IV, 26. 

— commuais Lëv. II, iO, 111, 

23, IV, 26. 

— horridula Lëv. Il, 41 . 

— taurica Lëv. IV, 26. 

* » Martii Lëv. 11,41, 111,22, 

IV, 26, V, 22. 

— Lonicerae Runz. 11, 41. 

— graminis Lëv. III, 23. 
PhyllaetiDiagulUtaLëv. IV,27. 
Lasiobotrys Lonicerae Kunze. 

m, 23. 
Gapnodium salichium Mnig. V, 
21. 

* Va Isa leucoftioma (Pers.) Fr. 

* — SaffiaDoffiaua S. el B. 

* — opuliaa Sacc. et F. Sacc. 

— sibirica Thûm. V, 19. 



m 



*ValMlla mînima Niessl. 
Sdctospbaeria HoffnuiDDi Tul. 

111,21. 
Cryptosphaeria millepunctala 

Grev. IV,21. 
*Calosphaeria minima Tul. 
Poronia panctata Lk. I, 22. 
*Anthostoina foveolare S. et B. 
^Hypozylon serpens Fr. Il, 37. 
Rosellinî» ligniaria Nit5k.iy,23. 
Daldinia eoDcentriea Ces. et De 

Not. 1, 22. 
Uothea rhytÎ9iDoide8Fr.lV,2S. 
Physalospora disscmioata Sacc. 

IV, 28. 
*Didymosphaeria prodacta S. 

et P. 
*6nomonia Âmygdalinae Fuck. 
Venturia distieba Aaersw.IV,2S. 
Stigmatea Potentillae Fr. 111,22. 
Sphaerella Polypodii Fack. lU, 

21. 

♦ — RanuDcali Karst. 

— sibirica Thûm. IV, 24. 

♦ — lycopodina Karst. 

— Gypsophilae Fuck. IV, 24. 

♦ — Ceraslii Fuck. 

— Pnisatillae Fuck. IV, 24. 

* — pasilla Auersw. 

— Equiseti Fuck. ÏV, 24. 

* Didymella Barbieri West. 

* Spbaeruliua intermixta (B. et 

Br.) Sacc. 
Pseudovalsa lancîformis Ces. et 

De Not. IV, 21. 
^Metasphaeria corticola Fuck. 
Leptospbaeria Doliolum Ces. et 

De Not. V, 21. 



Leptospbaeria fuscella Ces. et 
De Not. V, 21. 

— modesta Awd. V, 21. 

* — Aconiti Sacc. 

— Tectis Ces. et De Not. IV, 

24. 

* — ancepi Sacc. 

* — Libanotis (Fuck.) Niessl. 

* ~ dttbia S. el P. 

* — agnita (Desm.) De N. et 

Ces. 

— sibiricaTbûa].V,2l. 

* — typbiseda S. et B. 
Zygnoella niddula Sacc. IV, 22. 
Trematospbaeria picastra Fuck. 

V, 19. 
Melanomma puWis-pyriusFuck. 

IV, 23. 
*Opbiobo1us leptospbaerioides 

S. et P. 

* — elaeosporus S. et P. 

— pellitus Fuck. V, 22. 
Lasiospbaeria Racodium Ces. et 

De Not. V, 19. 

— caudata Fuck. IV, 23. 
Linospora Capreae Fuck. \\, 38. 
Thyridiuni Salicis Rhem. IV, 

21. 
*Gucurbitaria Caraganae Karst. 
VII. 21. 

* — Rbamni (Nées) Fuck. var. 

Viburni. 
Pleospora MartianofiiaDa Tbûm. 

— bispida Niessl. V, 20. 

V,20. 

— Goniolimonis Pass. V, 20. 

* — média Niessl. 

— liniperda Tbûm. IV, 23. 



112 



*PIeospora herbtram (Pers.) 
Rabh. IV, 23. 

* — Saccardiana Roam. 

* — coron^ta Niessl. 

* — anceps S. et B. 

* — infectoria Fuck. 
*Pyrenopbora chrysospora 

(NiessI) Sacc. 
^Teicbospora 8pecUbilÎ8(Pabr.). 

Sacc. 
Earyacbora Stellariae Fuck. I, 

23. 
Pbyllacbora graminis Fuck. III, 

21. 

— Pteridis Pack. I, 22. 

— Heraclei Fuck. III, 21, 

IV, 21. 

— ÀDgelicae Fnck. IV, 21 . 

— Trifolii Fuck. 11,38. 
*Dothidella betulina (Fr.) Sacc. 

I, 22> III, 32. 
Dothidea Ifartianoffiana NieasI 

et Thûm. V, 18. 
Nectria cinnabarina Fr. II, 37. 

— Cucurbîtula Fr. V, 19. 

— coccinea Fr. IV, 22. 
Hypocrea rigens Fr. II, 37. 
Epicbloë typhina Tal. IV, 22. 
^Polysligma ocbraceum (Wab- 

lenb.). 
Lopbidinui compressum Sacc. 

IV, 22. 
Lopbodcrmium Pinastri Cbev. 

II, 37. 

* — melaleucum (Fr.) De N. 

VU. Diseomyceteae. 
Horchella esculeiita Pers. 1,21. 



Spatbularia flavida Pers. H, 36. 
Lacbnea birta Scbum. IV, 18. 
Rbizina undulata Fr. 1, 21. 
Peziza yesiculosa Bull. IV, 19. 
Chlorosplenium aeruginosum 

Tul. I, 21 ; III, 20. 
Pyrenopeziza Rubi Rebm. V. 17. 
Tricbopeziza Wllosa Fuck. V, 

17. 
Dasyscypba fuaco-bmnnea 

Rebm. V, 17. 
Helotium aureum Pers. IV, 19. 

— lutescens Fr. III, 20. 

— albcllum Karst. IV, 19. 
Calloria deliquescens Fr. V, 18. 
Coryne purpurea Fuck. IV, 19. 
Stamnaria Persoonii Fnck. III, 

20. 
Ombropbila stbirica Tbâm. 

V,17. 
Stictis ollaris Wallr. IV, 19. 
Tympanis spermatiospora Nyl. 

IV, 19. 
Cenangium Ribis Fr. IV, 80. 
Eneoelia fascicularis Karst. IV, 

20. 
Hegalospora Sanguinaria Korb. 

IV, 20. 
Pbacidium autumnale Fuck. III, 

20. 

— Medicaginis Lascb. 111,21. 
*Coocomyces quadratus Scbmidt 

et Kunze t. ursinus S. 

et P. 
Exoascus Pruni Fuck. IV, 21. 
Rbytisma salicinum Fr. I, 21, 

11,37. 

— Onobrycbidi«DC.lV,20. 



113 



VIII. Sphaeropêideae. 

*PboiDa nebulosa (Pers.) Mart. 

— Hedysari Thûm. IV, 27. 

♦ — Teratrina S. el P. 

— epilema Berk. IV, 28. 

* — Lingam (Tode) Desm. 

* -> Asparagi Sacc. IV, 28. 

* — loDgisaima (Pers). West. 

IV, 29. 

— Phlomidis Thûm. IV, 28. 

♦ — scutellata S. et P. 

♦ — herbarum West. ÏÏI, 23, 

IV, 28, V, 2». 

— pîcea Fp. IV, 23. 

— PinastriLév. 11,42, Ill,2i. 

— syringica Thûm. IV, 28. 

— UrticaeSarc. III, 2i. 

— Isopyri Thûm. IV, 29. 

— globisporia Thûm. V, 2i. 

— Halvacearum West. IV, 

28. 

— Litbospermi Thûm. V, 2i. 

— Nitrarine Thûm. IV, 29. 

— complanata Desm. V, 29. 

— melaena Fr. III, 26. 

— Polygalae Thûm. V, 25. 

— Polygonati Thûm. III, 24. 
Dothiorella popalea Thûm. IV, 

29. 
Phylloslicta galIarumThûm. III, 
26. 

— AlismatisSacc.etSp. 11,4. 

— Thermopsidis Thûm. IV, 

3i. 

— Campanulae Sacc. Sp. II, 

43. 

— minussensisThûm.IV,32. 



Phylloslicta Sagittariae Rabh. 
11,43. 

— Westendorpii Thûm. IV, 

32. 

— crucDta Kickx. II, 43. 

— BonsGsowiiThum.lv, 32. 

— CaprifoUi Sacc. II, 44. 

— Ulmariae Thûm. IV, 32. 

— carDi'ola Rabh. II, 44. 

— Lamii Sacc. IV, 33. 

— Potentillae Desm. I, 24. 

— jenissensîs Sacc. IV, 33. 

— ArgeDtinae Desm. I, 24. 

— CheDopodii West. III, 26. 

— AucupariaeTbûm. III, 26. 

— BallotaeThûm. V, 27. 

— Veronicae Thûm. V, 27. 

— Saussureae Thûm. V, 27. 

— Gei Thûm. V, 27. 

— Lepidii Thûm. V, 28. 
Depazea ribicola Fr. Il, 42. 

— impatiens Rirch. Il, 42. 

— Aquilegiae Rabh. II, 42. 

— Acetosae Op. 1, 2S3. 

— geicola Fr. 1, 23. 
*VermicuIaria Dematium(Pers.) 

Fr. IV, 36. 
Cytospora nÎTca Fuck. 1, 27, V, 
23. 

— nivosa Thûm. Il, 4i, V, 

23. 

— Heudersonii Berk. et Br. 

IV, 27. 

— Mamma Thûm. V, 23. 

— betalina Ehrbg. III, 23. 

— fugax Fr. III, 23. 

— Cotoneasteris Thûm. IV, 

27. 



8 



114 



* Cytospora Corni West. 
Actinonema Rnbi Fuck. V, 26. 
Cambosira reticalata Fr. III, 25. 
Asteroma Hyperici Lasch. III, 20. 

— Bupleuri Tbûm. IV, 30. 

— Hedysari Tbûm. III, 25. 

— atramentarium Fack. III, 

25. 

— MartiaDoffianumThûm.II, 

i3. 

— Safianoffianom Thûm. V, 

26. 
Spbaeronema I>e]pbiDii Pass. V, 

25. 
*Coniotbyrium lycopodium S. 

et P. 
Darluca vagans Cast. V, 26. 
Ascochyta obducens Fuck. Il, 

42. 

— Fragariae Lasch. II, 42. 

— Polygoni Rabh. I, 23, II, 

45, Ur, 27. 

— Rubi Lasch. Il, i3. 

— ScbeUiana Thûm. Kirg. 

199. 

* — nebatosa S, et B. 

— Fragariae Lasch. I, 23. 

— Chelidonii Lib. 1, 23. 

— Trollii Thûm. III, 27. 

— Martianoffiana Thûm. III, 

27. 

— clemalidinia Thûm. III, 

27. 

— Orobi Sacc. III, 26. 

— Atriplicis Lasch. III, 26. 
Entomosporium (Morthîera) 

Thuemenii Cook. IV, 31 . 

* Robiilarda discosioides S.et B. 



Hendersonia Sambacî Mill. IV, 
30. 

— Grataegi Thûm. V,26. 

— sibirica Sacc. IV, 30. 

* Camarosporium sarcinula S. 

etB. 
Septoria MartianoflSaoa Thûm. 
1,24. 

— cymbalarina Thûm. IV, 

33. 

— Gentianae Thûm. I, 24. 

— stcmmatea Berk. Il, 44. 

— subliiieolata Thûm. 1, 24. 

— altaica Thûm. V, 28. 

— Lysîmachiae West. V,28. 

— Rhapontici Thûm. IV, 34. 

— Cirsii Niessl. V, 28. 

— sibirica Thûm. IV, 34. 

— erigeronata Thûm. V, 29. 

* — Rubi West. 

— jenissensis Sacc. IV, 34. 

* — Stachydis Roh. et Desm. 

* — Rumicum S. et P. 

— sonchina Thûm. III, 31. 

— Dianthi Desm. III, 31 . 

— Clematidis Rob. 111,31. 

— Mulgedii Thûm. III, 31. 

— RanuDculacearum Lév. 

III, 32. 

— Gymnadeniae Thûm. IV, 

35. 

— Polemonii Thûm. III, 32. 

— Ëphedrae Thûm. Rirg. 

198, IV, 54. 

— Epigeios Thûm. Kirg. 198. 

— Heni&permi Thûm. IV, 36. 

— Schelliana Thûm. Kirg. 

198. 



115 



SeptoriaChelidooiiDesm IV,36. 

— NoIiUogere Thûm. Kirg. 

199. 

— Limoanthemi Thûm. Kirg. 

199. 

— VioUe West. III, 28. 

— ascochytoides Sacc. 11,44. 

— Humuli West. Il, 44. 

— salicicola Sacc. 11^ 44, V, 

28. 

— Fragariae Desm. II, 44. 

— jscabiosieola Desm. Il, 45. 

— SeneeioDÎs West. II, 45. 

— Lepidii Desm. Il, 45, III, 

28. 

— Dracocephali Thûm. H, 45. 

— Atriplicis Sacc. II, 45. 

— ConvallariaeWest.il, 46. 

— AdenophoraeThûm.11,46. 

— PoIygooorumDesm. II, 46. 

— Gentianae Thûm. Il, 46. 

— Lychnidis Lasch. II, 46. 

— polygonina Thûm. III, 28. 

— Epilobii West. III, 28. 

— Populi Desm. III, 29. 

— poteotillica Thûm. III, 29. 

— Bupleuri Thûm. III, 29. 

— jenisseica Thûm. II I, 29. 

— Scatellariae Thûm. 111,30. 

— Stellariae Desm. III, 30. 

— Saassureae Thûm. III, 30. 
^Rhabdospora maculans S. B. 

♦ — disseminata S. et P. 

♦ — Cirsii Karst. var. Calime- 

ridis. 

♦ — Polemoniorum S. et P. 
*Placosphaeria Onobrychidii 

(DC.) Sacc. 



Helasmia Caraganae Thûm. I, 

25. 
Labrella Sibbaldiae Thûm. III, 

24. 

— Heraelei Lib. I, 25. 
Leptothyrium Ptarmicae Desm. 

III, 25. 

— sibiricum Thûm. IV, 31. 
Sacidium Pinî Fr. III, 32. 

* — Spegazzinianum Sacc. 
Leptostroma herhamm Lk. III, 
7, IV, 6. 

— Orcbidearum Mont. III, 7. 

— scirpioum Fr. III, 7. 

— hysterioides Fr. IV, 6. 
-^ Luzulae Lib. III, 7. 

— panctiforme Wallr. V, 6, 

II, 5. 

~ Sedi Link. IV, 6. 

— vulgareFr. IV, 6, V,6. 

— Atragenis Thûm. V, 6. 
*Polystigmina rubra (Desm.) 

Sacc. 
Ezcipula Spiraeae Thûm. IV, 7. 

IX. Melanconieae. 

Gloeosporium sibiricum Thûm. 

III, 7. 

— succineum Sacc. IV, 7. 
— ' Sanguisorhae Fack. III, 7. 
-* MartiaDoffianum Thûm. 

IV, 7. 

— Aquilegiae Thûm. Il, 5. 

— Ribis Lib. II, 42. 
Marsonia Delastrei Sacc. III, 8. 

— Potentillae Fitch. II, 5, V, 

7, IV, 8. 

— Atragenes Thûm, IV, 8. 



116 



Hypodermiam sulcigenum Link. 

V,7. 
MelaDCODiam bicolor Nées. Y, 5. 

— betulinum Runze. Il, 4. 
PesUlozzia conigena Lév. IV, 

30. 
Naemaspora spectabilis Thûm. 

V,2i. 
Libertella betulina Desm.II, 4â. 

— fulva Thûm. I, 25. 
Cyllndrosporium Valerianae 

Speg. V, i. 

X. Hyphotnyceteae» 

^Ovularia Bistortae (Fuck.). III, 

S. 
Oïdium erysiphoidei Fr. I, 6, 

II, 4, IV, S. 
*PeDiciIlium glaucum Liuk. 
AspergUlus glaucus Link. IV, 4. 
*llaplaria rhizophilaS. et S. nep. 
Uyphelia (Botrytis?) terrestris 

Fr. I, 6. 

var. alba Fuck. I, 6. 

Tricbotheeium roseum Lk. 11,3. 
SepedoDium mycophilum Lk. 

11,4. 
Ramularia MeolhaeThûm.Kirg. 

197. 

— Lysimachiae Thûm. V, 4» 

— obovata Fuck. I, 3. 

— Geranii Fuck. 1, 3. 

— Martianoffiaoa Thûm. 11,3. 

— Priraulae Thûm. IV, 3. 

— obovala Thûm. II, 3. 

— Saussureae Thûm. III, 3. 
Conioihecium MartianoflSanum 

Thûm. V, 3. 
Torula antiqua Corda. III, 6. 



Torula alla Pars. V, 3. 

— Caraganae Thûm. Il, 4. 

— herbarumLink.V,5,IV%3. 
Sporotrichum Dahliae Thûm. 

III, 6. 
Zygodesmus fulvus Sacc. IV, 3. 

— fuscusCda. III, 3. 
Folythrincium Trifolii Knz. III, 

6, V, 3. 
^Cladosporium herbarum Lk. 
1,4,11,2, 111,2, IV, 2. 

— Fumago Lk. II, 3, IV, 3. 
* "~ Typhanim Desm. • 

— epiphyllum Nées. V, 2. 

— gramiuum Lk. III, 3. 

— Paeoniae Pass. IV, 3. 

— MartianoffiaDum Thûm. 

III, 3j IV, 3. 
^ fasciculatum Oda. III, 4. 

— Âsjtoroma Fuck. III, 4. 
Hormodendrum cladosporioides 

(Fres.) Sacc. IV, 4. 
Scolecotrichum densum Fuck. 

1,3. 
Helminthosporium gracile 

Wallr. I, 4. 

— tenujssimum Nées. V, 2. 
-> Artemisiae Corda. IV, 3. 

— Anihorae Thûm. V, 2. 

— sclerotioides Pass. et 

Thûm. V, 3. 
Speira toruloides Corda. IV, 5« 
Cercospora Apii Fres. III, 4. 

— Delphinii Thûm. III, 4. 

— Spiracae Thûm. Il, 3. 

— pennicillata Fres. 1, 3. 

— Majanthemi Fuck. l, 3. 

— rosaecola Pass. I, 3. 

— betaecola Sacc. V, 4. 



117 



Passalora poIytbrincioidesFuck. 

11,3. 
Macrosporium Brassicae Berk. 

m, 5. 

— GoniolimonisThûni. 111,3. 

— Cheirantbi Fr. V, 3, IV, i. 

* — commune Rabh. V, 3. 
~ Convallariae Fp. V, 3. 

^ cIadosporioidesDesm.V,3. 
Fumago vagans Fers. III, 3, 

V, ÎJ. 
Sporodesroium paradoxum 

Corda. V, *. 

— Cladosporii Corda. V, 4. 
Stempbylium polymorpbum 

Bon. V, i. 
Spbacelia segetum Lév. V, 25. 

* lllosporium vagum Sacc. 

* Tubercularia minor Link. 

— liceoides Fr. III, 6. 

— Belulae Wallp. 1, 6. 

— LaburniOp. 1,6. 

— PruniScbum. IV, 5. 

— Ribesii West. I, 6, II, 3, 

IV, 6. 

— sarmentorum Fp. V, 6. 

— cava Corda. IV, 6. 

— Rabi Rabh. V, 6. 

— Sambuci Corda. Il, 4. 

— conflueus Pers. I, 6, II, 3. 

* — vulgaris Tode. II, 5. 

* var. Salicis West. V,6. 

— Salîeis Rabb. II, S, III, 6. 
Fusarium Salicis Fuck. V, 7. 

— papasiticum Tbiim. Kirg. 

198. 
Epicoccum alrosangaineum 
Wallr. II, 46. 



XI. Saceharomyceteae. 
CryptococcusSennaeThûm. 1,4. 

XII. Myxomyceteae, 

Reticularia Lycoperdon Bull. V, 

30. 
Didymium squamulosum Fr. V, 

31. 
Slemonites fusca Rotb. II, 47. 
Tricbia cbpysospepma DC . V, 31 . 

— vapia Peps. IV, 36. 
Arcypïa adnata Rostaf. V, 31. 

— punicea Pers. III, 33. 
flemiapcyria clavata Rostaf. V. 

31. 
Pericbaena populina Fr. Il , 47. 
Lyeogala Epidendron Fr. Il, 47. 
Enertbenema papillala Rosi. IV, 

36. 

Xlll. Mycelia sterilia. 

Fibrillaria implexa Pers. Il, 47. 
Ozonium stuposam Pers. 11,47. 

— candidum Mapl. II, 47. 

— castaneum WalIr. V, 29. 
Dematium jubatum Lk. V, 29. 

>- vitellinum Lk. V, 29. 

— nigium Lk. III, 32. 
Rhizoïuorpha subcorticalis Pers. 

IV,36^v. applanataTbûm. 

III, 32. 
Ectostroma Mulgedii Thûm. V, 

30. 
♦Xylostroma CoriumPers.V,30. 
Sclerotium Tragopogonis Op. V, 

29. 

— tectum Fr. V, 30. 

— Tulipae Lib. V, 30. 

— ClavusDC.1,25,111,33. 



118 



CONSPECTUS NUMERICDS FDNGORUH SIBIRICORDM. 



. 


COHORTES. 


Species 
secund. 

Contrib. 
Thùm. 


Species 

nanc 

additae. 


Sunma 
specienm 

sibiri- 
carnm. 


OBSEBT. 


I. 

II. 

III. 

IV. 
V. 

VI. 

VII. 
VIII. 

IX. 
X. 

XI. 

XII. 

XIII. 


Hymenomyceteae . 
Gasteromyceteae 
Ustilagineae . 
Uredineae . . 
Phycomyceteae 
Pyrenomyceteae . 
Discomyceteae . 
Sphaeropsideae 
Melancooieae . 
Hypboroyceteae 
Saccharomyceteae 
Myxomyceteae 
Mycelia sterilia 


Z20 

17 

5 

159 

11 

lis 

17 
75 
1 
11 
U 


6 

1 
19 

2 
U 

1 
21 

5 


232 

17 

4 

178 
13 
98 
27 

169 
17 
80 
1 
11 
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772 


89 


861 





119 



EXPLICATIO INCONUM. 

■ 

Tab. IV. 

• 

Fig. 1. Stereum rhytidocyelum Sacc. — a Fangus resupinatus, b fung. 

reflexus. 
» 2. Peniaphara diffiisa Sacc. — a Fuog. magn. nat., b paailo aaelus, 

csetnlae hymen., dspiculae a selulis aecessae. 
n 3. Puccinia faiiidiota Shcc. et De-Ton i — a Fung. m. n., b uredos- 

pora, e telentospora. 
» À. Eniylotna hydrophilum Sacc. et Paol. — a Fang. m. n., b sporae 

intra cellulas matricis^ c sporae liberae. 
t> B. Valsa Saffianoffiana Sacc. et Bcrl. — a Fung. m. o., b acervuli 

secti, c asGus, d sporidia. 
» 6. — opulina Sacc. et P. — a Fung. m. n,, b auctus, a acerrulus 

sectus, d BicuSf e sporidia. 

• 7. VaUella mintma v. padina, — a Fang. m. n., 6 acervulus long. 

seclus, c acerTulus horiz. sectus, d ascus, « sporidia. 
» 8. Gnomonia Amygdalinae Fuck. — a Fuog. m. n., b perith. auctum, 
c ascus, d sporidia. 

• 9. Anthoêloma foveolarê Sacc. et Berh — a Fung. m. n., 6 perith., 

secla, e ascus, d sporidia. 

Tab. V. 

o 10. Didytnotphaeria producla Sacc. et Paol. — a Fung. m. n., 

b paullo auctus, c perith. secla, (iascus, e sporidia. 

» 11. Leptosphaeria agnita v. Bupleuri, — a Fung. m. n., b perith. 

sectum, e ascus, d sporidia. 

• 12. Sphaeruiina intermixta v, Comi, — a Fung. m. n., 6 perith. 

secta, c asci, d sporidium. 
o 13. Leptotphaeria dubia Sacc. et Paol. — a Fung. m. n., b perith. 

secta, c perith. auctum, d ascus, e sporidium. 
r> a. Ophiobolus elaeoiporui Sacc. et Paol. — a Perith. sectum, b ascus, 

G sporidia. 
» 1K. -^ leptosphaerioidei Ssice, et Paol. — a Fung. m. n., b perith. 

sectum, e ascus et (sinistrorsum) sporidia soluta. 



120 

Fig. 16, CucurbUaria Rhamni v. Vtbumi. — a Fung. m. n., 6perith. 

auctay c ascas, d sporidia. 
« \7. Pleospora ancepi Berl. et Sacc. — a Fang. m. n., b perith. scc- 

ium, e ascus,d sporidia.' 
« 18. Coccomyeet quadratus *C. unirnu Sacc. et Paol. — a Fung. m. 

D, 6 asconia auctum, c ascus, d sporidia. 
« 19. Conioihyrium lycopodinum Sacc, et Paol. —.a Fung. m. n., 6 et c 

perithecia,d sporuiae. 
« 20. Phoma veratrina Sacc. et Paol. — a Fung. m. n., 6 perith. aec- 

tum, c sporula. 
« 21. — #ci*«««ora Sacc. et Paol. —a Fung. m. n.,6et e perith. 

aucta» d sporuia . 

Tab. VI. 

• 22. Rhabdotporamaculans Sacc. et Berl. — a Fung. m. n., 6 perith. 

sectom, e sporula. 

• 23. — Cirêii v, Calimeridië. —a Fung. m. n , 6, c peri(h.,(isporula. 
n 2i. — Polemoniorum Sacc. et Paol. — o Fung m. n,, b perith., c 

sporula. 
» 25. — diêêeminata Sacc. et Paol. — o Fung. m. n., b perith., 

c perith sectum, d sporula. 

• 26. Septoria Rumieum Sacc. et Paol. — a Fung. m. n., 6 perith. sect 

tum, c sporula. 

» 27. Camarosporiun sareinula Sacc. et Berl. — aFung. m. n., 6 perith. 

sectum, e sporula. 

» 28. Atcochyia nebuloaa Sacc. et Berl. — a Fung. m. n.^ 6 perith. sec- 
tum^ c sporula. 

» 29. Robillarda discosioidei Sacc. et Berl. — a Fung. m. n., 6 perith. 

sectum, c sporula. 

» 30. ///o«pof't«iiiva^ttmSacc. — aFung. m.n.,6sporodochium,ccomdia. 

• 31. Haplaria rhizophila Sacc. et F. Sacc. — aFung. m. n., 6 hypha^ 

e hypha cum conidiis. 



BtMitùi See.rey. dtBet de Be 




(^ 



Baiittin . So{ . roy lie But. dtBelg. 








♦ '..,»&' 



"H^ÊI^, 



A.JrBiAen, M 



BuiUUn.Sec roy. Je But. tieBc 




lOnSSES HOnTELLIS 



M 



L'AMÉRIQUE DU NORD 



PAR 



F. RENAULD et J. CARDOT(i). 



II. 

Microbryum Floerkeanum Sch. var. Henrioi. — A 
planta typica differt colore viridi, costaque excurrente, 
apice saepe hyalina. 

Hab» Kansas : Saline county, in terra arenosa (Joseph 
Henry). 

Weisia viridula Brid. var. nitida. — Foliis brevibus, 
capsula angustata cylindracea, sicca profunde sulcata, 
nitida, sicut vernicosay bene distincta. 

Hab. Florida (Fitzgerald). Louisiana (Langlois), in 
terra arenosa. 

Dicranum hyperboreum G. Mûll. var. papillommi. 
— A planta typica differt foliis brevioribus, profunde 

canaliculalisy dorso papillosis et costa valde rugosa. 
Hab, Groenlandia. 



(1) Des diagDoses provisoires de la plupart de ces mousses ont été 
publiées dans la Hetme bryologique^ 1888, n* S. 

9 



133 

Dicranum saboletoram. — Dense caespitosum, 
laete vel lutescenti-viride. Caulis 3-4 cent, longus, sim- 
plex vel dicbotomus, inferne tomento ferrugineo obtec- 
tus. Folia niadida erecto-patentia vel subsecunda, sieca 
flexuosa vel subcrispaia, oblongo-lanceolata, longe et 
anguste acumînata, marginibus plerumque paulo inflexa, 
subeanalieulata, dorso laevia vel papillosa, superne serru- 
lata, i-6 mill. longa, i/i-l mill. lata, costa continua vel 
excedente, superne dorso rugosa et denticulata, rarius 
sublaevi. Gellulae brèves, superne angulosae et irregu- 
iaresy basi elongatae, ad angulos dilatatae, quadratae vel 
subhexagonae, aurantîae. Perichaetialia externa e basi 
lata subito in cuspidem denticulatam plus minus elonga- 
tam constricta, interna convoluta, vaginantia, ex apice 
rotundato abrupte subulata. Capsula in pedicello lutes- 
centi, 30-3S mill. longo, pallida, cernua vel suberecta, 
oblonga vel subcylindrica, arcuata, sicca subsulcata, collo 
parvo sirumosOy operculo conico longe rostrato. Annulus 
distinctus, dentés purpurei, ad vel infra médium in 3-3 
cruribus liberis vel plus minus cohaerentibus divisi. 

Syn, D. pallidum B. S. BryoL eur. meni.! non C. 
Mûll. Syn. ly 3S9, nec plurim. auct. D» spurium var. 
condensatum Lesq. et James Manual^ 76, non D, con- 
defuaium Hedw. />. arenarium Ren. et Card. olim mss. 
in litt. et sched. 

Hab. In arenosis siccis meridionalibus (Sull. et Lesq. 
âiusci bor. amer, exsicc). In montosis siccis arenosis 
praecipue in provinciis meridionalibus. Lesq. et James, 
Manualy 76. 

Nous avons reçu cette mousse de la Floride (Fitigerald, Sawyer), de la 
Louisiane (Langlois), de la Caroline (H. A. Green). Elle est profMiblemcnt 
répandue dans tous les Atatsdu Sud. 






135 

Nous ayoni pu établir, daos la Revue bryoiogique(i)f la synoDymîe 
certaine de cette espèce, d*après reiameo d*aD échantillon authentique du 
D, ptUtidum BS. que nous avons trouvé dans I*herbier du Jardin botani- 
que de Bruxelles. Selon les auteurs du Br^ologia europoMi, cette mousse 
ressemble beaucoup au D.Mwhletibéekii BS., ce qui est, en effet, le cas du 
D. êobuletorum Ben. et Gard. Cette même plante est désignée dans le 
Manual de Lesq. et James sous ie nom de D, epurium var. comdeneatuMf 
qui n*est pas d*ailieurs le D. condenêaium Hedw. 

Par le droit de priorité, c*est évidemment le nom de D. pailidum BS. 
qui devrait prévaloir, mais nous pensons qu*il est préférable d*adopter 
celui de D. êabulelorum Ben. et Card., que nous avions choisi avant de 
connaître la véritable plante de Bruch et Schimper, afin d'éviter toute 
confusion avec le û, palliâum C. Mûll., nom sous lequel K. Mûller a 
désigné une forme du D. $eoparium et qui a été adopté pour cette forme 
par tous les bryologues, tandis que le vrai D. ptUUdum BS. est resté k peu 
près inconnu. 

Le O. eabuletorum est intermédiaire entre le D, epurium Hedw. et les 
D, Muêhienbeekii BS. et brevifoUum Lindb,. 11 diffère du premier par ses 
feuilles beaucoup plus étroites, non ridées ni agglomérées en touffe termi- 
nale, et de5 deux autres espèces par la forme des feuilles périchétiales, par 
les cellules à parois plus minces et la couleur ordinairement d'un vert gai. 

Dicranum scoparium Hedw. var. fluloatum. — 
(Florule de File Miquelon, ii). ^ Notis sequentibus a 
planta typica differt : colore pallide lutescenli, habitu 
graeiliore, foliis flexuosis, erecto-palulis vei subsecundis, 
angustioribus, longius subulatis, argutius serratis, cellulis 
plerumque achlorophyllosis, leviter porosis, pedicello pal- 
lido, gracili, vaide sinistrorsum torto, capsula pallida, 
sicca profunde suicata. 

Bab. Insula Miquelon (D' Delamare). 

Par la couleur pftle des touffiss, du pédicelle et de la capsule, cette 
variété remarquable, dont le port rappelle un peu celui du D. UmgifoUum^ 
fait partie du groupe de formes généralement désignées sous le nom de 

(i)i889,nM. 



124 

D, pallidum C. Mû 11. ou /). êcoparium var. palliiutn; mais elle se 
ilistingue par ses feuilles plas étroites et plus fortement dentées et sa 
capsule plus profondément sillonnée à Tétat sec. — Quand on étale sous 
le microscope la membrane capsulaire, on aperçoit des bandes longitu- 
dinales très distinctes, d*une couleur plus foncée, qui correspondent aux 
plis et qui sont formées de cellules plus allongées et à parois sinueuses 
plus épaisses que les autres. — Les rares fleurs mâles que nous arons 
constatées sur cette plante se présentent, comme dans' le D. icaparinm 
ordinaire, sous la forme de plantules naissant d'un paquet de radicules 
sur la tige femelle. 

Dioraxiiim Howellii. — Lutescenti-viride, sericeo- 
nitens. Gaulis flexuosus, erectus vel corticibus adhaerens, 
simplex vel dichotomiis, basi tomentosus, 4-13 cent, 
longus. Folia parum conferta, ereclo-paientia vel secunda, 
subflexuosa, e basi anguste laneeolata longe subulato- 
setacea, e medio serrata, 6-10 mill. ionga, i/i-l mill. lata, 
Costa basi lata superne dorso plus minus serrata, celluHs 
haud vel vix incrassatis, plus minus porosis. Perichaetialia 
interna vaginanlia, intégra vel grosse sinuata, sat subito 
in cuspidem elongatam flexuosam angustata. Pedicellus 
pallidusy gracilis, flexuosus, demum valde sinistrorsum 
tortus. Capsula matura rufescens, cylindracea, arcuata, 
sicca leviter plicata^ operculo longe rostralo. Monoicum 
vel pseudo-monoicum; flores masculi subsessiles, axillares, 
vel in ramulis saepe aggregatis, gracilibus, e planta 
feminea nascentibus. 

Hab. OregoUy in sylvis(Th. Howell, L. F. Henderson). 

Cette forme remarquable, qui semble être une race du D. ie&pariumf 
frappe tout d*abord par son port grêle et ses feuilles ténues ; les tiges 
adhèrent parfois aux écorces et aux thalles des Peitigera, Les feuilles 
sont plus étroites que dans le D. acoparium et le tissu plus délicat. Un 
bon caractère est fourni par les feuilles périchétiales, qui sont usex 
rapidement rétrécîes, et non brusquement contractées ou tronquées au 
sommet, comme celles du D. êcoparium, L*inflorescence est remarquable : 






1)S 

« 

b fleor mâle est tantôt subtessile sur la tige femelle, à peu près comme 
dans le />.«eo|Nirtu»i, tantôt elle termine an petit rameau naiisant de la tige 
femelle et qni s'allonge par innovations successives, terminées à leur tour 
par une nouvelle fleur, de façon à produire plusieurs étages. Parfois ce 
rameau grêle est allongé et nail tout-à-fait de la base de la tige, ce qui 
donne Papparence de la dioîcité. On observe toutes les transitions entre 
let deux modes d'inflorescence. Les feuilles de ce rameau grêle sont 
très ténues et tortillées a Tétat sec, à peu près comme dans le D. fuMceêtem, 

Dicranum miqneloneiiBe. — (Florule de l*ile 
Mîquelon, 42). — Compacte caespitosum, lutescenti- 
viride. Caulis 1-3 cent, longus, dichotomus, inferne 
radiculosus. Folia parva, brevia, erecto-imbricata vel 
subincurva, oblohgo-lanceolata, acuta vel obtusa, concava, 
apice interdum subcucuUata, intégra vel superne crehulato- 
dentîcaiata, 2-5 mill. longa, i/a-s/i mill. lata; costa sub 
apice evanida, dorso laevi vel rugulosa ; cellulis laevibus, 
superne brevibus, quadratis vel irregulariter angulosis, 
basilaribus rectangulis, 1-3 longioribus quam latioribus, 
ad angulos dilatalis, quadratis vel subhexagonis, fusco- 
lutescentibus. Fructus ignotus. 

Bah. Insula Miquelon, in terra et saxis (D' Delamare). 

Cette plante rappelle un peu les formes rabougries des D. eUmgatum 
Sehw. et D. tênuinerve ZetU, mais elle en diffère par la forme et le tissu 
des feuilles. Elle a aussi quelque analogie avec le D. flagêllare Hedw. 

Fisêidens incurvus Schw. var. brevifolius. — Folia 
breviora et latiora, ad basin alarum angustius marginata. 

Hab. Louisiana, ad terram in sylvis prope Bâton Rouge 
(Langlois). 

Trichodon flexifoliuSc — Laxe caespitosus, viridis. 
Caulis ereciuSy simplex, brevis, 2-5 mill. longus. Folia 
inferiora brevia, lanceolato-subulata, superiora majora, 
patula, valde flexuosa, 3-4 mill. longa, 1/4-1/9 mill. lata, 
e basi oblonga sensim angustata, lineali-subulata, canali- 



126 

culato-tubulosa, marginibus sinuosis, apice deDiiculata, 
C08la lata excurrente, cellulis basilaribus rectangulis, 
2-4 longioribus quam latioribus, caeteris parvis, quadratis, 
chlorophyllosîs, parîetibus transversis leviter promineiiti- 
bus. Perichaetialia similia, basi dilatata; arcbegonia 3-4. 
Monoica. Flores masculi sub femineis, gemmiformes, foiiis 
perigonialibus 4-5, externis late ovatis, subito angustatis, 
cuspidatisy interiiis obtuse aeuminatis, obsolète costatis, 
antheridiis 3-5^ subsessilibus, elongatis, paraphysibus 
paucis. Fructus ignotus. 

Hab. In terra arenosa circa Beauclerc, Florida 
(F. C. Sawyer, 1887). 

L'examen du fruit permettra seul d*assurer le classement générique de 
cette plante» qui fructifie sans doute facilement, car nous avons trouvé sur 
nos échantillons un certain nombre d*archégones fécondés. Toutefois, son 
système végétatif la rapproche beaucoup du Trichodon eylindricuê Sch., 
dont elle diflftre par Pinflorescence monoïque, les feuilles insensiblement 
rétrécies et par le tissu à cellules plus courtes. 

Physcomitrium pyriforme Brid. var. Langlolflii. — 
Folia loDge acuminata, pedicellus pro more elongatus 

(15-30 mill.), calyptra asymmetrica, basi 2-5 lobata sed 

uno latere omnino fissa. 

Hab. In terra umbrosa. Louisiana : Pointe-à-la-Hache 

(Langlois). New-Jersey : Atco (Green). 

Webera Oardoti Ren. — Dioica. Habitu W. cucul- 
latae sat similis. Laxe caespitosa, pallide vei lutescenti- 
viridis. Caulis simplex, erectus vel e basi decumbente in 
ramis erectis fastigiatis clavatis divisus, rigidus, fragilis. 
Folia parva, imbricata, e basi decurrente oblongo-lanœo- 
lata, sensim angustata, obtuse rarius acute acuminata, 
marginibus recurvis, apice obsolète erenulato-denticulata 
vel subintegra, i-1 i/t mill. longa, i/jm/ï mill. lata, costa 



IÎ7 

crassa solidissima, baai valde dilatata, continua vel sub 
apîce evanida ; rete laxo hexagono, mediocriter elongato, 
eeliulis truncatîs vel subattenuatis, 9*3 longioribus quam 
laUoribus. Perichaetialia paulo minora, breviusque acumi- 
nata. Capsula in pedicello Oexuoso basi saepe geniculato, 
10-1Kmill. longo, erecta, symmeiricay oblongo-subpyri- 
formis, lutescens vel brunnea, eollo sat longo attenuato 
instructa, 3-3 i/i mill. longa^ 1/3-5/4 mill. erassa, operculo 
obtuse conico. Peristomii dentés externi brèves, pallide 
luteiy minutissime punctulati, laneeolati, longe acuminati, 
lamellis 15-25, interni plus minus perfecti, membrana 
basilari parum producta, processus in carina rimosi, cilia 
imperfecta, interdum singula nodosa. Annulus e duplici 
vel triplici série cellularum formatus. FIos masculus in 
caule proprio, simplici, erecto, femineis intermixto, termi- 
nalisy crasse gemmaceus, interdum subdiscoideus. Folia 
perigonialia numerosa e basi late ovata subito acuminata, 
apîce saepe patula, laxe texta. 

Hab. Oregon, in monte Hood, in arena humida, secus 
rivuloSy socio Polylricho sexangulari FI. (L. F. Hen- 
derson). 

Par la forme et la direction de la capsule, cette esp^e se distingue i 
première we des W, eofntmUaia Sch. etoucu/ZatoSch., arec lesquels elle 
offre une certaine analogie de port. Elle est plus Yoisine du Pohlia erteta 
Lindb. de Norwège, dont elle diffère par les feuilles fortement révolulées 
aux bordSf par la nervure plus longue, plus large, dilatée à la base, dont 
elle occupe environ le tiers, enfin par la couleur jaune très pAle du 
péristonie. Ces deux espèces constituent une section très naturelle dans le 
genre, et comme le fait remarquer justement Lindberg en parlant du 
P, ereeta^ se comportent Tis*à-vis des autres sections comme les Brachyme^ 
nium k l*ëgard des Bryum. 

Dans la station alpine où croit le W. Cardoti, le péristome subit parfois 
quelques altérations analogues à celles qu*on remarque dans les Bryum des 
Alpes européennes : les dents externes sont parfois oblitérées au sommet, ou 



138 

terminées par un large aeumen obtus, a?ec les trUculations plus espaeées 
et moins nombreuses ; ailleurs les dents sont irrégulières ci soudées par 
la pointe. 

Brsrum Sawyeri. — Laxe vel dense caespitosum. 
Caulis brevis (10-15 milL), inferne radiculosus, innova- 
tionibus ramosus, in foliorum superiorum axillis fila arti- 
culata brunnea, plus minus numerosa, maxime caduoa 
emittens. Polia uniformiter disposita et sat remota, vel 
comalia conferta, madida patula, sieca erecto-imbricata el 
saepe subcontorta, paulo concava, oblongo subspathulata, 
basi angustata, breviter aeuminata, margine plana, superne 
obsolète denticulata, 2-2 i/s mill. longa, i/a-l mill. 
lata, Costa continua vel breviter excedente, cellulis Iaxis, 
hexagonis, 2-4 longioribus quam latioribus, marginalibus 
elongatis, sed limbum distinctum haud efformantibus. 
Perichaetialia externa longiora, distinctius marginata, 
2-3 intima breviora. Capsula in pedicello rubello, 
25-45 mill. longo pendula, demum obliqua vel subhori- 
zon talis, rufescens vel rufo-purpurascens, collo longo atte- 
nuato instructa, sub ore paulo constricta,operculo convexo- 
àpiculato. Peristomii dentés externi dense trabeculati, 
processus in carina fissi, cilia perfecla appendiculata. Inflo- 
rescentia, ut videtur, dioica, floribus masculis haud visis. 

Hab. Florida, in terra arenosa et ad pedem arborum, 
circa Enterprise (Fitzgerald), ad truncos putridos circa 
Beauclerc (F. C. Sawyer). Louisiana, Pointe-à- la-Hache, 
in muro (Langlois). 

Cette espèce se distingue du B, tapiUare par les feuilles planes aux bords 
et dépourrues de marge distincte. — Les filaments articulés qui naissent 
k raisselle des feuilles, et qui sont peut être un moyen de propagation de la 
plante, sont très abondants sur les échantillons stérile», mais rares, et 
même parfois nuls, sur la plante fertile. 



199 

Fontinatis antipyretica L. var. oregranenabi. — 
Forma insignis, mollis, superne lutescenti-nitens. Caulis 
gracilis, pinnatus, basi haud denudatus. Folia caulina 
remota» distiche divaricala, lanceolata, semsim angustata» 
apice subobtusa, ramea erecla ad apioem îmbrîcata, unde 
ramuli cuspidati, rete denso delîcatulo, cellulis longissi- 
misy alaribus Iaxis quadratis, bene disiînctis, rufis. 

Hab. Oregon, in editioribus c Goast Mountains >, in 
uliginosis ad radiées arborum (Th. Howell). 

Plir son port gréie, ses tiges non dénudées k la base, ses rameaux étalés, 
enspidëS) ses feuilles distantes, divariquées, petites, étroites, insensible- 
ment rétrécies en une pointe obtuse, cette plante est bien éloignée du type 
européen de Tespèee ; elle en diffère plus par le port que le F, eaiifûmiea 
Sull. 

Fontixialis Delamarel. — Habitu F. sqtujimosae 
simillima. Fuseo-viridis, caulis 15-30 cent, longus, basi 
denudatus, pluries divisus, ramis irregulariter pinnatis, 
ramulis erecto-fastigiatis, apice attenuatis. Folia conferta, 
subimbricata, nitida, oblongo-lanceolata, obtuse acumi- 
nata, concava, haud carinata, marginibus subincurva, 
3-4 mill. longa, s/i-l i/i mill. lata, cellulis lineali-elon- 
gatis, flexuosis, alaribus paucis, subhexagonis. Perichae- 
lialia ad apicem rotundato lacera. Capsula immersa, 
oblongo-subcylindrica, 2 mill longa, s/i mill. crassa, 
operculo conico-acuminato. Peristomii dentés externi cir- 
citer 1/3 mill. longi, auguste lineali-acuminati, lamellis 
14-30, linea divisurali vix et solum basi distincta haud 
perforata. Cilia ad apicem agglutinata, imperfecte clath- 
rata, papillosa, trabeculis interruptis haud appendiculatis. 
Sporae 0.0^5-0.028 mill. 

Hab. In saxis rivulorum însulae Miquelon, copiose 
fructificans (beatus D*^ Delamare). 



i30 

Dans notre Fl&ruU de MiqueUm^ nous ayons indiqua cette plante sous le 
nom de F. «çiMimota L., parce qu'alors nous n*aYions reçu que des échan» 
tillons stériles et que, dans cet état, il ne nous semble pas possible de 
distinguer le F, IMamarti du F, cçnamosa. Ce n*est que postérieure- 
ment à la publication de la FhruU et peu de temps avant sa mort, que 
notre ami Delamare nous en a envoyé de beaux échontillons richement 
fructifies. 

Le F, Delamarei n*e8t peut être qu'une sous-espèce du F. êquamoêu^ 
dont il a complètement le système végétatif, tandis que par ses organes de 
fructification, il se rapproche beaucoup du F. novae^angliaê Sull., autant 
que nous en pouvons juger par Pexamen des icônes de SuUivant. L'échan- 
tillon original du F. novae-'angliûe qui nous a été donné par notre véné- 
rable et regretté ami Léo Lesquereuz, diffère du F. Delamarei par un port 
plus grêle, par les tiges pennées, à rameaui étalés à angle droit, enfin par 
les feuilles espacées, nullement imbriquées, ce qui lui donne un port tout 
différent. Notre espèce serait donc intermédiaire entre le F. novoé-^mglfae 
et le F. ifuamoêa. — Ce dernier, qui n'a pas encore été constaté dans 
l'Amérique du Nord, s'en distingue par la capsule du double plus grosse, 
plus large surtout, arrondie à la base, par les dents externes du péristome 
du double plus longues (i mill.), par les lamelles plus nombreuses (9fi-3S), 
par la ligne divisurale mieux marquée, ne disparaissant que dans le quart 
supérieur et souvent perforée vers la base et, enfin, par le péristome 
interne fermant un treillis parfait. Les spores paraissent aussi un peu plus 
grosses (0,0ï8-0,03l mill.), mais ce dernier caractère a peu d'importance. 

Alita califomica SulU var. flagellifera. — A planta 
typica robustiore differt flagellis filiformibus numerosissi- 
mis, foliis minutis lanceolatis instructis. 

Hab. California, Monterey, ad arbores (Miss Martha 
R. Mann). 

Eurhynchium êirigosum BS. var. Bamesi. — A planta 
typica europaea differt : caule robustiore, foliis caulinis 
latioribus, longius acuminatis, rameis longioribus, obtusis 
vel subacutis et capsula breviore, la te ovata. 

Hab. Idaho, Lacus « Pend d*Oreille, » ad trunco8(Lei- 
berg, a cl. amico Gh. R. Barnes communicatum). 



131 

Eurhynchium gtrigosum BS. var. fàllaz. -- Robuslum, 
ex habitu E, myosuroidêê. Folia caulina magna, trian- 
gulari-lanceolala, ohtusa ; ramea apice rotundata. Capsula 
ut in planta typica. 

Hab. IdahOy cum praecedente. 

La forme type d'Europe a les feuilles caalinaires ovalea*triaogiilaireSf 
brDsqaement rétrëeies-acuminées, les ramëales lancéolées, aiguës ou 
subobtuses et la capsule oblongue. Elle ressemble par le port à 1*^. proa- 
longum ou à VS, Siokeêii. Cette forme type, ainsi que les var. Bamm et 
faiUuDf a les feuilles espacées, étalées ou dresséos-étalées. Deux autres 
formes dériyées de VE.êtrigoium, les var. praecox Wahl. et dioenifoiium 
Lindb. {£, divêrêifoUum BS.), qui, au moins en Europe, sont les plus 
répandues, ont on faciès distinct par suite de leurs feuilles eoneaTes, imbri- 
quées, rendant les rameaux julacés. Ces formes, qui habitent en Europe les 
régions subalpine et alpine, croissent aux États-Unis dans les régions 
basses des États du Nord> Ainsi la Tar. divertifolium, par exemple, se 
trouve sur les collines de TOhio, où ont été récoltés les échantillons publiés 
sous le N« i32 dans les Mutei hor, Amét . exêieeatù Nous la possédons 
aussi du Montana, près Helena, où la plante a été recueillie par 
M. F. W. Anderson et nous a été communiquée par M. Ch. R. Barnes. 

Plagiothedum denticulatum BS. var. microoarpiim. 
— A planta typica differl: capsula brevi (1 i/t mill. longa), 
turgida, in pedicello crasso, flexuoso, basi saepe genicu- 
lato, horizontali, 

Hab. Idaho, Kootenai County (Leibcrg; a cl. amico Ch. 
R. Barnes bénévole communicatuno). 

Amblystegium rtparmmBS.var. serratom. — Gracile, 
repens. Folia angusta, apice serrulata. 

Hab. Kansas, Saline County, ad radiées arborum 
(Joseph Henry). 

Amblyêtegium riparium BS. var. florldanum. — 
Forma gracillima, appressa, corticibus arcte adhaerens; 
folia parva, remota, distiche patula, anguste lanceolata, 



139 

tenuiter acuminata, intégra. Capsula abbreviata (1-1 «/i 
mill. longa), arcuata. 

Hah. Ad radices arborum, Florida (Garber), Louisiana, 
in sylvis eirca Lafayette (Langlois). 

Hypnom sjrmmetricom. — Habitu formis graci- 
lioribus H. uneinati simile. Folia parce plicata, intégra vel 
subintegra. Pedieelli in eodem perichaetio interdum gemi- 
nati. Capsula semper omnino ereela, exacte symmetrica. 

Hab, Oregon, ad terram in sylvis humidis(Th. Howell). 
Idaho (Watson). Lacus « Pend d*Oreilie » ad truncos 
(Leibergy a cl. Ch. R. Barnes bénévole communicatum). 

Cette mousse» qui devra être rattachée comme sous-espèce au B, uHci- 
naium, parait répandue dans les États du Nord-Ouest« 

Bypnum arcuatum Lindb. var. americanum. Flo- 

' ruie de Tile Miquelon, 56). — A planta typica differt 

caule graciliore, prostrato, plus minus distincte pinnato, 

foliis minoribus, late et obtuse acuminatis, apice plerum- 

que denticulatis. 

Hab. Ad truncos putridos et terram arenosam. Loui- 
siana : Béton-Rouge, Pointe-à-la-Hache, Rivière-aux-Can- 
nes (Langlois). 

Le H. areuatutn Lindb. a été longtemps méconnu par les biyologues 
américains, qui Pont confondu avec le H. curvifolium Hedw. II en est 
cependant bien distinct par les feuilles munies aux angles basilaires de 
cellules hyalines, molles, formant des oreillettes distinctes, tandis que 
dans le H. curvifoimm les feuilles sont obcordées- deltoïdes, et formées sur 
toute la largeur de la base de cellule» courtes, colorées, à parois épaisses. 
Les capsules sont les mêmes dans les deux espèces. 

Le type du H, aretêaium a été récolté à Belhlehem,Pa.,par M. E. A.Rau, 
et la var. âemisêum Sch. dans les environs de Baltimore par notre ami 
Fitzgerald. Cette espèce fructifie même moins rarement en Amérique 
qu*en Europe. 



133 

Il nous reste à indiquer plusieurs espèces qui n'avaient 
pas encore été signalées en Amérique : 

Eucladium verticillatum BS. — California : Santa Ana 
Canon (Sam. B. Parisli, a miss Clara E. Cummings 
bénévole communicatum). 

Dicranum tenuinerve Zett. — In insula Miquelon 
(D' Delamare). 

Fùsidens Bambergeri Sch. — Kansas, Saline County 
(Joseph Henry). Louisiana, Pointe à la Hache (Langlois). 

Fissidens viridulus Wahl. — Louisiana : St Martinville 
(Langlois). Probablement confondu avec le F. incurvtés 
Schw. 

Trichostomum nitidum Sch. — Vniied States, sine loco, 
a cl. James lectura et a cl. Bescherelle communicatum. 

Bryum microstegium Sch. — Labrador (Greeman). 

Polytrichum sexangulare FI. -^ Oregon, in monte 
Hood, stérile (Henderson). 

Amblystegium porphyrrhizum Lindb. — Insula Mique- 
lon (D' Delamare). Kansas, Saline county (Joseph Henry). 

Afnblystegium Kochii BS. — Kansas, Salipe county 
(Joseph Henry). 

Hypnum Vaucheri Lesq. — Montana, Helena (Anderson 
legit, a cl. Ch. R. Barnes communicatum). 

Celte espèce, qui diffère du H, cupressifarme par le 
port, par les cellules plus larges et plus courtes, les basi- 
Jaires rectangulaires, et par les nervures plus fortes ^t plus 
longues, n*a aucun rapport avec le H. Vaucheri Sch. 
signalé à la page 414 du Mantml, Celui-ci est VEurhyti- 
chium Vaucheri BS. (Hypnum JommaWntïSendtn.). 

Dans le mémoire de M. Kindberg Enumeratiomuscorum 
qui in Groenlandia, tslandia et Faeroer occurunt (1888), 
sont indiquées de nombreuses espèces du Groenland qui 
ne figurent pas dans le Manual de Lesquereux et James. 



13i 

EXPLICATION DES PLANCDES. 

Toutes les figures d'uo grossissemeot de 18 diamètres ou plus oDt été 
dessinées à Taide de la chambre claire de Nachet. 

Planghb VII. ~ A. Dieranutn êobuieiorum, a, a, plante entière, 
(grandeur naturelle) ; b, b, feuilles ; e, e^ c, pointe des feuilles; 4, tissu de 
de la base; 0, tissu de la partie supérieure; f, feuille périchétiale externe; 
p, feuille périchétiale interne; h, pointe de la précédente; t, capsule et 
opercule. ^ B. Dieranutn Bowelliù a, a, plante entière (grandeur 
naturelle); 6, feuilles; e, feuille périchétiale; d, dite, du />. aeoparium. — 
O. IMsrafiiMii êtoparium yar. sulcaium* a, pointe d*une feuille ; 6, capsule ; 
Cf portion de la membrane capsulai re montrant le tissu d*une bande longi- 
tudinale — D. Dwraiittiii miquêlonente. a, plante entière (grandeur 
naturelle); 6^ 6, 6, feuilles; c, pointe des feuilles; d, tissu delà base; 

e, tissu de la partie supérieure. 

PuHcn VIII. — A. Triehodan flemifoliuê. a, plante entière (grandeur 
naturelle); 6, feuille inférieure; e, feuilles supérieures; cf, tissu de la base 
des feuilles; e, tissu de la partie supérieure; /*, coupe transTcrsale d^une 
feuille; g, pointe des feuilles; A, feuille périchétiale; i, feuille périgoniale 
externe; ;', feuilles périgoniales internes laissant Toir les anthéridies 
par transparence. — B. Webera Cardoti, a, plante femelle entière (gran- 
deur naturelle) ; 6, plante mâle ; c, feuilles ; d, tissu de la partie moyenne 
de la feuille; e^ tissu des bords; /, capsule; 9, capsule déoperculée; 
A, portion du péristome. — C. Bryum Sawyeri. a, plante entière (grandeur 
naturelle); 6, 6, feuilles; e, pointe d'une feuille; d, tissu de la feuille; 
«, filaments axillaires; ^ capsule. 

Plahohi IX. — A. Fonlinalië Delatnorei et F, êquamoia : a, feuille du 

f, Oe/omaret; 6, capsules du même; 6^, capsule du F. squamosa; o,denta 
du péristome de P. Delamarei; e^, dite de F. squamosa; d, portion de la 
bue d'une dent de F. Dclumarei ; d^, dite de F. squamosa ; e, portion du 
péristome interne de F. Delamarei; e^, dito de F. squamosa; /, coiffe de 
F. Delamarei. — B. Eurhynchium ttHgotum : a, feuille caulioaire du type 
d*Europe; 66, feuilles raméales du même; e, capsule du même; a^, feuille 
caulinaire de la Yar. Barneêi; 6^6^, feuilles raméales de la même; c^, cap- 
sule de la même; n^^, feuille caulinaire de la Tar. fallam; b ^^b^^^ feuilles 
raméales de la même. — O. Bypnum tffmmeirkum : a, plante entière 
(grandeur naturelle) ; 66, feuilles ; g. capsules. 



Soc. roy- bal. Mg., t. XZVIII. 



Sor. n»7. hot. Bel;., l. XXTIII. 



Sor. nj. bot. Belg., t. XXVIII. 



RBMARKS ON THÇ MORPHOLOGY 



or 



ROSA BERBERIFOLIA, Pulas, 



BT 



MAXWELL T. MASTERS. 



Owing to the kindness of the authorities of ihe Royal 
Gardens at Kew and of my friend the Rev. H. Ewbank I 
hâve recently had the opportunity of examining the construe- 
tion of this extraordinary Rose. As the species bas been des- 
cribed and figured in several easily accessible works there 
is no necessity to describe it again. I propose merely to 
allude to those points in which the plant differs from ail 
others of the genus Rosa, to those which bave been hi- 
therto overlooked, or to those which bave been differently 
interpreted by différent observera. How varied hâve been 
the views of botanists may be judged from the foUowing 
notes arranged chronologically. 

In 1 789 our plant was first mentioned (wiihout a name) 
in de Jussieu^s Gênera Plantarumf Appbndix, p. 452, 
and in the foUowing ternis.... « Species nova rimplicifolia^ 
stipulis spinaeformibue et calycinis laciniis omnibus nwtis, 
Persica inventore D. Michaut» et éd. Uster (1791), p. 372. 

In 1795 Pallas described the plant in bis description of 
the € Plant, nov. ex herb. et schedis defuncti botanici 



1-1 



136 

Sievers » published in 1797 in ihe Nov. Àct. Acad* Se. 
Imp. Petropolilanae, p. 379, tab. X, fig. 5. Pallas' descrip- 
tion is, considering the time at which it was written, 
accurate and good. He speaks of « foliis simpiicibus » of 
« stipulae praeter spinas nullae » and notices the arrange- 
ment of the spines,and the peeuliar colored spot at the base 
oflhe petals. v\ hat he means by the expression c nequid- 
qnam piloso » applied to the interior of the a pericarpium » 
(receptacular-tube) I do not know. 

Salisbury, in his Prod. stirp. in horto ad Chapel Aller ton 
vigentium (i796), p. 389,says that he grew the plant which 
he called R, simplicifolia, for two years although he des- 
cribed it from a spécimen in the herbariuni of Sir Joseph 
Banks. He too speaks of the plant as provided « foliis sini" 
plieibus. » The same author (1806), in W. Hook. Para^ 
diHU Londinensis^ lab. 101, says « foliis simpiicibus 
exstipulatis. » 

Willdenow in 1797, Sp. Plant., tom. % pars2, p. 1063, 
speaks of the leaves as simple. 

In 1820 Lindley, Rosarum monographia, p. l, des- 
cribes the leaves as simple and exstipulate and says no 
other Rose bas compoand aculei. 

Under the generic name of HuUhemia Dumortier in 
1824 (ex Endlicher Gen.), says the plant bas « folia 
abortiva sub nullae eorum loco siipulae connatae foliis 
formes. » 

In 1839, Bot. Reg. t. 1361, Lindley describes our plant 
as Lowea berberifolia to which he attributes « folia nm- 
plida exstipulatay aculei saepius compositi, cetera Rosae ». 
« The simple leaves », he continues, c are not analogous 
to the terminal pinna of a Rose leaf for there is no trace of 
the articulation upon their pétiole... neilher can they be 



137 

coDsidered confluent stipules for their venation is not 
what would be found under such circumsianees but 
precisely ihat of an ordinary leaf. » Lindiey lays stress 
upon modifications of the organs of végétation as being 
suflicient to divide into gênera species which do not essen- 
tially differ in the organs of fructification... The structure 
of its flower, he says, is in every respect that of a Rose. 

Ledebour in 1830, Flora Altaica^ t. 2, p. 2!24y gives 
an excellent description of the plant, mentioning the arran- 
gement of the spines, their « decurrence » along the 
branches and the alternate stripes of yellow and purplish 
brown so produced. The stipules he describes as c binae 
eonnatae in folium simplex^ sesêile,... apice bi^trifidum 
{ubi vera hujus folii elticet natura ; nam si stipulas ad 
apicem usqne eonnatae sunt integrum, sin vero non plane 
coalescunt, bifidum, denique si inter utramque stipulam 
rudimenlum foliaceum petioli foliive abortivi remanet, 
(rifidum evadit), vel denique ovatum, toto ambitu argute 
serratum, glabrum, glaucutny etc. » Ledebour notes the 
color of the petals and anthers, the setose interior of the 
receptacular tube and the carpels « 'otnnino glabra nec 
latere exteriorey illo oui stylus adnatus est opposito, ut in 
coeteris comata. » On account of thèse peculiarities Lede- 
bour proposes to constitute a new genus Rhodopsis. 

In bis Icônes Plant. Nov Flor. Ross imprimis AUaic. 
1833, cent. IV, p. 20, t. 370, Ledebour gives a very good 
colored figure of the plant showing the petals with their 
spoited base, the globular fruit surmounted by the ascen- 
ding sepals and the densely villose styles. He now des- 
Qribes the plant « foliis abortu nullis, stipulis connatis 
folii fortnibus glabris; aculeis stipularibus geminis ». 

Endlicher, Gênera Plant. (1836-1840), p. 1241, adopts 

10 



138 

Dumortier's name of Bulthemia and considers that the 
stipules are connate înto a leaf. 

In f865 Bentham and Hooker, Gen. Plant. ^ i, p. 638, 
speak of the leaves as « l-foliolate or reduced to stipules. » 
For them the plant is a true Rose. 

In iS6SBB\\lon, Histoire dei plantes, I,p.349f mentions 
ihe leaves as « réduites à une seule foliole, ou à lu ba$e du 
pétiole, de chaque côté duquel les stipules prennent un grand 
développement. • 

Boissier in 1873, Flora Orient., l, p. 668, adopta the 
^enus Hulthemia of Dumortier and describes the shrub 
« stipulis dculeiformibus, foliis simplicibus. » He adds 
» sententide cl. et amie, a Bunge qui folium pro stipulis 
binis connatis habet ob ejus nei^vationem omnino normakm 
assentire nequeo. » 

In 1888 Focke in Engler and PrantI Die naturlichen 
Pflanzenfamilien (Lieferung 24, p. 47), places Bulthemia 
as a subgenus of Rosa with this charaeter : « Blatt einfach, 
ohne Ausgliederung von Nebenblatt und Fiederblatt, » 

Il is unnecessary to quote authors, who hâve not exami- 
ned the plant for themselves, enough has been said to 
show the différences of opinion which exist among those 
who hâve donc so. It has been placed in no fewer than 
four gênera. Some say there are no leaves, some say 
there are no stipules, others assert ihat the stipules 
constitute the leaves, others ihink that the spines constitute 
the stipules I 

It is with (he view of attempting to reconcile some of 
thèse discrepancies that I now venture to give the resuit of 
my own observations on the living plant. 

Seedling Plant. — The radicle is monopodial; the 
ligellum siender, ereet with a separable cortex; the two 



139 

cotylédons are fleshy, sessile, linear-oblong obtuse. The 
primary leaves are obovate-cuneate tapering at ihe base 
into a short wîde stalk usually without any trace of stipules 
but with a few stalked glands along the edges. The plu> 
mule aiready shows a few pale yellow aculei. 

The mode of germination therefore does not difFer 
materially from that of other Roses in which I bave 
frequently (but by no means invariably), seen the first 
one, twoy or even three, leaves after the cotylédons 
without stipules and with only a simple Idmina. Higher 
up the « adnate > stipules and a pair of leaflets are formed 
in addition to ihe terminal leaflet^ still higher another 
pair of leafleis appears and so on. 

Anatamy of the êtipuht and pétiole. — In an ordinary 
Rose the stipules are, as it is called, « adnate >, but 
« enate » or c inseparaie » better expresses the real state 
of the case. On cutting across the pétiole and the stipules 
emerging on either side from it, ihree vascular bundles 
are seen, one central and one on either side thus : oOo. 
Cords from the latéral bundles pass directly into the sti- 
pules, ail three of the main-bundles pass up the pétiole, 
so that above, as well as helow the stipules there are three 
cords, bot at the very apex of the pétiole just beneath the 
lower most pair of pinnae the cords form almost a closed 
circle^y higher up the three cords again become separate 
so that even the petiolule of the terminal lèaflet i, e. the 
end of the midrib shows 3 vascular bundles. 

In the pétiole of an ordinary Rose, beneath the epi- 
dermis is a zone of cells containing chlorophylle and 
surrounding the ground tissue which is traversed by the 
fibro-vascular cords before mentioned. In many Roses the 
groove on the upper part of the pétiole is fliled in with a 



140 

large quantity of large, ovoid or globular» colorless cells 
filled with water. 

In Rosa berberifolia the pétiole bas essentially the 
same structure as that just described ; the same three fibre* 
vascular bundies, but much less grouod tissue, mueb 
more sclerenehyma and, few or, none of the walercells. 
i présume iherefore, ihat ihe stipules in B. berberifolia 
are suppressed, but il\9ii potentially they are présent and 
possibly under culiivation as the plant aequires vigor fully 
developed stipules may be formed. 

The aculei are purely epidermal structures and by no 
means stipulary though it is true they often occupy the 
position of stipules. 

Development of the leaf. — An examination of the deve- 
lopment of the leaf shows that it begins as a pimple (or 
mamelon) which grows from below upwards and more so 
on one side than on the other, so that at a very early 
stage, the domeshaped pimple is replaced by a hood open 
on one side and forming a cavity in which the next 
youngest leaf is partially concealed. The development is 
thercfore quite that of an ordinary Rose-ieaf except that 
the latéral pinnae are not developed, though potentially 
they are so, hence we may expect to see Rosa berberi- 
folia some day produce, by accident, a true pinnate lear. 
Some plants which ordinarily produce pinnate leaves, 
occasionally develop unifoliolate leaves only, thus, for 
instance, there are in cultivation unifoliolate varieties of 
Ash {Fraxinun), Slrawberry (Fragaria), Gleditschia, etc. 
Pubescence. — The vestiture varies considerably in 
différent spécimens some being almost entirely glabrous 
others puberulous. The deniation of the leaves is simijarly 
variable. 



Ul 

Inflorescence^ flower, etc. ~ The inflorescence of Roêa 
berberifolia is, 80 far as I hâve seen, in herbaria or 
gardens, uniformly l*flowered and wilhout trace ofbrac- 
teoles, a circumstance that leads to the inference that 
a cymose inflorescence such as oiher Roses have^ though 
far from impossible is not likely to occur in ihis species. 
The color of the spot at the base of the petals varies in 
intensity and even in tint from purplish brown to rich 
crimson. The stamens and anthers are aiso purplish and 
there is a band of a similar color, heretofore unnoticed, 
around the top of each style just beneath the large flat 
reniform stigma, so that on looking down into the flower, 
three rings or bands of color are visible, one conslituted 
by the petals, one by the stamens and the third by the 
styles. Doubtiess this arrangement of the color in three 
separate, but concentric, rings has référence to insect 
visitaiions and botanical travellers'in Persia and Affgha- 
nistan should bave their attention directed to this matter. 

The carpels are raised upon a short siipes covered 
with coarse white setae, the obovoid ovary is itself 
entirely glabrous with a single pendulous ovule in the 
interior. The styles project beyond the mouth of the 
réceptacle and are densely covered with long white, 
cottony hairs which bind the styles into one mass though 
they can be readily separated by the needie. The stigmas 
bave aiready been alluded to. 

Actîng on the suggestion of our great Rhodologisi 
M. Crépin(^), 1 bave examined the « insertion of the car- 
pels » and find it basilar. The lower part of the recepta- 



(1) See Crépin in Bull, Soe. Bot. Belg.y i889, part. II, pp. 87 A 88. 



us 

cular tube is densely setose while tbe upper part (the 
dise) is smoothy sbiniog and sometîmes purplish. 

Figures of this Rose will be found in ihe Gardeners' 
Chrankle, July 6, 1889, p. 9, and July 30, 1889, p. 78 
(médian prob'Ocation). 



MES 



EXCURSIONS RH0D0L0GIÛUE8 



DANS 



LES ALPES EN 1889, 

PAR 

François CRÉPIN. 

Celle année, j*ai exclusivemeni consacré mon voyage 
habiiuel dans les Alpes à Télude et à la récolle des Roses. 
Mon bul principal était d'arriver à dissiper Tobscurité qui 
règne sur la nature de quelques formes de montagne. 

Il importait de choisir des localités favorables à mes 
recherches. La connaissance que j'avais de certaines 
régions soit par des excursions antérieures, soit par des 
matériaux que j*en avais reçus, me fil donner la préfé- 
rence aux environs de Coire, de Tarasp, de Bormio, au 
versant méridional du Simplon et aux alentours de Fiesch 
dans le Haut Valais. 

Malgré un séjour peu prolongé sur chacun de ces points, 
j*ai pu, grâce à beaucoup d'activité, faire de récoltes 
considérables. Celles-ci sont représentées par plus de 
380 numéros comprenant au-delà 2,000 spécimens. 

Afin de permettre à quelques spécialistes de contrôler 
les observations qui vont suivre, j*ai formé, avec une 
partie des matériaux recueillis, deux collections numéro- 



lu 

lées sous le titre de Herbier de Roses, chacune déciles com- 
prenant environ 160 numéros. Il va sans dire que chacun 
de ces numéros est représenté par des échantillons récoltés 
sur le même buisson. L'une de ces collections est déposée 
dans rherbier de mon savant ami M. Emile Burnat, à 
Genève, Tautre, dans Therbier du Musée d*histoire natu- 
relle de Vienne. 



I. 



ENVIRONS DE COIRE (Chur). 

J'arrivai à Goire le 1^ août vers 1 heure. Mon premier 
soin fut de faire visite à M. le professeur Brûgger, qui 
m'avait promis son concours pour explorer la région de 
Goire, dont il connaît la flore d'une façon approfondie. 
Ge savant botaniste m'accueillit d'une façon extrêmement 
amicale et ce jour même nous fîmes déjà une course vers 
Lûriibad, à une demi-lieue à Test de la ville, où il me 
montra quelques buissons de Rosa Dematranea Lag. et 
Pug. {Herbier de Roses^ n® 6). Outre cette Rose, nous 
avons observé, dans cette localité: R, tomeniella h^xa.- 
var., R. coriifoUa Pries à dents simples, à pédicelles, 
réceptacles et sépales lisses, jR. graveolens Gren., et 
R, canina sous diverses variations. 

Lûriibad est à environ 700 mètres d'altitude. Ge niveau 
peu élevé explique la pauvreté de cette localité en Roses. 
Les alentours immédiats de Goire, qui sont à 600 mètres, 
ont également une assez pauvre florule rhodologique. On 
doit s'éleve'r à une altitude plus grande pour trouver ces 
riches associations de Roses qui émerveillent le spécialiste 
sur tant de points des Alpes. 



145 

11 fut convenu que le lendemain nous. irions visiter les 
environs de Ghurwalden. 

Gomme je devais faire de très abondantes récoltes 
pendant mon voyage, j*ai eu besoin d'une grande pror 
vision de papier à dessécher. De Bruxelles, je n*avais 
emporté, avec mon petit sac de touriste, qu*un simple car- 
table, parce que je savais, par M. Brûgger, pouvoir trou- 
ver à Goire d'excellent papier à dessécher. En effet» j'ai 
pu me procurer chez M. Eblin, papetier, un très bon 
papier, qu'il fait fabriquer exprès pour les élèves de. 
M. le professeur Brûgger. Sachant qu'à TaraSp et à 
Bormio, je ne trouverais pas de papier pour préparer 
les récoltes à faire dans ces localités, j*y fis expédier 
plusieurs rames du même papier. Je ne crois pas 
inutile de donner ces renseignements, car il importe 
de savoir où le botaniste peut se procurer le matériel 
nécessaire à la dessiccation des plantes. G'est fort 
incommode de transporter avec soi une grosse provi- 
sion de papier et Ton est fort heureux de trouver sur les 
lieux mêmes le papier nécessaire. Je dois ajouter ici que 
j'ai pu me pourvoir de papier à dessécher à Ardez, ,i 
Brigue et & Fiesch. 

Puisque je suis en train de donner des renseignements 
pratiques, je crois bon d'appuyer sur les avantages du 
cartable pour la récolte de Roses. La boite d'herborisation 
quelque grande qu'elle soit est presque toujours insufiB- 
sante. Dans un cartable, porlé à la main et serré avec 
le genre de courroies qui servent à rouler les couvertures 
de voyage, on peut aisément mettre le contenu de plu- 
sieurs boites d'herborisation. Avec un peu d'ivabitudci, 
on parvient à faire de fort belles préparations, supé» 
rieures même à celles que Ton obtient en emj^oyMt la 



146 

boite.^ Les avantages du cartable sont tels pour les Roses, 
comme du reste pour la plupart des autres plantes, qu'il 
me parait devoir être préféré dans les cas de réeoltes abon- 
dantes, surtout par les botanistes voyageant à Tétranger. 

Le lendemain, de très bon matin, avant de partir pour 
Churwalden, je fis une courte promenade sur les hau- 
teurs qui dominent (]oire en suivant la route de Maladers. 
J*observai quelques buissons de R. rubigino$a L., dont 
plusieurs étaient hétéracanthes, diverses variétés du 
M. canina et le A. coriifolia k dents irréguliéres, à pédi- 
celles, réceptacles et sépales lisses. 

Vers 8 heures, nous partions pour Churwalden. Pour 
éviter le grand soleil, M. Brûgger me proposa, au lieu de 
suivre la chaussée, de remonter la gorge de la Rabiosa. 
Au point' de vue pittoresque, ce chemin est de beau- 
coup préférable, mais pour la récolte des Roses il eut 
mieux valu suivre la route, passer par Kreuz, Malix et 
Strassberg, afin de pouvoir explorer les pentes qui domi- 
nent la rive gauehe de la Rabiosa et qui sont bien expo- 
sées au soleil. Pour les Roses, il faut généralement éviter 
les gorges ombragées, les lieux trop boisés et rechercher 
les endroits découverts, le bord des chemins et des routes, 
les haies, les massifs de buissons entre les champs cultivés 
et les prairies, qui sont des stations où les Rosiers croissent 
volontiers. 

Jusqu'à Churwalden, nous avons rencontré fort peu 
de Roses : à Araschaa, des R. rubiginosa L. hétéra- 
canthes ; dans les bois et les prairies au-delà de Bruok, 
le R. alpina L., diverses variétés du R. canina; vis-à-vis 
de Strassberg, le A. tomentosa Sm. var. (JBerb, Ros.f 
n* 4); çà et là, des variérés du R. coriifolia à pédicelles, 
réceptacles et sépales lisses. 



147 

Nous sommes arrivés à Churwalden vers midi et demi. 
Après avoir déjeuné, nous visitâmes des prairies mon- 
tueuses (prairie de Katz) à gauche de la route, où nous 
avons successivement rencontré diverses formes intéres- 
santes : un Rasa (n«85) qu^on peut rapprocher du R.urten' 
sis Lag. et Pug.(0; R, coriifoUa à dents doubles, è pédi- 
celles, réceptacles et sépales lisses et, à côté des buissons 
de ce dernier, d'autres buissons d'un Rosa ayant le même 
faciès (n® 80) et appartenant au groupe des formes désignées 
par M. Christ sous lé nom de R. corUfolia forma sufrcof- 
lina; le R. glauca Vill. (n"* 59); des pieds du R. alpina. 
Nous redescendîmes dans la direction du moulin de Chur- 
walden, sur la rive droite de la Rabiosa. Prés du moulin, 
j*ai recueilli une variété du A. tomentoêa (n'* S). En aval, 
le long du chemin connu sous le nom de Via Bazzigher, 
j'ai récolté un R. glauca à très grandes folioles et une 
variété du R. tomentosa. Dans ces deux dernières localités, 
se trouve le R. canina sous diverses variétés. 

L'intention de M. Brûgger était de me conduire i la 
localité où il avait découvert autrefois le R. spintdifolia 
Dematra (à la lisière du bois d*Ëggen près de Tschudirain 
sous la maison Donas), mais un gros orage nous força 
à renoncer à cette recherche intéressante et à nous réfugier 
au village. Après la pluie, nous remontâmes la rive gauche 
de la Rabiosa à quelques centaines de mètres au-delà 
des dernières maisons. En face de l'hôtel de la Cou- 
ronne, au bord du ruisseau, se trouve un grand buisson 
d'un Roêa (n"* 33) voisin du n^" 85 et qui doit probable- 
ment être aussi rapproché du R. uriensis, malgré l'ab- 

(i) M. Brâgger avait déjà recueilli antérieurement le R. nrientû près 
de Churwaldeo, k la Via Bazzigher. 



U8 

senoe presque ooraplète de soies glanduleuses sur les 
réceptacles. Un peu plus haut, toujours le long du 
ruisseau, nous avons observé un buisson sans fruits» i 
folioles pubescentes, abondamment glanduleuses en des- 
sous et à dents (rés composées-glanduleuses. C'est peut- 
être une variété du A. iotnentosa. J*ai recommandé à 
M. Brugger de récolter cette forme. Tannée prochaine, en 
fleurs et en fruits 

Là unissaient nos recherches pour cette journée. A 
6 heures, nous prime» la diligence pour rentrer è Goire. 

En examinant les buisson^r le long de la route, j*ai pu 
constater que les Roses sont assez abondantes entre Gbur- 
walden et Matix et entre Malix et Kreuz, parmi lesquelles 
j*ai cru reconnaître dès R. uriensiSy A. coriifolia et 
R. glatica. 

Les environs immédiats de Churwàlden, qui sont à une 
altitude entre 1200 et 1300 mètres, ne m'ont pas paru bien 
remarquables par leur florule rhodologique : les formes n*y 
sont pas très variées et les buissons y sont peu abondant». Ce 
qui m*a le plus intéressé, c'est la présence, à cette altitude, 
du R. tomentoêa^ qui croit non-seulement aux endroits que 
j*ai indiqués, mais encore à d'autres places où M. Brûgger Ta 
récolté. 11 se présente sous diverses variétés ou variations, 
dont quelques^^unes, sur des échantillons d'herbier, pour- 
raient assez facilement être rapportées au R. uriensis par 
Tobservateur peu familiarisé avec cette dernière Rose. 
Sur le vif, la confusion n'est pas possible. D'après ce que 
j*ai remarqué aux environs de Churwalden et de Flims, les 
réceptacles du fi. tomentoêa sont moins précoces, dans leur 
développement, que ceux des R. urienêiSy fi. coriifolia et 
fi. glaiuM, 

De tous les environs de Coire, la localité que je dési- 



149 

rais le plus vivement visiter était Flims, dont la richesse 
en Roses m'avait été tant vantée par mon ami le D' Christ. 
Celui-ci y lors d'un séjour assez prolongé qu*il fit, en 1879, 
à Waidhaûser, avait eu Toccasion d'explorer les environs 
de Flims, de Scheya» de Fidaz et des villages voisins. 
D'autres botanistes y ont également récolté des Roses, 
parmi lesquels je citerai mon obligeant compagnon M. le 
prof. Brûgger, et feu Heer, le célèbre botaniste suisse. 

Comme Flims est assez éloigné de Coire, nous primes, 
le lendemain de notre excursion à Churwalden, une 
voiture pour nous y conduire. Notre conducteur avait 
reçu L'ordre d'arrêter sa voiture le long de la route 
chaque fois que nous remarquerions un rosier intéressant. 

Entre Tamins et Trins (684 m. d'ail, à 860 m.), nous 
avons observé un buisson de R. micrantha Sm., des 
B» glauca^ deux pieds de R. tomenlasay des R. rtifrt^i- 
nosa et d'assez nombreux buissons de diverses variétés de 
R. canina. 

Entre Mulins et Flims, nous rencontrâmes un buisson 
très élevé et diffus du R. uriensis (n« 84), à folioles un 
peu glanduleuses sur les nervures secondaires, et, çà et là, 
le R. micranlha. 

Vers 3 heures, après avoir déjeuné à Flims, qui est 
à 1100 mètres d'altitude, nous nous dirigeâmes vers Fidaz. 
Sur les pentes qui dominent Flims^ entre Scheya et Fidaz, 
vers une altitude de IIKO à 1200 mètres, les rosiers sont 
abondants et bientôt mon cartable se gonflât rapidement. 
Le A. uriemisin'* 82, 83), sans y être très répandu, n'est 
pas rare et s'y montre sous diverses variations. Le R. corii' 
folia est commun; le A. micranlha est répandu, ainsi que 
le A. canina sous diverses formes. Nous y avons vu un 
buisson de A. rubiginosa hétéracanthe et un seul pied du 



150 

R. pomifera Herrm., espèce que M. Brûgger m'a dit 
n*étre pas rare aax alentours. Mon carnet ne porte pas le 
nom du il. glauca^ mais cette Rose eiiste bien dans 
ces localités, que nous n*avons du reste fait que parcourir 
rapidement, à cause du temps restreint dont nous pou- 
vions disposer. Pour connaître suffisamment la florule rho- 
dologique de Flims, il faudrait séjourner au moins une 
semaine dans cette intéressante région. 

Ce qui m'iniéressait le plus dans cette excursion, c'était 
d'y observer le R. DemcUranea Lag. et Pug., que les 
auteurs y renseignent, et de le comparer sur le vif avec le 
A. uriensis. Cette Rose y est assez répandue (n** 7, 8 et 9). 
Les observations que j'ai pu faire sont venues confirmer 
l'opinion que j'ai émise sur son compte (*), à savoir qu'on 
ne peut aucunement la considérer comme une variété du 
R. uriensiSf malgré certains caractères qu'elle possède en 
commun avec celui-ci. Pour l'observateur superficiel qui 
se borne aux apparences offertes par des échantillons 
d'herbier, certaines formes du R. Dematranea peuvent 
paraître inséparables du A. uriensû, mais quand on 
étudie ces deux Roses sur le vif, on n'est pas dupe des 
ressemblances générales. Le A. 0emafranea appartient au 
groupe du R. canina à sépales réfractés pendant la matu- 
ration du réceptacle et non pas au groupe à sépales relevés 
après l'anthèse et demi-persistants, dont font partie les 
R. uriensis et R, coriifolia. Du moment où l'on réunit' 
le R. Dematranea au R. uriemis^ pour être logique, ri faut 
réunir le R. dumetorum Tiiuiil. au A. œriifolia. 

Les échantillons de R. Dematranea que iM. Christ a 
recueillis, en 1879, aux environs de Flims, ont été 



(1) Voir RoiOê Hêlvetieae in Bull. Soc. roy. bot. fielg., t. XXVII, l^* partie. 



déterminés par lui, dans son herbier, sous le nom de 
R. abietina forma Brueggeri. Lorsque j'ai parié, l*an 
dernier, de cette forme Brueggeri ^ je ne connaissais le 
R. Brueggeri Godet que d'après la description donnée 
par M. Christ dans sa monographie des Roses suisses, 
p. 134. Je ne pouvais alors savoir s'il y avait réellement 
identité entre la forme nommée R. Brueggeri par Godet 
et la Rose de Flims. A mon arrivée à Coire, je ques- 
tionnai M. Brûgger sur la Rose qui lui avait été dédiée. 
Ce botaniste me fit voir, dans son herbier, des échan- 
tillons de la Rose de Thusis recueillis par lui et aux- 
quels Godet donné le nom de R. Brueggeri. Ces 
spécimens sont accompagnés de plusieurs lettres de Godet 
concernant cette forme. J'ai immédiatement reconnu 
que ces échantillons appartiennent au R. uriensis et qu'ils 
ne peuvent être identifiés à la Rose de Flims nommée 
forma Brueggeri par M. Christ. Afin d*avoir tous mes 
apaisements sur la création de Godet, je priai M. le 
professeur Paul Godet, de Neuchàtel, de bien vouloir me 
communiquer tous les spécimens du R. Brueggeri se trou- 
vant dans l'herbier de son père, ce qu'il fit avec la plus 
grande obligeance. Ces spécimens, qui sont au nombre de 
trois et ont servi à M. Christ pour rédiger sa description 
de la forma Brueggeri^ ont été recueillis, en 1863, près 
de Thusis par M. Brûgger. Ils sont identiques aux échan- 
tillons de l'herbier de ce dernier; ils représentent une 
variation du R. uriemiê à dents foliaires doubles, triples 
ou simples et à nervures secondaires non glanduleuses. 
Le nom de Brueggeri a été publié en 1873 par M. Christ 
(itof. d. Schw.) avec une description, mais appliqué à 
une variété; il a été publié comme nom spécifique en 1874 
par M. Brûgger dans son Flora Curiemis, mais sans 



1S3 

description. Le nom de R, uriensiê Lag et Pug. avait été 
publié par moi dès 1869 (Primiliae, fasc. I, p. SS), 
mais sans description, puis publié en variété, avec des- 
cription, en 1873, par M. Christ. En 1874, ce même 
A. uriensis a été décrit par M. Cottet comme espèce sous 
le nom de A. conferta Pug., dans le Bulletin de la Société 
Murithienne, p. 98. Ce serait donc le nom de A. conferta 
que devrait prendre la Rose désignée alternativement 
sous les noms d'uriensis et de Brueggeri, Je conserve pro- 
visoirem^t ici le nom de A. uriensis, afin de mieux me 
faire comprendre quand je parle de cette forme. 

Redescendus à Flims, nous profitâmes du temps qui 
nous restait, avant le passage de la diligence à 6 heures, 
pour aller voir un buisson de A. tomentosa (n* 3) que 
M. Christ avait montré, à M. Brûgger, comme appartenant 
à la forme décrite par Scheutz sous le nom de A. venusta. 
Ce buisson, qui est f^ros et élevé, existe au bord de la 
route de Waldhâuser à quelques centaines de mètres du 
pont sur le Flem-Bach Ainsi que je Pavais déjà reconnu 
sur des échantillons de Therbier de M. Christ, cette 
forme du A. tomentosa ne peut pas être identifiée au 
A. venusta de la Scandinavie : c*est autre chuse. Il est 
assez probable que la vigoureuse variété de A. tomentosa 
que nous avons vue çà et là dans les haies de Flims en 
redescendant en voiture vers Mulins, est la même que le 
n*^ 3 de mon Herbier des Roses. 

Le temps ne nous a pas permis d'aller à la recherche 
d*un hybride auribué au croisement des A. alpina et 
A. venusta par M. Christ, trouvé par celui-ci près de 
Waldhfiuser. Cet hybride, de même que celui que M. Ber- 
nouilli a récollé près de Fidaz, semble devoir se rapporter 
au A. spinulifolia Demaira. L'un de ses ascendants parait 



1S3 

bien être le R. alptna, mais quant au deuxième ascendant, 
on n'oserait pas certifler qu'il soit le R. tomentosa. 

La matinée du dimanche, 4 août, fut employée par 
moi à une course vers le hameau de Kreuz, en suivant 
la route du Julier. Kreuz est à une altitude d'environ 
1000 mètres. 

Je trouvai deux buissons de R. uriensis : Pun (n* 86) 
à dents doubles et parfois simples^ sans glandes sur les 
nervures secondaires, l'autre à dents peu composées- 
glanduleuses et également à nervures secondaires non glan- 
duleuses; un buisson de R. Dematranea (n** 10); des buis- 
sons de R. glauca et R. coriifolia et quelques pieds de 
R, alpina. Le A. canina^ sous diverses formes, est assez 
répandu . 

L'après-dlnée, je fis une promenade avec M. Brûgger en 
amont de Coire vers Forai. Le R. canina y est très abon- 
dant sous des formes variées. En fait d'autres Roses, je 
n'y ai vu qu'un buisson de R. glattca et un buisson de 
R. urienris (n* 87). 

Le lundi, 5 août, je partis de bon matin pour Maladers, 
qui est à environ 1000 mètres d'altitude. Pendant près 
d'une heure, en suivant la route qui domine la Plessur, 
à l'exception d'un pied de R. coriifolia è dents composées- 
glanduleuses, à pédicelles, réceptacles et sépales lisses, je 
ne vis que des buissons de diverses variétés du Jt. canina. 
Entre 900 et 1000 mètres, en se rapprochant du vil- 
lage, les Roses se montrent plus nombreuses et plus 
variées. J'observai deux buissons de R. sepium Thuill., un 
grand buisson de R. Dematranea (n<* 1 1), à aiguillons cau- 
linaires très gros, un pied de R. rubiginosa^ un R. glauca 
(n<^ 60) croissant à côté d'un Rosa (n'^ 75) appartenant au 
groupe des formes désignées par M. Christ sous le nom de 

il 



154 

forma subcollina.Les n^ 76 et 78 de mon Herbier de Roses 
dépendent également de ce même groupe. Dans le n"* 78, 
certaines feuilles caulinaires sont 9-foliolées. Quand j*aurai 
ajouté un buisson du R. coriifoUa à dents simples, à 
pédicelles, réceptacles et sépales lisses, j*aurai cité tout ce 
qui avait attiré mon attention dans cette excursion. 

Vers la soirée, j'allai, avec Rf. Brûgger, explorer la côte 
escarpée derrière le village de Haldestein. Vue de loin, 
cette côte rocheuse et calcaire exposée au midi semble 
devoir être riche en rosiers. Il n'en est rien. Nous n'y 
avons observé que d'assez chétifs buissons de R. rubigi" 
fwsa, 2Z. micrantha et A. sepium, accompagnés de diverses 
variétés de R. canina. 

C'était là ma dernière herborisation dans le pays de Coire. 

Le peu de temps passé dans cette région ne me permet 
pas de juger d'une façon satisfaisante de la richesse ou de 
la pauvreté relative de sa florule rhodologique, mais il me 
parait que celle-ci est de beaucoup inférieure à celle des 
environs de Tarasp, de Bormio et de Fiesch. 

Le mardi, 6 août, je partis de Coire à 4,20 h. du 
matin pour prendre, à Landquart, la diligence qui devait 
me transporter dans la Basse Engadine. J'arriverai le soir 
à 6 heures au Kurhaus de Tarasp. J'avais aperçu aux 
environs de KIoster le R. ferruginea. 

IL 

BASSE ENGADINE. 

(Environs du Kurhaus de Tarasp y de Sehulsy de Vulpera^ de 

Tarasp y d'Ardez et de Boschia.) 

J'eus le plaisir de rencontrer, au Kurhaus, M. le D' Kil- 
lias, de Coire, qui, chaque année, pendant la saison des 
bains, remplit les fonctions de médecin dans ce grand 



15S 

établissement. Ce savant botaniste a profité des loisirs que 
lui laissait la médecine pour étudier la flore de la Basse 
Engadine. Les résultats de sos nombreuses herborisations 
ont été consignés dans sa Flore de la Basse Engadine publiée 
en 1887-1888 {Die Flora des Unterengadins mit besonderer 
Berûckrichtigung der spedellen Standorte und der allge^ 
meinen VegetationsverhaUnisse), Le genre Rosa avait été 
l'objet de ses recherches spéciales. C'est surtout grâce 
à celles-ci que M. Christ a pu traiter les Roses de cette 
région dans ses divers travaux rhodologiques. M. Killias 
avait eu Pobligeance de me faire une large part dans ses 
récoltes de Roses. 

L'abondance et la variété des buissons de rosiers sont 
telles dans cette région, qu'il n'est guère possible de 
détailler ce que j'ai observé dans chacune de mes herbo- 
risations. Je devrai me borner à exposer systématique- 
ment les remarques auxquelles les principales formes ont 
donné lieu. 

Le 7 aoùty j'ai exploré, dans la matinée, les deux côtés 
de la route jusqu'à mi-chemin de Schuls, en visitant les 
pentes à droite et à gauche. L'après-dinée, je suis allé à 
environ deux kilomètres le long de la même route dans la 
direction d'Ardez. J'ai ensuite gagné les hauteurs vers 
Fettan (Vetan) et je suis redescendu au Kurhaus en sui- 
vant quelques temps le chemin de Fettan à Schuls. 

Le 8 août, je suis allé à Ardez en suivant la route, puis 
jusqu'à mi-chemin de Boschia. 

Le 9 août, je suis monté à Vulpera et j'ai exploré les 
alentours du château de Tarasp. 

Le 10 août, j'ai suivi la route jusque près de Schuls ; 
j'ai remonté â gauche un ravin, puis je suis redescendu 
au chemin de Fettan à Schuls, pour revenir au Kurhaus 
par la chaussée. 



156 



Pendant ces quatre jours d'excursions, je n'ai pas, 
comme on le voit, parcouru un vaste terrain, mais j'ai beau- 
coup observé. Dans cette région accidentée, j'ai été arrêté 
à chaque pas par des buissons que je devais examiner et 
sur un grand nombre desquels j'ai fait des récoltes de 

spécimens. 
L'altitude des localités visitées varie entre 1200 et 

1 650 mètres environ . * 

D'après la Flore de la Basse Engadine de M. Killias, la 
florule rhodologique de celle région comprendrait ; 

Rosa abietina Gren. 
var. orophila Gren. 

— canina L. 

— — yar. dumalis Ghr. 

var. biserrata Cbr. 

-. — vir. firmula God. 



Rosa einnamoiDea L. 

— — var. yersifolia. 

— aipina L. 

— — Tar. pyrenaica Crouan. 

— — var. curtidens Cbr. 
var. reversa Cbr. 

— mollis Sm. 

^ — var. coerulea Cbr. 

— pomifera Herroi. 
var. recondita Cbr. 

— -^ var. fribui|;eiisis Cbr. 

— — var. sericea Cbr. 

— — var. engadinensis Cbr. 

— tomentosa Sm. 

— graveolens Gren. 

— inodora Pries. 

— car^opbyllacea Bess. (sec. 

Cbr.). 

— — var. Killiasi God. 

— — Levieri Cbr. 
Frieseana Cbr. 

— tomeatella Lem. 



— glauea Vill. 

— — var. complicata Cbr. 
var. Seringei Cbr. 

— — var. microphylla Cbr. 

— rubrifolia Vill. 

^ dumetorum Tbuill. 

— — var. platypbylla Cbr, 

— coriifoUa Pries. 
var. frutetommChr. 

— aipina X pomifera. 

— aipina X canina, 

— aipina X rabrifolia. 

— cinnamomea X rubrifolia. 

— coriifolia X mollis. 
~ coriifolia X pomifera. 

— mollis XP^BÛfera. 



Boaa caryophyllaoea Christ. 

La Rose qui m'intéressait le plus vivement dans la 
Basse Engadine est celle que M. Christ a cru devoir 



157 

rapporter au R. caryophyllacea de Besser. Elle va donner 
lieu à des remarques fort étendues. 

Dans sa monographie (1873), M. Christ décrit cette 
Rose sous cinq variétés : Killiasi^ Levieri^ taraspenm^ 
typica et Friesiana. Il indique les trois premières variétés 
dans la Basse Engadine. 

La variété Killiasi est caractérisée par des axes hétéra- 
canthesy c'est-à-dire pourvus d'aiguillons de deux sortes 
(des aiguillons crochus et des acicules glanduleuses ou non 
glanduleuses), par des folioles glabres, glanduleuses sur les 
deux faces, petites, obovales, obtuses au sommet, rétrécies 
à la base et ressemblant à celles du R. graveolens^ par des 
pédicelles un peu glanduleux, par des sépales glanduleux 
sur le dos, réfléchis après Fanthèse et se détachant 
tardivement. 

La variété Levieri est caractérisée par des axes n'ayant 
que aiguillons crochus, par des folioles seulement glan- 
duleuses en dessous, ovales ou largement ovales, aiguës au 
sommet, non rétrécies à la base, par des pédicelles lisses, 
par des sépales à dos presque églanduleux. 

L'auteur dit que cette variété diffère seulement de la 
précédente par des folioles plus larges et par une moindre 
glandulosité. Il ne fait aucune mention de la direction des 
sépales après fanthèse et pendant la maturation des récep- 
tacles; il ne dit pas si les folioles sont glabres ou pubes- 
eentes. 

La variété taraspevms est caractérisée par des axes seu- 
lement chargés d'aiguillons crochus, par des folioles beau- 
coup plus grandes et plus larges que dans les deux variétés 
précédentes, largement ovales, brièvement aiguës au 
sommet, non rétrécies à la base, un peu pubescentes et 
églanduleuses en dessus, densément pubescentes en dessous 



158 

avec de nombreuses et fines glandes mélangées au poils 
au temps de la floraison, mais s'obliléraut et disparaissant 
plus tard, à dents souvent simples, églanduleuses, plus 
rarement accompagnées de denticules, par des sépales 
églanduleux, redressés après Tanthèse, à appendices laté- 
raux petits. 

G*est, selon Tauteur, une variété vigoureuse. Il ne men- 
tionne pas si les pédicelles sont lisses ou glanduleux. 

J*ai sous les yeux tous les matériaux de l'herbier de 
M. Christ qui ont servi à ce botaniste de base aux descrip- 
tions qu'il a faites de ces trois variétés. 

Les échantillons rapportés par M. Christ à la variété 
tarcupensis ne sont réellement que des formes du 
A. corUfoltûf et, de plus, ils ne répondent pas exactement 
à leur description. 

Les spécimens en fruits récoltés par M. Levier en 1871 
sont à folioles plutôt petites que grandes, à dents doubles, 
parfois simples, à pubescence ordinairement fort maigre à 
la face supérieure, et, à la face inférieure, à peu près nulle 
en dehors de la côte et des nervures secondaires, et sans la 
moindre apparence de glandes même sur les jeunes 
feuilles. Ces échantillons paraissent avoir été pris sur un 
arbuste peu vigoureux. 

Les échantillons en fruits recueillis en 1871 par M. Killias 
près de Sins constituent une autre forme plus robuste, à 
folioles plus grandes, glabres à la face supérieure, très 
maigrement pubescentes à la face inférieure, à dents 
doubles, plus rarement simples. 

J'ai peine à comprendre comment M. Christ a pu écarter 
ces deux formes du R. coriifolia^ et d*en avoir fait une 
variété de son R. caryophyllaceà. Selon moi, les éléments 
de cette variété taraspensis doivent disparaître du groupe 



159 

dit caryophyllacea^ pour être compris dans le groupe 
coriifolia. 

Il ne nous reste donc plus à examiner, pour le R. caryih 
phyllcuiea de la Basse Engadine, que les variétés Killiasi 
et Levieri, 

Remarquons tout d*abord que les formes à folioles 
glanduleuses qui peuvent être rapportées, dans la Basse 
Engadine comme dans les environs de Bormio, au 
R, caryaphyilacea Gbr.» ont sinon pas toujours au moins 
ordinairement le corolle d*une rose vif; leurs stvies 
sont tomenteux et leurs sépales se relèvent après Tan- 
thèse pour couronner le réceptacle jusqu'à parfaite matura- 
tion. Ce sont là trois caractères que ce R. caryophyllacea 
possède a en commun avec les R, cariifolia et R. glauca. 

Les matériaux de la variété Killiari de Therbier Christ 
comme ceux qui m'ont été envoyés par M. Killias présen- 
tent des caractères qui correspondent assez exactement à la 
description donnée par M. Christ. Toutefois les folioles 
peuvent devenir assez grandes. Sur certains spécimens en 
fruits, les sépales sont réfractés, mais j'estime que dans 
cette variété ils sont normalement relevés comme dans 
la variété Levieri et dans les autres formes que j'ai 
observées dans la Basse Engadine et aux environs de 
Bormio. Je regrette de n'avoir pas été assez heureux pour 
rencontrer cette variété Killiasi dans mes excursions, afin 
de pouvoir en parler d'après des observations faites sur 
le vif. Il est vraisemblable que cette variété est assez rare. 

Comme on peut le voir par les n«' 129, 13S, 136, 137, 
UO, lil, 15S, 156, 1 57, 158, 159 et 160 de mon Herbier 
de Roses,\es variétés Killiasi et typica n'ont pas pour carac- 
tères exclusifs des axes hétéracanthes et des folioles glandu- 
leuses à la face supérieure. Ces numéros, qui représentent 



160 

des formes variées, sont sétigères à des degrés variables et 
présentent des glandes à la face supérieure de leurs 
folioles; les uns ont des pédicelles lisses, les autres des 
pédicelles bispides-glanduleux. Il est incontestable que 
ces divers numéros pourraient offrir, dans la forme et la 
pubescence de leurs folioles et dans les particularités 
présentéespard*autres organes, les éléments de plusieurs 
variétés aussi distinctement caractérisées que les variétés 
admises par M. Christ. En présence de ces matéria.ux déjà 
si nombreux et que mes prochaines récoltes enrichiront 
sans doute encore, on ne sera peut-être pas tenté d'écha- 
fauder de nouvelles variétés. 

Les numéros rappelés ci-dessus et divers autres numé- 
ros qui ne sont point entrés dans la confection de mon fTer- 

• 

hier de Roses constituent un groupe de formes du R. caryo- 
phyllacea différent des groupes Kitliasi et Levieri. Une 
forme de ce nouveau groupe recueillie par M. Killias près 
de Sins a été rapportée erronément par M^ Christ à la 
variété Killiasi. 

Au groupe Levieri^ on peut rapporter les n^ 130, 131, 
133, 134, 135, 142, 143, et d'autres n«' qui ne font pas 
partie de mon Herbier de Roses. Dans tous ces numéros, 
les folioles sont glabres à la face supérieure, alors que, 
dans la série précédente de numéros, elles sont ordinai- 
rement plus ou moins pubescentes; d'autre part, les 
pédicelles sont, toujours lisses. 

Le n^ 143 présente des folioles dont la forme se rap- 
proche beaucoup de celle de la variété KilliasL 

Le n« 138 de mon Berbier de Roses présente -des 
feuilles glabres et glanduleuses en dessus, sans que les 
axes portent la moindre trace d*acicules. 

Je ne discuterai pas ici la question de Tidentité ou de 



161 

la noD identité du R. caryophyllacea de la Basse Engadine 
et des environs de Bormio avee le £• caryapliyUacea de 
Besser. Je dirai seulement que l'identité spécifique de ces 
deux Roses est pour moi très douteuse. M. Gremli croit 
qu'elles ^ont différentes et c'est pourquoi il a donné le nom 
de R.rhaetka à celle de la Basse Engadine et des environs 
de Bormio. 

Une autre question plus importante que celle de syno- 
nymie se présente, c'est celle de savoir quelle est la 
valeur spécifique de notre R. catT/ophyUacea et quel est 
le rang quMl doit occuper parmi les espèces du genre. 

M. Christ {Résultatê généraux, p. 39) a fini par consi-* 
dérer son R. caryophyllacea comme une espèce de 
troisième ordre, qu'il rapge en face des jR. agrestis Savi et 
R. inodora Pries dans la sous-section Rubiginae. 

Avant d'aborder la question d'identité spécifique, je 
dois 4ire qu'en 1887, j'avais rapporté, sans la moindre 
hésitation^ au R. coriifolia, des exemplaires de la variété 
Levieri récoltés par. moi entre les Bagni Nuovi et Bormio, 
qu'en 1888, des échantillons que j'avais recueillis près 
d'Ardez, sur deux buissons différents, avaient également 
été rapportés par moi au £• coriifolia. Ces derniers spéci- 
mens sont à peu près, identiques aux n®' 199 et 1K9 de 
mon Herbier de Roses. 

Pendant les quatre journées que j'ai passées dans la 
Basse Engadine, j'ai pu observer un très grand nombre 
de buissons du R. caryophyllacea, Geux*ci m'ont rendu 
très perplexe, je dois l'avouer, et j'ai même quitté la région 
avec des idées assez confuses sur la véritable nature de 
cette Rose. Ce n'est qu'après l'avoir de nouveau examinée 
avec beaucoup de soin aux environs de Bormio que j'en 
suis arrivé à l'idée que toutes ses formes, dana ces deux 



162 

régions, pourraient bien ne constituer réellement qu*un 
groupe glanduleux dépendant, ou dérivé si Ton veut, des 
groupes coriifolia et glauca. Cette assimilation va sans 
doute paraître, de prime abord, extrêmement étrange 
aux botanistes habitués à donner beaucoup d*importance 
aux glandes recouvrant Tune ou lautre face des folioles; 
ils seront certainement tentés de rejeter mon idée comme 
tout k fait absurde. 

Avant de se prononcer, je Jes prie de peser et de 
contrôler les remarques qui vont suivre. 

Les glandes, comme les poils, constituent un simple 
revêtement qui peut paraître ou disparaître dans le même 
type spécifique. G^est ainsi que le R. pomifera, si largement 
et parfois si abondamment répandu dans les Alpes, se 
présente tantôt avec des folioles pubescentes et églandu- 
leuses à la face inférieure, tantôt avec des folioles pubes- 
centes, glanduleuses en dessous et parfois glanduleuses 
en dessuSi ou bien avec des folioles glabres, glanduleuses 
en dessous et parfois en même temps glanduleuses 
en dessus. Des variations analogues se produisent dans le 
R. mollis Sm. Le R. montana Ghaix,qui d'ordinaire est 
églanduleux & la face inférieure des feuilles, peut offrir 
des variétés à folioles abondamment glanduleuses en 
dessous et même glanduleuses en dessus. Le R. pimpinel- 
lifoliay qui est habituellement à folioles églanduleuses 
en dessous, peut, à son tour, se montrer avec des 
folioles glanduleuses & la face inférieure Un certain 
nombre de types spécifiques exotiques présentent les 
mêmes variations au point de vue de la présence ou de 
l'absence de glandulosité sur leurs feuilles. Du reste, le 
vrai R. coriifolia et le vrai R, glatica, en dehors de la 
région du R. caryophyllaceop peuvent se montrer avec des 



165 

glandes plus ou moins abondantes à la face inférieure des 
folioles. 

Ces exemples de variation doivent, me semble-t-il, 
inspirer des doutes sur la valeur que Ton a jusqu^ici 
attachée aux glandes dans le R. caryophyllacea, \ part 
les glandes foliaires et les acicules des axes, celui-ci se 
distinguerait-il des R. coriifolia et JR. glauca par d'autres 
caractères soit morphologiques, soit biologiques? Je crois 
pouvoir répondre négativement à cette question. On 
pourra peut être avancer que les sépales extérieurs du 
R. caryophyllacea paraissent être ordinairement plus 
pinnulés que dans les R. coriifolia et R. glatêca^ mais il 
n'y a guères là qu'une simple apparence résultant de 
ce que, dans le premier, les appendices latéraux des 
sépales extérieurs sont bordés de glandes, tandis qu'ils 
sont ordinairement églanduleux dans les deux autres. 

Si, par la pensée, non supprimons les glandes foliaires 
et les acicules glanduleuses des axes dans les n^ 129, 13K, 
136, 137, 140, 141, 156, 159 et 160, ne serions-nous pas 
forcés de voir, dans ces numéros, des variations du véritable 
R. coriifolia à dents composées? Les glandes étant égale^ 
ment enlevées dans les numéros de la variété Levieri, ces 
numéros ne deviendraient-ils aussi des variations du 
R. coriifolia? 

La ressemblance entre certaines variations du R. caryo- 
phyllacea et certaines variations du R. coriifolia est telle- 
ment grande, qu'il n'est guères possible de voir, dans les 
unes et dans les autres, que deux simples états différents : 
état glanduleux foliaire d'un côté et état foliaire églan- 
duleux de Fautre. 

Sans rien affirmer encore d'une façon absolue, mon 
sentiment actuel est que toutes les Roses que j'ai recueillies 



164 

dans la Basse Engadine et aux environs de Bormio 
comme appartenant au R. caryophyllacea Chr., sont des 
formes qui ne peuvent être détachées du groupe cùriifolia, 
qu'elles représentent celui-ci sous un état glanduleux. Cet 
état glanduleux est variable. Il peut n*ètre marqué qu'à 
la face inférieure des folioles, des stipules, des bractées et 
sur les sépales; il peut s'étendre sur les pédicelles et à la 
base des réceptacles et gagner même la face supérieure 
des folioles et Tépiderme des axes. Cette glandulosité, 
remarquons-le de rechef, est indépendante de tout autre 
caractère; elle ne correspond avec aucune différence 
morphologique propre au R. caryophyllacea : c*est elle 
seule qui soutient cette espèce. 

Maintenant, en admettant comme démontré que le 
R. caryophyllacea ne soit réellement pas autonome, qu'il 
n*est ni un type spécifique de premier ordre, ni un type de 
deuxième ordre, ne doit-on pas et ne peut-on pas en 
constituer deux variétés, l'une, pour ses formes pubes- 
centes, à rapporter au R. cùriifolia^ Tautre, pour ses 
formes glabres, à rapporter au R. glauca? Avant de 
répondre è cette question, il faudrait savoir ce qu'on doit 
entendre par variété. Pour les uns, la variété est en 
quelque sorte une sous-espèce constituée par plusieurs 
caractères indépendants les uns des autres, tirés de diffé- 
rents organes, et qui est sensée pouvoir se reproduire 
par semis en conservant ses caractères; pour d'autres, 
la variété est constituée par un seul caractère ou par 
plusieurs caractères solidaires entre eux tirés des propor- 
tions, de la direction, de la coloration ou du revêtement 
des organes. Cet unique caractère ou ces caractères 
solidaires entre eux peuvent-ils se perpétuer par voie de 
génération ou bien ne sont-ils que passagers? Dans l'un 



16S 

comme dans l'autre cas, les auteurs qui créent des 
variétés ne savent ordinairement pas si les caractères 
qu'ils attribuent à celles-ci se perpétuent ou disparaissent 
par voie de génération. Il est incontestable que les variétés 
basées sur plusieurs caractères indépendants et dont les 
individus se retrouvent dans une aire plus ou moins 
étendue, conservant, malgré la diversité des stations et 
des habitations, leurs caractères distinctifs, sont d*un autre 
ordre, ont une valeur supérieure aux variétés établies sur 
un seul caractère ou sur plusieurs caractères solidaires 
entre eux, caractères n'exprimant ordinairement que de 
simples états : état glabre ou pubescent, état glanduleux 
ou églanduleux, état du à la macrophyllie ou à la 
microphyllie, à la macranthie ou. à la micranthie, enfin 
états dus au terrain ou à l'exposition. Ces dernières 
variétés doivent être souvent passagères et disparaître 
avec les circonstances. Pour bien de ces variétés de 
Roses, il n'est pas besoin de faire des expériences de 
semis pour s'assurer que leurs caractères n'ont rien 
d'essentiels et sont de simples états. On n'a qu'à étudier 
avec soin certains gros buissons et comparer les feuilles, 
les inflorescences et les frurescences, ainsi que les aiguil- 
lons des axes jeunes et vigoureux, avec ceux d'axes 
faibles et de même âge, ou avec ceux d'axes âgés et plus 
ou moins épuisés, pour voir combien les divers organes 
peuvent varier dans le même individu selon la place 
qu'ils occupent. Une autre observation très instructive à 
faire est celle de suivre, pendant plusieurs années, l'évo- 
lution du même buisson. Le temps ou le recepage de ses 
tiges peut amener des modifications étonnantes dans le 
développement de son feuillage, de ses inflorescences et de 
ses aiguillons. Une troisième observation également très 



166 

démonâtrative est celle que l*on peut faire sur une colonie 
d*arbris8eaux paraissant être tous provenus d'un même 
semis ou du drageonnement(l) d'un individu primitif. Sur 
un espace relativement restreint, on pourra voir ces 
arbrisseaux présenter des différences extrêmement remar- 
quables, selon qu'ils seront robustes ou chéiifs. Ces varia- 
tions, qui ont parfois donné lieu à d'étranges méprises de la 
part de certains spécialistes, devraient inspirer une extrême 
défiance aux auteurs qui sont tentés d'établir de nou- 
velles variétés sur de simples échantillons d'herbier. Mal- 
heureureusement, les descripteurs n'ont pas toujours la 
prudence nécessaire et avec une précipitation regrettable 
ils encombrent la nomenclature de prétendues variétés 
qui ne sont souvent que des variations représentées par un 
pied unique. 

Je reviens maintenant à la question posée précédem- 
ment. S'il s'agit d'établir, avec le R. caryophyllacea, des 
variétés constituées par plusieurs caractères indépendants 
les uns des autres, je déclare qu'actuellement je ne trouve 
pas les bases nécessaires pour l'établissement de telles 



(i) n y a yingt ans, en iS60, dans le premier fascicule de mes PHmi- 
tmej pages fte-8i, j*ai attire Pattention d*ane façon spéciale sur la partie 
souterraine des Roia. U y a des espèces naturellement drageonnantes, qui 
émettent des rhizomes souterrains plus ou moins allongés. Le cas est 
fréquent dans la section des Cinnamomae et des Carolinae. Dans la section 
CaninaSf he cas est rare ; mais il peut arriver que certaines espèces non 
drageonnantes puissent le deyenir, dans des circonstances ezceptionneUes, 
par exemple quand leart parties aériennes sont recepées à rez de terre. 
C'est ainsi qu*A la lisière d*une prairie aa-desSus d*Oga, j*ai tu le gaion 
enrahi, sur une étendue asses considérable, par de très nombreuses 
jeunes pousses du R. emryophyllaeea, nées de rhizomes sans aucun doute; 
or cette Rose n*est pas normalement drageonnante. 



167 

variétés. Peut-être Tavenir permettra-l-H cette création. 
Selon toute apparence, il s'est produit dans la montagne 
et dans les régions du Nord un groupe de formes glabres 
ou pubescentes, glanduleuses ou églanduleuses, dérivées 
vraisemblablement du R. canina^ à corolle d*un rose 
plus ou moins vif, à styles tomenteux, à sépales redres- 
sés après Tanthése et couronnant le réceptacle jusqu*à 
sa maturité, mais à la fin caducs. Ce groupe, dans lequel 
la maturation est plus précoce que dans les formes du 
jR. canina de la plaine, représente actuellement pour moi 
un seul type spécifique d'ordre secondaire, comprenant 
avec les A. glaucoy R. coriifolia, R. uriensis et R. caryo- 
phyllaceay diverses espèces dont il sera question dans la 
suite de ce travail. 

S*il s'agissait de subdiviser le R. caryophyllacea en 
variétés telles qu'on les entend communément, on pour- 
rait très aisément former, avec les nombreuses formes de 
cette Rose, plusieurs variétés nouvelles basées sur les com- 
binaisons de prétendus caractères distinctifs, mais je 
me garderai bien d'encombrer la nomenclature de noms 
nouveaux qui, en somme, ne représenteraient que des 
conceptions purement artificielles. Celles-ci seraient con- 
damnées à marcher de pair avec ces centaines de préten- 
dues espèces créés de nos temps par des botanistes non 
suffisamment expérimentés ou imbus d'idées fausses sur la 
nature des espèces. Je convie ces créateurs d'espèces à 
venir étudier les immenses associations de Rosiers qui 
recouvrent les montagnes de la Basse Engadine, des 
environs de Bormio et du Haut Valais. Là, au milieu 
des formes variant à chaque pas, il est douteux qu'ils 
puissent reconnaître avec certitude des représentants de 
leurs minuscules créations, lis seraient complètement 



168 

perdus parmi ces multiples variations des types linnéens 
qu^ils reDContreraieot à profusion. Les créations spécifiques 
qui sont venues depuis vingt-*cinq ou trente ans obscurcir 
ou dénaturer le genre Rosa sont, pour une large part, 
le résultat d*une étude trop exclusive sur des maté- 
riaux d*berbier. Si Tétude de Therbier est indispen- 
sable, il fauty pour arriver à une connaissance plus ou 
moins approfondie des formes végétales, la faire souvent 
alterner avec celle dans la nature, où les matériaux abon- 
dants et non classés artificiellement, comme cela a souvent 
lieu dans nos collections, dévoilent mieux leurs affinités et 
leurs différences. L'étude trop exclusive sur matériaux 
d*berbier tend à créer dans l'esprit des observateurs 
des types de structure tout à fait artificielle, constitués 
de fragmenté incohérents de diverses variations. Ces 
types s'émiettent et finissent par disparaître aux yeux 
de Tobservateur placé au milieu des formes vivantes que 
lui offrent les lieux abondamment fournis de Rosiers. 
Cet observateur» en présence des nombreuses variations 
qu'éprouvent les organes, ne s*arréte plus à dénombrer 
les poils et les glandes; il ne s'embarrasse plus autant 
des minimes caractères tirés des dents foliaires, de la 
forme géométrique des folioles, etc., etc.; il cherche 
surtout à distinguer, dans le fouillis des formes, ce qui 
caractérise réellement les vrais types spécifiques. Ceux-ci 
finissent toujours par se dévoiler aux yeux du botaniste 
clairvoyant qui sait discerner les choses essentielles, con- 
stantes, au milieu de phénomènes passagers. 

Qu'on veuille bien me pardonner ces digressions criti- 
ques, qui me sont imposées par certains travaux super- 
ficiels publiés sur le genre Rosa. 

Dans mon Herbier de Roses^ j'ai donné, sous les n** 70, 



169 

7% et 73, trois Rosés à feuilles glabres et à ncrvureâ 
secondaires plus ou moins abondammeiU glanduleuses 
en dessous. Ces trois fdrmes, dont Tune (n^ 70) a 
les sépales glanduleoxi peuvent être rapportées au 
A. glauca^ mais, d*tin autre côté, je ne vois rien qui 
s*oppose à les considérer oomme des variations glabres di 
A. earyophyUacea. Que par la pensée ôti n^unisM les 
n^ 7Û ei 73 de feuilles pubescenies et de Sépales glan- 
duleux et il sera absolument imposiîble de les séparer de 
certains numéros de la variété L^viert. 

Je parlerai de Todeur des glandes dû A. caryopkffUacea 
dans le charpitre consacré aux Roses de Bormio. 

M. Killias renseigne la var. Frieieana Ohr. dans la 
Basse Engadine par suite de l'interpréta lion Prônée 
qa*il a faftte d'un passage de la ndônographie de M. Christ. 



Bofla ylauea VilL et Bosa ooxiifolia Pries. 

Je réunis ici les A. glauea et A. eorii folié ^ parce que, 
poùf moi, ees deux Roses ne sohit que deux simples états, 
Pun glabre ei Tatftre pubescent^ d*un même type d*0'rdre 
secondaire. I) faut réellement fermer les yeux à Tévidenee 
pour persister à les tenir spécifiquement distincts Tun de 
Faotré. Chose bien surprenante et qui montre à quel poinft 
les systèmes artificiels peuvent égarer, il se trouve encore 
des spécialistes qui classent ces deui fornlies dans deux 
rribofS difTérenles. 

Les A. glauea et A. corufoliu ont fait, pendant mes 
récentes excursions, Tobjet d'observations très attentives 
au point de vue de leur faciès et sous le rapport de leur 
isolement du A. caniM ou de leur méi««ge avec ceïui-ei. 



170 

On se rapelle que j*aî contesté (M ce qu*avait avancé 
M. Christ sur le faciès et sur la distribution do ces deux 
Roses par rapport au A. canina. 

Autour de Ghurwalden, à une altitude de 1,200 à 
1,980 mètres, aux environs de Films, à une altitude de 
1,100 à 1,200 mètres, dans la Basse Engadine, entre 
1,200 à 1,600 mètres, aux environs de Bormio, entre 
1,200 h t,SOO mètres, enfin aux alentours de Fiesch, 
à une altitude de 1,200 à 1,400 mètres, c*e8t-à-d ire dans 
la véritable zone des R. glauca et R. coriifolia^ j'ai 
rencontré, sur ces divers points, ces deux formes mélan- 
gées à d'assez nombreux pieds de véritable R. canina repré- 
senté par des variations glabres et pubescentes; d*autre 
part, j*ai vu de nombreux buissons de A. canina avec 
un faciès trapu et semblable è celui que M. Christ attribue 
aux R. glauca et R, coriifolia, comme j*ai également 
remarqué des buissons de ces derniers avec le faciès 
attribué par M. Christ au R. canina de la plaine. A une 
certaine altitude, dans les endroits découverts, à sol peu 
fertile, les buissons de Rosiers, sans distinction d^espèces, 
prennent souvent un port trapu, mais ce faciès peut se 
modifier brusquement si la station devient plus ou moins 
fraîche, ombragée, et à sol végétal plus fertile et plus 
profond. Il n*est du reste pas nécessaire de se transporter 
dans la montagne pour constater cette variation dans le 
port des buissons, car la plaine nous offre fréquemment 
les mêmes faits. Ceux-ci, remarquons-le, ne sont pas 
provoqués par Taliiiude, mais bien par la nature du sol 
et par le genre d'exposition. 



(1) Voir ^11//., t. XVIII, {'• partie, pp. 56-80. 



171 

Je iVinsister^i pas ici sur la prclendue valeur distinctive 
de la pubeseerice el de la giabréité des feuilles qui a servi 
pour séparer le R, glauca du A. coriifolia. Pour moi, 
comme pour tout observateur dépourvu de préjugés scien- 
tifiques, la pubescence est h négliger comme véritable 
caractère spécifique. En rapprochant tous les numéros 
que j'ai donnés» dans mon Herbier de Roses, sous le nom 
de fi. glauca, des numéros désignés sous le nom de 
fi. coriifolia, on pourra voir que la giabréité et la pubes- 
cence ne concordent pas avec des caractères morphologi- 
ques, les uns propres au fi. glauca, les autres particuliers 
au R. coriifolia, c'est-à-dire que le même genre de feuilles 
peut être glabre ou pubescent ou, en d'autres termes, 
que la forme de ces organes est absolument indépendante 
de leur nudité ou de leur revêtement pileux. 

Ces mêmes numéros des R. glauca et fi. coriifolia 
démontrent également combien la forme des feuilles et 
leurs dimensions varient danâ les deux séries, combien 
les autres organes sont également variables. Ce que j'ai 
pu donner, dans mon Herbier de Roses, de ces deux 
formes, n'est qu'une très faible partie des variations que 
j'ai observées. Si j'avais pu mettre sous les yeux des 
spécialistes tout ce que j'ai passé en revue dans mes 
excursions, je suis porté à croire qu'ils finiraient par 
partager ma manière de voir sur la nature des fi. glauca 
et A. coriifolia, qu'ils reconnaîtraient que le groupe con- 
stitué par ces deux Roses renferme des variations sans 
nombre échappant aux diagnoses qu'on a cru pouvoir leur 
appliquer. 

Avant de terminer le paragraphe consacré aux fi. glauca 
et fi. coriifolia, je dois dire quelques mots concernant 
deux numéros de mon Herbier de Roses et deux formes 



17? 

recueillies par ipoi^ en j888, aux environs d*Ar<fex. 

Lesspécimei^s du n^79, malgré la réfleg^ioD d»$ sépales 
sur les réeeptack's deveriM^ a^e^ gr^a, n^e paraisaeAt 
devoir être rapporté^ au R.glaufQ, il iest probable que dMn 
ceitfi forfne )^s sépales sont trè^ paresseux h se relever. 

jLe p^ 71 représente vrajsf mblablemeiM i^xie Corme d^ 
iransitjoQ (sntre 1^ R. glauca M lê ff^ corufalia^ La myi- 
vure médiane et le pétiole sont Mf) peu pub^CiPi^ts e| les 
nervures seeondairc9 ppri^n^ de rafef glandes. 

Les deux forrpi^s du R, glçuuca des eoyirons d'Ardez 
auxquelles je fais allusion cj-deasus, sont fort jncéreasanlffs 
au point de vqe de la petitesse de leura réi^eptaplei ai à 
qiu^ de certains traits de ressemblance avfç le ff. incH- 
n^ta IÇern. J*espé^e pouvoir les récolter k nQny^m lan 
prochain et lea disjU'ibuer. 

Ro0a fferraginea Vill. 

Le R. ferruginea Vill. eM MP typi^ sp^aiâque faft dû* 
liiiet. Dana diverses localités de la Basse EIngadine lU 
aurtout aux environs de Vuipfsra ou il qst très abondant» 
j<ai vérifié de rechef le caractère de ses feuillea cauli- 
naires Qrfoliplées. Ce earactère, qu'il faut observer sur Iqs 
véritaUes tiges partant de la souche^ s'^st montré d-uoe 
eonstanco absolue, 4e dois cependant dire qu*il perd un 
peu de aa valeur disiinctive depuis que j*aî constaté que le 
cas de feuilles catilinaires d-^foliolées peut se présenter 
dans ceriaips bui^spi^a des R, povf\ifera^ R^ montmia^ 
R. coriifoliay R. caryophyllacea et même du R. emiWp 
seulement ici Tapparitiou d'une quatrième paire de 
folioles est loin d*ètre constante et parait mémo irès Acci- 
dentelle. 



*73 

Malgré sùû aire de dispersbn trtis étendue ^t la dWf- 
âité dei SMicms <^ù il tégètef, te Jl. fiftfugined he varie 
(yasf d*Une ftçon sensible. Iu^u*il présent, ôy^ rie le 
connail pas sk)a9 de» tariflinofMs (i^ubescfentes. Sa denrelure 
est k pett fM^dà ^fcmstàmm^rift s^infifple. Le A. glaucescerià 
Wuir#^ qifî eal considéré comme cine varrélé du type dé 
ViHMriy aérait, paràil-i>^ h dents doubles et ménfie triples. 
ie M ^nivais paâ eette formie. D'autre part, M. H. Braun 
(in Flamae a Dré Ign. Styètylawkz in intinere per Cer- 
napêrém él M Albanie adjacente ahM 188G lectae. 
Graiéovrtfe, \S9%) a décrit, soûs le nom de praerupticola, 
uM ysriélé' du R. f&rrugiiieay dont les dents foliaires ne 
sont pas toutes simples : « foliola..., in margine superiora 
simpifei>(er^ infln^a glatïduloso-irregulariter serraïa. » J*ai 
po examiner^ darns Kherbier du Musée de Vienne, les 
trois cxeinplsnircs de eette formée sur lesquels cet auteur 
a établi sa descriptiot). Ceà spécimens, qui semblent 
a^'ôir été Recueillis sut ufi arbuste rissiez chérif, paraissent 
bien appartenir au type àe Viflars. Daris les feuilled 
inférieures et moyennes des ramuscules florifères, les 
dentd sont, eiV effet, accompagnées d'un' etf patfors de 
deWx denficufes glanduletnc, tandis que les feuilles 
sùl^érieti^es ont les dents simples. A propros de cette 
nouvelle varFété, qu'il me soit permis de faire remar- 
quer le danger que peut pt*éseiiter la création de nou- 
velles variétés ou de Aotivelleâ espèces sur des ràarériaUx 
d'berbier insuffisants. M. H. Braun a conisacré une 
longue et du reste très fidèle description (description 
comme pour une espèce) aux trois spécimens auxquels il 
a été fait allusion, mais que représentent réellement 
caux-cif Serait-ce bien un6 variété répafndue çà et là dans 
le MbnténéglV), éon^riMÏ les caractères que lui attribue 



174 

M. BrauD dans toute son aire de distribution? Peut-être 
n'est-elle qu'une forme tout à fait individuelle réduite à 
un unique buisson. Il serait sage, me semble-t-il, dans 
les cas où Ton n*a pas Tassuranee que les formes nou- 
velles possèdent bien une aire de distribution oti se 
rencontre des individus plus ou moins nombreux, de 
faire de grandes réserves au sujet de leur autonomie 
spécifique, et d^attendre un supplément de matériaux ou de 
renseignements avant d*enrichir la nomenclature de noms 
nouveaux. Chaque jour voit naître des noms inédits, 
qui, malheureusement pour la plupart, ne représentent 
pas même des variétés, mais de simples variations indivi- 
duelles. 

M. Killias,dans sa Flore de la Basse Engadine, reproduit 
la longue description, rédigée par M* (Shrist, d'un 
A. ferruginea X alpina^ découvert en 1885 près d*Ardez 
(un seul buisson). Cet hybride est représenté, dans l'herbier 
de M. Christ, par 6 échantillons en fruits parfaitement 
mûrs (ils ont été récoltés le 3 septembre 1885). Je partage 
entièrement Popinion de mon savant ami de Bàle sur la 
nature de cette Rose. Les réceptacles avec leurs pédicelles 
allongés, souvent un peu inclinés ou recourbés et leurs 
sépales allongés et bien persistants, rappellent ceux 
du A. alpina; d autre part, le feuillage se rapproche 
beaucoup de celui du A. ferruginea. 

Je n*ai pas vu d'échantillons du A. cinnamomea X 
rubrifolia signalé par M. Killias prèsd*Ardez. 

SoM poinifera Herrm. et Rosa mollis Sm. 

Si je réunis, dans ce paragraphe, les A. pomifera et 
A. mollis, c'est que j'ai, d'une part, à faire de fréquents 
rapprochements entre ces deux Roses et que, d'autre 



part, j*ai la conviction que ces deux formes constituent 
deux membres d*un même type spécifique, reliés entre 
eux par des variations intermédiaires. J'ai déjà exprimé 
mes idées sur ce dernier point dans une petite note inti* 
tulée : Le Rosa villosa de Lmné (tome XXVII du Bal-- 
letin^ deuxième partie). La réunion de ces deux Rotes 
paraîtra sans aucun doute, à la plupart des spécialistes, 
un retour à la confusion des anciens auteurs qui ont 
traité le genre Rosa; on se demandera à quoi peuvent 
bien servir les longues recherches que j*ai faites sur 
le genre, si celles-ci n'aboutissent simplement qu*à 
rétablir Tancien état de choses. Autant, pensera-t-on, 
avoir laissé les Roses européennes dans Tétat où Linné 
nous les avait transmises. Comment, vont s'écrier les 
phytographes du genre, toutes nos recherches, tous nos 
travaux seraient condamnés et considérés comme des 
choses vaines et sans valeur! Nous ne serions même pas 
parvenus, depuis vingt-cinq ans, à découvrir, dans le 
champ européen, l'un ou l'autre type vraiment spécifique 
nouveau, qui aurait échappé aux recherches de nos devan- 
ciers, eux qui n'avaient fait que des recherches assez 
peu nombreuses ! 

Il n'y a pas lieu de s'étonner si les recherches acharnées 
faites en Europe depuis ces vingt cinq ou (rente dernières 
années n'ont mis au jour aucune espèce nouvelle vraiment 
primaire pour le genre. Gela a tenu à ce que en Europe, 
et c'est & peu près le cas dans les autres parties de 
l'hémisphère boréal, les espèces primaires du genre Rosa 
ont toutes une distribution géographique plus ou moins 
vaste, qu'aucune d'elles n'est étroitement localisée, et 
qu'ainsi elles n'avaient guères pu échapper à l'attention 
des anciens botanistes. Remarquons que les types 



176 

primaires, c*e8l-i^-dire lies bpn^i^s espèces linnéepii^, 
daps le gei^re Uoê^^ comniç d#ns h pli^part (}es autres 
grappes générique^, se dislingueç^l facilement à premiè/c 
vue, qu*elles sUnoposent ea quelque sorle et qu'il n*e&t pas 
besorn d*i^vo^r un^ connaissance approfondie, de leurs 
carac^érçs pour les reconnaître. ISn parcourant les Alpes, 
la plupart des anciens i;M)tanistes ont dû, comme noua, le 
faisons ^u]ourd*bui nous-mêmes, disiioguer à première 
vue et sans hésitation les prinçipata types de Roses : les 
R. alpma, R. cinnamomea, R. pimpinellifolia, R. ferru- 
ginea, It.canftto., R, rubiginiQsaùiR.vilUfM. Les R. tomen- 
/054, fi. î^icrcnt^û et R. sepium, à cause de certaines 
ressemblances avec les R. villosa et fi. rùhiginosa ont 
pi^ut-ëtre pu tromper la clairvoyance de quelques-uns 
d'exitre-eux. 

Mais si nos aines ne nous ont rien, laissé à glaner après 
eux en fait des types primaires, il nous reste la tâche 
ardue, mais vraiment scientiOque, de faire connaître d*une 
façon approfondie ce q^ue sont les groupes spéciGques 
prij;naires^ quelle est Taire de leurs manifestations mor- 
phologiques; de délimiter les petites associations de 
formes secondaires qu*iis renferment daps leur sein et 
q^i soi^t vraiaen^ablement des espèces d;*ordre subor- 
dpnné auxquelles^ est réservé sans doute un isolement 
de. plus en plus marqué. Un avenir lointain verra leur 
isolement devenir complet pai; la disparition des liens qui 
les unissent encore entre elles aujourd'hui., Alors le type 
pi;imaire d'où elles seront dérivées, sera définiiivemenfr 
démembré, aura disparu pour laisser, à sa place, un, fais- 
ceau d'espèces plus ou moins affines, mais néanmoins 
distinctes. L'étude de ces ébauches de groupes spécifiques, 
en voie de formation est entourée de très grandes difBçullés! 



t77 

et r^lame mie fiomme de travail extraordinaire. Voilà la 
iàétiifii qui est réservée aux rhodologues de nos jours. 
L*éiude systématique des végétaux supérieurs doit entrer 
da^osï la voie que suivent celle de lorganisalion intime des 
végétaux et celle des cryptogames inférieurs, par lesquelles 
tant de découvertes ont été faites et qui nous ont fait voir 
le& choses sous un aspect nouvea,u. Depuis quel- 
ques aJcmées heureusement, certains phytographcs ont 
coiapris qu'il fallait cesser de piétiner sur place» qu*il 
fallait faire sortir la systémaiiquer de la voie ancienne 
où elle se iraioe péniblen^ent. Ils ont compris qu'il faut 
abandonner les .anciens préjugés et surtout Tidée que le 
^nre est composé d^unités spécifiques de valeur égale 
au à peu prés égale» qu'il n*est rien autre qu'un casier arti- 
ficiel destiné à mettre ea ordre et d'une façon sysléma- 
ii4j^ue des espèces ayant entre elles des rapports plus ou 
moins étroits, 

(Certains phytographcs se sont imaginé qu'ils renou- 
velJeraieni la systénaaiique cl la feraient progresser en 
créant un grand nombre d'espèces nouvelles méconnues 
de leurs devanciers. Mais c'était là une. illusion^ car tout 
en élevant au rang d'espèce une foule de formes indivi-* 
duelles, ils n'en, suivirent pas moins la marche ancienne, 
qui noiis devons résolument abandonner en face dies idées 
d'évolution sous peine de faire œuvre stérile. 

Ce qui fait obstacle aux progrès de la systématique,^ ce 
n'est pas seulement la répulsion qu'un, grand nombre dQ 
phytographcs éprouvent encore pour la théorie si ration- 
nelle et si lumioeuse d« l'évolution^ c'est le penchant 
naturel du collectionneur à s'exagérer l'importance des 
objets qu'il classe ou qu'il décrii. Aux yeux du collection- 
neur naturaliste, la variété» la sous-variété et la variation 



178 

préseutent généralement peu d*in(érét; elles ne sont qu*un 
supplément, une sorte de non valeur qui ne peut faire 
nombre, qui ne compte pour ainsi dire pas dans les her- 
biers, dans les échanges, dans les herborisations, et dans 
les ouvrages descriptifs. De là, le désir, si les choses s*y 
prêtent un peu, de faire passer la variété au rang d'es- 
pèce. Elevée à cette dignité, elle fait figure; elle enrichit 
la collection^ et, du même coup, elle permet de grossir le 
chiffre des espèces d*un canton ou d'un pays et met à Tactif 
du descripteur une création spécifique portant son nom. 
Une fois que le botaniste a pris Thabitude d'élever de 
simples variétés au rang d'espèce, il lui est bien difficile 
de revenir sur ses pas et extrêmement pénible d'avoir à 
renier ses propres créations. Un amour-propre mal placé 
lui fera peut-être fermer les yeux à révidence et persister 
dans Terreur. On conçoit aisément la résistance que peut 
rencontrer le monographe qui vient faire table rase de ces 
prétendues espèces, qui ne sont, le plus souvent, repré- 
sentées que par des formes individuelles arrachées artifi- 
ciellement à leurs types respectifs. 

Après ce long préambule, j'aborde enfin l'objet spécial 
de ce chapitre. 

Par quels caractères peut-on distinguer sùromeiil le 
R. pomifera du R, mollis ? Puisque nous sommes en 
Suisse, voyons tout d'abord quelles sont les différences 
mises en avant par M. Christ pour séparer ces deux 
Roses, dont Tune, le R. mollis, ne serait, pour lui, qu'une 
espèce de second ordre et par conséquent moins nettement 
caractérisée que l'autre, le R. pomifera^ considérée 
comme étant de premier ordre. La façon dont iM. Christ 
considère ces deux Roses n'est pas, en somme très éloignée 
de la mienne. Quand ce savant botaniste rapproche 



173 

le R. mollis du R. pomifera, en le plaçant au second 
rang, il est dans le vrai par rapport à la Suisse, où le 
R. pomifera est très répandu et très abondant par places, 
tandis que de R. mollis est relativement rare. Mais si 
le R. pomifera existait à Pétat indigène dans les Iles 
Britanniques et en Scandinavie et y fut rare, les bota- 
nistes anglais et Scandinaves donneraient le premier rang 
au R. mollisy qui est très répandu dans leurs pays. Ces 
deux Roses considérées isolément et dans leurs formes 
typiques sont caractérisées au même degré; elles peuvent 
être placées sur le même rang. Ce qui a peut-être aussi 
influé sur le classement fait par M. Christ, cVst qu*il a 
compris, dans son R. mollis ^ le B. omissa Déségl., forme 
montagnarde du R. tomeniosa répandue sur le calcaire 
jurassique de la Suisse. 

Diaprés M. Christ, le R. pomifera se distinguerait du 
A. mollis par des folioles très grandes, et non de dimen- 
sion moyenne, elliptiques-allongées et non ovales, par 
des réceptacles plus gros, chargés de plus fortes acicules 
glanduleuses^ et par des aiguillons plus courts. 

Les caractères distinctifs préconisés par M. Gremli sont 
à peu près les mêmes. 

Quand on a affaire à ce qu*on peut considérer comme 
des formes plus ou moins typiques de ces deux Roses, on 
n*hésite pas dans ses déterminations, mais Tembarras 
commence dès qu*on aborde les nombreuses variations 
qui s*éloignent peu à peu de ces formes, et le moment 
arrive où Ton est absolument impuissant, au moyen de 
nos connaissances actuelles, à décider si certaines varia- 
tions appartiennent plutôt au A. pomifera qu*auA. mollis. 

En comparant entre eux tous les numéros du 
R. pomifera que j'ai donnés dans mon Berbier de Roses 



180 

et que je oon&idère comme faisani partie de k êirh 
pomifera, on peat s*as8urep combien la forme et les 
dimensions des folioles varient et échappent aux termes 
employési pour ces organes, par M. Christ, combien lei 
réceptacles varient également dans leur grosseur et leur 
revêtement. 

On pourra voir également par les numéros que j'ai 
donnés avec le nom de Ji. «noUis» qu'à part leurs dimen- 
sions, les folioles de celui-ci peuvent avoir absolument Ité 
mêmes contours que ceUes du R. t^mifera typique. 

Remarquons, du reste, que dans l'une et Taotre Rose 
les caractères véritablement essentiels^ ceux qui peuvdùt 
servir i les distinguer des autres espèces européennes 
de la section Caninae, sont cLb$olumint let mémêêf et,, emre 
autres; les aiguillons droits et les sépales relevés, cenver« 
geots après Tanthëse eti^rdéfiaimeni persistants. Il n'existe 
pas de caractères essentiels entre ces deux Roses pffiipves i 
les distinguer l'une de l'autre; il n*y a que des différences 
de plus ou de moins, telles qu'on en observe entre de 
simples variétés d'autres espèces. Quoiqu'on fasse^ je dotue 
qu*on parvienne à trouver une Umite nettement tranchée 
entre le R. pomifera et le R. mollis. 0» devra probable* 
ment se résoudre i reconstituer avec eut l'aneien* IL vfil- 
lotQ,,q\àe Ton cherchera alors à subdiviser en- variétés» 
Les diverses formes du A. viUosa ont donné lieu noe^ 
seulement à 1& création des R. pomifera et R. motlis^ maïs 
cnoorOiàid'aulres espèces, parmi lesquelles on peut citer 
A. recondiiOiVug.^ R. Gaudini Pug., il. friburgemis Lag. 
et. Pug. , créés au» dépens du. Ji. pomifera^ A. Grenievi 
DéMgL, A. mmutot B'or.., R^ ardue^meiisiê Crép., M. pro^ 
xima Cottet,. R. ciliato^tala Bess., Jt. orientaliê Dupont, 
/L, pulohelhk i^bùiU et Kotsefay, R. Vanheurekiana^Grép.^ 



4S4 

Jt. AoftMtfH' Citép., «. IhipreehU BoiM., Jl. EeUrekhfl 
Aoiss. et Ibeut. et R. armena Boiss.ti). Toules ces espèces 
pnéserHenties mêmes caracières essentiels — des ûiguillofis 
diHMtset dee sépales redressés syrkréceytacle e( persistants 
•^ et ies caraoïéres au moyen desquels on les a élevées 
au rang de type spécifique sont simpl^^ment des difTérenees 
seeondatrei, tirées de modifications de forme dans les 
folk»l«s, dTétais divera du revêtement des feuilles, des pédi- 
celles, des réeeptados et des sépales, de modifications pro- 
duites par k géanlJsBie ou le nanisme. En somme, leurs 
caraetères n*OAt pas plus d'importance que ceux que nous 
oITi^nt les nombreuses variations de notre vulgaire K. ea*- 
ninm. Peur4[uoi les botanistes se sentais laissés aller à dis« 
tinguer spécifiqMement des formes du K. viUosa dont la 
valeur réelle ne dépasse pas celle de certaines formes du 
II. cafiifMiqii'Hs maintiennent au rang de variétés? C*est 
«nlqiiomeiit parce qu'ils n'avaient pas réuni , lors de leurs 



(I) La férié da il. viUêia sVtt enrichie esseï récemment d*Qn memlyre 
ntuvosu dans le R, mmê^t^grinn de M. H. Breun (Toir Piemtue a Dne 
ign, S^y^9lfktoic9 mWmr^ per Çerf^agçram et in Alb^wa adjacênk am» 
1^ Uùlaef Çracçviacy i988) rapporté par ce boiaoiate comme variété «i 
R, Heekeliuna Tr&U. J'ai vy, dans Therbier du Musée de Vienne, les 
quatre échantillons sur lesquels M. IJ. Braun a établi sa description. Trois 
de ees échantillons sont fort beaux et permettent de se rendre compte de 
leur ident té spécifique. Je ne comprends réellement pas comment Tauleur 
du A. fioMafief rtJifi ait pu vm>, daus ceux-ci, uve variété du A. £Peoi^#< 
U^nq^ Ç9r ils sont de purs représentants du R, tnoiliê $m. I recueillis sans 
doute sur des buissons asseï grêles et peu élevés. L*un des spécimens 
présente $ur la partie inférieure de son axe principal, qui doit être une 
ligo, des aiguillons assez nombreux et sélacés. Les folioles du R, monte- 
negrma sont glanduleuses en dessous, mais tes glandes sont dilBeiles k voir 
parmi les poils qi|i In enlourauL 



182 

éréations, des matériaux suffissamment nombreux pour 
reconnaître que le A. villosa est aussi variable que le 
R, canina, qu*ils avaient journellement sous les yeux 
et dont les multiples variations témoignent de Tinanité 
de certains caractères. D'un côté, ils pouvaient aisément 
trouver tous les chaînons de la série des formes du 
R. canina; de Tautre, ils n'ont eu sous les yeux que des 
fragments détachés de la chaîne des formes du R. villoêa. 
La comparaison qui vient d'être établie entre le R.pomi^ 
fera et le R. canina est démonstrative; la comparaison du 
pi*emier avec le R. alpina serait non moins instructive. 
En effet, si Ton voulait se donner la peine de comparer 
avec soin une riche série de spécimens du R. villosa L. 
avec une série d'échantillons du R. alpina. ^ il serait 
facile de constater, dans ce dernier type, au point de vue 
de la forme et des dimensions des folioles, du revête- 
ment et de la forme des réceptacles, des variétés qu'on 
peut mettre en parallèle et placer au même rang que plu- 
sieurs des prétendues espèces démembrées du R. villosa. 
Des phytpgraphes qui acceptent un certain nombre d'es- 
pèces créées aux dépens du R. villosa n'ont cependant 
pas cru devoir admettre comme espèces les variétés du 
R. alpina. Quelle est la cause de cette différence de trai- 
tement? Cette cause n*est pas difficile à découvrir. Le 
R. alpina croit habituellement en riches colonies qui peu- 
vent offrir,sur des espaces peu considérables, de multiples 
variations. L'observateur découvre facilement ces varia- 
tions, mais quelle que soit l'importance de celles-ci, il 
n'est pas tenté de les élever au rang d'espèce, parce qu'il 
reconnaît trop aisément qu'elles se relient entre elles par 
des formes intermédiaires. Aussi, voyons-nous ce type 
résister au démembrement beaucoup mieux que ceux dont 



183 

les buissoDS sont ordinairement isolés. L'isolen.ent rend 
les eomparaisonSy les rapprochements moins faciles entre 
les formes affines et de 1^ naissent assez souvent des 
erreurs d'appréciation. Les espèces formant colonies 
peuvent nous offrir, sur un espace très restreint, la 
chaîne plus ou moins complète de leurs variations; tandis 
que, pour d*autres espèces, il faut parcourir une aire 
étendue pour rencontrer successivement les représentants 
de leurs diverses variétés et variations. Dans ce dernier 
cas, renchainement des formes est moins frappant ou 
peut même échapper à Tattention. Cet enchaînement qui 
entraîne la conviction de Tobservateur dans la saine 
appréciation des types spécifiques et de leurs variétés, se 
trouve souvent rompu dans nos herbiers tels qu'ils sont 
habituellement classés. Dans ceux-ci, nous distribuons les 
spécimens d'une façon artificielle en nous basant sur des 
caractères qui forcent à séparer, dans des cases différentes, 
des formes qui devraient être rapprochées. Par ce pro- 
cédé, le botaniste de cabinet arrive à se faire des idées 
très fausses sur certaines espèces. N'est-ce pas, en effet, 
ce classement artificiel qui fait encore spécifiquement 
séparer le R. dumeîorufn du R, canina et le R. coriifolia 
du jR. glauca ? 

J'ai avancé précédemment qu'il est des cas où l'obser- 
vateur se trouve très perplexe en face de certaines formes 
du R. villosa et ne peut certifier si elles appartiennent soit 
au R. pomiferay soit au R, mollis» Parmi ces formes, je 
citerai, en ce qui concerne la Basse Engadine, les 
n<»* 125 et 125 dont on peut aussi bien faire des A. mollis 
que des R. pomifera. On pourrait en dire à peu près autant 
des n^ 117, 118 et 119, qui représentent le R. mollis^ 
sima f. coerulea Christ. Ces derniers numéros provien- 



i84 

nent des penl€s herbeuses qui s*é(endenrt entre Ardez et 
Boschia. Là, le R, pomifera croît en extrême abondance, 
formant souvent des colonies produites, m'a-t'il paru, 
par le drageonnement des souches. On voit cette espèce 
sous sa forme typique, mais aussi sous de nombreuses 
variations, qui finissent ç& et Ift par mimer le A. molliê 
k un tel point qu*il semble impossible de dire sri Ton est 
en présence de formes du'JR. pomifera plutôt que de varia- 
tions du Jt. mollis. Je me propose de revoir cette localité 
Tan prochain pour y faire des nouvelles études sur le 
Jt. pomifera, et pour rassembler de nombreux matériaux 
qui seront donnés dans la suite de mon Berbier de Roses 
et distribués largement aux spéda listes. 

Si le JR. pomifera est répandu et abondant dans le BassDc 
Engadine, il n*en est pas de même do A. molliê^ qui parait 
rare et très peu abondant dans ses habitations, le Tai 
seulement observé dans trois endroits : auprès d'Ardel 
(1888), non lofn du Karhaus,et sur les rochers du château 
deTarasp. Dans cette dernière localité, je n*en ai vu qu'un 
buisson. Il est à remarquer, du reste, que le vrai 
il. molUs est généralement rare en Suisse, où Ton a pris 
assez souvent pour tel la variété du R. tomentosa connue 
sous le nom de R. omissa Déségl. 

Boia olunamomea L. 

J'ai trouvé le R, cinnamomea dans plusieurs localités 
de la Basse Engadine : non loin du Kurhaus de Tarasp 
dans les directions de Schuls et de Fettan, le long de la 
roule entre Ardez et le val Tasna, puis près du village 
d*Ardez et enfin entre Ardez et Boschia. L^'ndigénat de 
cette Rose ne peut être contesté dans cette région. 

En 1888, j*ai observé près d* Ardez» parmi des colonies 



185 

de R.cinnamomea et de R. alpinaydeux petits buisspns qui 
m*onl fait d*effet d*appartenir à deux hybrides produits par 
le croisement de ces deux espèces entre elles. Je ne donnerai 
ici aucun détail sur ces deux formes, me réservant d'en 
parler dans un travail ultérieur. M. Christ a vu des spéci- 
mens de Tune d'elles et y a reconnu un R.cinnamomea X 
alpina. 

m 

Bosa alpina L. 

R. alpina est très répandu et très abondant dans la 
Basse Engadine. Il s'y montre sous les formes les plus 
variées. Les faiseurs d'espèces trouveraient certainement 
là matière à la création d'une foule de prétendus types 
spécifiques, qu'ils pourraient caractériser en combinant 
habillement certaines particularités individuelles. 

Au-dessus de Vulpera, le long de la route qui conduit 
au village de Tarasp, j'ai observé des buissons de R. alpina 
d'une étonnante vigueur et de dimensions à les faire tout 
à fait méconnaître à quelque distance. Ces énormes buis- 
sons mesurent plusieurs mètres de pourtour et s'élèvent à 
plus de deux mètres. Plusieurs de leurs tiges n'étaient pas 
loin d'atteindre deux centimètres de diamètre. Ils sont 
certainement constitués par le R. alpina pur de toute 
trace d'hybridation. 

Les variations aiguillonnées ne sont pas rares, surtout 
entre Vulpera et Tarasp, où j'en ai observé de très 
nombreux pieds. Parmi ces formes aiguillonnées, M. Christ 
a décrit deux variétés sous les noms de curtidens et de 
reversa. La variété curtidens, par la forme de ses folioles 
et l'abondance de ses aiguillons, rappelle le R. pimpinel- 
lifolia. 

Les variations du R. alpina que j'ai cru pouvoir rap- 

13 



186 

porter à la VBriéié curtidens, tout en offrant à peu près 
la même forme de folioles, présentent des différences 
assez marquées. Gest ainsi qu'elles peuvent avoir leurs 
aiguillons bornés à la partie inférieure de la tige sans 
atteindre les branches et les ramuscules, ou les avoir sur 
les différentes catégories d^axcs, qu'elles peuvent avoir des 
réceptacles fructifères allongés comme dans le type, lisses 
ou glanduleux, ou des réceptacles plus ou moins sphé- 
riques. Leurs dents né sont pas presque simples comme le 
dit M. Christ, mais composées-glanduleuses à des degrés 
variables. La nervure médiane est abondamment glandu- 
leuse et souvent pourvue de quelques poils. Sur des 
échantillons recueillis à Vulpera par M. Killias, j*ai 
constaté que certaines feuilles avaient leurs stipules 
glanduleuses en dessous et les nervures secondaires de 
leurs folioles chargées de nombreuses glandes. Dans le n« 1 
de mon Herbier de Roses^ on peut voir quelques rares 
folioles à nervures secondaires glanduleuses en dessous. 
Les échantillons représentant ce n** 1 ont été récoltés sur 
un robuste pied aiguillonné d'une façon vraiment extraor- 
dinaire. Les tiges hautes d'un mètre à un mètre et demi 
étaient chargées presque jusqu'au sommet de très abon- 
dants aiguillons sétacés; les rameaux étaient également 
plus ou moins densément aiguillonnés et les aiguillons 
s'étendaient, en devenant moins abondants, sur la plupart 
des ramuscules fructifères. Cette armature donnait à ce 
buisson un aspect étrange pour un R. alpina pur, car il 
ne faut pas penser à faire intervenir le R, pimpinetlifolia 
pour expliquer cette abondance d'aiguillons, attendu que 
ce dernier type manque absolument à la Basse Engadine. 
Quant aux formes du R. alpina dont M. Christ a fait sa 
variété reversa^ elles constituent non pas une véritable 



187 

variété» mais un groupe des variations qui n*ont rien de 
bien homogène dans leur ensemble et qui n'ont guères en 
commun que des aiguillons plus ou moins abondants oo 
plus ou moins rares. Je doute beaucoup que cette variété 
puisse être identifiée au R. reversa W. et K. comme Ta 
fait M. Christ. 

En étudiant de nombreux buissons de A. alpina 
aiguillonné, j'ai recherché si le cas d'aiguillons géminés 
se présente souvent. J'ai reconnu que ce cas est relative- 
ment rare et ne doit guères être considéré que comme un 
simple accident. On se rappelle que dans mes Observations 
sur les Roses de la Suisse (1888), je me suis assez longue- 
ment étendu sur Texistence d'aiguillons géminés dans le 
R. alpina. 

Pendant mes excursions de la saison dernière, j'ai 
recherché avec un soin particulier lés hybrides de Rosiers. 
Mes recherches ont été malheureusement bien peu fruc- 
tueuses. 

L'an dernier, j'avais découvert près d'Ardez deux 
buissons vigoureux, croissant l'un à côté de l'autre, qui 
me paraissent bien erre le produit du croisement du 
R. alpina avec une Canine, probablement le R. coriifolia. 
Cet hybride se rapproche beaucoup de la Rose décrite 
par Rapin sous le nom de R. Mureti, que M. Christ 
considère comme un R. alpina X coriifolia. J'espère avoir 
l'an prochain l'occasion de le recueillir de nouveau et de 
pouvoir en distribuer de nombreux spécimens. 

Le fi. rubiginosa^ qui n'est pas indiqué par M. Killias 
dans la Basse Engadine, doit être rare, car je ne le vois 
noté, dans mon carnet de voyage, qu'entre le Kurhaus et 
Schuls, et vers Fettan. Le fi. graveolens Gren* est loin 



188 

d'élre commun; on pourrait même le dire rare ou assez 
rare. Je n'ai pas vu le /<• agrestis Savi ni le R. m icrantAa, 
que, du reste^ M. Killias ne signale pas. Le B. tomentella 
Lem. parait être fort rare; je n'en ai observé qu*un seul 
pied; M. Killias Tindique cependant comme étant répandu 
dans le voisinage du Kurhaus. Ce botaniste signale le 
R. abUtina Gren., dont je n'ai pas vu de trace soit sous 
la forme jR. urieniis, soit sous la forme R, Dematranea. Je 
doute assez que ces deux dernières Roses existent réelle- 
ment dans la Basse Engadine. Je n*ai pas aperçu le 
R. iamentosa que M. Killias indique à Guarda et dans 
les environs de Tarasp, ni le R. inodora Pries qu'il 
signale près du Kurhaus. Il est fort peu probable que ce 
dernier, qui sort à peine de la Scandinavie, existe réelle- 
ment dans la Basse Engadine. 

Le dimanche» 11 août, je quittai la Basse Engadine 
pour me rendre à Bormio, me promettant bien de revenir 
dana cette région, afin d'y poursuivre mes recherches. Mon 
intention avait été de gagner la Valteline par le Val da 
Scarl, mais le mauvais temps survenu brusquement me 
força à prendre la diligence pour Zernetz et S^-Maria. 



III. 

ENVIRONS DE S*» MARIA (Vallée de Munster). 

Le village de S^ Maria est à l'altitude de 1388 mètres. 
Ses environs ont été assez rarement explorés par des bota- 
nistes et jusqu'ici je n'ai vu citer aucune Rose de cette 
localité, du moins dans les ouvrages que j'ai pu consulter. 
Mon ami M. le D' Cornaz y avait recueilli quelques 
formes. 



189 

Ayant encore deux ou trois heures de jour^ dés mon 
arrivée, je m*empressai de les consacrer à l*exploration 
des pentes qui dominent le village dans la direction du 
Val Muranza. Les haies touffues et les buissons semblaîent 
me promettre une quantité de Rosiers; mon espoir ne 
fut pas déçu et j*y observai de nombreux Ro$a. 

Les R. coriifolia et R. glauca sont abondants, repré- 
sentés pas des formes variées. Le premier se montre sous 
ses variations ordinaires à dents simples ou doubles, à 
pédicelles, réceptacles et sépales lisses« à pubescence 
maigre ou très dense, puis sous ses variations à dents 
composées, à pédicelles et sépales glanduleux ou à récep- 
tacles lisses ou hispides-glanduleux. J*ai rencontré un buis- 
son de R. glauca à dents simples et à pédicelles et 
réceptacles densément hispides-glanduleux. 

Le R. alpina est très abondant et souvent aiguillonné 
d*une façon remarquable. Gomme à Vulpera, il forme çà 
et là des buissons énormes. 

Le R. ferruginea n*est pas rare, ainsi que le R. pomt- 
fera sous sa forme typique & folioles glanduleuses en des- 
sous. Dans le voisinage de ce dernier, j*ai rencontré des 
colonies de petits buissons que j*ai rapportés sur les lieux 
au R. mollis f mais dont je ne puis certifier l'identité spé- 
cifique et voici pourquoi. Prévenu qu*à la frontière ita- 
lienne la douane ne me permettrait pas de passer en 
Italie avec un paquet de plantes fraîches, le lendemain 
matin, avant de partir pour Bormio, j'expédiai de S^ Maria 
mes récoltes pour Bruxelles. Malheureusement celles-ci 
ont été égarées en route et ne me sont point parvenues. 
Je suis donc dans l'impossibilité de faire certaines vérifi- 
cations et de déterminer quelques formes recueillies sans 
nom qui se trouvaient dans le paquet perdu. 



190 

Oulre les espèces citées, j*ai observé au-dessus de 
S^ Maria deux buissons de A. mimtana Ghaîx dont 
certaines feuilles présentaient des glandes sur les nervures 
secondaires de leurs folioles. Cette Rose, comme on le 
sait, est rare dans le canton des Grisons. En dehors de la 
vallée de Munster, je ne Tai rencontrée que dans le Val 
Bregaglia. 

Autant que j*ai pu en juger par mes récoltes et par 
Taspect du pays, la vallée de Munster me parait être favo- 
rable aux Rosiers; il est à désirer que des recherches pro- 
longées y soient faites par un spécialiste. 

Ajoutons, pour en finir, que le jR. caninaf sous diverses 
variations et sous celle que M. Christ appelle subca- 
nina est assez répandu autour de S^ Maria, mélangé aux 
R. glauca et R. coriifolia. Là encore, à une altitude entre 
1400 et 1500 mètres^ ces deux dernières Roses ne sont 
pas isolées du A. canina. 

Le 12 août, je partis vers 6 heures du matin pour 
Bormio, c*est-à-dire pour les Bagni Nuovi, où j*arrivai à 
une heure et demie. 

Vers 1500 mètres, les Roses cessent complètement 
au-dessus de S^ Maria et je n'en ai rencontré aucune 
irace au-delà de cette limite dans le Val Muranza. 



IV. 



ENVIRONS DE BORMIO. 



Je comprends ici, sous le nom d'environs de Bormio, 
une portion supérieure du bassin de TAdda qui s'éiend du 
Pont du Diable^ un peu en aval de S. Martino di Serravalle^ 
jusque un peu au-delà des Bagni Vecchi. C'est une grande 



191 

vallée qui se trouve largement ouverte vers Bormio, 
dominée de toutes parts par de hautes montagnes. Certaines 
cartes comprennent encore cette région dans la ValtelinOy 
roaisy d'après ce que m*a dit M. le Docteur Gornaz, qui 
fait depuis plu» de dix ans des recherches botaniques dans 
le bassin de TAdda, elle ne fait plus réellement partie 
de la Valteline, qui se termine au Pont du Diable cité plus 
haut. Nous sommes là à une altitude entre 1200 et IKOO 
mètres, c*est-à-dire dans la zone des Roses de montagne. 
M. le Dr Levier, de Floreace, et M. le professeur 
Brûgger paraissent être les premiers botanistes qui se 
soient occupés d*une façon un peu spéciale de Tétude des 
Roses des environs de Bormio. Plusieurs espèces ou 
variétés découvertes par eux sont citées dans la mo- 
nographie de M. Christ. Après ces botanistes est venu 
M. CornaZ; de Neuchàtel, qui chaque année, depuis long- 
temps, passe plusieurs semaines aux Bagni Nuovi, ne 
cessant d*herboriser dans toutes les directions. Son but 
est de réunir les matéraux d*une flore de la contrée. Cet 
ardent botaniste s'est pris de passion pour les Roses. Ses 
recherches ont amené la découverte de formes extrême- 
ment curieuses, nouvelles pour la science et qu*il distribue 
généreusement & ses correspondants. Ce sont ses récoltes, 
dont il m'avait fait une part très large, qui m'avaient 
surtout engagé à explorer les environs de Bormio, où 
j'avais déjà passé en 1886, mais trop rapidement pour 
en apprécier la richesse rhodologique. La Basse Engadine 
est certainement très remarquable par ses Rosiers, tant 
pour leur abondance que pour leurs variétés, mais Bormio 
me parait encore plus intéressant pour le rhodologue. 
Les Rosiers y sont au moins aussi abondants et ils y 
comptent un plus grand nombre de variétés et d'espèces.. 



192 

J*ai eu la bonne fortune de rencontrer M. Cornaz aux 
Bagni Nuovi et de Tavoir comme compagnon dans plusieurs 
de mes herborisations. J*ai pu ainsi récolter, sous sa direc- 
tion, les diverses formes nouvelles qu'il avait antérieure- 
ment découvertes dans la contrée. Bien que dépassant la 
soixantaine, mon compagnon a conservé toute Tardeur de 
la jeunesse; il ne recule pas devant les herborisations les 
plus longues et les plus fatiguantes. Souvent parti dés les 
premières lueurs du jour, il ne rentre que bien avant dans 
la soirée, chargé d'un riche butin. Je n'oublierai pas de 
longtemps les quelques courses que j*ai faites avec ce 
savant et aimable botaniste, auquel je suis heureux de 
témoigner ici toute ma reconnaissance. M. Cornaz a eu le 
bonheur d'inspirer le goût de la botanique à un modeste 
instituteur du pays, à M. M. Longa, de Bormio. A Pexem*- 
ple de son maître, celui-ci étudie la flore de cette 
riche région avec un zèle qui ne se ralentit pas. Il est 
parvenu à bien connaître toutes les espèces et à les prépa- 
rer d'une façon remarquable. Je me fais un véritable 
plaisir de recommander M. Longa aux botanistes qui 
désirent posséder des collections de plantes sèches du 
bassin de l'Adda, qui compte tant de raretés. Ce botaniste 
pourra les leur fournir à des conditions très modérées. 
Dans les collections qu'il prépare, les espèces sont repré- 
sentées par de beaux et nombreux spécimens. Au point 
de vue rhodologique, M. Longa nous a rendu et nous 
rendra encore des services à M. Cornaz et à moi, en nous 
récoltant, à la fin de l'automne, des Roses en fruits mûrs. 
Tout récemment, il m'a fait parvenir une collection de 
pieds vivants de Rosiers des environs de Bormio, que j'ai 
fait replanter au Jardin botanique de Bruxelles, où j'aurai 
ainsi le loisir de suivre certaines formes dans toutes les 
phases de leur développement. 



193 

Comme pour la Basse Eogadine, je ne m'étendrai pas 
en longs déléils sur mes herborisations. Je me contenterai 
de les indiquer, me réservant de traiter les espèces de 
Roses dans une série de paragraphes. 

Le 12 août, Taprès-dinée, excursion entre les Bagni 
Nuovi et Premadio. 

Le 13 août, la matinée, excursion dans le voisinage des 
Bâgni Nuovi et sous Bagni Vecchi; après-dinée, excursion 
avec M. Gornaz jusqu'au-dessus de Bormio. 

Le 14 août, excursion, avec M. Gornaz, entre Gepina et 
S*^ Martino di Serravalle (Palier en voiture jusqueCepina) 
et retour aux Bagni Nuovi en herborisant surtout entre 
Bormio et les Bains. 

Le 15 août, la matinée^ excursion vers S. Gallo et Bor- 
mio; Taprés-dinée, excursion, avec M. Gornaz, aux envi- 
rons d'Oga. 

Le 16 août, la matinée, excursion entre les Bagni Nuovi 
et Bormio. 

Qu'on ne soit pas surpris du peu d*extension donnée k la 
plupart de ces courses. L'abondance des Roses est telle 
entre les Bagni Nuovi et Bormio, qu'il faudrait en quelque 
sorte plusieurs semaines pour passer tous leurs buissons 
en revue. 

Parmi les Roses remarquées par M. Gornaz aux environs 
de Bormio, je citerai tout d'abord celles qu'il a distribuées 
à ses correspondants sous les noms de R. Plimanùy 
R. burmiensiSf R. abietina Gren. var. addentis et R, 
areitiana. 

Le R. Pliniana n'est connu jusqu'ici que par un seul 
buisson (n^ 44). Ge qui avait engagé M. Gornaz à distin- 
guer cette forme du R. montana Ghaix, c'était surtout 
d'avoir certaines feuilles 9-foliolée8 et certaines folioles i 



194 

nervures secondaires glanduleuses. La présence d'une 
quatrième paire de folioles avait fait supposer à deux spé- 
cialistes, auxquels M. Gornaz avait soumis sa plante, que 
celle-ci élait ou pourrait être un hybride des R. montana 
et R. alpina, L*examen du buisson et celui de très nom- 
breux spécimens d*herbier ne me laissent aucun doute sur 
la nature de cetle forme qui est une variété (0 pure du 
R. montana. Ses caractères essentiels sont bien ceux du 
type de Chaix, dont elle a le faciès. L*apparition 
d'une quatrième paire de folioles dans les feuilles 
ramusculaires, n'est pas constante, car bien des ramus- 
cules se présentent sans feuilles 9-foliolées. Quant à 
Texistence de feuilles 9-foliolées sur les tiges, elle n'im- 
plique pas nécessairement l'action du R. alpina^ car elle 
se constate parfois chez certains buissons des formes les 
plus typiques de Tespèce de Ghaix. L'apparition de 
glandes sur les nervures secondaires des folioles n'est pas 
très rare dans le pur R. moniana. 

Le R. burmiensis (n<^ 45, 46, 47, et 48) qui est répandu 
çà et là dans la région, est une Rose très curieuse par la 
présence de nombreuses glandes à la face inférieure des 
folioles, glandes existant non-seulement sur les nervures 
secondaires, mais souvent encore entre celles-ci. Dans 
les formes à glandes sous-foliaires nombreuses, la face 
supérieure des folioles peut être, à son tour, parsemée 
de glandes. Cette glandulosité foliaire a fait supposer 
à M. Gremli que le R. burmiensis pourrait bien être - le 
produit hybride des R. montana et R. rhaetica Gremli (2). 



(!) Je donne ici et ailleurs au terme de variélé son acception vulgaire. 
(2) Voir Gremli, Neue Beitrâge sur Flora der Schweii, 1883, p. 15 et 
la tr* édition de la Flore, analytique de la Suiêse. 



19S 

On sait que lé R. rhaeiica de M. Gremli correspond au 
R. caryophyllacea Christ p. p., représenté abondamment 
aux environs de Bormio par sa variété LevierùLa présence 
de cette glandulosité foliaire ne doit pas nous égarer dans 
noire appréciation sur Tidentité spécifique du R. bur- 
miensis; nous devons rechercher si elle correspond 
avec d'autres caractères distinctifs indépendants de ce 
revêtement. Ses autres caractères principaux me par- 
raissent être ceux du R. montana : faciès du buisson, 
forme des aiguillons, allure de sépales après TanthèsCy 
villosité des styles. Pour moi, le R. burmienêis est une 
forme très remarquable du type de Ghaix dépourvue 
de trace d'hybridation. Ses réceptacles sont presque tou- 
jours lisses; je n'ai observé qu'un seul buisson dans 
lequel tes réceptacles étaient un peu hispides-glanduleux. 
Dans le R. burmiensiSf des feuilles caulinaires sont par- 
fois 9-foliolées (n^ 46). Quand on fera la monographie 
approfondie du R. montana^ on devra tenir compte que 
les folioles du B. burmiensis sont assez souvent relative- 
ment un peu plus allongées que celles du type de Tespêce. 
Il ne faudra cependant pas attacher beaucoup d'impor- 
tance à ce fait. 

Le R. montana n'est pas seulement représenté aux 
environs de Bormio par son type et les deux variétés 
précédentes, mais il s'y manifeste encore sous une autre 
forme dont je vais parler. 

Celle*ci se distingue du type par ses pédicelles, ses 
réceptacles et ses sépales complètement lisses sans la 
moindre u^ace de glandes. J'en avais observé un pied 
en 1886; M. Gornaz m'en a envoyé des spécimens en 
fleurs recueillis le 5 juillet 1888, portant le n® 12; enfin, 
cette année, j'en ai rencontré deux buissons (n** 49 et SO), 



196 

dans lesquels les feuilles caulioaires sont souvent 9-foHolées. 

Le R. montana ne nous a probablement pas encore 
révélé toutes les formes qu*il peut revêtir dans son aire 
générale de dislribution. Peut-être le rencontrera-t-on un 
jour sous des variations pubescentes. 

Examinons maintenant la Rose que M. Gornaz a distri- 
buée sous le nom de R. abietina var. addensis. La belle 
série d'échantillons envoyée par ce botaniste avait fait de 
ma part Tobjet d*un premier examen très attentif et cet 
examen m'avait presque conduit à voir dans cette forme 
une variété extraordinaire du R. rubiginosa. Mon juge- 
ment avait été entraîné, en partie, par la façon dont cette 
variété mime certaines formes du type linnéen .Cependant, 
ayant plus lard repris Tétude de celte Rose, j*en arrivai à 
la rapprocher du groupe du R. caryophyUacea^ mais sans 
avoir d*idées bien nettes sur son identité spécifique. Lors- 
que je vis, entre Fogliano et Castellaccio, le premier buis- 
son sur lequel M. Gornaz a fondé sa variété, je dis i ce 
botaniste que si les pédicelles et les réceptacles étaient 
chargés de soies glanduleuses, au lieu d*ètre lisses, je 
prendrais la variété addensiê pour un R. uriensis. Il est, du 
reste, vraisemblable que cette forme est au fond très voi- 
sine de ce dernier et qu'elle fait incontestablement partie 
du groupe de Roses de montagne constitué parles R. urten- 
sis, R. coriifolia et R. glauca. Si elle est voisine dû R. 
urisnsis, elle Test autant du R. coriifolia par les variétés 
à folioles glanduleuses de celui-ci. Cette variété addensis 
considérée dans sa forme typique de Fogliano (n« 35), 
représentée seulement par deux buissons, ne s'est pas 
encore retrouvée ailleurs avec des caractères rigoureuse- 
ment identiques. C'est ainsi que le buisson au-dessus d'Oga 
(n* 36) que j*ai vu en compagnie de M. Gornaz et dont il 



!97 

in*«faîi envoyé des spécimens, prései»te déjà quelques 
légères différences et entre autres celles de n'avoir pas de 
glandes sur les sépales et d*avoir les folioles moins arron- 
dies. D*autre part, des échantillons recueillis parM.Cornar 
entre S. Gallo et Bornio présentent également des folioles 
moins arrondies que ceux de Fogliano el sensiblement 
moins pubescentes; leurs sépales sont ciliés«glanduleux. En 
combinant les caractères offerts par les spécimens des 
trois provenances dont il vient d*étre question, j'estime 
qu'on peut rapporter, à la variété addenêi»^ les n^* 57 et 
38 de mon Herbier de Rose$. Les n** 40 et 41 ont le plus 
grand air de ressemblance avec la variété addenêis^ 
dont ils diffèrent toutefois par une moindre pubescence. 
Celle-ci, dans le n^ iO, est bornée au pétiole, à la côte 
médiane et aux nervures secondaires : dans le n^ 41, les 
nervures secondaires sont mêmes glabres. Dans le n* 40, 
les glandes sont très rares sur les nervures secondaires. 

Le no 42 de mon Herbier de Roses ne peut-il pas 
encore être considéré comme une variation de la variété 
addensis? Il présente à peu près le même genre de 
folioles, seulement celles-ci sont pubescentes à la face supé- 
rieure, les pédicelles sont hispides-glanduleux, les récep- 
tacles, moins arrondis et même ovoïdes, sont hispides- 
glanduleux & la base; les sépales sont glanduleux sur le 
dos avec des sépales ciliés-glanduleux. M. Gornaz m'avait 
envoyé la même forme sous le nom de R. caryaphyllacea 
var. taraspensis. Il est vraisemblable que cette variété 
taraspensis et le n® 43 ont été récoltés siir le même 
buisson. La forme représentée par le n^' 39 ne me 
parait pas pouvoir être séparée du n^ 42. Par ces n^ 99 
et 4S, si nous les considérons comme des formes de la 
variété addensis, nous arrivons à nous rapprocher bien 



198 

près du R. coriifolia à folioles glanduleuses en dessous, 
tellement près que je n'aperçois, en vérité, aucune limite 
bien appréciable entre lés deux séries, celle de la variété 
addensis et celle du R. coriifolia. Du reste, la limite entre 
le R. coriifolia et le R, uriensi^^ entre le A. coriifolia et 
le R. caryophyllacea n*est guéres plus marquée que dans 
le cas précédent. La délimitation qu*on a faite entre ces 
soi-disant espèces ne repose sur aucune base sérieuse et on 
ne peut Tobtenir qu'en àiiacbant au revêtement une valeur 
exagérée et en mettant à Técart les formes de transition 
embarrassantes, formes que les recherches rendent de 
jour en jour plus nombreuses. La variété addensis n'est 
donc, selon moi, qu*un des membres de cette espèce 
d*ordre subordonné habitant la montagne ou les pays du 
Nord, décrite successivement sous les noms de R. glauca, 
R. coriifolia, R. uriensis etc., etc. 

Le R. areitiana Gornaz mss. (n®* 51 et 52) n*a été 
jusqu'ici observé qu'en un seul endroit, où il n'en existe 
que deux pieds peu éloignés l'un de l'autre. C'est une 
Rose qui me parait devoir se ranger dans le groupe de 
formes décrit sous le nom de R. Chavini Rap. Il est 
douteux qu'elle soit une espèce autonome. Je ne suis pas 
éloigné de la prendre pour un hybride. Certains caractères 
font penser au R. moniana comme étant l'un de ses 
ascendants. Je me réserve de traiter plus tard cette forme, 
quand je ferai une élude approfondie du R. Chavini^ Rose 
sur l'identité de laquelle règne la plus grande incertitude. 

Les R. glauca, R. coriifolia et R, caryophyllacea sont 
extrêmement répandus et abondants dans toute la région 
de Bormio. 

Nous allons examiner quelques-unes de leurs formes les 
plus remarquables. 



199 



Boia glanoa VJli. 

Le n» 34 de mon Herbier de Boses a été recueilli sur 
un buisson élevé et très vigoureux. En le récoltant, j'avais 
cru avoir mis la main sur une variété de R. montana 
à dents simples, à pédicelles, réceptacles et sépales lisses. 
Ce qui m*avait trompé» c*est le faciès du buisson et la forme 
des aiguillons. Le R, montana, reconnaissons-le, n*est pas 
toujours facile à distinguer de certaines formes du 
R. glauca. Ses caractères distinctifs ne sont pas ceux d'une 
espèce de premier ordre; ils sont ceux d'une espèce subor- 
donnée et par suite sujets à laisser parfois des doutes dans 
l'esprit de l'observateur. Peut-être l'espèce de Chaîx 
a-t-elle encore conservé des liens avec le R, glauca, sous 
formes de variations intermédiaires et qu'elle ne s'est pas 
encore complètement isolée. Quoiqu'il en soit, le A. mon' 
tana me parait devoir être classé à côté du R. glauca et 
être considéré comme une espèce d'ordre secondaire. Ses 
aiguillons ont certes, en général, un cachet très parti- 
culier, mais on rencontre parfois, dans certaines variations 
du R, glauca^ des aiguillons à peu près semblables. Si ces 
dernières variations avaient les pédicelles et les réceptacles 
densément hispides-glanduleux, j'estime que Tobservateur 
serait extrêmement embarrassé pour prendre une décision 
sur leur identité spécifique. 

Le n^ 67 du R. glauca semble avoir tout à fait le faciès 
général de certaines formes de R. caryophyllacea des 
environs de Bormio. 



200 



Bofa OOTiifolia Pries. 

Le n^ i4 composait à lui seul une haie assex longue 
prés du hameau de Pedemonte. Cette haie a-t-elle été 
formée artificiellement par des éclats d*un buisson primitif, 
ou bien par un même semis ou par drageonnement? Les 
n** 3S et 26» à part des pédicelles hispides-glanduleux, 
sont très voisins du numéro précédent. Cette identité 
de forme entre plusieurs buissons croissant dans le même 
endroit ou à une distance assez considérable m'a paru un 
fait digne d'être cité. 

Le n* Z% qui rappelle Taspect de certaines variations du 
R. caryophyllacea^ présente la singulière particularité 
d'avoir des pétioles glabres avec des folioles pubesceiites en 
dessous. 

Le n^ 19, que j'ai rapporté au A. coriifoUa^ est à com- 
parer avec le n* 39 que j'ai rapproché du R. abietina var. 
addensis et dont il ne semble absolument différer que par 
Tabsence de glandes sur les nervures secondaires, par des 
pédicelles hispides-glanduleux et par les appendices des 
sépales non ciliés-glanduleux. Les différences ne concernent 
donc que les glandes. 

Le n* 34 présente un certain nombre de ses feuilles 
ramusculaires 9-foliolées. Son faciès rappelle celui de 
beaucoup de H. caryophyllacea des environs de Bormio. 



201 



Bosa oaryophyllacM Christ non Bess. 

Le A. caryophyllacea Ghr., quoique très répandu et 
abondant, est beaucoup moins variable dans la région 
de Bormio que dans la Basse Engadine; il s*y présente 
même avec un faciès assez uniforme, ainsi qu'on peut le 
voir par les numéros que j'en ai donnés dans mon Herbier 
de Roses. Ses folioles, presque toujours ovales, tendent 
rarement à devenir ovales-arrondies^ rarement la face 
supérieure de celles-ci est pubescente ou un peu glandu- 
leuse. Les variations à pédicelles hispides-glanduleux 
sont beaucoup moins communes que celles à pédicelles 
lisses. Aucune variation ne s*y est montrée hétéracanthe, 
c'est-à«dire avec des acicules ou des glandes sur les 
axes mélangées avec les aiguillons. 

Si Pon n*avait à considérer le R. caryophyllacea que 
dans ses formes des environs de Bormio, on serait assez 
tenté d'y voir un groupe de variations méritant le rang 
d'espèce d*ordre secondaire. Ses buissons sont, en 
général, peu élevés et trapus, à tiges roides et non 
arquées. Les aiguillons sont habituellement peu crochus, 
souvent arqués, parfois assez droits, ce que j'attribue 
au nanisme auquel cette Rose semble être soumise dans 
les terrains rocailleux où elle végète. J'ai tout lieu de 
penser, d'après Texpérience que j'ai acquise sur d'autres 
espèces, que le R, caryophyllacea plus ou moins nain de 
Bormio, cultivé dans un terrain fertile et moins ensoleillé 
verrait ses tiges s'allonger et prendre des aiguillons plus 
ou moins fortement crochus comme les R. glauca et 
R. corufolia. C'est une expérience que je suis en train de 

u 



202 

faire. Il est à remarquer que les aiguillons varient en 
général d*une façon très marquée selon la vigueur ou 
l'allongement des axes et que dans les R. coriifolia et 
A. $f(aiica, atteints de nanisme, on peut rencontrer le même 
. genre d'aiguillons que ceux des R. caryophyllacea dont 
il vient d*étre question. 

Dans la Basse Engadine, j*ai recueilli trois Roses à 
feuilles glabres et glanduleuses en dessous (n""* 70, 72 et 
79) qui m*ont paru avoir beaucoup d'affinité avec le 
R. caryophyllacea. Dans la région de Bormio, j*ai égale- 
ment trouvé une forme analogue ayant également le 
faciès du R. caryophyllacea. 

Il n'est pas très rare de trouver le R. caryophyllacea 
de Bormio avec des feuilles ramusculaires et caulinaires 
9*foliolées. J*estime que Tappariiion de la quatrième paire 
de folioles, du moins dans les feuille^ ramusculaires, est 
tout à fait accidentelle. 

Pendant mes excursions du mois d*août dernier, je n'ai 
pat négligé Todeur des glandes foliaires chez toutes 
les formes glanduleuses que j*ai pu rencontrer. Dans 
la Basse fingndine, j'ai flairé quantité de feuilles du 
11. caryophyllacea. Selon les buissons, tantôt l'odeur s'est 
montrée faible, ou assez prononcée, tantôt résineuse, ou 
parfois, mVt-il paru, ressemblant un peu à celle du 
R. rubiginosa. Malgré de nombreux essais, je reste dans 
Tindécision au sujet du véritable caractère de Todeur 
du R. caryophyllacea. Aux environs de Bormio, j*ai 
renouvelé mes essais en compagnie de M. Cornaz. Maintes 
fois, nous ne sommes point tombés d*aceord sur l'odeur 
de plusieurs Roses glanduleuses. Mon compagnon avait 
trouvé et il trouvait au R. caryophyllacea une odeur 
de clou de girofle, tandis que je ne perservais qu'une 



203 

odeur résineuse. Au R. graveolens, il reconnaissait 
une odeur différente de celle du A. rubiginosùy alors 
que pour moi les deux odeurs étaient parfaitement iden- 
tiques^ seulement celle du R. graveolem moins pro- 
noncée. iM. Gornaz me fit remarquer que chez un 
fumeur de tabac comme moi, Todorat devait être moins 
apte à percevoir le caractère des odeurs que le nez 
d'un non fumeur et de là peut-être la différence entre 
nos sensations réciproques. La chose est possible, mais 
je n*en reste pas moins convaincu que pour ce qui 
concerne les JR. rubiginosa et R.graveolens Todeur est par- 
failemenl la même quant à son caractère. Pour le R.caryo- 
phyllacea^ t'attendrai, pour me prononcer, d'avoir fait, 
Tan prochain, de nouvelles observations au temps de 
la floraison, c'est-à-dire à l'époque où les glandes ont 
toute leur odeur. Ainsi que le dit M. R. Blondel, dans 
son récent ouvrage intitulé : Les produits odorants des 
Rosiers (Paris, 1889, un vol. in-8o), l'appréciation des- 
odeurs est extrêmement diflBcile et exige de très nom- 
breuses observations. J'ajouterai ici queM. Gornaz attribue 
aux glandes de son R. abietina var. addensis une légère 
odeur de reinette et à celles de son R. burmiensis^ l'odeur 
de clou de girofle. 



Bo0a pomifera Herrm. et Bosa mollla Sm. 

Le R. pomifera Herrm. est loin d'être aussi abondant 
dans la région de Bormio que dans la Basse Ëngadine. On 
y trouve des formes parfaitement typiques à glandes nom- 
breuses à la face inférieure des folioles. 

M. Gornaz a distribué sous le nom de A. pomifera var. 



204 

lagenoides Favrat mss. une variété du R, potnifera dont les 
folioles ont bien la forme de celles du type, plus ou moins 
glanduleuses en dessous, mais les réceptacles florifères^ au 
lieu d'être arrondis, sont ordinairement ovoïdes, ce qui 
peut arriver du reste dans le type du R. potnifera. A Tétat 
fruciirère, ces réceptacles deviennent remarquablement 
allongés et plus ou moins en forme de bouteille, ainsi qu'on 
peut le voir dans le n"* 1 13 de mon Herbier de Roses. Il est 
à remarquer que les akènes sont peu nombreux dans ces 
réceptacles, qui semblent comme atteint de déformation. 
Cette déformation existe également dans des spécimens 
recueillis par M. Gornaz en 1881 et en 1888. Cette variété 
est représentée, près de S. Gallo, par un buisson élevé, 
eroissant au milieu de noisetiers et d'autres arbrisseaux. 
Peut-être ce buisson est-il constitué par deux ou trois 
pieds distincts, mais très rapprochés les uns des autres. 
Rien dans cette forme ne témoigne d'hybridation, de 
façon qu'il faut sans doute considérer la déformation des 
réceptacles fructifères comme un simple accident. 

Une ou plutôt deux formes plus intéressantes sont celles 
que M. Cornaz a distribuées sous le nom de R. pomifera 
Herrm. var engadinensis, nom qu'il m'a fait changer en 
ogensis après que je lui eus écrit que ces formes ne pou- 
vaient pas être identifiées à la variété engadinensis Chr. 
Cette variété, qui n'est pas représentée par des formes 
identiques, comprend le n^ 115 de mon Herbier de Roses. 
Ce numéro a les folioles à dents irrégulières, plus ou 
moins glanduleuses, mais souvent simples et sans glandes, 
du moins au temps de la fructification. Les nervures 
secondaires sont sans glandes; les réceptacles fructifères 
sont arrondis, ordinairement plus larges que longs et assez 
densément hispides-glandulcux. M. Cornaz m'avait envoyé 



905 

de nombreux échantillons recueillis, en 1884, 188S et 
1886, sur le même buisson qui a fourni les spécimens de 
mon n" 11 S. Ces échantillons montrent que ce buisson 
peut produire des inflorescences à réceptacles lisses et 
parfois même à pédicelles privés de glandes. Un spécialiste 
auquel M. Gornaz avait soumis des spécimens de ce buisson 
avait rapporté ceux-ci au JR. mollis en en constituant une 
variété simplicidens. J*ai dit que la variété ogensis n'était 
pas homogène dans ses divers représentants. En effet, je 
trouve, parmi les échantillons recueillis par M. Gornaz 
sur d*autres buissons autour d*Oga, une forme à dents 
irrégulières comme dans mon n^'115, mais à nervures 
secondaires glanduleuses dans les feuilles ramusculaires 
inférieures, puis une autre forme à dents très composées- 
glanduleuses, à folioles toutes à nervures secondaires 
glanduleuses en dessous et qui parait être identique à mon 
n» 122. Peut-on considérer ces deux formes représentées 
dans mon Herbier de Roses par les n®' 1 15 et 122 comme 
des variétés du R. pomifera, ou bien comme des variétés 
du R. mollis? J'hésite à me prononcer. Peut-être doit-on 
voir là des variations intermédiaires qui relient le R. mollis 
au R. pomifera^ Tune, le n"* 115, inclinant un peu plus 
vers ce dernier, Tautre, le n» 122, se rapprochant plus du 
R. molliSj espèce qui me parait bien représentée, aux envi- 
rons d'Oga, par le n^ 124 de mon Herbier de Roses. 

Non loin des Bagni Nuovi, j'ai rencontré d'assez nom- 
breux pieds d'une Rose (n*" 120) extrêmement embarras- 
sante. Est-elle une variété du R. pomifera ou dépend-elle 
du A. mollis? Elle rentre encore dans ce que M. Gornaz 
appelle sa variétco^emû. Les dents sont irrégulières comme 
dans mon n* 115, c'est-à-dire qu'elles sont les unes un 
peu denticulées, les autres simples avec une ou deux 



206 

fines glandes ou bien le plus souvent sans glandes; les 
nervures secondaires sont églanduleuses. Les folioles sont 
pour le plus grand nombre allongées et étroitement ovales; 
les réceptables fructifères, sphériques, petits ou assez 
petits, sont tantôt assez densément hispides-glanduleux, 
tantôt presque lisses ou lisses. Le n"* 116 de la Basse 
Engadine, que j*ai considéré comme une variété du 
R. pomiferaj se rapproche assez du n"* 120 par ses dents 
souvent simples, par Tabsence de glandes sur les nervures 
secondaires et par son nanisme. En somme, il faut peut- 
être voir dans celte forme des Bagiii Nuovi uiie variété du 
R. pomifera, se distinguant surtout par son mode de 
dentelure et par ses folioles non glanduleuses à la face 
inférieure. Chose bien étrange, des spécimens de cette 
même variété, recueillis par M. Gornaz sur un très petit 
arbrisseau sous Molina, à côté des Bagni Nuovi, à récep- 
tacles fructifères ovoïdes et lisses, ont été rapportés au 
R. coriifolia par un botaniste qui connaît cependant très 
bien les Roses des Alpes. L'opinion de ce savant fut con- 
firmée par moi et j'écrivis à M. Gornaz : « Votre R. pomi- 
fera var., n^ 2S, est une variété tout à fait extraordinaire 
du it. coriifolia. A décrire. > Voilà certes Tune des plus 
grossières erreurs d'identification qu'il me soit arrivé de 
commettre. 



BoBE tomentella Lem. 

Le A. tomentella Lem. m'a paru rare dans la région de 
Bormio. Je Tai observé (un buisson) à dents simples sous 
les Bagni Vecchi. Vers Bormio, j*en ai vu un buisson 
sous sa forme typique, à folioles petites, modérément 



207 

pubescenles en dessous, glabres en dessus, à nervures 
secondaires présentant très rarement quelques glandes 
isolées, à pédicelles, réceptacles et sépales églanduleux. 

Entre Fogliano et Castellaccio, en aval de Gepina, 
M. Cornaz m*a fait récolter, sur un grand buisson, une 
forme qu'il avait déjà distribuée sous le nom de A. tomen- 
lella Lem. var. Longae (dédiée à M. Longa, de Bormio). 
Cette forme est Tune des nombreuses variations du 
jR. tomentella. Sous le même nom, M. Longa m*a adressé 
des spécimens recueillis entre Bormio et les Bagni Nuovi 
d'une forme à peu près identique. 

Au-dessus de S. Martino di Gerravalle, M. Cornaz m'a 
montré un buisson dont il avait distribué des spécimens 
sous le nom R, glaberrima Dmrt. voir tiranerms. Ainsi que 
je le lui avais mandé dans une de mes lettres, Thiver der- 
nier, cette forme, donnée dans mon Herbier de Roses sous 
le n"* 2, ne peut être identifiée au R. glaberrima Dmrt. 
qui, du reste, n'est qu'une variation peu notable, repré- 
sentée en Belgique par un seul buisson. A mon sentiment, 
cette variété tiranensis est une variation du R. tomentella 
à feuilles glabres ou presque glabres, à dents plus souvent 
simples que doubles. Ses styles sont glabres, du moins 
au sommet^ les pétioles et la côte médiane présentent 
parfois de rares poils clairsemés. M. Cornaz m'a envoyé 
des échantillons de sa variété tiranensis^ recueillis à 
Tirano, ressemblant extrêmement aux précédents. Selon 
ce botaniste, cette variété serait fréquente près de Tirano. 



208 

BoM alpina L. 

Le R. alpina L. m'a paru assez clairsemé dans la région 
de Bormio. Il s*y présente habituellement sous des formes 
plus ou moins abondamment aiguillonnées, non-seulement 
sur les tiges, mais encore sur les branches et les ramus- 
cules. Sur certains entrenceuds, les aiguillons sont géminés. 
Je n*ai pas observé de formes qui puissent être rappor- 
tées à la variété curtidem Ghr, ^ 

Bosa oinnamomea L. 

Le R. cinnamomea parait être extrêmement rare dans 
la région. J*en ai découvert une colonie à S. Gallo, où déjà 
M. Cornaz Tavait antérieurement observé. 

Le R. ferruginea est rare et à buissons isolés. 

Le groupe des Rubiginae y est au complet, représenté 
par les R. rubiginosa (G.), à tiges hétéracanthes ou non, 
R. micraniha (R.), R. sepium (R.) et R. graveolens (G.). 

Dans toute la région, le R. canina, sous diverses formes, 
croit en mélange avec les formes de montagne : R. glauca, 
R. coriifoUa et R, montana. 

M. Gremli signale à Bormio le R. viscida Pug., mais je 
ne sais quelle est la Rose qu'il a en vue sous ce nom. 

Par ce qui précède , on peut voir que la florule rhodolo- 
gique du bassin supérieur de TAdda mérite d'attirer l'at- 
tention des spécialistes, tant pour Tabondance que pour la 
variété de ses formes. 

Je quittai les Bagni-Nuovi le 16 août, à minuit, en pre- 
nant la diligence de Sondrio. J'allai loger à .Milan. Le 
surlendemain 18, j'arrivai au village de Simplon vers 
6 heures du soir. 



209 



V. 
ENVIRONS DE SIMPLON. 

Le village de Simplon (en allemand Simpeln et en 
italien Sempione) est situé à Taltitude de 1480 mètres. 
Algaby, hameau vers lequel j'herborisai le lendemain, est 
à l'altitude de 1320 mètres. Ces localités sont donc à un 
niveau où doivent dominer les Roses de montagne; elles 
sont dans une situation orographique telle que les formes 
de la plaine ont dû y avoir un accès très difiBcile. Aussi, 
à peine y trouve-t-on trace de Roses des basses vallées et 
de la plaine. 

Dès mon arrivée, je m'empressai de profiter des derniè- 
res heures du jour pour faire une reconnaissance au-delà 
du village, dans les pâturages qui se trouvent sur la terrasse 
à gauche delà route à une altitude entre 1500 et 1550 
mètres. J*y rencontrai deux buissons de R. ferruginea, 
quelques pieds de R. canina et des colonies de R. alpina 
Mais ce qui a surtout attiré mon attention, ce sont cer- 
taines variétés du R. pomifera. Celui-ci s'y montre assez 
rarement sous sa forme typique à gros réceptacles fructi- 
fères; plus communément, on le rencontre sous des formes 
h réceptacles assez petits, souvent peu hispides-glanduleux 
ou presque lisses (voir le n® 1 12 de V Herbier de Roses);n\9i\s 
sa forme la plus abondante est représentée par des varia- 
tions à réceptacles remarquablement déprimés, ordinaire- 
ment plus larges que longs, faiblement ou densément 
hispides-glanduleux. L'une de ces dernières variations 
porte, dans VHerbier de Roses ^ le n"* 114. Les quelques 
échantillons que j'ai donnés de cette série de formes ne 
permettront pas de bien saisir le cachet de celles-ci. Il faut 



210 

les voir en nombreux spécimens et surtout dans la nature 
pour s'en faire une idée exacte. Au fond, ce sont toujours 
bien de vrais R. pomifera et on ne peut pas hésiter un seul 
instant sur leur identité spécifique. M. Favrat, le bota- 
niste suisse qui connaît le mieux la région méridionale du 
Simplon, où il va presque chaque année^ a distribué des 
échantillons de ces formes sous le nom de A. pomifera 
Uerrm.var.cor/iti/a Ghr. Cette variété cornuta a été décrite 
par M. Christ dans le Flora 1877, page 430, mais la des- 
cription qui a été faite sur des échantillons desséchés que j*ai 
actuellement sous les yeux, ne cadre pas rigoureusement 
avec les caractères de ces spécimens. Les folioles peuvent 
être petites, de dimensions moyennes, et même assez 
amples; les aiguillons sont presque tous parfaitement 
droits; seuls, quelques rares aiguillons sont très légère- 
ment arqués. Ces formes présentent, je le répète, un 
fëcies général assez particulier, mais qu'il est bien difficile 
de faire apprécier par une description. Les folioles, qui 
soat plus ou moins glanduleuses en dessous, mais dont les 
glandes sont difficiles à voir à cause de la pubescenee, 
varient non-seulement dans leurs dimensions, mais encore 
dans leur forme. Généralement, elles sont grandes. Presque 
toujours, les feuilles caulinaires sont 9-foliolées. Ce dernier 
caractère peut se présenter dans le R. pomifera type. La 
forme de leurs réceptacles fructifères fait penser au A. po^ 
mifera Herrm. var. ogensis Cornaz. 

Je regrette beaucoup de n'avoir pas pu préparer de 
nombreux spécimens des divers numéros de cette variété 
cornuta que j'ai récoltés pour mon propre herbier, afin de 
pouvoir les distribuer; mais la provision de papier à des- 
séeher que j'avais emportée de Bormio, était insuffisante 
et j*ai dû me limiter dans mes récoltes. 



211 

Je consacrai la matinée du 30 août à explorer les pen- 
tes inclinées vers Algaby entre ta route et le ruisseau 
(Krumm Bach). Le chemin de traverse de Simplon à 
Algaby coupe ces pentes à mi-côte. Cette localité, toujours 
visitée par les botanistes qui passent à Simplon, est extrè« 
mement intéressante par Tabondance de ses buissons de 
Rosiers et par la présence de quelques formesextrémement 
curieuses. J'y ai retrouvé des espèces et des variétés dont 
je possédais déjà des spécimens recueillis par MM. Favrat, 
Christ et d'autres botanistes. J*ai même dû, maintes fois, 
ébrancher des buissons qui avaient livré des spécimenç à 
ces botanistes. 

Le R. pomifera s*y rencontre sous des variations pubes* 
cenles (n"* 107), sous, une variation a feuilles glabres et 
glanduleuses à la face inférieure, représentée par plusieurs 
buissons (n* 106), sous une autre variation à folioles pres- 
que complètement glabres et glanduleuses sur les deux 
faces fn« 108) et enfin sous une forme très singulière, i 
pédicelles et réceptacles complètement lisses et à sépales 
peu glanduleux (n® 109). 

Ce n** 109 a été recueilli en très nombreux spécimens 
sur deux magnifiques buissons rapprochés Tun de l'autre 
et dont les caractères sont tellement identiques qu*on ne 
peut en distinguer les échantillons quand ils sontmélangés. 
A part la nudité complète des pédicelles et des réceptacles, 
ce qui parait étrQ un cas extrêmement rare dans le A. pùtnù 
ferUf cette curieuse Rose est un pur R. pomifera; il est 
absolument impossible, à mon avis, d'y voir autre chose. 
M. Favrat, qui Pavait recueilli avec M. Schimper fils, le 
13 août 1873, en a distribué des échantillons sous le nom 
de R. pomifera Herrm. var. semproniana Favrat et Schim- 
per fils. Ces échantillons provenaient de deux ou trois gros 



312 

buissons, les mêmes yraisemblablemeni que ceux qui m*ont 
fourni mes spécimens. Les trois échantillons envoyés alors 
à M. Christ et que j*ai actuellement sous les yeux, ont plu- 
sieurs de leurs sépales extérieurs à pointe très foliacée. Dans 
la description que M. Christ donne de ces spécimens (Flora 
1874, tiré à part page 4), il est fait allusion à cette parti- 
cularité des sépales. Des échantillons recueillis en 1876 et 
1881 que m'a envoyés M. Favrat, ne montrent plus cette 
déformation des sépales ou ne la montrent que sur certains 
réceptacles. D'autre part, cette dilatation de la pointe des 
sépales ne s'est pas reproduite dans aucun échantillon 
récolté par moi, pas plus que dans des spécimens iden- 
tiques aux miens que M. Christ a récoltés lui-même a 
Algaby le 26 juillet 1886. J'ai tout lieu de penser que la 
particularité en question est un fait passager, auquel il ne 
faut pas attacher Timportance que lui a donnée M. Christ. 
Mon u® 109 et la vraie variété semproniana ont trait 
au S a de la description de M. Christ. Le § 6 concerne des 
échantillons recueillis également par M. Favrat entre 
Simplon et Algaby le 15 août 1873 et envoyés sans nom, 
avec le n^ 220, à M. Christ. Ces échantillons qui ont égale* 
ment certains sépales monstrueux, constituent une autre 
forme que la précédente. Les pédicelles, plus allongés, 
sont un peu hispides-glanduleux et les sépales sont plus 
glanduleux. M. Favrat m*a envoyé des spécimens de 
cette seconde forme, récoltés en 1881, inais ils ne pré- 
sentaient plus de sépales atteints de monstruosité : ceux-ci 
étaient de forme normale. M. Favrat se conformant à Topi- 
nion de M. Christ, exprimée dans la description rappelée 
ci-dessus, avait distribué les spécimens de cette seconde 
forme sous le nom de jR. coriifolia X pomifera, forme 
hispidule (B. semproniana Favrat et Schimper fils). Pour 



213 

M. Christ, la vraie variété sempronianaf que représente le 
n« 109 de mon Herbier de Rose$, et la forme hispidule 
seraient des hybrides des R. pomifera et R. coriifoUa. 
Cette attribution étabh'een 1874 a été confirmée par son 
auteur en 1877, dans le Flora At celte année, page 430, 
où il désigne Thybride en question sous le nom de R. po- 
mifera comuta X coriifoUa^ et maintenue, en 1884, dans 
la liste des hybrides qui termine son mémoire intitulé :i/^ 
gemeine Ergebniise am der eystematischen Àrbeit am Genus 
Rosa (mémoire traduit en français parM. Burnat). Ce serait 
donc la variété cornuta du R.pomi fera dont il a étéqueslion 
ci-dessus qui, croisée avec le R. coriifoUa^ aurait produit 
la variété setnproniana. Laissant de côté la forme hispidule 
de cette variété que je n*ai point vue sur le vif et me bor- 
nant à la forme représentée par mon n* 109, je conteste 
absolument Tatlribution que fait M. Christ : celle-ci est 
tout à fait erronée. Là ne se borne pas la confusion spéci- 
fique concernant le R. pomifera de Simplon et d'Algaby> 
car M. Christ a postérieurement considéré comme R. pomi* 
fera comuta X coriifoUa une série d'échantillons de la 
vraie variété cornuto/ recueillis à Simplon par M. Favrat. 
A mon avis, le prétendu R. pomifera comuta X coriifolia 
de Simplon et d'Algaby doit disparaître de la florule rho- 
dologique de ces localités, pour redevenir de simples et 
pures variétés ou variations du 71. pomifera. 

Le R. coriifolia parait être assez rare. J'en ai recueilli 
des spécimens sur quatre buissons appartenant à la série 
des variations à dents simples, à pédicelles, réceptacles et 
sépales lisses. L*un de ces buissons présentait certains 
sépales à pointe assez largement foliacée. 

Le J?. glauca n'est pas non plus commun. J'en ai récolté 
des échantillons sur quatre buissons appartenant à la série 



914 

des variations à dents simples, à pédicelles, réceptacles et 
sépales lisses. L'un d'eux présentait quelques rares feuilles 
ramusGulaires 9-foliolées.Tous les quatre avaient un grand 
air de ressemblance entre eux. 

Le n* 74 de mon Herbier de Bosei est une forme embar- 
rassante, sur laquelle j'hésite à me prononcer. Peut-on y 
voir une variété du R. glauca à folioles à dents composées- 
glandulcusesy à nervures secondaires assez souvent glan- 
duleuseSy à pédicelles et réceptacles assez fortement his- 
pides et à sépales très glanduleux? A ne considérer que les 
feuilles et la glandulosité des organes floraux, on pourrait 
opiner en faveur du R. glauca, mais il y a les aiguillons 
qui m'inquiètent : ils sont à pointe droite ou assez droite 
tant sur les ramuscules et les branches que sur la tige. Je 
me demande si nous ne sommes pas là en présence d'un 
hybride produit par le croisement du A. glauca avec une 
variété du R. pomifera. Les faciès des frutcscences, l'arrêt 
apparent de développement de certains réceptacles latéraux 
semblent venir appuyer celte supposition. Je me garderai 
toutefois bien de me prononcer dans ce cas difficile, sachant 
combien il faut être défiant au sujet de certaines formes 
qu'on n'a pas eu l'occasion de suivre dans toutes les 
phases de leur développement. Je réserve donc mon juge- 
ment jusqu'à ce que j'aie pu revoir cette curieuse Rose sur 
le vif. Elle constitue un gros et grand buisson très vigou- 
reux qui n'avait pas échappé à l'attention de M. Favrat. 
Celui-ci en a recueilli des spécimens en 1877, qu'il a distri- 
bués sous le nom de R. Reuleri God. var. hispidior Chr. 
in Floca. A son tour, M. F. Schneider en avait récolté des 
échantillons en 1876 sous le nom de R. monlana Chaix. 
Cette dernière identification spécifique semble avoir été 
admise par M. Christ, car les spécimens envoyés h ce 



218 

botaniste par M. Schneider étaient classés, dans son her- 
bier, sous une chemise portant Féliquette : A. montanaChvix 
var. latibracteala Chr. 

M. Favrat a rencontré, sur le versant nord du Simplon, 
à Grund, qui est à une altitude d'environ 880 mètres, une 
forme extrêmement voisine de celle d*Algaby. Des échan- 
tillons en ont été distribués par lui sous le nom de 
B. Reuteri God. var. hispidior. Ce botaniste a marqué sur 
Tétiquette des spécimens qu*il a adressés à M. Christ : 
c Encore plus caractérisé que la forme d'Algaby ». En 
effet, les soies glanduleuses des réceptacles et des pédicelles 
sont plus abondantes, plus rudes et ressemblant à celles du 
R. uriensiSf et les nervures secondaires sont un peu plus 
glanduleuses. A fin de compte, il est bien possible que la 
Rose d'Algaby et celle de Grund soient tout simplement 
des variations du R. glauca. 

Une découverte qui m*a causé une agréable surprise est 
celle d'une colonie d'hybrides des R. alpina et R. pomi' 
fera, représentée par environ une douzaine de buissons. 
Ceux-ci croissent dans un endroit accidenté et assez 
escarpé, dominé par des haies et du taillis dans lesquels le 
R. alpina est abondant. L*un des buissons, croissant à côté 
d'un bloc de rocher, devait être fort âgé à en juger par sa 
grosse souche couronnée de tronçons d*anciennes tiges. 

Vus à distance, avec leur silhouette se profilant sur le 
ciel, ces buissons rappellent plus le R. alpina que le R. 
pomifera. Je fis, on le conçoit sans peine, une ample pro- 
vision de spécimens, qui représentent huit numéros. J*ai 
donné quatre de ceux-ci, dans mon Herbier de Roses^ 
sous no> 136, 127, 128 et 1286m. 

Lfs huit numéros récoltés se rangent en deux séries de 
formes comprenant chacune quatre numéros. Dans la pre- 



216 

mière, les folioles sont plus amples et plus longues^à glao- 
des plus grosses, les feuilles ramusculaires ne paraissant 
jamais devenir 9-folioléeSf les pédicelles et les réceptacles 
sont fortement bispides, ces derniers plus renflés et 
plus, courts. Dans la deuxième série, les folioles sont plus 
étroites, certaines feuilles ramusculaires 9-foIiolées, les 
pédicelles moins glanduleux, les réceptacles plus allongés 
et lisses. La première série (n*** 126, 127 et 128^^) rap- 
pelle plus le jR. pomifera, la seconde (n*" 128) se rapproche 
plus du A. alpina. De part et d'autre, les pétioles sont 
pubescents; les folioles sont glabres à part la côte qui est 
très peu velue; les glandes foliaires sont visqueuses et 
attachent les feuilles au papier pendant la dessiccation; 
les feuilles caulinaires sont 9-foliolées (très rarement 
U-foliolées dans la 2* série). 

Je vois, dans Therbier de M. Christ, des échantillons en 
fleurs du R, alpina X R» pomifera d^Algaby (de ma pre- 
mière série) recueillis en 1874 sous le nom de R, pomifera 
longicruris et un spécimen (de la 2* série) récolté, en 1875, 
par M. Schneider, avec le nom de A. longicruris. 

L'observateur qui ne serait pas prévenu de la nature 
hybride de ces formes, qui pour moi ne fait pas de doute, 
serait peut-être tenté de considérer les échantillons de la 
première série comme une variété du A. pomifera; il y a 
toutefois deux caractères qui devraient lui inspirer du 
doute, ceux de pédicelles fructifères allongés et d'ordinaire 
un peu recourbés et de sépales entiers. 

Dans le Haut Valais (vallée du Rhône), il se produit 
également des hybrides entre le A. alpina et le A. pomi- 
fera, hybrides qui ont reçu les noms de A. gombemis Lag. 
et Pug. et A. pomifera f. longicruris Chr. 

Entre Simplon et Algaby, j*ai rencontré un buisson de 



917 

A. ferruginea; je n*y ai pas remarqué de R. canina, ou du 
moins mon carnet n'y renseigne pas cette espèce. 

Au lieu d'attendre jusqu'à 6 heures du soir la diligence 
pour me rendre à Brigue, je partis à 1 1/2 h., afin 
d'explorer les abords de la roule au-dessus de Simplon 
et jusqu'au point où je serais rejoint par la voiture, dans 
laquelle une place m'était retenue. J'eusse certainement 
mieux fait de consacrer l'aprës-dinée à continuer mes 
recherches autour de Simplon, car mes observations rhodo- 
logiques entre ce village et Bérissal ojnt été à peu prés 
nulles. De Simplon au sommet du col, je ne vis que le 
R. alpina vers une altitude de 1700 mètres. Du col dû 
Simplon à Bérissal, je n'aperçus aucun buissou.de 
RosierislO. Ce n*est que dans le voisinage immédiat de ce 
hameau, situé à l'altitude de 1526 mètres que je revis Un 
représentant du genre, le R. alpina, fort abondant par 
places. En aval, au-delà du pont, je trouvai, dans le rem- 
blai de la route, quelques petits buissons de R. graveolens, 
et, plus loin, deux buissons de R. canina. Autant que j'ai 
pu en juger, le versant nord du Simplon parait pauvre en 
Rosiers. Il faut eependant dire qu'avant de se prononcer 
sur la pauvreté rbodologique de ce versant du Simplon, il 
faudrait avoir exploré la gorge de Gandér et celle de la 
Saltine. 

J'arrivai à Brigue à 8 heures, c'est-à-dire deux heures 
avant la diligence. 



(1) Je trouTe dam Pherbier Christ des spécimens du A. einnamomen 
recueillis à Soballbett en 1874. SchailbelC est un endroit en dessous du col 
du Simplon à Taltitude d*nn peu plus de 1900 mètres, où il y a un refuge 
et des galeries de ee nom. 



2ig 



VI. 
ENVIRONS DE BRIGUE. 

Sachant par M. Favrat que les alenlours de Brigue sont 
peu intéressants pour le rbodologue, je n*eusse fait que 
passer, mais je fus forcé de m'arréter un jour dans cette 
localité pour soigner Tabondante récolte faite à Simplon 
et qui exigeait des soins immédiats. Heureusement que je 
pus me procurer, dans cette petite ville, du papier à des- 
sécher pour mettre mes échantillons de Roses à Tabri de la 
fermentation. 

J'employai Taprès-dinée du 20 août à visiter les envi- 
rons^ en remontant la rive gauche de la Saltine jusqu'au 
pont de la vieille route du Simplon, et en parcourant les 
hauteurs autour du hameau de Vickerl. 

Entre Brigue et le pont de la vieille route du Simplon, 
j'observai, dans la plaine qui est à l'altitude d'environ 
700 mètres les Roses suivantes : 

A. glauca Vill. (n^ 68 et 69). — Un certain nombre de 
buissons, dont plusieurs croissent à Fombre de 
saules. 

R. coriifolia Pries. — Plusieurs buissons à folioles à 
dents simples, à pédicelles, réceptacles et sépales 
lisses, et un buisson à folioles fortement glandu- 
leuses en dessous et à dents composées-glanduleuses. 

R. rubiginosa L. — Plusieurs buissons à tiges hétéra- 
canthes. 

R. canina L, — De nombreux buissons appartenant à 
diverses variations. 

La maturation des réceptacles des R. glauca et R. corii' 



219 

folia était très avancée; sur certains buissons, les sépales 
étaient même en train de se détacher. Chez les R. canina, 
les réceptacles commençaient seulement à secolorer(n«77). 

Vers le hameau de Vickerl, le R. canina est abondant 
sous diverses variations. 

Le 31 août, je partis de Brigue en diligence à 6 heures 
du matin et j*arrivai à Fiesch vers 9 heures. 

VII. 
ENVIRONS DE FIESCH (Haut Valais). 

Les nombreuses formes de Roses récoltées par 
M. Fa vrat à Fiesch (en allemand Viesch) et dans des localités 
environnantes, m'avaient rendu très désireux de visiter 
cette région si remarquable par ses richesses rhodologiques. 

Les endroits que j'ai explorés varient, pour Taltilude, 
entre 1100 et 1400 mètres. 

Mon premier objectif, après mon arrivée, fut Ausser- 
binn,dont le nom revient si fréquemment sur les étiquettes 
démon savant ami M. Favrat, Finfatigable explorateur du 
Valais. Ce botaniste a puissamment aidé aux progrès qu*a 
faits la connaissance des Roses de son pays. Il a, sur les 
espèces du genre, des idées qui m*ont paru se rapprocher 
beaucoup des miennes. J'allai à Ausserbinn par Nied 
Aernen. Entre ce hameau et Fiesch, les Rosiers sont 
abondants. Ils sont également très communs sur les 
hauteurs autour d'Ausserbinn. Pour ne point revenir par 
le même chemin, au-delà d'Ausserbinn, je passai sur la 
rive gauche du ruisseau en suivant le chemin qui va à 
Fûrseten et rejoint la grande route près de Grengiols. 

J'eusse certainement mieux fait d'explorer plus longue- 



320 

ment les alentours d'Âùsserbinn et de ne pas quic(er la rive 
droite du ruisseau de Binn, car sur les pentes de la rive 
|;auche, à part les R. potnifera^ R. alpina^ R, glauca et 
f. subcollina, je n'y trouvai que des R. canina. La 
richesse rhodologique de la rive droite tient sans doute à 
Texposition au midi. 

Le lendemain 23 août^ je remontai le Viescherthal 
jusqu*au hameau de Blatt. Sur la rive gauche du ruisseau, 
on ne commence à trouver des Roses qu'à partir des 
rochers prés de Wichel. Là^ les buissons abondent : 
R. urienêis^ R. glauca et de nombreuses formes du 
R. canina. Près de Blatt, j*ai revu le JR. uriensiê et trouvé 
le A. graveolens. Sur la rive droite du ruisseau, on ren- 

• ■ 

contre les R. urtensis, JR. glauca^ R. coriifolia et R. pomi- 
ferat avec des formes variées du A. canina. 

Le 33 août, je partis de bon malin en me dirigeant vers 
Niederwald^m^arrélant à quelque distance de ce village. Je 
suivis la route en visitant, à droite et à gauche, les endroits 
présentant des Rosiers. 

Les hauteurs qui dominent Fiesch, où la route s'élève 
en zigzag, sont extrêmement riches en Rosiers : R. pomi- 
fera^ R. uriemiêf R. glatÂca^ R. coriifolia^ R, canina. Lés 
environs de Fûrgangen et certains endroits entre ce 
hameau et Niederwald sont également très intéressants 
pour le rhodologue. 

Vers la soirée, malgré le mauvais temps qui s^était 
déclaré depuis quelques heures, j'allai faire une petite 
reconnaissance le long du chemin de FEggishorn. Un peu 
au-dessus du village, les Rosiers abondent le long du 
chemin et à la lisière d*un bois de mélèze : fi. uriensiê, 
R. glauca^ R. conifolia, R. graveolens, fi. pomifera et 
fi. canina. 



991 

Si les espèces ne sont pas nombreuses dans la région 
de Fieschy leurs variétés sont nombreuses et fort intéres- 
santes. 

Un certain nombre de celles-ci vont donner lieu à quel- 
ques remarques. 



Bo0a orlensis Lag. et Pug. 

Au point de vue du revêtement des feuilles, les varia- 
tions du R. uriensis que j*ai observées dans la région de 
Fiescb se répartissent en quatre groupes : 

I. Folioles pubescentes en dessous, à nervures secon- 
daires non glanduleuses (n^" 91). 

II. Folioles pubescentes en dessous, à nervures secon- 
daires glanduleuses à glandes parfois très rares (n** 81, 
88, 89, 90, 92, 93, 94, 95 et 96). Quatre numéros de ce 
groupe n*ont pu être donnés dans l Herbier de Roges. 

m. Folioles glabres, à nervures secondaires non glan- 
duleuses (n«» 99, 100 et 101). 

IV. Folioles glabres, à nervures secondaires glandu- 
leuses, mais à glandes très rares (n* 98). Peut-être le n* 97 
doit il faire partie de ce groupe. 

On voit par là que la Rose du St-Gothard, comme on a 
parfois désigné le R. uriensis, n*échappe pas aux variations 
produites par la présence ou par Tabsence de poils et de 
glandes; seulement c'est sous la variation k folioles pubes- 
centes et glanduleuses qu*elle se montre le plus communé- 
ment. A moins de tomber dans une subdivision spécifique 
tout à fait artificielle, ces quatre groupes de formes doivent 
rester unis. Du moment où Ton admet cette réunion, 
peut-on encore conserver comme spécifiquement distincts 



222 

le R. glauca du R. coriifolia et le R. canina du R» dume- 
torum? J'estime que non, car, quoiqu'on ait pu dire, le 
R. glauca et le R. canina ne se distinguent réellement des 
R. coriifolia et A. dumetorum que par Tabsence de la vil* 
losité foliaire. 

Maintenant se présente une autre question que j*ai déjà 
posée dans un travail antérieur et qui est celle-ci : le 
le R. uriensisy comme type spéciGque d'ordre secondaire, 
est-il distinct, d'une part, du R. coriifolia et, d'autre part, 
du H. glauca? 

Si Ton considère le R. uriensis dans ses formes qui 
paraissent les plus typiques, sans se préoccuper aucunement 
de la glabriété, de la glandulosité ou de la pubescence 
du feuillage, formes à folioles ovales-arrondies et à récep- 
tacles fortement hérissés-glanduleux, on lui trouve certai- 
nement un cachet assez particulier et reconnaissable ; mais 
il se présente des variations qui semblent le rattacher assez 
étroitement, d*un côté au R. coriifolia et, d'un autre côté, 
au R. glauca. Il y a d'ailleurs des variations du R, coriifo- 
lia qui ont des folioles de même configuration que celles 
du R, uriensis ou des réceptacles fortement hispides-glan- 
duleux. On peut dire la même chose de certaines varia- 
tions du R. glauca. Les matériaux de mon Herbier de 
Roses permettent déjà des rapprochements qui justifient, 
en partie, ce que j'avance ici. 

Le n® 97 auquel j'ai fait allusion ci-dessus semble cons- 
tituer une forme qu'on hésite un peu à identifier au 
R. uriensis, k cause de ses folioles moins arrondies et peut- 
être à cause de ses réceptacles moins hispides. Remarquons 
que ce n"" 97 rappelle assez bien le n"" 74 d'Algaby, dont 
j'ai longuement parlé. 

Les n"^ 33 et 85 (Ghurwalden) sont deux formes qui 



293 

semblent vaciller entre le R, uriensis et le R. coriifolia. 

Pour renforcer la distinction du R. uriensis, on a pré-^ 
conisé l*écartement des folioles et la teinte de la pubes- 
cence^ mais ces caractères ne me paraissent avoir aucune 
valeur par le fait qu'ils se retrouvent dans des variations 
du A. coriifolia. 

Comme conclusion à ce qui précède, je dirai que Pave- 
nir nous réserve probablement la fusion des R. uriensis ^ 
R. coriifolia et R. glauca en un seul type spécifique d'or- 
dre secondaire, dans lequel seront peut-être établies deux 
ou plusieurs variétés. 



Bo0a pomifera Herrm. 

Le R. pomifera se rencontre, dans la région deFiesch, 
sous diverses formes. Ses variations à feuilles pubescentes 
et glanduleuses en dessous sont les plus répandues. L'une 
de celles-ci est le n"" 110 de mon Herbier de Roses. Dana 
ce n^9 certaines feuilles ramusculaires sont 9-foliolée8. 
Des buissons d'une forme à peu près semblable croissent 
au-desssus de Nied Aernen avec des tiges à feuilles cau- 
linaires 9-foliolées. L'apparition d'une quatrième paire 
de folioles m'a paru être assez accidentelle dans le 
R, pomifera. 

Les variations les plus intéressantes du R. pomifera, 
dans la contrée de Fiesch, sont celles à feuilles glabres. Ces 
variations n'y sont pas rares; elles ont été également 
observées dans diverses localités au-delà de Niederwald. 
C'est leD'Lai^ger qui semble avoir été le premier botaniste 
ft remarquer ces variations glabres du Haut Valaia. Son 
correspondant M. l'abbé Puget en constitua une espèce 



914 

nouvelle S0U8 le nom de R. MuriihUi^). M* Christ en fit, 
en 1873 [Roi. d. Schw.^ p. 84), une variété du R. pomt- 
fera. Ce dernier auteur envisagea. Tannée suivante 
{Flora 1874), le R. Muriihii comme un hybride desJR. 
pomifera el R. Reuteri et il maintint cette appréciation 
dans son mémoire de 1884 (^Allgemeine Ergehni9$e^ etc.). 
Dans mon Herbier de Roset, on trouvera ce R. MurUhii 
sous les n^ 103, 103, 104 et 105, provenant de la région 
de Piesch, et sous le n* 106, recueilli entre Simplon et 
Algaby. Si Ton compare avec soin ces numéros avec la 
plupart des autres numéros du R. pomifera du même 
herbier, on est forcé, je le pense du moins, de reconnaître 
que les uns et les autres appartiennent bien au même type 
spécifique et qu*il n*y a pas lieu de voir, dans le R. Mu- 
riihii, un hybride. Celui-ci a été établi sur de simples 
variations glabres du R> pomifera^ qui ne présentent, k 
nies yeux, aucune trace d'hybridation. Les feuilles sont 
ordinairement glabres, seulement, dans quelques formes, 
les pétioles sont un peu pubescents; les glandes sous- 
foliaires peuvent être abondantes ou rares, et, par suite, 
les dents sont beaucoup ou peu glanduleuses. Mes obser- 
vations sur le jR. Muriihii ne se sont pas bornées aui 
seuls numéros donnés dans VBerbier de Roses; elles ont 
embrassé un grand nombre d'autres numéros recueillis 
par moi, par Lagger et surtout par M. Favrat. Étudié 
sur le vif, le /t. Muriihii ne laisse aucun doute sur 
son identité spécifique. L*élévation de cette forme au 
rang d'espèce ou sa transformation en hybride est 
encore due à Timportance exagérée, disons même fausse, 

(f) M. Cottet ■ donne une description de cette esp^ dans le fctcleale 
III (IS78) des ûuiUtinM de ia Soeiété MurUhkHnef p. HJi. 



295 

qi]*on a accordée au revêtement des feuilles. C'est à 
cette erreur d'appi^ééiatioo que nous devons les fausses 
espèces démembrées du il. pamifera sous les noms de 
R. rêcondita Pug., R. Gaudini Pug. et R. friburgenm 
Lag. et Pug. Au point de vue de la glandulosité et de 
la glabréité des feuilles, on pourrait rapprocher mon 
n* 108 du A. friburgemii, mais il en diffère toutefois par 
la forme de ses folioles et par une glandulosité foliaire plus 
abondante. En employant la méthode des faiseurs d'es* 
pèeeSf cVst-i-dire en considérant comme caractères distinc- 
tifs les différences présentées par tous les organes^ on 
trouverait aisément matière/ dans ce n* 108, à une fort 
belle description d'espèce nouvelle. 

Bo0a oorlifolia Pries. 

Le R. coriifolia se présente, dans la région de Piesch, 
sous un grand nombre de variations. Je n*y ai toutefois 
pas rencontré de variations è folioles glanduleuses en 
dessous, qui semblent y être remplacées par le il. uriensù. 

M. Gremli signale, dans la vallée de Binn, une Rose 
qu*il désigne sous le nom de A. pseudapiit* Je n*ai pas 
rencontré celui-ci dans mes excursions autour de Fieseh. 
J'aurais été heureux de pouvoir Tétudicr sur le vif. Les 
échantillons assez nombreux que je possède de cette forme 
recueillis par M. Favrat et même par M. Gremli, me per- 
mettent de dire qu'elle ne mérite aucunement le rang 
d'espèce, même d'espèce fort subordonnée. C'est une 
variation du A. coriifolia, assez remarquable, je le veux 
bien, mais le A. coriifolia possède bien d'autres variations 
aussi distinctes qu'on n'a pas cru devoir décorer d'un 
nom spécifique. 



226 



Bo0a graveolens Gren. 

L*une des Roses les plus intéressantes de la région est 
cette forme du R. graveolem que M. Favrat a découverte 
aux environs d'Ausserbinn et à laquelle il a donné le 
nom de R. Vetteri. Cette forme que je n*ai pas eu Theu- 
reuse chance de rencontrer, est représentée dans son 
habitation par une colonie de buissons grêles et délicats. 
G*est une variété microphylle à feuilles glabres rappelant 
beaucoup certaines variations du R. agrestis Savi (R. se- 
pium Thuill.). La seule particularité que la distingue et 
elle est extrêmement curieuse, c*est Tabsence presque 
complète de glandes sur les nerveuses secondaires. Cet éuit 
églanduleux chez une espèce du groupe des Rubiginae 
n'est pas le seul connu. C*est ainsi que MM. C. Dufft et 
M. Schuize, deux zéléset habiles rhodologues, ont observé, 
dans plusieurs localités de la Thuringe» une forme du 
R. rubiginosa à folioles absolument dépourvues de glandes 
en dehors de la nervure médiane, qui en présente quel- 
ques-unes. Cette curieuse variation a éié signalée pour la 
première fois, en 1883, par M. Dufft (Beitrâge zur Flora 
von Thûringen in Irmischia^ n** 5 et 6), mais sans descrip- 
tion sous le nom de R. rubiginosa forma denudala Gre- 
nier(l). En 188S, M. E. Sagorski (J)ie Rosender Flora 
von Naumburg a/S) en a donné une courte description 
également sous le nom de var. denudala Gren. Enfin, en 



• (i) Cette identification est erronée, car Grenier [Flore de lachaine 
jmraeêique^ p. 840), sons de nom de R, rubiginota var denudaia a 
entendu parler de l'absence de villositë sur les folioles de cette variëtë et 
non pas de la disparition des glandes. 



227 

1886, M. M. Schiilze (Jenas wilde Roien in MiUeilungen des 
Botanischen Vereins fur Gesamt-Thûringen, vol. V) lui 
a consacré quelques lignes, toujours sous le nom de var. 
denudata. 

Pendant le cours de mes excursions, mon attention s*est 
portée d*une façon spéciale sur le R. graveolem. J^avais à 
Tobserver au point de vue de son faciès et sous celui de sa 
distribution. Gomme on le sait, M. Christ considère cette 
Rose comme une espèce de montagne et présentant les 
caractères généraux des autres types montagnards : 
JR. glatuia, R. coriifolia et R. abietina (R. uriensis). Dans 
mon récent travail intitulé : Considérations sur quelques 
faits concernant le genre Rosa, je disais que le caractère 
montagnard du JR. graveolens me paraissait encore loin 
d'être démontré. Les observations que j*ai faites cette 
année ne me permettent pas encore de me prononcer 
à ce sujet. En attendant de nouvelles recherches, je 
continue à maintenir mes doutes sur la distribution 
attribuée à cette espèce et sur le faciès que M. Christ lui 
assigne. Ce que je puis avancer ici, c^est que dans la 
région de Bormio il est accompagné du A. sepiutn et des 
R. rubiginosa et R. micrantha et que près de Fiescb il se 
rencontre en buissons énormes et très élevés, ne repré- 
sentant nullement des arbriseaux bas et trapus. J'attendrai 
le résultat de recherches ultérieures pour me prononcer 
sur la valeur du R. graveolens comme espèce et sur ses 
rapports avec le R. agrestis. 

Depuis longtemps, j'observe, dans le R. graveolens, la 
tendance qu'ont ses aiguillons à devenir géminés. Il n'est 
pas rare de trouver, dans la parlie supérieure de la tige^, 
sur les pousses latérales fdiifères, c'est-à-dire sur les 
branches, et même sur les ramuscules florifères, des séries 



328 

d'aiguillons aussi régulièrement géminés que dans la sec- 
lion des Cinnamomeae. Ce fait curieux, que les auteurs 
semblent avoir complètement passé sous silence, se repro- 
duit, mais, m*a-t-il semblé, à un moindre degré dans le 
R. agreêtis. Il parait rare dans les R. rubiginosa et R. mi- 
cranlha* J*engage vivement les spécialistes & porter leur 
attention sur cette particularité qui n'est pas tout à fait 
étrangère à d^autres lypes de la section des Caninae. Elle 
poiu*ra utilement venir en aide dans les cas difficiles. 

B€«a glauoa Vill. var. saboanlna Glir. et B<mm 
ooriifolia Pries, var. cmboolUna Chr. 

Au cours de ce travail, j*ai plusieurs fois fait allusion à 
des variations qui tendent à se rapprocher, d*une part, du 
R. glauca et, d^autrepart, du A. coriifolia. Mon intention 
était de discuter la nature de ces formes, mais comme 
dans mon Herbier de Roseê je n*ai pu donner que quatre 
numéros (n^* 75, 76, 78 et 80) qui semblent appartenir à 
la variété iubcollina et pas un seul représentant de la var. 
subcanina, j^attendrai que j'aie pu distribuer des matériaux 
plus nombreux pour aborder le sujet en question. 

Le 23 août fut mon dernier jour d^herborisaiion dans 
les Alpes. Le lendemain matin, je partais pour Lausanne 
et le 25 j'étais de retour en Belgique, où je trouvai, heu- 
reusement parvenus, les cinq ballots de Roses successive- 
ment expédiés de Goire, du Kurhaus de Tarasp, des Bagni- 
Nuovi, de Brigue et de Fiescb. 

Je profitai de la matinée que je pus passer h Lausanne 
pour faire visite à M. Favrat, avec lequel je suis eu cor- 
respondance depuis de longues années, mais que je ne 
connaissais pas encore personnellement. Ce botaniste 



^99 

m'accueillit de la façon la plus charmante; il me fit voir ses 
récoltes de Roses de I*année et me donna quelques formes 
intéressantes. La conversation fut mise immédiatement 
sur le genre Èosa. Je trouvai, dans ce savant, un spécialiste 
d'une très grande expérience et connaissant les Roses de 
son pays d*une façon extrêmement remarquable U). 

(i) Vers la fin da moiji de dëeeidbre, tf.'R(^rl Kelter, de'Wlttter- 
tbnr, a bien Toula soumettre à mon examen les belles récoltes de Roses 
qu'il a faites, au mois de juillet^ dans la Tallée do Rhin antërieur entre 
Disentis el Tchamnt et dans la Tallée du Rhin moyen entre Disentis 
et Platta. Quelques détails sur ces récoltes ne seront pas déplacés dans 
cette notice : ils serviront de supplément au chapitre qui a été consacré 
aux Roses des environs de Coire. La région ^plbrée par M. KeHer 
est à Taltitade de IIBO m. à iéOO m., c*est4-'dire dans la lone des 
Roses de montagne. A en juger par les nombreux numéros recueil Ib» 
les Rosiers doivent élre abondants dans les localités citées ci-dessôos. 
Le R, urienêiê Lag. et Pug. (20 n^) se présente sous diverses variations, 
et, entre autres, sous la variation à feuilles glabrea. C'est surtout tiiz 
environs de Platta qu*il est le plus répanda;' il a été récolté également 
autour de Disentis et de Sedrun. Le A. eoriifolia Frics (13 n<*) se trouve 
dans les mêmes localités, ainsi que le A. glauca Vill. (82 n^). Le 
A. pomifera Herrm. (21 n*^) se rencontre principalement entre Tchamùt 
et Disentis ; il parait moins commun entre Disentis et Platta. Ce type 
varie peu et se présente ordinairement sots sa forme typique (A. f*seo9- 
diia Lêg. et Pug.). Le A. rmbiginota L. (9 n-) et le A. fraveoletu 
Gren. (I n«) ont été récoltés autour de Disentis. Le A. lomente//a Lom. 
parait usez rare; il se présente sous diverses variations. Quant au 
A. Dematranea Lag. et Pug., je n*en ai vu aucun représentant parmi 
les récoltes de M. Relier. Le A. ferruginea Vill. (6 n**) a été récolté à 
Sedrun, Segnas et Platta. Trois n^ provenant de Platta présentent une 
particularité extrêmement remarquable et qui est, & ma eonnaisiance, 
tout à fait nouvelle, c*est celle d*avoir /«• péliolei et lu pitioluUê osêêM 
dentémeni pubeseents. Cette pnbeteenee, tout m e^atténuant, ê'étend aêiêitodn 
sur la eôtê o» nervure médiane. A part celte pobescence, les autres carac* 
tères sont bien ceux du type de TiUars. Le A. atpina L. (2 n**) provient 
de deux endroits près de Platta . 

(Note insérée pendant Timpression.) 



3S0 



Vin. 

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES. 

Les observations que j*ai exposées au cours de ce travail 
tendent; comme on le voit, à réduire sensiblement le 
nombre des espèces de Rose» admises par les rhodologues 
suisses pour la flore de leur pays^ à condenser les formes 
à la façon des auteurs anciens. Ces idées de réduction sem- 
bleront absolument contraires aux progrès qu'a faits la 
connaissance du genre depuis une époque assez reculée 
et; dans l'esprit de certains spécialistes, je passerai sans 
doute pour un véritable réactionnaire, fermant obsti- 
nément les yeux à la lumière. On pourra, en outre, s'ima- 
giner que je cherche à réduire à néant les travaux des 
rhodologues suisses. Je ne ferme pas les yeux à la lumière; 
au contraire, je m'efforce de les tenir largement ouverts 
à tous les faits capables de m'éclairer sur la véritable 
nature des formes décrites; d'autre part, je tiens en haute 
estime les recherches si consciencieuses des spécialistes 
suisses. La divergence de vue qui me sépare assez souvent 
de ceux-ci, prend sa source, d*un côté, dans la conviction 
où je suis de l'inanité absolue ou de la faible valeur des 
caractères tirés du revêtement des organes, et, de l'autre, 
de ce que j'ai embrassé tout le genre et non pas un 
simple fragment du groupe comme ils l'ont fait. Mes 
études sur l'ensemble des espèces existantes m'ont forcé 
à envisager la hiérarchie des formes sous un jour différent 
du leur. Je pourrais ajouter qu'ayant consacré un temps 
beaucoup plus considérable à ces recherches spéciales et 
rassemblé une masse plus importante de matériaux, j'ai 



931 

pu ainsi me rapprocher plus près de la vérité et interpréter 
plus sainement les faits. 

A la date de 1873, M. Christ, le monographe le plus 
autorisé des Roses de son pays, admettait 34 espèces; mais, 
depuis cette époque, ses vues se sont modifiées au sujet de 
certains types, qui sont devenus, dans ses travaux posté- 
rieurs à sa monographie, des hybrides ou de simples 
variétés. 

Dans la dernière édition de sa Flore analytique de la 
Suisse (188Sf), M. Gremli admet 47 types distincts, dont 
quelques-uns lui paraissent toutefois douteux. 

Diaprés ce que j'ai avancé dans les pages précédentes, 
on doit bien supposer que, dans ma pensée, ces deux 
chiffres d^espèces sont exagérés et que le nombre des vrais 
types spécifiques croissant en Suisse, qu*ils soient de pre- 
mier ou de second ordre, est beaucoup moindre. 

Avant de pouvoir dresser le tableau de ce que je consi- 
dère comme types spécifiques de premier et de second 
ordre croissant sur le territoire suisse, j*ai à compléter des 
recherches sur certaines formes, parmi lesquelles je com- 
prends surtout celles qui ont été décrites sous les noms de 
R. Chavini et R. alpestris et sur lesquelles règne la plus 
grande obscurité. 

On pourra craindre que si mes idées sont adoptées sur 
les Roses, le genre ne perde bientôt Pintérél qu*il pré- 
sentait aux chercheurs. Qu'on se rassure; ce groupe 
générique deviendra même plus intéressant que par le 
passé, surtout dans les Alpes où les variations sont innom- 
brables. En effet, n*est-il pas plus curieux et plus satisfai- 
sant pour Pesprit d^étudier, d*une façon approfondie, les 
multiples chaînons qui constituent une espèce véritable, 
de circonscrire celle-ci dans ses limites naturelles, d'en 



33!2 

reconnallre les eaNelèras essentiels, de cheroberi d'imtre 
partf k circonscrire Taire des manifestafions des types 
spécifiques d*ordre secondaire, travail enlottré de 1res 
grandes dt6Scultés, d'établir enfin une bonne hiérarchie 
entre les types ,' que de se borner à la besogne relative- 
ment si facile de décrire, comme espèces, des fragments 
isolés artificiellement de la chaîne de types connus. Si les 
flores locales viennent & perdre de leurs fausses riehesses 
par la métboJe que nous recommandons, si TamOur- 
propre des descripteurs vient i souffrir un peu, la 
science y gagnera beaucoup au point de vue de la systé- 
matique et sous le rapport de la géographie botanique. 
Remarquons, à ce propos, que par l*émiettement des 
espèces, par la création de cette foule de prétendus 
types spécifiques, bien des problèmes de géographie bota- 
nique étaient menacés de devenir tout à fait insolubles. 
Heureusemenl pour cette dernière branche de la science, il 
commence i se produire une réaction en phytographie; les 
monographes, en présence de matériaui plus abondants 
et de recherches plus approfondies, commencent à com- 
prendre que les véritables espèces sont plus élastiques 
qu*on ne se Tétait imaginé et qu'elles doivent être établies 
sur des bases plus larges. 



^^ 



SUR L'EXISTENCE DE MICROBES 

DANS 

LES TISM DIS FLUITES SQPÉBIEIIBEI!, 

PAR 
ÉMIL-E L.AURBNT. 



L*histoire de toute question relative à la biologie des 
microbes comprend deux séries de travaux : les uns, 
souvent très nombreux, faits par des observateurs étran- 
gers à la ti«hnique des infiniments petits et dépourvus de 
toute critique expérimentale; les autres, dus à des tra- 
vailleurs plus consciencieux et mieux préparés à ce genre 
de recherches. Il est souvent difficile pour ceux qui ne 
connaissent pas la valeur personnelle des divers expéri- 
mentateurs de se faire une opinion exacte au milieu du 
dédale des conclusions qu'ils ont indiquées. Le problème 
devient presque inextricable lorsque la même question 
n'est pas susceptible d'une solution générale et qu'elle 
présente des faits contradictoires. C'est ainsi que la sci^^nce 
s'encombre, au moins pour quelque temps, d'idées fausses, 
qui sont souvent le fruit d'une imagination féconde et qui 
parle fait même qu'elles sont extraordinaires, sont accep- 
tées par beaucoup d'esprits. 

Il suffit qu'une opinion ait un aspect séduisant, conforme 
à certaines traditions ou aux théories du jour, pour qu'elle 
acquière la valeur d'un fait démontré aux yeux du plus 
grand nombre. N'était-ce pas le cas, il y a trente ans, de 
la génération spontanée et du polymorphisme illimité des 

16 



I 



25i 

champignons? Rien oependanl n'était plus contraire à la 
vérité. 

Nous allons constater qu'il en a été a peu prés de même 
dans la question qui fait lobjet de cet article. 

Lors des premiers travaux sur la physiologie des micro- 
besy on voulut leur faire jouer un rôle dans la vie de tous 
les organismes. 

Us étaient si petits que pour peu qu'on fût maladroit, 
on les voyait apparaître dans toutes les expériences sans 
que la cause d'infection fût seulement soupçonnée. De la 
^«^à supposer leur existence normale dans les plantes et les 
animaux il n'y avait pas loin. Ce fut l'origine de la fameuse 
théorie des microzymas à laquelle M. Béchamp a consacré 
un volume de prés de mille pagesU). Il part de*ce principe 
que dans les cellules des organismes supérieurs, il existe 
des microbes, les microzymas^ capables, après la mort de 
la plante ou de l'animal qui les nourrit, d'évoluer sous la 
forme de bactéries variées. 

Pour M. Béchamp, les microzymas sont ces granulations 
diverses que montre fexamen microscopique des tissus 
vivants. 11 eût fallu démontrer que ces corpuscules ont 
une vie autonome, mais Tauleur s'en est abstenu avec le 
plus grand soin. Il les rencontre bientôt partout dans la 
nature, les retrouve dans la craie, non pas à l'état fossile, 
mais prêts à revivre avec énergie après des millions d'an- 
nées de repos 1 

La confusion laissée par M. Béchamp entre les micro- 
zymas et les bactéries donne une apparence de vérité à 
certaines expériences rapportées par cet auteur et fait que 
le lecteur peu exigeant à Tégard des preuves se laisse faci- 
lement séduire par Tensemble. 

(I) A. fiàouM». Lêê MiêroMyma»^ Paris, 1883. 



335 

Il y a la plus grande analogie entre les idées de 
M. Béehamp et la théorie de Tanandorphose annoncée par 
A. VVigand quelque temps avant sa mortO). Des particules 
qui existent dans les tissus végétaux pouvaient, dans des 
conditions fort obscures, prendre les caractères des bacté- 
ries. 

Pour juger le travail de VVigand, il suffit de rappeler 
cette observation rapportée par de Bary que parmi ces 
prétendues bactéries, il y en a qui sont solubles dans les 
acides dilués. C'était tout simplement des cristaux bacilli- 
formes d'oxalate de calcium, que Ton rencontre en abon- 
dance dans les cellules des Trianea bogotensis et dans les 
jeunes poils des feuilles de quelques Labiées. 

M. Marcano(^) admettait aussi Fexistence de bactéries 
dans la tige de la canne à sucre et du maïs, dans la sève 
de Fagave et à l'intérieur des cellules des graines de maïs. 

Dans une note publiée en 1888 au Bulletin de l'Acadé- 
mie de Belgique, M. Jorissen annonçait que les graines 
renferment normalement des bactéries et que ce sont ces 
microbes qui sécrètent la diastase au moment de la germi- 
nation. 

Aucune expérience directe faite par Fauteur ne parait 
avoir servi de base à celle hypothèse. Elles n'ont eu 
d*aulre point de départ que l'observation suivante faite par 
M. Jorissen : dans un milieu qui renferme de Tacide cyan- 
hydrique, la germinaiion des graines n*a pas lieu. L*em- 
bryon n*est pas déiruit et il peut se développer-dès que 
les conditions de milieu redeviennent favorables. 



(1) A. WiGAND. Entête h, und Fermentwirkunff der BaeUri&m, Mar- 
bourg, 188^. 

(2) Compte» rendue, t. XCV, pp. 54K et 856 et t. XCIX, p. 8H. 



236 

Au lieu de voir dans ce fait un exemple de l'action 
analogue des substances paralysantes ou toxiques sur les 
plantes supérieures et sur les microbes, M. Jorissen en a 
conclu qu*il existe dans les graines des bactéries chargées 
de sécréter la diastase. 

Les chances de succès apparent sont trop fréquentes 
pour que d'autres expérimentateurs n'aient cru recon- 
naître des bactéries dans les tissus des plantes normales. 
C'est ainsi que M. Hiltner (i) admet la présence des bac* 
téries à l'intérieur des graines destinées à la nourriture 
des animaux domestiques. 

A la suite d'essais en apparence bien faits, M. Galippe W 
arriva à des résultats analogues pour les légumes cultivés 
dans les jardins. 

Enfin, M. Bernheim (^) a annoncé la présence, dans les 
graines et dans les tubercules, de bacilles, de coccus et 
même de cellules de levures, situés soit entre les cellules, 
soit dans l'intérieur des cellules et des grains d'ami- 
don. Même cet auteur admet que les microbes des 
graines viennent du sol, sont absorbés par les racines, 
passent dans la tige, puis à Tintérieur des fruits pour 
retourner au sol pendant la germination. 

L'hypothèse est fort ingénieuse; malheureusement, 
Taiiteur ne s'est pas rendu compte de la cause qui l'a 
induit en erreur et qui est l'emploi de graines incomplète- 
ment stérilisées. 
A ces travaux, il faut opposer les recherches de plusieurs 

(i) L4Mndmirthieh. Vertueh. Stai., B. XXIY, p. 891, 1887 et Bot. Cen- 
(raiblati^ B. XXXIV, p. 271. 

(S) Journal des eonnaisêanceê médicale$, 30 juin 1887 eiCompîêi rendue 
delaSoHété de biolo§ie de Parie^ 18 octobre 1887. 

(3) Munch, med. Woehenaehr., 1888, pp. 7i3 et 767. 



Î37 

expérimentateurs habitués aux difficultés de la technique 
des microbes. 

En premier lieu, il faut citer M. Pasteur, qui avait 
prouvé depuis longtemps que du sang et du lait puisé avec 
les précautions nécessaires peuvent se conserver indéfini- 
ment sans altération. Dans ses recherches sur Torigine des 
ferments alcooliques, M. Pasteur(^) s'était assuré que le 
suc de raisin ne contient pas de microbes et que les ger- 
mes qui le font fermenter se trouvent à la surface de la 
pellicule des grains. 

Quelques années plus tard, M. Chamberland(^), au labo- 
ratoire de M. Pasteur, démontrait qu'il n*y a pas non plus 
de germes dans les graines de haricot prises à Tintérieur 
de leur gousse. 

Rappelons aussi les essais de culture faits par M. Du- 
claux(^) dans un sol riche en matières organiques, mais 
exempt de microbes. Des graines bien nettoyées avec du 
bichlorure de mercure, puis passées dans de leau distillée 
bouillante, ont germé parfaitement dans une terre stérilisée, 
ont digéré leurs réserves et se sont développées sans qu'on 
ait pu trouver à aucun moment des êtres microscopiques. 

A la même époque où M. Duclaux publiait les essais de 
germination à Tabri des microbes, j'avais entrepris des 
recherches sur la présence de ces organismes dans les 
graines et dans les tubercules(^). J'avais voulu m'assurer 
personnellement des faits nouveaux annoncés par M. Joris- 
sen dans la note qu'il venait de publier. Les résultats que 



(i) Comptée rmduêf t. LXXY, p. 781. — Études svar la bière, p, 55. 

(2) TMêe^ p. ^, Pans i880. 

(5) Comptée rendue, t. C, p. M, 188K. 

(4) BuU. de l'Académie de Belgique, 3< série, t. X, 1885. 



238 

j*obtins étaient absolument en opposition avec les siens. 
Les graines que j*ai étudiées avaient été ramollies dans 
Teau avant d*èire immergées pendant vingt à trente minutes 
dans un bain de bichlorure de mercure à 1/500. Après avoir 
été lavées à Peau stérilisée, ces graines ont parfaitement 
germé dans un milieu privé de tout microbe. Elles furent 
ensuite coupées en morceaux au moyen d un scalpel fiambé 
et les fragments furent placés dans du jus de pruneaux et 
dans de la gélatine nutritive. 

Dans mes premiers essais, j'observais fréquemment 
des bactéries et des moisissures dans les tubes en expé- 
rience. Mais le nombre des essais fertiles a diminué au 
fur er à mesure que je multipliais les séries, jusqu'au 
point où trente tubes qui contenaient des morceaux de 
graines restèrent complètement stériles. 

Le résultat fut identique lorsque je plaçais dans des 
milieux favorables aux microbes de petits cylindres enlevés 
avec un emporte-pièce à bouchons dans des tubercules de 
pomme de terre, de carotte, de chicorée, dans les bulbes 
d ognon, dans les tissus charnus de Cereus^ d^Agave et 
de Carica Papaya. Ici encore^ il y avait dans les premiers 
essais beaucoup de tubes infectés^ tandis que les derniers 
en étaient indemnes. J'avais dans l'intervalle reconnu la 
nécessité d'employer les précautions les plus minutieuses 
pour éviter l'apport des germes extérieurs. 

Les graines et les tubercules des espèces que j'avais 
employées ne contiennent donc pas d'organismes micros- 
copiques. 

Cependant pendant l'année 1886, j'ai réussi à cultiver 
dans du terreau stérilisé des pieds de Sarrasin dont les 
graines avaient aussi été débarrassées de genres étran- 



339 

gers(^). Le développement fut moindre que celui de pieds 
de la même espèce cultivés comparativement dans le ter- 
reau non stérilisé. Voilà donc la preuve que les microbes 
du sol sont utiles aux plantes terrestres, bien qu*elles n'en 
renferment pas dans l'intérieur de leurs tissus. 

Un travail analogue à mes recherches sur les bactéries 
des graines et des tubercules, mais beaucoup plus étendu 
par le nombre des essais, a été entrepris par M. Fernbach 
au laboratoire de M. Duclaux(^). M. Fernbach a fait des 
centaines d'essais de culture avec des fragments pris à Tin- 
lérieur de tomates, de navels, de carottes, de betteraves 
et de pommes de terre. J*ai eu Toccasion d'être témoin de 
ces expériences, exécutées avec les soins les plus minu- 
tieux. Les morceaux de tissus enlevés également avec un 
emporte-pièce stérilisé, étaient introduits dans du bouillon 
de veau ou dans de Teau de navet sucré, milieux très favo- 
rables au plus grand nombre des microbes. Sur 555 essais 
faits par M. Fernbach, 35 seulement ont été fertiles. Cent 
tubes qui renfermaient des morceaux de pomme de terre 
sont restés stériles. Les cas d'altération s'expliquent par les 
chances d'infection, qui résultent de la manipulation des 
vases de culture et par la section des cylindres de tuber- 
cules faite au contact de l'air. L'auteur suppose aussi que 
des germes peuvent être introduits accidentellement à l'in- 
térieur des plantes par de petits animaux. 

M. di yestea(3) et MM. J. Grancher et E. Deschamps(^) 
sont arrivés aux mêmes résultats en opérant sur des 



(1) BuU. de l'Académie roftUe de Belgique, 3« série, t. XI, 1886. 

(2) Annales de l'ineMul Pasteur, t. II, p. 567, 1888. 

(3) Annales de l'Inetitut PasUur, t. II, p. 670. 

(é) Archives de médecine expérim, el d*anal, patoL, i^ série, 1. 1, p. 33, 
1889. 



9M 

légumes tuberculeux, des nervures de laitue et des tiges 
d*asperge. Pour augmenter ces chances d'infection, ces 
végétaux étaient arrosés avec des liquides très riches en 
microbes. 

Cette année, j*ai fait quelques nouveaux essais sur des 
graines d'orge, de maïs et de lupin blanc. Ces graines 
avaient au préalable été ramollies dans Teau et stérilisées 
au moyen du bichlorure de mercure à i/iooo. Pour la 
stérilisation, elles étaient placées au nombre de dix à 
quinze au fond d'un large tube à essai stérilisé, dans lequel 
je versais assez de solution mercurique pour subtnerger les 
semences. Après quinze minutes de contact, le sublimé 
était décanté et remplacé par de Feau stérilisée dans 
Tautoclave à HQ: Ce lavage était répété deux fois et je 
laissais au fond du tube environ un centimètre cube d'eau 
stérilisée. Lorsque les tigelles avaient atteint un centi- 
mèUre, les graines furent coupées en deux avec un scalpel 
flambé. Les morceaux étaient ensuite retirés délicatement 
du tube et replacés isolément dans d'autres tubes avec du 
bouillon de veau, du liquide de touraiUons ou de la géla- 
tine. 

Sur trente essais, je n'ai pas constaté de trace d'infection. 

Enfin, pendant l'hiver dernier, j'ai recherché s'il existe 
des microbes dans l'intérieur des vaisseaux de- ta vigne en 
végétation; Le résultat auquel je suis arrivé est que la sève 
de cette plante est pure 4e tout germe. 

* 

Les travaux que je viens de résumer permettent de 
conclure qu'il n'existe pas d'organismes étrangers dans les 
tissus des végétaux étudiés à l'état normal. Éviclemment, 
cette affirmation ne s'applique qu'aux espèces qui ont été. 



ut 

lobjet de reeherehes spéciales. Il Cnut éviter toute gén^a* 
lisation prématurée qui serait d'ailleurs en opposition for- 
melle avec les faits. 

En effet, on sait aujourd'hui que plusieurs Nostoeacées 
vivent à Tintérieur des tissus de diverses plantes vivantes. 
On en a signalé dans les rhizomes de Gunnera^ dans les 
racines de Cycas, dans les feuilles de Lemna^ d'Azolla^ 
de Sphagnum, les frondes d'Anêhaceros et de BUma^ les 
rhizoïdes de Biccia. 

Un exemple plus remarquable de symbiose entre les 
plantes vaseulaires et les microbes nous est offert par les 
Légumineuses. Les racines de ces plantes portent d'une 
manière presque constante de nombreuses nodosités dont 
la nature a été très discutée par les botanistes. Il semble 
presque démontré par les travaux de M. Beyerincki^), 
que ee sont là des sortes de galles produites a la suite de 
l'infection d'une bactérie particulière. A l'intérieur des 
cellules de la racine, le microbe ne tarderait pas à perdre 
sa vitalité et à se transformer en corpuscules albuminoïdes 
de réserve appelés bactéroïdes. 

Mais ces bactéries ne seraient pas seulement utiles aux 
Légumineuses en leur servant d'aliment albuminoîde. 
Les plantes de cette famille peuvent croître vigoureuse- 
ment dans des sols très pauvres en azote et assimilent 
néanmoins des quantités d'azote très importantes. Or, 
MM. Hellriegel et Wilfarth assurent que ce résultat ne 
peut pas être atteint dans les terres qui ne contiennent 
pas de germes du microbe renfermé dans les nodosités. 
Dans ce cas, les petits tubercules ne se développent pas 
sur les racines et les plantes restent chétives. 



(1) Bolan. Zêiimng, 18S8, n-" 4«-K0. 



243 

De là a déduire que les bactéries intracellulaires sont 
capables de fixer l'azote de Tair, il n y avait qu*un pas. 
Cependant aucune expérience directe n*a prouvé qu'il en 
soit réellement ainsi. Il se pourrait même que Tassirailation 
de l'azote aérien fut le résultat d*actions physiologiques 
tout à fait différentes. 

Des éléments analogues à des bactéries ont aussi été 
signalés dans le règne animal. Citons les corps bacilliformes 
de M. Ed. Van Beneden (0 trouvés dans un embrjon de 
lapin, les bâtonnets cristalloîdes indiqués par M. Bonnet(2) 
dans le chorion et l'épithélium utérin, les corpuscules en 
fuseau de M. 0. HertwigC^), enfin les corps bactériformes 
que M. Blochmann<^) a signalés dans les insectes et qui 
ressemblent si étrangement à des bactéries. 

Au point de vue morphologique, la ressemblance de 
ces divers corpuscules avec les bactéries est des plus frap- 
pantes. Mais cet argument ne suffit pas pour leur assurer 
Tautonomie biologique. Autant vaudrait considérer les 
globules blancs du sang des animaux supérieurs comme 
des amibes doués d*une vie propre. 
* Il serait téméraire de prétendre résoudre ces questions 
délicates par simple analogie. On peut, dans certains cas, 
avoir rencontré des fragments d'organes nucléaires, tandis 
qu*en d'autres de véritables bactéries ont été observées dans 
les tissus animaux. Tout récemment M. Krasiltschickt^) 
a indiqué dans les tissus de pucerons, parfaitement sains, 

(1) Archivée de bMo^ie, t. I, 1880. 

(2) Beiirâge %wr Biologie, Stattgard, 1882. 
(5) Morpkologiêcheê Jahrbuch, U X, 1884. 
(i) Zeiiêchr. fUr Biologie, t. XXIV. 

(5) Afmaieede l'JtuMui Paeteur^ t. III, p. 465. 



343 

des bacilles qui y vivraient i Tétat de symbiose. Détail 
non moins curieux, ces microbes se transmettraient aux 
descendants nés par parthénogenèse. 

Il serait utile d'isoler ces microbes^ de les cultiver en 
dehors de leur hôte naturel et de les inoculer ensuite à 
des pucerons vierges de bactéries. Bien que cette vérifica- 
tion n*ait pas été faite, on peut considérer comme très 
probable Texistence d'infiniment petits dans les tissus 
vivants des pucerons. Et puisque Tattention des histolo- 
gistes sera maintenant attirée dans cette direction, on peut 
s'attendre à voir les exemples de microbes intracellulaires 
se multiplier dans le règne animal. Actuellement, on con- 
naît d'ailleurs de nombreuses espèces animales chez les- 
quelles on a trouvé des Goccidies, microbes parasites 
assez différents des Bactéries. 

Beaucoup de champignons qui envahissent les plantes 
supérieures ont la propriété de perforer les membranes 
cellulaires par l'intervention sans doute d'une zymase 
spéciale. Les germes des bactéries vulgaires pourraient 
aisément pénétrer dans les feuilles par les stomates lors- 
qu'ils y sont apportés par le vent ou d'autres agents. 
Mais arrivés dans la chambre stomatique, ils auraient à 
traverser les membranes cellulaires ou à s'insinuer entre 
les cellules. Pour que ce dernier mode d'infection pût réus- 
sir, il faudrait supposer des bactéries mobiles capables de 
ramper dans les méats, ce qui est assez peu vraisemblable, 
ou bien des formes filamenteuses à développement continu, 
à la manière des filaments mycéliens de champignons. 
Quant aux bactéries courtes immobiles, elles devraient tra- 
verser les membranes cellulaires. Or, j'ai constaté que la 
cellulose, même les variétés les plus tendres, résistent par- 
faitement, au contact de l'air, à un grand nombre de races 



244 

de bactéries vulgaires. L'action dissolvante du BaciUtu 
Àmylobacter n*a lieu qu*en Tabsence d'oxygène. Cependant 
d*aprés M. Vignal(^) le BactUus merenterkas vulgatus 
sécrète une zymase qui digère les celluloses les plus ten- 
dres. J*ai fait la même observation pour un BacUltu 
sublUii, qui, développé en mycoderme à la surface d'un 
liquide, dissociait les cellules d'un morceau de pomme de 
terre situé dans la profondeur du même liquide. En 
somme, si la pénétration des membranes cellulaires des 
plantes n'est pas une propriété générale des Bactéries, 
elle existe et pourrait peut-être se développer dans un 
milieu particulièrement favorable. 

Cette condition n*est toutefois pas suffisante pour per- 
mettre aux bactéries extérieures de se fixer dans les tissus 
des plantes. Il faut aussi tenir compte de la résistance 
propre aux eellules vivantes, résistance dont le mécanisme 
est encore tout énigmatique. Chez les animaux, les bacté- 
ries pathogènes surmontent cette difficulté par la produc- 
tion de maliéres plus ou moins toxiques, rapidement diffu- 
sées dan^i tout . l'organisme par la voie de la circulation 
sanguine. Le plantes supérieures ont le privilège de se 
prêter beaucoup plus difficilement au transport des micro- 
bes et de leurs sécrétions à travers leurs tissus. Aussi 
existe-t-il peu d'affections bactériennes parmi les plantes, 
tandis qu'il y en a un grand nombre dans le règne animal. 

(l)7M00,Parif,i8SO. 



LES 



ACIiniSITIONS DE LA FLOIiE BELGE 

EN 1887, 1888 ET 1889, 

PAR 
ThêOPHIL-E DURAND. 



En 1887 ei en 1888, diverses circonstances nous ont 
empêché de faire le relevé annuel des acquisitions de la 
flore; nous le reprenons aujourd'hui, à la demande de 
plusieurs personnes, ei nous tâcherons de le faire régu- 
lièrement. 

Il nous semble que le zèle pour Fétude de la flore 
indigène a un peu faibli pendant ces dernières années, 
et pourtant, même en phanérogamie, il reste encore 
beaucoup à faire. Non-seulement la dispersion d'un grand 
nombre de plantes est assez mal connue, mais des espèces 
nouvelles peuvent encore être trouvées; nous en donnerons 
pour preuve la découverte de deux Gypéracées extrême- 
ment intéressantes, les Carex DavcUliana et Schoenus 
ferrugineusi^). 



(1) DécouTert k Pont-de-L«gland par an botaniste du Grand-Daché, 
M. Noppeney. (Voir la note de M. Lochenies, présentée dans la séance 
de décembre.) 



U6 

Nous rappelons qu*en 1865, M. F. Grépin a dressé la 
liste des espèces qui pourraient se rencontrer en Bel- 
gique(^); depuis lors, un bon nombre d'entre elles ont été 
rencontrées sur notre sol, mais nos amateurs feraient bien 
de revoir ce travail, car plusieurs espèces passent sans doute 
inaperçues parce que Tattention n est pas attirée sur elles. 

Pourtant il est juste de dire qu'un certain nombre de 
botanistes ont continué à herboriser avec ardeur. 

Nous avons déjà entretenu la Société de la belle trou- 
vaille du Carex Davalliana Sm,j faite par M. E. Lemoine, 
d\\rlon (^). Cet amateur infatigable a poursuivi ses recher- 
ches dans le Bas Luxembourg; dans les pages suivantes, 
on remarquera que la flore de la région jurassique lui doit 
beaucoup d'acquisitions d*un haut intérêt. 

M. G. Lochenies habite une localité pauvre en plantes; 
mais, de Leuze, il rayonne dans tout le pays et la recherche 
des lichens ne Tempèche pas de faire des découvertes 
remarquables dans d'autres domaines. Qu'il nous suffise 
de citer ici le Rhynchospora fusca qu'il a trouvé à la 
Baraque Michel, ce qui établit un trait de ressemblance 
de plus entre la Gampine et TArdenne et enrichit la flore 
liégeoise d'une espèce inespérée. 

Depuis bientôt un quart de siècle, M. A. Hardy scrute 
avec un soin jaloux et toujours avec succès la végétation 
des environs de Visé. Dans nos Acquisitions de la flore en 
1886, nous signalions sa découverte si remarquable du 
Trientalis dans la zone calcaire; aujourd'hui, c'est leLept- 
dium latifolium qu'il réinscrit dans le catalogue des espèces 
liégeoises. 



(t) Bulleliny t. Il, pp. 30-38. 

(2) BfUutin, t. XXV1,S« partie, p. 179 et suiv. 



U7 

M. M. Halin continue l^exploration du bassin de la 
Vesdre. il est presque regrettable qu'un observateur aussi 
sagace soit confiné dans une partie du pays dont la flore 
a été étudiée à fond depuis bientôt un siècle. Mais, même 
dans ces conditions défavorables, M. Halin fait d excel- 
lentes observations, complétant ainsi Tœuvre commencée 
par Lejeune, et poursuivie par notre vénéré collègue 
M.Tabbé Ch. Strail et par une pléiade d^amateurs liégeois. 

M. Tabbé Ë. Pàque habite maintenant Charleroi et a 
repris Pétude bien délaissée de la flore des environs. L'in- 
dustrie a profondément bouleversé toute cette conu^ée^mais 
il est intéressant de savoir les noms des espèces qui ont 
résisté à tant de causes de destruction et aussi de connaiu*e 
la composition de cette flore exotique qui petit à petit, dans 
les centres peuplés, se substitue à la végétation indigène. 

Pendant un séjour prolongé à Ëbly, en pleine Ardenne 
luxembourgeoise, M. E. iMarchal a dressé avec beaucoup 
de soin la liste des espèces dites très communes, qui font 
défaut dans cette localité. Ce sont les Ficaria ranunculai- 
deSf Siêymbrium officinale, Medicago Lupulina, Lilhosper- 
mum arvense, Solanum nigrum^ Veronica hederaefolia et 
Beccabunga^ Specularia Spéculum^ Galium Cruciata^ Bù 
dens tripartitùSf Malricaria Chamomilla, Chrysanthemum 
segetumyUrtica urens, Mercuriaiis annua^Phrag miles vul- 
garis, Uordeum murinum. Mais ces recherches lui ont 
aussi fait trouver plusieurs plantes rares, notamment le 
RubiÂS saxatHis. 

Parmi les personnes qui ont bien voulu nous communi* 
quer des faits intéressants, nous devons citer MM. CoUard, 
Delhaise, Dens^ Henry, Tactif explorateur des environs de 
Flobecq, Lebrun, Ë. Poncelet, Préaux, Simon, Soroge, 
Vits et Wesmael. 



948 

Le Cercle des Naturaligtes hutoi» mérite aussi ane 
mention spéciale pour sa grande activité. En 1 888 et 1889, 
notre confrère M. P.-G. Cluysenaar a continué, dans le 
Bulletin du Cercle, la publication d'un résumé des obser- 
vations faites par les membres; il renferme des données 
fort intéressantes. 

Dans cette notice, nous n'avons relevé que les indications 
concernant des espèces rares dans tout le pays ou dmu une 
des xenes botaniques^en nous appuyant sur les données de 
la K"** édition du Manuel de la Flore de Belgique de 
M. Crépin. 

Les espèces non indigènes, au moins dans les localités 
indiquées, sont précédées de Tastérisquei^). 



TliftlIètrDm flàToai L. t. heteropbyflani Lej. — Camp. : Bords de h 
Lys entre Gand et Afsn^ R. et à Ifuriakerke près Gand C (Pftqve). 

*Aiieaaone apeaiiliia L. —Noos avons précédemment dit quelques mots 
d«Ia ricbo habitation de cette Anémone àBeaumont(2). H. A. Hardy 
nous écrit : « Elle est tellement abondante que M. Carenaile et moi 
avons pu en fournir 180 pieds à V. Magnier pour son Eautrcata^ 
sans crainte d^appauvrir rhabitation. » 

A4«aif0 aacaaBBAlfa L. — Abondant dans les moissons d« créiasé des 
enTîrons de Teaven (H.). En dehors des terrains crayeux lio 
Hainaut et peut-être de Thabitation d'Olloy, celte espèce n'avait 
été rencontrée que subspontanée (Crépin). 

Banoiieulaii plaSanlfollaff L. — AR. Ard. : Ebly C. (Marchai). 
— lila^oa L. ~ R. Jur. : Fouches, Vancc, Hachy (B. Lem.). — R. Arg.- 
sabl. : Blîcquy (Loch, et Préaux). — R. Camp. : Tronchiennes 
(Pique). — RR. Cale. : Dampremy (Pâque). 

■ellelKiroa vlrldU L. — AR., R. Caic. : Teuven (H.) — RR. Arg.-sabl.: 
Flobecq, rayin boisé AR.; bois au Rossignol (Buissenal) C. (Henry). 



(1) Abréviations employées dans cette notice : H. r= M. A. Hardy,* 
Lem. = M. £. Lemoine; Loch. = M. G. Lochenies. 

(2) Bull,, t. XXIV, 2« part., p. 2K et suiv. 



249 

iMnm ilel««idc« II. — a. Jor. : Bonnisrt, Frasaemi Guirseh, Fonches 
(Léo».)» 

m wme^mttîm L. ^ B. Cale. : Moissons à Mareioelle AU. (PA^e)» 
graviers de la Vesdre à Ensival QQP. (HaliB)« 
^Aliène ooetlllora L. — RR. Gale. : Bosival QQP. (Halia). 

* — «loli«tMM» i.. ^ Arg.-«abl. : Wolowe-St-Ëlieniie, CC dans qb 

eharap (Marchai). 

* — iirai«HaL.*-Gale.:Aoehei«prè6delaRoehetU(GlMU(UbBUine)(II.). 
■«yekBia vlscarla L. — RR. Jur. : Frasiem, Gairseh (Lem.). 

^cf e«t» TeriMill» Willd. -^ « Geite espèee n*est indiquée que daos les 
Campines limbouri^ise et anversoise et dans la partie orientale de 
la lone argilo-sabk>Dnouse. Gette année, je i*ai vae en abondance 
dans des terrains parement siliceux à Asiebroiick*lea»Bruges » 
(Loch.). 

IMcllarla slM»ea With. — R. Arg.-sabl. : Blicqny (Loch.). — AB., R. 
Ganp. : Mariakerke prêt Gand AC, (PAque). 

CeraetlttM erveSaoi Cose. etOeriii. - B., AB. Gale. : Wegnea C,(ealin). 

OerABlameT^TaMcoaiL.— R. Ard.: BoiaàVauz près d*BblyCC. (Mar- 
chai). -' Gale. Petit-Reobain (Halin). 

— Vhaeiim L. -^ AR. Arg -sabl. : Haies A Bverbeeq G. (Henry). 
»tr«pa Hyp^vlSy» L. — B. Jor. : fiMinert (fi. Lem.).— B. Gale. : 

Teaven (H). — B. Ard. : Bbly CG. (Marchai). — Arg-sabl. : 
FlobecqBH. (Henry). 

rcimiaifolla L. ~ R. Jur. : Meiaert, Stockev, Freylange 
(E. Lcm ). — R. Arg.-sabl. :Flobecq» Rossignol (Bnissenal) (Henry). 

— laAermediaHayoe. — R. Jnr. : Sampont (Foucbes)(Leiii.). 
Beeeda Intea L. — R. Arg.-sabl. : Vieux-Leuae (JQP. (Loch.). 
AMkrvMMHiDaa oMelnBle AU. ~ « Aux habfUlions naturelles de celte 

belle espèce dans le bassin de la Meuse» il faut ajouter Oenëe où 

il a été découvert par M. Evrard, maitre de carrières » (Wesmael). 
*€mrjûmHm IvIm^DG. - R. iar. : Guirsch (Lem.). 
Arable pADellIora Gke. — R. Gale. : Lomprct (H. et Lebrun). 
CMTëMMliie aMaara L. r. p«lMeeeB« Lcj. (C. Libtrtiana Le].). — 

Val-Dieu, Monlaad, Mortroux iH.). 
Tarrllle fflabra L. -^ R. iur. : Bonoert, Glairefontaine (Lem.), 
ttaymkrloaa auelrlaeim Jacq. — R. Gale. : Argenteau, Lizhe, 

NiTclles (H.). 
■raya eaplna Koch. ^ R. Gale: (Meuse). — Depuis quelquea annéeSy 

il 



250 

cette plante était deTenue inlrouvtble; M. G. Dent a eu la chance 
de la retrouver à Hastière, Wanlsort et entre Waulfort et Freyx. 

■ryslmam sirleaBaB GSrtn. — R. Gale,: Dolhaia, Ensival, lieax 
pierreux (Halin). 
- «rtoiiiale H. Br. - R. Gale. : Viaë (H.). 

AlfiMiaoB ealyelaa« L. — Getle espèce est dite asseï eommane ou 
assez rare dans Ja^ione calcaire, pourtant elle parait fort rare 
dans la proTÎnce de Liège. Aux quelques habitations signalées, il 
faut ajouter : Dolhain (Halin). 

Coehlearla oflelnalla L. ^ Nous ayons autrefois signalé la présence de 
cette rare plante, à Tétat indigène, dans les environs deMoresnet.(i) 
M. M. Ualin en a découvert deux nouvelles habitations : sur le 
bord de la Gueule à Moresnet-belge et sur le bord d'un ruisseau, 
i la lisière d*un bois a Moresnet-neutre. 

*Ca«ellBa ff^ciMa Fr. — Champs de lin à Stoekem (Le m.). 

^Lepldlnaa rnderale L. ^ R. Gale. : St-Ghislain (Loch, et Henry). 

* — vlrsloleaai L. — Gale. : Visé, Hermalle-sous-Argenteau (H.). 
^ Vrabit L. -- R. Arg.-sabl. : Champs à Plobecq CC. (Henry). 

^ lasifollnaa L. — En 1815, Lejeune indiquait d*après Closson cette 
espèce comme croissant dans les iles de la Meuse, près de Liège (t). 
Toutes les recherches des botanistes liégeois étaient restées infruc- 
tueuses j plus heureux, M. Hardy vient de retrouver ce Lepidium 
c sur le calcaire entre Argenteau et Visé (vis à vis des carrières) et 
- aussi sur Tautre rive, à Hermalle, sur les graviers de la Meuse ». 
Indig. ? 
•#)iiebl«ra €*r«ii«p«a Poir. — AR. R. Cale. : Visé (H.), Liège (Halin). 

* " «MyflM Pers. — RR. Cale. : Bord de la Meuse à Liège (Halin). 
*Ëmmtîm lliiel«rla L. — Champ de sainfoin entre Metzert et Schadeck 

(Lem.). 
*€alepliia Corvlnl L. — Jur. : Tonlelauge, AC. dans un champ de 

seigle, près de la borne frontière 1S8 (Lem.). Nouveau pour cette 

région. 
*■■■!•• •rleatelto L. — Goé (P. Hardy), Chénée, Visé (H.); env. de 

Charleroi (L. Descamps et H. Lefèvre), Teuven et entre Teuven et 

Aubel, Petit-Rechain, Jusienville (Halin). 

(l)l^iii/.,t. XVI, p. 109. 

(S) PloTê de Spa, S* part., p. fU. 



951 

▼l«la palaatrl* L. — R. Jur. : Metierl, Bonnert, Tontelaoge, Stoekem 

(Lem.). 
«eatota mkIUaIIs L. — R. Jor. : Bonnert, Fnisem, Gnirseh, Metseri 

(Lem.). — R. Ard. : Bbly CC. (Marchai). 

— pIlMA L. — R. Jor. : Tontelange (collines pris de la Platinerie CC.)» 

Hetieri (Bayertchen). CC. (Lem.). 
*lilez evropAeos L. — Jur. : Entre Arlon et Bonnert (Lem.). 
■«•loa teiiBla L. — R. Ârg.^abl : Vieax-Leuze QQP. (Loch.). 
Aatraftaln* «lycyphyllM L. — AR. Cale. : Paraît R. dans la provitice 
de Liëge; il faut aux quelques habitations indiquées ajouter celle 
de Bombaye (H.). 
Heëlcac» Mliilma Lamk. — R. Cale. : Env. de Chtrleroi R. (Pâqne). 
*Vrlf«lla« «srarloM L. — RR. Arg.-sabl. : Chapelle-à-Oie, bords des 
chemins (Loch.). 

— «Srlalvai L. ~ AR. Cale: Wegnez C. (Halin). Parait rare dans la 

prorince de Liège. 

— oioalaiiM L. — R. Jur. : Fras5em, Guirsch et entre Hetzert et 

Schadeck (Lem.). 
*Vlcla vlllMia Roth. — Jur. : Moissons entre Bonnert et Arlon AR. 

(Lem.). Noureau pour cette région. 
■«■lliyrva iBber««Ba L. — RR. Jar.: Guirsch, Frassem (B. Lem.). — 

R. Cale: Cannes (H.). 

— hIravCv» L. — Dans la région jurassique, ce Z^lAynu n'était 

indiqué qu*en(re Virton et Latonr M. E. Lem- i ne l*a vu à 

Stoekem, Frassem, Guirsch, Grendel, Bonnert» dans beaucoup 

de moissons, mais toujours peu abondant. Indigène? 
*<Mir«nllla varlit L. — Cale: Coteaux incultes, Visé, Naivagne. AR. (H). 
■.yibram tayMi^pIfolla L. — R Calc: Graviers de la Vesdre k Ensival 

et Pepinster (Halin). N'est sans doute qn^accidentel. 
replia P^rlDla L. — R. Jor. : Srockem (Lem.). 
«•rrislela IUS«r«lla L. — R. Camp.: Ressemer, Sutendael RR. (H.). 
■eralarla vlabra L« — R. Jur. : Entre Bonnert et Metzert et entre 

Metxert et Viville (E. Lem.). — RR. Arg.-sabl : Entre Toorpes 

et Quevaucamps (Loch.). 
SclerBaSboa aanno» L. ▼. MennlH Crép. (S. Menntt Reut.) — Four* 

bechies, Montbliart (H.). 
Tlllaea uàutÊfmm L. — En 1888, notre ami M. Lochenies nous écrivait: 

Cette espèce, non renseignée dans la lone argilo-sablonneuse. 



3S2 

croit en assez grawle aboa^Miee dans mx chenin laitlMoeu^ mi 
milieo da bois appelé • la mer de Slambruges. • 

Pottérienrenent, notre ftctif confrère en a découTcrt • une 
nouvelle habitation» dans le même boit, a environ vn kilomètre 
de la première. Cette seconde colonie de 7V//aaa se trouve sur le 
territoire de Ville-Pomaieftiil. » 

^••■ipervlvBaa ieaier— i L. — iur. : Arlon et Guirsch (vieux nivffs)» 
Stockem (toitc) (Lem. ). 

Cmrmmmm Mahatoib Util. — RA. Cale. : Côte baîeoniieuse entre Froidcha- 
pefte et Vîrclles (H.). 

— Padoa DC. — R. Jor. : Bonnert, Sesselicb (Lem.). 

•plMM* rillpMidIaki L. •— Jur. : Entre Metiert cl Schadeek, one 
vingtaine de pieds (Lem»). Nouveau pour cette région. 

aaibas Mixasillo L. — RR. Cale. : Pied des rochers schisteux qui bor- 
dent la Lesse entre Ciergnon et le château royal CC. (F.-J. Simon). 
— R. Jur. : Entre Metzert et Schadeck et entre Attert et Tontelange 
(Lem.) RR. — Ard. : Ebly, plusieurs habitations (Marchai). 

— pallMva W. et N. ~ Cale. : Hollain (Loch.). 

— ardaenarBala Lej. ^ Cale. : Petit-Rechiiin (Halin). 
Cle«« rivale L. — R. Jur. : Bonnert (Lem. )• 

Paleasilla rnpcatrln L. ^ M. F.-J Simon a découvert une nouvelle 
habitation de cette rare espèce à Jambiinne, sur un rocher schis- 
teux tu bord de It Lesse QQP, 

BMA «upM«t«McHiCrép. -^ Cale. : Sivry, Monlbliart (B.). 

— r«fcl0lii«Mi L. — R. Mtrit. : Dune^ entre Heystel Knocke(Loch.). 
ftoxlffra^a ci*»B«l*ta L. v. ■•re pleii«. -* Dtns un pré à Luchteren 

(près Tronchiennes) il y en avait un grand nombre de pieds k 

magnifiques fleurs doubles (PAque). 
HAiisaissrl^ •fltflMilla L, — RR. Camp. : Cinq ou six pieds dans un 

pré à Luchteren (près Troncbiennet) (Pâque). 
«•rib«0 Arto L. — Cale : Bonneville (Oelhaise). — R. Ard. : Ebly AC 

(Marchai). 
■pltoMuaa teirac«ManL. -« R. Jur. : Entre Metsert et Scbadack(LeB.). 

— palustre L. — R Jur. ; Stockem (Lem.). 
■y^ra e atyla viil«arU L. — AR., R. Arg.-sabl. : Flobecq (Henry). 
•lana lalIfallaHi L. — AR., R. Cale. : CberatU (Halin). 
••Miathe peaeadiaiiliolta Poil. •— R. Camp. : Mariakerke près Gnnd 

CC. (Pâque). 



!■««« saiHr» L. — R. ▲rg.-sabl. : €. èe iang du canal à Roucoart e( 

Péniwelz (Loeb.). 
Tar«ettla toitrcUlaBaffm. -RR.Jur. : Entre MeUerk€t Sebadeek(Lem.) 
Vlfle«Bi «IbMHi L. -^ AR. R Jur. : Répandu un peu partout et CGC. k 

Metsert (Lem.) 
••■aolaa Valerandll L — « J*ai découvert dans un marais i Hollain une 

riefae habîlollon 4e cette jolie Primulacéet qui est nouvelle pour la 

■ooe caleaire » (Loch.). — R. Camp. : Entre Afené et Tronehieniies 

AR. (Pâque) 
Aaas*»* eoerale* Sehrob. — R. Jur. : Metzert et près du bois de Seha- 

deek (Lem.) 
*l»teBiiHI« areaMrl» W. et K. — Gaie. : iapille (Halin), 
C&enilaMa ettoipMNrla L. — RR. Gaie. : Terrain crétacé à Bben*Emael 

QQP. (H). 

— elllasa L. — RR. Gale. : Plaine rocailleuse entre Belvaux et 

Resteigne RR. (Simon). 
Cleeadlla mitormlff Detarbre. ^ R», AR. Gale. : Haut-Regard et Remou- 

champs (Halin). 
c««€Dto iiii|J«r DG. -» R. Jur. : Busenol (Lem.) 

— BipIthjHMiai Murr. — K. Jur. : Bonnert (sur Trif. praietue)^ 

entre Bonnert et Guirsch (sur Gmuêta iogittalia). Dans les champs 
de trèfle, son abondance varie suivant les années; il était CC en 
1885, AR. en 1886, R. ou RR. en 1887 (E. Lem.) 

*Bmrrm%m olllelMills L. — Nulle part, en Belgique» cette espèce ne 
semble se répandre aussi facilement qu*aux environs de Charleroi. 
On la rencontre dans des champs cultivés, sur des talus et des 
décombres, et parfois en abondance, à Acos, Joncret, Mont-sur- 
Marchicnne, Lodelinsart et Dampremy (PAquej. 

C7ii«sloM«« «IBelBale L. _ R. Marit. : Dunes au sud de Nieuport R. 
(Pique). 

VerkMieaai Thapans L. v. •■•iicalH« Willd. — Arg.-sabl. : Voie 
ferrée è Elleielies G. (Henry). 

— isjehmHiu L. — R. Jur. : Bonnert, Guirsch, Glairefontaine, Busenol 

(Lem.) 
♦ — VlaiiarlaL. — R. Gale. Sivry (H.). 
*¥eroiilca per«le» Poir. — R. Gale : Joncrel, Acos R. (Pique). 

— SrlphyllaL. — R. Jur. : Bonnert (Lem.). 

— aMBlABa L. — R. Jur. : Guirsch, Lischert, Metierl (Lem.). 



2S4 

l«lai«sell« a^MMlIc» L. — R. €alc. : Mont (Plaine de Nimy) (Sorogeel 

Heory). 
Cr»ll«l« •flicliialto L. ~ RR. Gale. : Env. de Mods (J. Bascoux). 
■•Inarla «parla L. — Jur. : Moissons à Metiert et entre Metiert et 

Schadeck C. (Lem.)- Nouveau pour cette région. 
IJ«rle«l»rla Talsarla L. — Haril. : Non indiqué dans cette sone. Il en 

existe une riche habitatioh entre Heyst et Blankenkerghe (Loch.) 

M. G. fiaguet nous a dit qu*il connaît cette habitation depuis cinq 

ou six ans. 
riiellpae» parpnrea Jacq. ~ RR. Jur. : fionnerlQQP. (Lem.). 
■«•tbraea «qvanMirla L. — R. Cale. : Bois de Landelies R. (L. Descamps). 
HeMibM iiepel«lde« Lej. — Cale. : Pouron-le-Com(e, Pouron-St-Pierre(H.). 
— Telotlna Lej. — Cale : Fouron-Ie-Comte, Fouron-St- Pierre (H.). 

* — piperita Huds. — Ârg.-sabl. : Âchène, bord d'un ruisseau QQP, 

(Henry). 
*»alvl«vertlclllaU L. — Ard. : Paliseul QQP. (P. Poncelet). Noureau 
pour cette région. — R. Cale. : Talus à 6iliy AC. (Pftque). 

* — flciarea L. — Cale. : Visé, deux habitations (H.). 

~ praleMi* L. — R. Ctlc. : Talus & Palisolle C. (PAque). 
ttaleopsU Ladanum L. — ÂR., R. Jur. . Entre Metzert et Schadeek, 

Gi-endel (E. Lem.). — AR.,R. Ard. : Ebly, champ CC. (Marchai). 
«laehyc anibisaa Sm. — Cale. : Moulaod (H.). 
•caCellarla mlMar L. — R. Arg.-sabl. : Camp de Castcau (Loch.). 
varclaluni allsInaaniB L. — R. Jur : Stockem, Pont-de-Lagîand, bois 

d*ArIon (Lem.). 
•xyraceas palnatrla Pers. — R. Jur. : Stockem, Pont-de-Lagland, bois 

d*Arlon (Lem.). 
OanapanaU rapuneololdea L. — AR., R. Jur. : Entre Metsert et 

Schadeck (Lem.). 

— peralelfollii L. — M. Pabbé Pâque a enrichi la flore de la zone 

campinienne de cette espèce, qu*il a découverte croissant dans 
un pré à Luchteren (près Troncbieunes) ; il y en iivait une 
quarantaine de pieds. 

— sUmerata L. — R. Jur. : Entre Metzert et Schadeck, Bonnert, 

Prassem (E. Lem.). 
^'akleiibrrsla bederarea Rchb. — M. E. Lemoine a constaté qu*il 
existe toujours à Stockem (seule habitation jurassique), où il est 
assez rare. 



95» 

■ry««to 4I«I«A Jaeq. — R. Jur. : Arlon, Alhas (Lem.). 
Samkvcwi Btevlas L. — R. Jur.: Tontelange, Melzert (Lem.). 
Aspemla cyliMietalMi L. ~ K. Jur. : Frassenii enire Viville et Mcliert 

(Lem.)* 
«lallBHi aylvaileaai L. -— S. Jur. : Frassem, entre MeUert et Uichert 

(Lem.). 
•caM^mi ««celMi L. V. flore pIcM*. — Ard. : Ebly (Marchai). 

~ €«laaibarl« L. — AR., R. Jur.: Clairefonteine, Metzert(Lem.). 
■kaaaila »r¥ea«l0 L. f. à anthères incluses.— Ard. : Ebly (Marehtl). 
0tpsAe«« pll^Aïui L.— R. Arg.-eabl. : Leuie (Préaux), Flobecq (Henry). 
Clraloai acanle AU. — R. Marit: AC. dans quelques bas fonds à 

Knocke (Loeh.) 

— «rveaac L. ¥• aalle Koeh. — Cale. : Roucourt QQP. (Loch.). 
«erralato llaes«rla L. — Jur. : Taillis entre Metzert et Schadeek C. 

(Lem.). Nouveau pour cette région* 
€?eBta«rea 0«iibl»aA L. — A. Jur.: Bonnert» Tontelange, Guirsch, 
Attert, Metzert, etc. AC, AR. dans tous les euTirons {R. Lem.). 

— Caleltmpa L. — AR.,R. Oalc. : Dampremy, Charleroi (JQH.^PAque^ 
*Cmtm llnetarla J. Gay. — Cale. :Tulus à Gilly C.(Pàque), DoIhain(Halin). 
■ellekry«aaB area«rl«oa DC. — R. Jur. : Bonnert, TontelangCt Met- 
zert, Ueinsch, Thiaumont (Lem.). 

Aiit«MB«rl« tflalea Gârtn. — &. Jur. : Tontelange, Metzert, Stockem 

(Lem.). 
mmtf «paliiaUUi Presl. — AR. Gale. : (part, mérid. R. aill.). Com- 

blain-au-Pont (Halin). 
■■ola MlielMA L. - RR. Jur. : G. au lieu dit : les Fâches (Tontelange) 

(Lem.). 
^Brlueran easadeBseL.— Jur. : N*était pas encore signalé dans cette 

région. M. Leinoine l'a observé à Tontelange, Glairefontaine, 

fiusenol et Fouches. 
CiMerarto •paStanUetolla Gmel. — Jur. : Entre Tontelange et Col- 

bach (G'-Duché), taillis humides près de la borne 1S9, AC. 

(£. Lem.). Nouveau pour cette région.— Ard. :Ebly. G. (Marchai). 
«caeeto aylvaSIeBa L. — XC. Cale. : « Cette espèce parait R. dans les 

environs de Gharleroi. J*en ai observé QQP. à Gouillet et à Mar* 

einelle » (Pâque). 
— vliie«aM« L. — Jur. ; Non signalé dans cette région; il y a été 



2ÎJ6 

dëcooTerl ptplf . Lenoine dans les eoy. dq mou Un de LoMEolh 
(entre ThianmoBt el Sdhadeek). 
«•«iMlp pM«4*«iMi U — R. Camp. : Mariakerke près Gand AR.(Pâqiie). 

— Fnehall Gmel. — R. Jur.: fioiinert, source de la Palle (Lem.). 
■lelvlUitlifla eeliteldea GSrtn. — R. Marit. : Dunes e.itre Blanken- 

berghe et West-Duyne R. (Pâque). 

■«•etaea (i««rl«ltt L. — R. Arg.-sabl. : Vieux Leuse C. en plusieurs 
endroits (Loch.). 

•arkli»B«l« iaraxiteltolla Thuill. — Gale. : Charleroi, Gerpinnes, 
Marcioelle. ÂC. (Pàque). 

Creyla palndoaa M5nch. — R. Jur. : Bonnert, Tontelange, Hetieit^, 
(E. Lem.)* 

Uîppmr^m valiTArla L. — R. Arg.-sabl. : Très commun dans le canal 
à Stambriiges (Loch.). 

rarlelarla •IBeliialla L. — Arg.-sabl. : Flobecq, Wodecq (Henry). — 
R. Gale. : Hermalle-sous-Argenteau (ffardy), Warquîgnies (Loch.). 
'^ ramlflor» Mdnch. — R. Arg.-sabl. : Vilvorde (Vils). 

Oeralopbyllaai ■«bmersam L. — RU. Cale: Hermalle-sous-Argenteau 
(Hardy). — RR. Arg,-sabl. : Ligne, dans plusieurs mares (Loch.). 

Taxa* teaceala L. ~ Rochers, bois, coteaux incultes, bords des chemin» 
à Lompret, dans la vallée de l'Eau Blanche (bassin du Viroîn). 
Cette trouraille qui modifie l*opinion que j^arais eoneernant 
Pindigënat de Tlf (1), a été faite en compagnie du D^ Lebrun, de 
Bruxelles. Abondant en pieds jeunes ou très vieux, mais surtout 
à IVlat de broussailles dans les enfructuosités des radiers inacces- 
sibles (Hardy). 

••SlMarla Mislltirolla L. T. aaffa»tlffélla. — Camp. : Genck (Halin). 

•ralthocalnm annaalirollani Bor. — Cale. : Visé, Mouland, Fouron- 
S^-Martin, Berneau, Lixhe(H.). 

— «airaream R. et S. — R. Jur. : Bonnert, Sesselieb (Lem«). 
dftdea aylvatlea Loud. — Jur. : Bord du ruisseau de MeUier, entre 

Marbehan et MelHer AC. (Cardot et Vuillaame). CeUo espèce, 
nouvelle alors pour la région jurassique, nous avait été indiquée 
dès 188K, par M. Cardoi, mais naus avions perdu ce renseigne- 
ment de vue. — AR. R. Cale. : Mouland (H.)» 



(t) BuU., t. XXIV, a* pari., p. 195 et t. XXVl, 3* part., p. 17. 



257 

•rveiuila Scbult. — RR. Jur. : Entre Arfon et Bonnert (Lem.)* 
*flasearl «•■iMaa Mill. — Cale. : Prairie k Moolaad R. (H.). 
P«l|rc«ii«laai «Sel sale Ail. — Jur. : Meliert, coteau aride et 

rochers près du marais de Benert. AG. (Lem )» Nouveau pour cette 

rëgioD. 

— verMelllal««i Ail. — R.Jur.: BonDért,StockemyBoisdeBenert(Lem.). 
Aeeras aBthrap*i^li«r« R. Br. — En mai 1888, M. Hardy m'écrivait : 

« J*ai ti'oiiyë quelques beaux pieds d^Aeerag sur des coteaux sem- 
blables à ceux de Teuven et de Fauqaemont derrière Mouland. • Je 
demandai quelques détails complémentaires sur celte intéressante 
trouvaille ; notre confrère me répondit : « Oui, cette nouvelle 
babitation est sur Hollande, non loin de la frontièrei dans un 
endroit appelé Gtdg, Une autre habitation est située près de Sle- 
naken, à quelques centaines de mètres de celle de Teuven el aussi 
sur Belgique. Je crois que VAeerea n*est pas aussi rare qu*on le 
supposait, mais qu*il ne se montre que certaines années. 
Or«M« |»ttrp«rea Quds. — Jur. : Taillis entre Melsert et Schadeck 
(Kalenstein) (Lem.^ Nouveau pour cette région. — R. Cale. : 
Teuven C. (H.) 

— «•rloM^i** 1^- " AR., R. Cale. : Cbarneux (H.). 

— BiviBl Gouan. — R.Calc. : TcurenQQP. \H.). 
mphrjm mmmeîferm fluds. — AR., R. Cale. Teuven AC. (H). 

;— apIferaHuds. — R.Calc. : Teuven R. (H.). 
■erBalBlaaa MoB*reiils R. Br. — RR. Calc: Terrains erétacés à Fouron- 

le-Comte(H.). 
ClyMBadeBla «•■opaea R. Br. -— R. Jur. : Entre Metiert et Schadeck 
(Lem.). 

— vlrldtai Rich. — R. Jur.' : Entre Metxert et Schadeck, entre Metsert 

et Freylange, Tontelan|e (Lem.). 
CephalantherA ffraBdlll«ra Bab. — AR., R. Calc. : Teuven AC. (H.). 

— xlpliophylliiBa Rchb. f. — R. Calc. : HombourgRR. (H.). 
BplM^^I** latlfolla Ail. — Cette espèce n*avait pas encore été signalée 

dans la région jurassique, où elle est sans doute asseï abondante. 
M. E. Lemoine l'a observée à Bonnert R., Metsert AC. et entre 
Guirsch et Bonnert AC. 
V. «Crorttbeii» Hoffim. — Calc. : Lixhe, Emael (H.). 

— paluairta Crans. — R.Jur. : Metzert (marais de Benert) (Lem.). 
•plraniliea Méiillvalto Rich. — Camp. : Six ou sept habitations aux 

iS 



258 

environs de Genck et de Beverst. Trouvé aussi avec If. Fonsoy, 
en 1882, entre Sutendael et Blunsterbilsen (H.). 

Iilpttria Ii«e«clll Rich. — Marit. : « J*ai retrouvé entre Blankeobergfae 
et Heyst, Thabitation que M. Crépin (Manuel^ {(• éd., p. 308) sup- 
posait être détruite. • (Loch.) 

■I«ile« eitBsdeMsIs L. — Cale. : Comblain-au-Pont, Bsneux, TiUf (H.). 
Jusqu*à présent VElodea n*avait pas envahi POurthe. 

Trlsl*«hlB palaaire L. — AR., R. Gale. : Mortier (Halin). Fort peu 
répandu dans la province de Liège. 

r«lani«ces«a aettUfolIn» L. — RR. Cale. : St-6hislain (Loch.). 

I«eaaB« (ItohaL. ^R. Arg.-8«bl. : C. dans la Dendre à Leuse, Ligne, etc. 
(Loch.). 

tjpHm lallfolla L. — R. Jur. : Entre Fouches et Vance (E. Lera.). 

JuMea* a^Marr^aa* L. — R. Jur. : Sterkem, Tontelange (Platinerie) 
(K. Lem.). 

— SeauU Willd. — RR. Gale. : Fagne de Chimay, Sivry (Hardy). 

— «•■apreMDfl Jacq. — R. Jur. : Schadeck, Frassem, Waltzing 

(B. Lem.). 
(Mirez i^ndiala Huds. — RK. Arg.-sabl. : Flobecq (Loch, et Henry). 
Bois de Pottelberg et bois de Brakel (Henry). 

— nnabroiMi Host. ^~ Jur. : SIetzert et taillis près de la borne 

frontière 129 entre Tontelange et Goibach, AG.AR. (E. Lem.). 
Nouveau pour cette région. 

— i«aBeaS«»a L. — Cette espèce n*était connue que dans la zone cal- 

caire. M. E. Lemoine Ta découverte dans un bois entre Metxert et 
Schadeck, sur un espace de plusieurs mètres carrés (Rég.-Jur.). 

— «aodieaowll J. Gay v. JuacelUFr. —Gale. : Hollain (Loch.). 

— dl«Uiafl. L. -— Ard. : Spa (H.). Nouveau pour la région ardennaise. 

— hiria L. — Cette espèce est indiquée 'comme habitant les 6ond« dêê 

eaux et les endroits frais. Je l*ai en effet trouvée dans de telles 
stations, mais je Tai vue aussi croissant bien et en abondance 
sur des coteaux arides, tout ce qu*il y avait de plus sec et de 
plus sablonneux ». (E. Lem.). 
Bhyaehaapara alka Vahl. — R. Jor. : Stockem, Metsert (marais de 
Benert) (E. Lem.). 

— rasea R. et S. — Ard. : Assez peu abondant dans une tourbière près 

la Baraque Michel (Loch.). Nouveau pour cette région. 

Dans notre introduction, nous avons déjà fait ressortir Timpor- 
tancede cette découverte. 



259 

Cyi^rua tascaa L. — R., RR. Arg.-sabl. : Blicquy (Henry), Mons 

(plaine de Nimy) QQP. (Henry et Soroge). 
flclr^va paaeia«r«fl Lighif. — RR. Cale. : Mirais de HolUin (Loch.). — 

RR. Cale. : Hermalle sous Argenleau (H.). 

— «Mapll««M L. — Jur. : Stoekem AC, AR. (E. Lem.)- N*ëUit 

signalé qu*à Pont-du-Lagtand. 
^- aelace^a L. — R. Jur. : Entre Greudel et Tontelange AC.(E.Lem.). 

— laeaaSrU L. — R. Jur. : fionneri (étang de la Platinerie), Fou- 

ches et Vance (dans la Semois) (E. Lem.). 
Brtopli«rBHB vitclBaSttHiL. — RR. Jur. : Stoekem (fi. Lem.). 
flcli*e««fl ferrvslneaa L. — Jur. : Pont<-de-Lagland (Noppeney). Voir 

sur cette belle découTerte la notice de M. Locbenies. 
•IfllArla 0AacaiM«lla Scop. — R. Cale. : Graviers de la Vesdre, Bnsi- 

▼aU Pepinster, Cornesse (M. Halin). 

— llMearla Crép. — R. Cale. : Heure-le-Romain (H.). 
Alapecama ■Srlc«l«Siis L. — Autrefois Tinant a? ait indiqué cette 

espèce près d*Arlon, où elle n*avait plus été revue. M. £. Lemoine 
l'a retrouvée à Arlon, à Stoekem et entre Viville et Freylange; elle 
est purticulièrement abondante dans la dernière de ces habitations. 

«ell«« «alaBfl L. — R. Jur. : fionnert (E. Lem.). 

*AveB«fal«A L. — R. Arg.-sabl. : Leuze(Loeh.). 

*Krasr*«Us pilasa P. B. — Cale. : Graviers de la Vesdre k Ver- 
viers QQ9. (Halin). 

* — aaaj^r Host. — Avee le précédent. 

•roaia* SeeSorana L. — AR., R. Cale. : Dison (Halin). Fort peu répandu 
dans la provinee de Liège. 

* — ipasalaa L. — Depuis plusieurs années, M. A. Hardy trouve cette 

espèce croissant en grande abondance, au bord des chemins à Visé 
et Devant-le-Pout. M. Halin en a aussi observé quelques pieds sur 
les graviers de la Vesdre à Ensival. 

Calam«sroiiSI« arnntf Isacea Rolh. — R., RR. Cale. : Oneuz, Chaud- 
fontaine, Comblain-au-Pont (H.). 

PeM«e« risida Runth. — Harit.: « Il existe une riche habitation de 
cette Fétuque près du Hoogen filekker, à Coxyde. Nouvelle pour 
cette sone. » (Loch.). Ard. RR. fibiy (Marchai). — Dans cette 
région, cette espèce n^était signalée qu'à Spa. 

— MrrnndlnsceA Schreb. — AR. R. Cale. : Mont-sur-Marchienne 

(Pflque). 



[ 



260 

■lyaias ear^ y c— L. — R. Cale. : Virelles (H. et Lebriui). 
■ardeoai aeeallii^Bi Sehreb. — ft. Camp. : Entre Gand et Afsné, 

TronehienDes (Pâqne). 
Celeraeli attelBaraai Wilid. — Jar. : Il est étonnaot que cette espèce 

n*ait jamais été signalée dans cette région. M. fi. I«emoiiie Ta 

observée à fionnert, où du reste elle est très rare. 
P«ljp«4laaa •ryoplcrl* L. ^ R. Jur.: Roonert, Clairefontaine 

(E. Lem.). 
Se«l*peMtfrlBHi TvIsAre Sjrmons. — R. Arg.-sabl.: FJobeeq R. (Henry). 
PolyeaiebHBi TlMlypterU Roth. ^ R. Arg.-sabl. : Marais de la Eaa i 

Pémwels (Loch.). 

— crleSainai Roth. — Cette belle Fougère était devenae douteuse 

pour notre flore; les deux seules habitations (entre Vanee et 
Chantemellej Léau) paraissaient détruites. M. E. Lemoine vient de 
la retrouver, en abondance, dans un marais tourbeux k Metaert 
(Rég. Jur.). 

■•êryelilaiii l<aiiarla Sw. » AR. Ard. : Ebljr C. (Marchai). 

■ijeopodltia tanndaiaHi L. — R. Jur.: Frey lange, Stockem (B. Lem.). 

— «•MaplanaSuai L. — R. Camp. : Ressemer (H.). — RR. Ard. : Entre 

Theux et PoUeur (Collard). 

En 1886* M. Cdlard a retrouvé la var. aneepê dans les environs 
de Stavelot. 

— elAvataM L. — R. Jur. : Frey lange, bois d*Arlon (B. Lem.). — 

R. Arg.-sabl. : Bois du Rocb (Flobecq) et Montpde-Rhodes (J. Henry) . 
^ R. Cale. : Ronneville (Delhaise). 
■^aleeSana ■saximvBi L. — RR. Jur. : Sesselieh (B. Lem.). — R., 
RR. Cale. :Teaven(H.). 

— aylvftilcaaa L. — R. Jur. : Stockem (E. Lem.). 

ChAra tiliH^Ma L. — R. Arg.-sabl. : Marais de la Rau à PéruweIi(Loch.). 

— R. Marit. : Entre Blankenberghe et Heyst (Loch.). 
l«llell« empHmtm Ag. ^- R. Camp. : Afsné et Tronchiennes (Pàque). 

— intrleASA Ag. — Arg.-sabl. : Fossés à Aubechies (Loch, et Henry). 

Dans cette cône, ce Nitelia n*était connu qu*l St-Trond. — 
R. Camp. : Plusieurs habitations à Tronchiennes et à Afsné. Trouvé 
autrefois dans la première de ees localités par M. F. Crépin. 
(Voir Pl9re nryptogam, dttê Flandret, (, p. 63.) 



CHAMPIGNONS COPROPHILES DE BELGIQUE. 



V. 



N O 



SI 'R LK 



BOIMERSLLÂ TBICrO«OSFOBA E. Iarch., 



PAI 



ÉLIE MARCHAL. 



Lors d'une excursion aux environs d'Aerschot, en 
novembre 1883^ nous avions observé, dans une jeune 
sapinière, sur des crottins delapin, un champignon que, à 
première vue, nous avions pris pour un Chaetomium; 
mais Texamen microscopique nous détrompa bientôt en 
nous révélant l'existence de spores parfaitement triangu- 
laires^ sans analogues connues dans le groupe des Ascomy- 
cètes. Il constitue le type d'un genre nouveau dont nous 
avons donné la diagnose dans le tome XXIV de ce Bulle- 
tin, sous le titre de Bommerella trigonospara. 

L'intérêt qui s'attache à la connaissance des divers 
modes de reproduction des Ascomycètes, nous a engagé à 
en essayer la culture. Pendant trois ans, nous avons pu 
Fétudier dans des conditions variées : nous croyons donc 
utile d*en figurer les principaux organes et de tracer ici un 
aperçu sommaire de leur mode de développement. 



262 



Oermination des ascospores. — Mycélium 

conidien. 

Cest d'abord en cellules, d'après la méthode suivie par 
M. Van Thieghem pour l'étude des Mucorinées i^)^ que 
les Ascospores ont été semées. Comme liquide nutritif, 
nous avons utilisé, en premier lieu, un décoction de crottins 
de lapin. Dans une chambre dont la température était 
maintenue entre 17 et 20 degrés centigrades, les premiers 
signes de germination se sont manifestés après 5 heures. 
La spore se gonfle légèrement, montrant vers le milieu, 
et quelquefois vers les angles une grande vacuole ; puis 
elle laisse échapper son endospore incolore, remph de 
protoplasme, et s'arrondit en globule; lexospore ne subit 
d'autres modifications, après la sortie du protoplasme, 
qu'un léger affaissement dans la partie centrale. Les trois 
angles de la spore nous ont toujours paru d'une confor- 
mation identique. Le globule s'allonge bientôt en un 
filament simple continu, dont le diamètre égale environ 
le 1/5 de celui de la spore. 

Après 24 à 28 heures, ce filament produit des ramifica- 
tions assez espacées et, presque toujours en même temps, 
sur le filament principal d*abord et sur ses divisions ensuite, 
de petits mamelons se dessinent, grossissent rapidement et 
prennent la forme de sphérules, hyalines comme leur sup- 
port, et d'un diamètre presque égal à celui des ascospores. 

Au début de la germination, ces filaments rampent 
dans le milieu nutritif; mais après 3 ou 4 jours, les plus 



(1) Vah TiMBiMet Lbmonriir, Recherchée tur te» Mucorinéee^ in Annulée 
des eeiêncêê naitirelteê, 0* série, I, i87tf. 



363 

anciens se cloisonnent à des distances assez grandes; les 
conidies nouvelles sont, pour la plupart, portées sur une 
sorte de pédicelle mesurant de 5 à 18 fx, ce qui donne 
assez bien à Tensemble Taspect d*un Acremonium. 

Vers le Séjour, la goutte de liquide nutritif est remplie 
d'un mycélium abondant dont les ramifications commen- 
cent à développer, è leur extrémité libre, des chaînettes de 
conidies (2 à 12) très élégantes. Le développement de 
ces conidies est centrifuge : sous une conidie pédicellée, il 
s'en développe une autre, sous celle-ci une 3% etc., de telle 
sorte que la plus ancienne termine la chaînette. 

Nous avons constaté plus tard que sur un substratum 
solide, notamment sur crottins de lapin stérilisés et imbibés 
de moût de bière, les* conidies isolées, sessiles et pédi- 
cellés, sont très rares : les chaînettes apparaissent très tôt 
et forment de véritables gazonnements; alors Tétatconidien 
offre tous les caractères des Oospora ('), car les filaments 



(1) Lorsque nous avons tracé la diagnose du Bammerella îrigonotpora^ 
nous en avons décrit i*état conidifère comme appartenant au genre 
Ooêpora, mais sans désignation de nom spécifique : état conidien d*on 
ascomycite bien connn, il nous semblait lui-même suffisamment déter- 
miné, et créer pour lui un nom nouveau nous avait paru superflu. 
Certes nous eussions agi autrement pour un Hyphomycète non rattaché 
encore à une forme supérieure : dans ce cas, une désignation spécifique 
nous semble nécessaire pour mieux attirer sur elle Pattention des 
mycologues, afin d*arriver à découvrir le cycle de végétation de Pespèce 
à laquelle elle appartient. 

Elle est relevée dans les Addimenta aux vol. I-IV, p. 39, du SyUogê 
Pungarum^ publiés par MM. Berlese et Voglino, sous le nom de Oofpora 
trigonoêpora E. March.; le 2* supplément à la Flore mycologique de 
notre confrère M. Lambolte la mentionne aussi sous la même dénomina- 
tion; nous pensons que, conformément aux lois de la nomenclature bota- 
nique, la combinaison Ooêpora irigonoêporu devrait être signée Berlese 



conîdifères courts, peu ramiâés, se terminent tous en 
chaînettes de conîdies globuleuses et hyalines. Cette 
dernière forme est identique à un Hyphomycète que 
nous avons trouvé sur crottins de lièvre, mais uniquement 
à la face inférieure de ces derniers, dans le < Bois de la 
Garenne », à Stambruges. 

Formation des périthèces. 

Dix jours après le semis des ascospores, nous obser- 
vions sur les axes primaires du mycélium, mais toujours 
assez loin des chaînettes de conidies, quelques rameaux 
courts, épais, parfois légèrement arqués, non conîdifères. 
Nous nous attendions à voir ces rameaux se développer en 
spirales ou carpogones, et se ramifier à la base en filaments 
pollinodiens. Car, nous devons dire ici que, depuis un 
certain temps, nous avions refait, en grande partie, 
les expériences si intéressantes de notre savant confrère 
M. le professeur Gilkinet sur le Sordaria fimicolaW^ expé- 
riences qui nous avaient permis d'assister à l'évolution 
du périthéce depuis les premiers stades jusqu'à développe- 
ment complet. Au moment même où nous observions le 
Bommerella^ nous avions aussi en culture VHypocopra 
humana qui produisait ses fruits d'après le plan décrit 
pour le Sordaria fimicola, avec cette légère différence que 
les pollinodes développaient, quatre fois sur cinq, leurs 



et Voglioo, puisque Doas ne Pavions pas réalisée, et nous n*y aurions pas 
même pensé, car le nom S|>écifique trigono$pora induit en erreur, 
VOoÊpora ayant les spores parfaitement globuleuieê. 

(1) Bulletin de l'Académie royah de Be/giquc, 2« série, t. XXXVII, 
p. 436. 



premières ramifications parallèlement au filament ayant 
développé le carpogone. 

Mais notre attente fut vaine ^ chez le Bommerella, 
malgré de nombreuses et minutieuses observations^ nous 
n*avons pu rien voir de semblable. Le rameau court, 
arqué, qui s'allonge en spirale chez les Sordariées, ici se 
ramifie rapidement, tantôt au sommet, tantôt à la base ou 
sur ces deux points à la fois, et de telle sorte que, en moins 
de deux jours, parla ramification condensée et étroitement 
enchevêtrée des filaments de générations successives, une 
sorte de très petit tubercule apparaît; il est iûentôt recou- 
vert d'une couche membraneuse produite par la transfor- 
mation en cellules de ses filaments extérieurs par descloisons 
tranversales et tangentielles. Le mode de ramification et 
d'enchevêtrement varie d'un cas à Fautre à un tel 
point qu'en figurer des exemples nous paraît sans intérêt. 
Parfois, il rappelle beaucoup certaines formes pelotonnées 
attribuées au Chaetomium Kunzeanum par Zopf(^). Nous 
devons ajouter que, opérant sur des Hypocopra en même 
temps que sur le Bommerella^ c'est-à-dire sur deux 
Sphériacées, nous .'ivons été extrêmement surpris de 
trouver une si grande différence dans la formation des 
périthèces; aussi avons-nous fait des observations 
multiples tant sur THyphomycète issu d'une ascospore 
que sur celui sorti d*une conidie ; et, malgré cela, nous 
avons toujours obtenu le même résultat. Jamais nous 
n'avons vu la moindre différenciation morphologique en 
organes de fécondation dans les ramifications d*où procè- 



(1) Voir D' Zofw, Zur SntwicklungêgeicMûkie der AMeomyeêlên^ 
tab. I, in I^ova Aeta Academiae Caeê, Leop. — Carol, Germ, NaU 
Cwtioê» t. quadrag. seeaodas, 1881. 



366 

dent les périthéces. Nous sommes porté à croire qu'il 
faut voir ici un cas de sexualité perdue ou d*apogamie. 

En même temps que s'opère la multiplication cellulaire 
produisant le jeune périthëce, quelques cellules superfi- 
cielles s*élèvent au-dessus des autres et s'allongent en 
poils. 

Développement des asques. 

Dans ce globule cellulaire, on voit bientôt se différencier 
les premières ébauches des asques. D'abord de grandes 
cellules, renflées en massues étroites, s'élargissent et 
s'allongent; elles sont rarement solitaires, mais bien réunies 
au nombre de 2 i 3, au sommet de filaments délicats, 
très courts et peu ramifiés. A côté de ces filaments 
ascigères, on en observe de stériles, plus courts, que Ton 
considérerait à tort comme paraphyses, car ils sont pro- 
lifères : leur bourgeonnement terminal produit la succes- 
sion des asques. 

Le protoplasme qui remplit les jeunes asques est granu- 
leux et, comme le montre la figure 3 f, il se fragmente 
bientôt en 8 globules plus ou moins anguleux, qui devien- 
dront les spores. En effet, peu à peu ces masses se 
dépriment, prennent une forme prismatique triangulaire, 
à angles de plus en plus aigus. Le protoplasme de 
ces jeunes spores montre 1 à 3 vacuoles, qui ne tardent 
pas à disparaître avec les progrès de la maturation ; enfin la 
transparence a fait place à une nuance brun fuligineux. 
La maturation est arrivée; les spores mesurent alors 7,K-9 pt 
en diamètre avec une épaisseur de4 à 4,3 [i. L'asque 
atteint alors 50-70 ;« de longeur sur 7,5 à 9 |ui de large; 
les spores y sont vaguement disposées sur deux rangs. Il 



267 

ne reste pas lontgemps dans cet état, car il se dissout 
bientôt, mettant ainsi les spores en liberté. Une seule fois, 
nous avons observé des asques projetés au dehors du 
périthéce et restés adhérents au bord externe de Tostiole : 
c'était dans une culture abandonnée où les périthèces 
s'étaient desséchés assez rapidement sur place. Nous 
avions déjà fait pareille constatation dans une culture de 
Sporonnia intermedia : un véritable faisceau d'asquescou* 
ronnaient Tostiole de la plupart des périthèces. 

La grande précocité des asques nous a frappé. Souvent 
on en rencontre de parfaitement mûrs dans des périthèces 
n'ayant encore à peine que le tiers de leur développement, 
et étant encore parfaitement globuleux, aucunement 
atténué supérieurement en ostiole. Leur développement 
se continue parallèlement à celui du périthéce. Celui-ci 
s*aceroit en diamètre et en hauteur et s'atténue en haut en 
un court ostiole; les poils deviennent de plus en plus 
abondants, surtout supérieurement où il n'est pas rare de 
les voir presque groupés en faisceaux. Ils atteignent de 300 
à 450 (x de long sur 4,5 /^ à 5 f^ en diamètre. Dans leur 
moitié supérieure, ils sont finement aspérulés, mais ils 
deviennent parfois entièrement lisses par Tàge. Il est à 
remarquer que sur un substratum solide, les poils sont 
généralement plus abondants et plus développés que dans 
les milieux nutritifs liquides; dans ceux-ci, nous avons 
observé maintes fois des périthèces ne portant que quelques 
soies au soumet; nous en avons même trouvé d'entière- 
ment chauves; mais ceux-ci, durant toute la période 
d'accroissement, étaient restés immergés dans la solution 
nutritive. 



268 



Germination des conidies. 



Les chainetles de conidies se désarticulent très vile; 
les conidies tombent dans le liquide, s*y gonflent à peine 
et n*y germent pas. 

Au contraire, semées dans des conditions identiques 
à celles indiqués ci-dessus pour la culture des ascospores, 
elles se développent rapidement. 

Après 10 à 15 heures, le plasma s*épanche au dehors 
de la conidie et s*allonge bientôt en filament hyalin. Le 
second jour, se montrent déjà des conidies sessiles, puis 
bientôt après des conidies pédîcellées et enfin des chai- 
nettes; c*est-à-dire qu'alors on voit se reproduire un 
ensemble de filaments et de conidies qui ne diffère en rien 
de celui que nous avons vu naître de Tascospore. Entre 
le 10* et le 15* jour, apparaissent les périthèces dont le 
développement est en tous points le même que celui qui 
a été décrit ci-dessus. 

Les nombreuses cultures faites, durant trois ans, nous 
ont toujours donné ces résultats ; Tétat ascigère a constam- 
ment reproduit Tétat conidien et vice versa. Le cycle de 
vie du Bommerella ne comporte donc que deux états lui 
suffisant popr la conservation spécifique, car nous n*avons 
jamais trouvé ni pycnides ni spermogonies, qui lui seraient, 
du reste, inutiles. 

Influence du milieu. 

Les conditions de culture ont été variées. Comme liquides 
nutritifs, nous avons utilisé la décoction de crottin de 
cheval, d'éléphant, de mouton et de lapin, le moût de 
bière additionné d'alcool, le jus d'orange et le jus de 



969 

pruneaux. Pour la culture en grand, les crottins de lapin 
et de lièvre, le pain et les pruneaux nous ont servi de 
milieux nutritifs. 

La vigueur des mycéliums est très manifestement in- 
fluencée par la richesse nutritive du milieu. Dans le décocté 
de cheval, elle nous a paru atteindre son maximum, seule- 
ment les périthèces s'y sont souvent développés un peu 
plus tard que dans le moût de bière et le jus de pruneaux. 
A TeSet d'obtenir des masses mycéliennes moins denses, 
plus transparentes, permettant mieux l'observation des 
premiers stades du fruit, nous avons semé en jus d'orange 
et de pruneaux étendus d*eau. Dans ce cas, la croissance 
était plus faible, les périthèces plus rares et bientôt, grâce 
à Tappauvrissement de la solution, les bactéries rédui- 
saient les cultures à néant. Les Glaments mycéliens subis- 
saient, en dernier lieu, une profonde transformation; 
des cloisons très nombreuses apparaissaient et dans 
Tintervalle compris entre deux cloisons le protoplasme se 
condensait et donnait lieu à Tapparition de grandes et 
nombreuses vacuoles. Alors VOospora paraissait frappé de 
stérilité, car, à partir de ce moment, il ne donnait plus ni 
conidie ni périthèee. 

L'élévation et l'abaissement de température n'ont 
jamais manifesté leur action autrement que par une accélé- 
ration ou un ralentissement progressif du développement 
des sujets observés; la résistance au froid de la forme 
conidienne est telle que des cultures sur porte-oojets, en 
chambre humide, ont supporté, sans altération notable, 
une température nocture de — 2« centigrades, au pied 
d'un mur dans un jardin. 

L'action de la lumière sur la formation des périthèces 
nous a été révélée par des cultures en masse sur crottins 



270 

de lapin arrosés de moût de bière. Voici comment. Deux 
semis effectués dans de grands cristallisoirSy le même jour, 
ont été placés Tun dans notre cabinet de travail et recou- 
vert d*un écran, l'autre au pied d'un mur, dans un jardin 
où il recevait une abondante lumière. Des deux côtés, les 
ascospores ont germé en même temps et le développement 
de VOospora a marché parallèlement. Seulement, en plein 
air, le mycélium, comme s'il redoutait la lumière, n'occu- 
pait pas la partie supérieure, c'est-à-dire la partie la mieux 
éclairée des crottins; ses filaments restaient courts, très- 
denses, et ne produisaient que des périthèces rares et 
petits, mais couverts d*une abondante pilosité. 

Plusieurs semis d'ascospores et de conidies effectués en 
été, au moment où la température nocturne était sensible- 
ment la même au jardin et à l'intérieur nous ont toujours 
donné ce résultat. Ce fait est» du reste, en concordance 
avec la découverte que nous avions faite antérieurement à 
Stambruges de nombreux exemplaires de la forme eoni- 
dienne privée de périthèces. Ici la futaie était très élevée, 
sans taillis et le sol relativement bien éclairé; tandis que 
dans les sapinières d*Aerschot les pins, jeunes encore, 
réalisaient un couvert épais, qui a pu être favorable à 
l'évolution des fruits. 

Il est loin de notre pensée de vouloir conclure de ces 
quelques observations à l'impossibilité, pour le Somme- 
rellay de développer ses périthèces sous l'influence directe 
de la lumière solaire; mais les faits nous obligent à 
admettre que cet agent est au moins défavorable à la 
formation des fruits et qu'il est, au contraire, un facteur 
puissant de propagation pour la forme exclusivement 
conidienne. 



Bulle/i/i ,SW:rûif. (it Bot de BeM/ 



/"ÙX, 




6. 



E MajJ^ del 



Lilh QSfV-jrei*'.^' 



271 

En résumé, il résulte des faits observés : 

i^ Que le Bommerella triganospora présente an poly- 
morphisme reproducteur peu étendu. Cet Ascomycèie 
développe successivement deux sortes de spores permet- 
tant toujours le passage d'une des deux formes i Tautre. 

!2* Qu'il n y a pas de différenciation initiale, sexuelle, 
dans le mycélium, les périthéces étant produits par 
apogamie. 

3» Et enfin que la lumière nuit au développement de 
Tétat périthécigère et favorise la propagation de Tétat 
conidien. 



EXPLICATION DE LA PLANCHE. 

Fig, i, a, by c, d,e. «Ifcospores mûres y nés dans dilEérentes positions. ^-^. 

A 2. a, b, c, d, e. Asques à différents états de dé?eloppemenl; 

f, asqae, montrant le protoplasme se séparant en 8 globales. ^~^. 

• 3. Asque et spores mûres. ~^. 

• 4. ly b, e. Germination et dé?eIoppement des spores, ^qp^; d. Myoé- 

lium développant les premières conidies sessiles. ^^^. 

• 5. a; b. Fragments d*un mycélium plus âgé montrant des conidies 

sessiles et pédicellées et se terminant par lescbaîoettes de eonidies 
de VOoipora. t^. 

n 6. a, b, c,d,e. Développement du périthèce. •—. 

• 7. a. Base lisse d*un poU] b» sommet du même aspérolé. ^j^. 

o 8. a, b, c, d. Germination des conidies et développement du mycé- 
lium conidien. ^p. 



CORRECTIONS A LA PREMIERE PARTIE 

DIT T. XXVIII. 



Page 79, les lignes 18 à 22 doivent être reportées à la suite de la diagnose 
du Peniophora diffissa. 

— 86, ligne 25, au lieu de stromattulata, lieez stromate latc. 

— iOl, — il, on lieu de Avularia, liées Ovula ria. 

— 105, — 2, ait lieu de Righiseia, liées Rirghiscia. 

— 160, — 21, «/fae«2 135. 

— 199, — ^, au lieu de U, lises nA. 

— 211, ^ i^ au lieu de 90^ liées i9. 



COMPTES-RENDUS DES SÉANCES 



DE LA 



^ ^ 



SOCIETE ROYALE DE BOTANIQUE 



DE BELGIQUE 



TOME VINGT-HUITIÈME 



DEUXIEME PARTIE. 



ANNÉE 1889 



BRUXELLES 
AU SIÈGE DE 1_A SOCIÉTÉ 

JARDIN BOTANIQOE DB L'£tAT 



Conseil d'administration de la Société royale de botanique 

de Belgique pour Tannée 1889. 



Président: M. le comte Osw. de Kbrchove de Dbntbrghbm. 

Vice-Présidents : 
MM. L. Errera, A. Gravis et A. Wbsmabl. 

Secrétaire ; M. F. Crépin. 
Trésorier : M. L. Coovans. 

Conseillers : 
MM. Cb. Baguet, MM. Ém. Laurent, 

J.-É. fiOMMER, É. MaRCHAL, 

J.-B. Garnoy, Ém. Rodigas, 

G. Garron, h. Van den Brobck. 

G.-H. Delogne. 



COMPTES-RENDUS DES SÉANCES 



BB LA 



SOCIÉTÉ ROYALE DE BOTANIQUE 

DE BELGIQUE. 

ANNÉE 1889. 



Séance mensuelle du 12 janvier 1889. 

Présidence de M. Th. Durand. 

La séance est ouverte à 8 heures. 

Sont présents : MM. De Wevre, De Wildeman, Th.Du- 
randy Sonnet, Van der Bruggen et Vindevogel ; Crépin, 
secrétaire* 



Le procès-verbal de la séance du 10 novembre i888 est 
approuvé. 

M. F. Renauld remercie la Société de l'avoir admis 
au nombre de ses membres effectifs. 



M. le Secrétaire annonce . Tenvoi des publications sui- 
vantes pour la bibliothèque de la Société : 

G.-J. Maximowicz. Diagnoses plantarum novarum astati- 
carum. VII. St-Pétersbourg, in-8*. 

M.-P. DuGHARTRB. Notice sur Jean-Antoine Scopoli botor 
niste. Paris, in-8*. — Note sur des fleurs herma- 
phrodites de Bégonia. Paris, 1887, in-8". — Note 
sur l'enracinement de l'albumen d'tin Ctca«. Paris, 
1888, in-8». — Note sur un cas d'abçlitiori du 



géotropisme. Paris, 1888, in-8». — Fleurs pro- 
lifères de Bégonias tubéreux. Paris, 1888, in-8*. 
— Quelques observations sur la floraison du Ti^ 
gridia pavonia Red. Paris^ 1888, in-8*.— Orga- 
nisation de la fleur des Delphinium en particulier 
du D. elatum cultivé. Paris, 1888, iii-4''. 

E. RozB. Recherches biologiques sur l'Azolla fllicoides 
Lamarck. Paris^ 1888, iD-4<^. 

C.-H» Dblognb. Flore analytique de la Belgique. Namur, 
1888, 1 vol. in.8*. 

G.-B. De-To«i. Pilinia Kûtz. ed Acroblaste Reinsch. 
Venezia, 1888, in-S». 

A. GiARD. Sur la castration parasitaire du Lychnis dioica 
L., par rUstilago anther arum Pries. Paris 1888, 
in-4®. — Note sur deux types remarquables 
d'Entomophthorées^ etc. Paris, 1888, in-8*. 

É. Laue^bnt. Recherches sur le polymorphisme du Cladospo- 
rium herbarum. Paris, 1888, in-8<» 



M. De Wildeman donne lecture du travail suivant : 

QUELQUES MOTS SUR LA FLORE ALGOLOGIQUE 

DU CONGO, 

par Ë. Dé Wildeman. 

Parmi les plantes récollées au Congo, par M. Fr. Hens, 
figure, sous le n® 50, un Azolla trouvé sur les flaques 
d'eau entre des rochers à N'tamo (Stanley-Pool). Je ne 
me suis pas occupé de la détermination de VAzolla^ mais 
il m'est venu à Tidée d*examiner, au point de vue algolo- 
gique, les filaments qui se trouvaient mélangés à ce 
cryptogame. 



Les racines de la plante se trouvaient entremêlées 
d*algueSy dont j*ai réussi à déterminer quelques-unes 
spécifiquement, d'autres génériquement. Parmi ces algues, 
dominent les Desmidiées; ce sont d*ailleurs ces végétaux 
microscopiques qui conservent le mieux leurs formes par 
la dessiccation. J*ai retrouvé, en société avec VAxolla^ les 
filaments d'un Ànabaena, probablement, celui qui accom- 
pagne toujours cette plante, mais Tabsence de spores ne 
m'a pas permis d'identifier Tespèce. 

Voici la liste des formes récoltées sur le n* !iO. 
Desmidiuvn Swartzii Ag. 
Cosmarium obsoletum Reinsch. 

— Broomei Thwailes. 

— Meneghmi Nôg. 
Micrasterias Crux-melitensù Ehrb. 

— americana (Ehrb.) Kg. var. Bermanniana Reinsch. 

— C'est du moins de cette espèce que se rapproche 
le plus la Desmidiée que j'ai vue, mais malheu- 
reusement les auteurs ne sont guère d'accord au 
sujet de la forme à lui accorder. Il suffit pour s'en 
assurer de consulter les travaux de Reinsch 
(Algfl, V. Franken, tab. VIII, fig. i), de Ralfs 
(tab. X, fig. 1), de Maskell(l),de Wolle (Desmids 
U. S., pi. XXXII, fig. 5). C'est à cette dernière 
figure que se rapporte le mieux l'algue du Congo. 
Staurastrum furcatumÇEhrh.) Bréb.; Wolle Desm. U. S., 
tab. XLVIII, fig. 16. 

— dejectumBréh.; Wolle Desm. 13. S., tab. XL, fig. 19. 

— margaritaceum Ehrb. 

— f'nconxptcuutn Nordstedt. 



(1) Màsull. Note on Mterasterioê americana Ralfs, and its varietit îd 
Jonrn of R. mierose. Soc. of London, 1888, PaK. I, p. 7. 



Enastrum bellum Nordst. Symb. fl. Brasilise centralis 
cognoscendam, part. 5, tab. II, fig. 6. — C'est 
de celte espèce que se rapproche le pins la forme 
du Congo, mais le lobe médian n'est pas aussi 
développé que celui de Péchantillon figuré par 
M. Nordstedty et il présente à son extrémité un 
plus grand nombre de pointes. 

Dûcidium coronulatum Grun. (Pleurotaenium coronulatum 
Wolle). — Je rapporte à cette espèce une forme 
très abondante. Je n*ai pu consulter le travail de 
M. Grunow (Desm. Banka), mais les échantil- 
lons que j*ai vus me paraissent être identiques 
à ceux sur lesquels M. Wolle a écrit la note(0 : 
c Collected it in Northern New Jersey; found ihe 
finest spécimens in Green Pond, commonly several 
united, had as many as ten cells in a séries ». 
Cependant le renflement qui précède la couronne 
granulaire n*est pas aussi proéminent que celui 
figuré par M. Wolle, et, par contre, la couronne 
de granules Test davantage. Les cellules qui sont 
réunies pour former des filaments ont ces granu- 
lations correspondantes. D'autres espèces pré- 
sentent d'ailleurs cette même couronne de gra- 
nules 'S). 

Selenastnim Bibraianum Reinsch. 

Pediastrum Ehrenberghii A. Br. 

Sorastrum spinulo$ufn Nfig. 

Rhaphidium falcatum Corda. 

Scenedesmus quadricanda Brcb. 



(i) WoLLi. Dêëtnidi VniUd Stateê, p. 49, pi. LUI, fig. 16. 
{%) LâociiHBiH. Ueber Desm, auê Bengaien in Bihtng till k. srensk. 
Vet.-AjLad. Handlitiger. Dd. 13, Afd. III, Q« 9. 



9 

Spirogyra porticalis MùIL? 

Spirogyra. — Une forme a une seule spire d*un diamètre 

peu considérable. 
Bulbochaete ? 

m 

Quelques autres formes appartenant aux genres Cosma^ 
rium et Staurasirum se trouvaient encore mélangées aux 
racines de Tilzo/fay mais dans des états indéterminables. 
Il en est de même pour des Nostocacées hétérocystées^ 
dont je n'ai pu trouver que des spores et quelques cellules 
isolées. 

Sous le n^ 121, récolté à Loukaléla, dans les pjaines 
marécageuses, se trouve une plante sur les feuilles de 
laquelle j*ai retrouvé le Mycoidea parasUica Gunningham. 
Dans ces derniers temps, Ton s'est occupé beaucoup de 
cette forme très intéressante, surtout depuis la description 
d'une forme assez voisine VHansgirgia flabelligera De-Toni, 
dont j'ai parlé moi-même dans une note précédente (^). 
Cette algue est analogue à celle que M. Môbius a décrite 
dans VHedmgia sous le nom Phyllactidium Iropiaim (^, 
comme l'a d'ailleurs déjà fait remarquer M. De*Toni (3). 
J'ai également trouvé sur des Hédéracées provenant de 
Porto-Rico et récoltées par M. Sintenis la même espèce. 

Une autre question a été posée par certains botanistes: 
• VHansgirgia flabelligera De-Toni diffère-t-il du Mycoidea 
parasUica Gunn.? ». J'incline à croire que ces deux espèces 



(1) Di WiLDBMiN. 06«. sur quelques formes d'algues terrestres épiphytes 
in Bail. Soc. bot. Belgique, t. XXVII, !• partie, p. 119. 

(2) MÔBiDS. Uéber einige in Porto-Rico gesammelte Susswasser- und 
Luft'Algen. Hodwigia, XXVII Bd, 9 u. 10, pp. 221-2i9, tab. VIMX. 

(5) De-Tori. Intemo afl identita del Phyllactidium tropieum Môbius 
eon la Hansgirgia flabelligera De-Tbnt. Rendieonti. R Accad. Lineei, 
Roma. Vol. iV, fasc. 9, ^ semestre 1888. 



^0 

sont spécifiquement distinctes, car il me semble que, pour 
le moment du moins, on ne leur a pas trouvés suffisam- 
ment de caractères communs. 

En même temps que la forme à filaments fructifères 
dressés du Mycoide/jùi trouvé une algue épiphyte qui n*est 
autre que VHansgirgia. La présence de ces deux formes 
mélangées pourrait, jusqu'à un certain point, faire donner 
raison aux algologues qui admettent que le genre Hansgir- 
gia ne serait que la génération primaire discoïde du 
Mycoidea. Mais si Ton consulte la description et les figures 
données par M. Cunningham, on ne trouve pas signalée la 
forme flabellée si caractéristique de VHansgirgia. 

Le n* 196 de la même collection, récolté à Luteté, m'a 
montré également des thalles d'Hansgirgia ; chez certains 
d'entre eux bien développés, j'ai remarqué les zoosporan- 
ges tels que je les ai décrits et figurés antérieurement 
et tels que nous les retrouvons dans le travail de M.Môbius 
cité plus haut. 

La dispersion de ces deux algues vient donc encore 
s'accroitre ; il est plus que probable que ce sont deux 
formes très répandues dans les régions tropicales humides. 

Il serait à désirer que de plus amples matériaux nous 
fussent apportés du centre africain, afin que nous puissions 
nous faire une idée de la flore algologique de ces régions, 
flore qui doit être très intéressante vu les nombreux lacs 
et marécages de ces régions. 



M. Grépin lit la notice suivante : 

NOUVELLES OBSERVATIONS SUE LE ROSA GI6ANTBA 

COLLETT, 

par François Crépin. 

Depuis que j*ai décrit le Rosa gigantea Gollett(^), j'ai 
pu examiner de nouveaux matériaux de cette espèce qui 
me permettent de compléter ma première description. En 
outre, j*ai reçu de M. le général Colle tt quelques rensei- 
gnements utiles à faire connaître. 

Dans une lettre qu'il m'tidressait de Meiktites (Haut 
•Burma), à la date du 29 juillet dernier, ce botaniste 
m'informe qu'il a trouvé le R. gigantea près des villages 
de Myromati, Pwehta^ Kalow, Koni, etc., situés dans le 
district de Myelat (Haut Burma), vers la latitude de 
30« 40' IS. et la longitude de OG^» 30 E., à une altitude 
entre 4000 et 5000 pieds. L'espèce n'est pas commune, 
mais elle n'est toutefois pas rare, puisqu'elle a été obser- 
vée, par mon correspondant, à 14 ou 15 endroits différents 
dans le district de Myelat. Ses tiges, qui peuvent atteindre 
jusque 30 et même 40 pieds de longueur, grimpent sur 
les rochers, sur les arbres et dans les buissons. 

Dans la région des Shan Hills, où croit le A. gigantea, 
les gelées sont à peu près inconnues, ce qui nous indique 
assez que cette Rose devra être, dans l'Europe centrale. 



(1) Voyez Compte-rendu de la séance du 2 juillet 1888 de la Société 
royale de botanique de Belgique, Bull., t. XXYII, 2« partie, pp. 146-1 SO. 



li 

plus ou moins protégée contre le froid de dos hivers, ou 
être cultivée dans des endroits bien abrités. 

La leiu*e de M. Collett était accompagnée d'un échantillon 
défleuri couronné par un réceptacle déjà fortement grossi 
(12 mill. de diamètre). Ce réceptacle, à parois épaisses, 
était d'une extrême dureté, quoiqu'il eut été recueilli au 
mois d'avril (1888); il ne renfermait encore que de très 
jeunes ovaires. 

L'échantillon, constitué d'un simple ramuseule, est 
complètement inerme comme ceux que j'avais antérieure- 
ment décrits. 

J'avais demandé à M. le général Collett si le R. gigan-- 
tea est toujours à inflorescence uniflore et si la tige est 
armée d'aiguillons. Il me répondit qu'il y a certainement 
des aiguillons et que les inflorescences sont uniflores^ sans 
toutefois pouvoir assurer qu'elles le soient toujours. 

Au mois de novembre dernier, j'ai eu l'occasion, bien 
inattendue assurément, d'enrichir mes connaissances sur la 
nouvelle espèce du Burma. Dans un envoi de Roses à 
déterminer que me faisait le Musée botanique de Berlin, 
se trouvent 6 spécimens d'une espèce recueillie par 
M. G. Watt accompagnés de l'étiquette suivante : « 6320. 
Rpsa.... Khongul. 6000ft. April 1882 ». L'un des échan- 
tillons porte, attaché à un brin de fil, une petite étiquette 
portant : < Field. n^" 6404. Herb. G. Watt ». Ces 6 échan- 
tillons ne sont rien autre que le R.gigantealLes 9 inflores- 
cences de ceux-ci sont toutes uniflores, chacune d'elles 
accompagnée à sa base d'une feuille 1-3-5-foliolée. Les 
axes des ramuscules sont ordinairement inermes, présen- 
tant rarement de 1 à 3 petits aiguillons crochus. Sur 
un robuste fragment de tige, se trouvent des aiguil- 
lons assez nombreux, épars, courts, épais et fortement 



i3 

crochus^ rappelant plus ou moins ceux du R. arvemis 
Huds. 

Soupçonnant que Therbier de Kew pouvait renfermer 
des échantillons du même collecteur, je m'empressai 
d'écrire à M. Nicholson en le priant de bien vouloir faire 
des recherches. Celui-ci, avec son obligeance habituelle^ 
me répondit immédiatement que dans les collections de 
Kew, il existe deux feuilles d*herbier de ce type : Tune 
avec l'étiquette : April 7^ 1 883 at Khongui, Tautre avec 
rétiquette : At Sirohfurar oo April 11, 1882, 5-6000 ft. 

Cette Rose avait reçu le nom manuscrit de Rosa macro- 
carpa Watt. Sur la première feuille, Tune des inflores- 
cences est 3-flore, les autres sont uniflores; sur la seconde 
feuille^ toutes les inflorescences sont uniflores. 

Le nom de macrocarpa est probablement justifié par la 
grosseur du fruit de cette espèce. Dans Therbier du Musée 
de Berlin, il y a deux fruits dont Taspect fait supposer 
qu'ils étaient d'une année antérieure à la récolte des spé- 
cimens florifères. Ils sont largement ovoïdes et mesurent 
de 15 à 18 mill. de diamètre. Les sépales, qui paraissent 
être réfléchis après Tanthèse et pendant la maturation, 
avaient disparu(^). 
La découverte de M. 6. Watt élargit considérablement 



(i) Pendant IMmpression de cette notice, j*ai reçu de M. 6. King, 
directeur du Jardin botanique de Calcutta, deux fruits mûrs du 
B, giganteUf avec 36 akènes, qui ont été semés. Ces fruits sont gros, 
pyriformes, à peu près aussi larges que longs (25 à %é milimètres), à 
parois très épaisses, dont la chair, en se- desséchant, devient très dure 
et cornée, à cavité ovarienne relativement très petite. Les sépales sont 
réfléchis et paraissent persistants. Les akènes sont très gros ; ils mesurent 
6 à 7 mill. de longeur sur 5 à 7 mill. de brgeur. 

{Note ajoutée pendant Vimpreêêion,) 



u 

Taire de dispersion du R. gigantea, puisque la province 
de Munipur ou Manipur, où ce collecteur Ta observé, est 
à plus de 5^ N. des Shan Hills du Burma. Peut-être cette 
remarquable espèce s'étend-elle vers Test jusque dans les 
provinces sudo-occidentales de la Chinç. 

Avec CCS nouveaux éléments d'appréciation^ on peut, 
dès maintenant, considérer le R. gigantea comme étant 
bien distinct du R. indica. Il reste à voir si Ton peut com- 
prendre cette nouvelle espèce dans la section des Indicae 
telle que je Tai entendue jusqu'ici. Je ne me crois pas être 
encore en mesure de prendre une décision à cet égard. 

Dans ma première notice sur le R. gigantea^ j'avais 
comparé cette espèce à la Rose cultivée sous le nom de 
Fortunées Double Fel/ou;. Aujourd'hui, l'affinité de ces deux 
Roses me parait plus étroite et je ne serais pas très surpris 
si l'avenir venait nous autoriser à réunir ces deux formes 
sous le même nom spécifique (^). 



(i) Dans UD article ioUtulé : Rose Jaune de Fortune, publiée dans le 
Journal des jRo«m, année 1882, pages 175*176, Germain de Saint-Pierre 
considère la Fortune'e Double Ydlow comme une véritable espèce, à 
laquelle il rapporte la Beauty of Glazenwood à litre de synonyme. 11 pro- 
pose de lui donner le nom de Rosa atnabiliê. 11 est è remarquer que ce nom 
d*ama&t7w avait déjà été appliqué par Wrede à une Rose cultivée, devenue 
plus tard une variété du R, perfecta Wrede ; M. Gandoger, dans ses 
Tabulae rhodologieae, 1881, p. S03, n« 2838, a également donné le nom 
d*amabiliê à une forme du groupe du R. canina. 



18 



UNE FLEUR ANOMALE 

DB 

NARCISSUS PSEUDO-NARCISSUS L., 
par F. Pibtqdin(0. 

Je viens de constater sur un pied de Narcissus Pseudo- 
Narcissus recueilli dans le bois du « Sépulcre »,à Nivelles, 
une anomalie extrêmement intéressante et dont voici la 
description : 

La fleur, un peu atrophiée, présente un exemple de 
méiophyllie du périanthe et des étamines. 

Les pièces du périanthe^ au nojnbre de 5, sont plus 
rétrécies inférieurement que dans la fleur normale et mon- 
trent une tendance à la disjonction. 

La couronne n'est plus un tube campanule; elle est 
réduite à S écailles courtes, creusées en cuiller^ ce qui 
démontre son origine ligulaire. 

Les étamines, également au nombre de 8, sont dépour- 
vues d'anthères et présentent une conforniation extraor- 
dinaire. Le filet est très allongé et inférieurement dilaté 
en une colonne courte, épaisse, plus ou moins irrégulière, 
portant à son sommet de 3 à 6 ovules^ la plupart dressés et 
identiqiies à ceux que contient l'ovaire. 

Je ne sais si ce cas de métamorphose ascendante des éla- 
mines a déjà été signalé, mais il me parait digne d'attirer 
Fattention des botanistes, qui sont loin d'être d'accord sur 
Torigine des carpelles. En effet, Frayer prétend que les 
placentas sur lesquels naissent les ovules sont toujours 
axiles; M. Duchartre est moins exclusif et jl croit que l'axe 

(1) Cette notice a été présentée à la séance da 6 mai 1888, 



16 

* 

De produit les ovules que dans certains cas; M. Sachs 
admet aussi une production axile et une production appen- 
diculaire; enfin, iM. Van Tieghem tient que Taxe ne pro- 
duit jamais directement des ovules et que le placenta est 
toujours appendiculaire(0. Ce fait tératologique ne pour- 
rait-il pas jeter quelque lumière sur la question? 

C'est dans celte pensée que je me suis décidé à le faire 
connaître. 



Mademoiselle Marie Goetsbloels, est proclamée membre 
effectif de la Société. 

M. Jean Kickx, étudiant en sciences naturelles, à Gand, 
présenté par MM. Martens et Baguet, demande è faire 
partie de la Société. 



La séance est levée à 9 heures. 



(1) Voir A. Bbllinck. Court de botanique^ 1876, p. S^. 



COMnES-RENDUS DES SÉANCES 



Dl Li 



SOCIÉTÉ ROYALE DE BOTANIQUE 

DE BELGIQUE. 
ANNÉE 1889. 



Séance mensuelle du 9 février 1889. 

Présidence de M. Errera. 

La séance est ouverte à 8 heures. 

Sont présents : MM. Carron, L. Coomans, De Bulle- 
mont, Delogne, De Wevre, De Wildeman, Th. Du- 
rand, Errera, Francotte, Hartman, Van der Bruggen, 
Van Nerom et Vindevogel ; Grépin, secrétaire* 



Le procès-verbal de la séance du 12 janvier est 
approuvé. 

M. le Secrétaire fait Tanalyse de la correspondance. 



M. le Président propose à rassemblée d*envoyer à 
Leurs Majestés une adresse de condoléance à l'occasion 
de la mort de S. A. L et R. Mgr TArchiduc Rodolphe, 
Prince héréditaire d'Autriche-Hongrie. Cette proposition 
est approuvée à Tunanimité. 

M. De Wevre demande la parole pour exposer le 
résultat de recherches qu'il a faites sur la position et 
la nature du péricycle. Ses observations confirment ce que 
les auteurs les plus récents ont publié sur ce sujet. 



18 

M. De Wevre est invité à remettre une note résumant 
les principaux faits qu*il vient de traiter(^). 

MM. De Wildeman et Grépin lisent des notices dont 
l'impression aura lieu dans le compte-rendu de la séance. 

NOUVELLES REMAfiQUES SUR LES ROSES AMÉRICAIirES 

{Suite\ 

PAR François (Grépin. 

Depuis la publication de la première partie de ces 
remarques!^), j*ai reçu en abondance de nouveaux maté- 
riaux de MM. Best, Porter, Scbuh, Watson» Jones, 
Macoun et Puissant. 

Je me fais un devoir de témoigner publiquement ma 
profonde reconnaissance à ces botanistes, qui m^ont per- 
mis, par leurs généreux envois, d*enrichir ou de compléter 
mes connaissances sur les Roses de leur pays. 

Parmi les observations auxquelles ces nouveaux maté- 
riaux ont donné lieu, il est quelques-unes que je 
m'empresse de communiquer aux botanistes américaiiis. 
Ceux-ci, pendant la saison prochaine, pourront contrôler 
les faits que je signale à leur attention. 

Bosa Inctda Ehrh. 

Dans mon Prodrome d'une monographie des Roses amé- 
ricaines, je me suis efforcé de faire ressortir aussi claire- 
ment que possible les caractères distinctifs du iR. lucida 
Ehrh. et les différences qui séparent ce type des R. humilis 
Marsh. (A. parviflora Ehrh.) et R. nitida Willd* 

(!) La note de M. De Werre paraitra dans le prochain compte-renda. 
(2) Voir BulL, t. XXVI, 2« partie, pp. i049. 



19 

Tout en décrivant le R. /uotrfa comme une espèce 
distincte, je faisais toutefois quelques réserves au sujet de 
son autonomie. 

La distinction spécifique du type d'Ehrhart ne parait pas 
suffisante à M. Best qui, dans une note intitulée : Retnarkg 
OH the Group Carolinae ofthe Genus Rosa, publiée dans le 
numéro de décembre 1887 du Bulletin ofthe Torrey bota- 
nical Club, propose de réunir spécifiquement le R. lucida 
au R. humilis en qualité de simple variété. 

Cette assimilation spécifique vint me surprendre et, 
je dois Tavouer, ébranla, dans mon esprit, Tautonomie 
de Tespèce décrite par Ëhrhart. Comme je n*avais pu, 
jusque là, examiner que très peu de matériaux spontanés 
du jR. lucida, ']t me demandais si la plante cultivée partout 
en Europe depuis près d'un siècle ne serait pas, malgré la 
constance de ses caractères, une simple race fixée dans 
les cultures. 

Je priai M. Best de m*adresser une riche série de spé* 
cimens de la Rose qu'il identifie au R. lucida^ afin de 
pouvoir juger de la légitimité de la réunion proposée par 
lui. Mon aimable et savant correspondant a bien voulu 
m'envoyer non-seulement sa variété lucida^ mais encore 
le type du R. humilis et une variété de celui-ci qu^il a 
décrite sous le nom de villosa. Tous ces échantillons ont 
été recueillis dans un rayon d'environ 5 milles autour 
de Rosemont, dans TÉtat de New-Jersey. A Tenvoi de 
M. Best, se trouvait joint un gros fascicule de spécimens 
de jR. humilis^ avec sa variété lucida^ récoltés par M. Por- 
ter autour d*Ëaston, en Pennsylvanie. 

Dans ces deux collections, que j'ai examinées avec le 
plus grand soin, il n*existe aucun spécimen qui puisse, 
à mon avis, être rapporté au vrai A. lucida Ehrh.; ce que 



20 

MM. Bost et Porter ont étiqueté var. lucida sont de simples 
variétés ou variations du R. humilis. 

Cette confusion spécifique n'a pas lieu de nous éton- 
ner en présence de la plupart des descriptions américaines 
qui ont été données du R. lucida 

Dans la récente monographie des Roses d'Amérique de 
M. S. WatsoUy qui semble être devenue le guide des rho- 
dologues de ce pays, les diagnoses et descriptions des R. 
lucida et A. humilis doivent, en effet^ laisser assez souvent 
l'observateur dans l'embarras pour distinguer ces deux 
types Tun de l'autre. 

Suivant ce monographe, le jR. lucida se distinguerait 
du R. umilis : 1« par une taille plus élevée; 2» par des 
aiguillons plus robustes et parfois recourbés ; 3*^ par ses 
stipules dilatées; 4» par les sépales extérieurs souvent 
lobés et non toujours lobés. Il est évident que des carac- 
tères aussi vagues, aussi peu précis, ne peuvent être d'une 
bien grande utilité pour séparer, du R. lucida, les formes 
robustes du R. humilis^ dont les aiguillons, au lieu de 
rester grêles et parfaitement droits, s'épaississent, prennent 
une direction inclinée et peuvent même être arqués. 
Quant aux sépales, il y a certainement une différence 
entre les deux espèces, mais elle n'est pas telle que rin-« 
dique M. Watson. Dans le R. lucida, les sépales sont 
rarement appendiculés, et dans le R. humilis s'ils le 
sont presque toujours, il se présente des cas où ils 
sont parfaitement entiers. Les caractères de stipules 
dilatées dans le R. lucida, et étroites dans le R. humi- 
lis, sont bons en général, mais, malheureusement encore 
ici, il est des formes du R. lucida à stipules étroites 
et, d'autre part, des formes du R, humilis à stipules 
assez dilatées. Il suit donc de là que les caractères 



21 

• 

distinctifs invoqués par M. Watson paraissent être simple- 
ment des différences de plus ou de moins; pour les appré- 
cier à leur juste valeur, il faut pouvoir établir une compa- 
raison entre des échantillons assez nombreux du vrai 
R. lucida et les diverses variations du R. humilis. 

Si les deux espèces sont spéci6quement différentes, ce 
que je suis porté à croire, on doit arriver, par une étude 
soigneuse faite surtout sur le vif, à découvrir des caractères 
suffisamment constants pour faire cesser une bonne fois la 
confusion qui règne sur ces deux types parmi les botanistes 
américains. Chose bien singulière, cette confusion n*a 
jamais eu lieu en Europe, où les auteurs ont toujours 
considéré les R. lucida et R. humilis comme deux types 
distincts. Gela a-t-il tenu 4 ce que le premier est cultivé 
partout et a été ainsi mieux connu des observateurs et 
que le second est rare dans les cultures et y a présenté 
peu de variations? ou bien le fait est-il dû à une connais- 
sance plus complète des espèces dans le genre Rosa chez 
les botanistes européens? Quoiqu'il en soit, il est réservé 
aux rhodologues américains de mettre en complète lumière 
le R. lucida^ espèce qu'ils peuvent observer à Tétat spon- 
tané et confronter avec les nombreuses variations du 
R. humilis. 

Qu'il me soit ici permis d'attirer leur attention sur 
quelques points qui méritent d'être élucidés. 

Le mode de végétation est-il le même dans le R. lucida 
et le R. humilis? 

m 

En 1822, Thory, dans le tome II, des Roses de 
Redouté, pages 72 et 73, décrit le R. parviflora Ehrh. 
(fi. humilis Marsh.) à fieurs doubles, la seule variété de 
ce type connue alors dans nos cultures. Dans une obser- 
vation, il s'exprime en ces termes sur la végétation de 



cette espèce : « Ce rosier pousse de longues racines (rhi- 
« zomes), qui s'étendent au loin et y produisent des reje- 
« tons destinés à remplacer le pied principal qui périt, 
c ordinairement, après avoir langui quelques années. Il 
t arrive qu'on retranche ces rejetons égarés^ sans trop 
« s*inquiéter de leur point de départ; et c'est ainsi que 
« notre arbrisseau, autrefois très commun, a disparu de 
1 presque tous les jardins. Pour le conserver, on doit 
« chercher avec attention tous ces rejets, et les lever pour 
« les planter ailleurs lorsqu'ils ont assez de chevelu pour 
« assurer leur reprise. Le pied principal doit encore être 
«( relevé et changé de place. C'est le seul moyen de con- 
« server en franc-de-pied cette jolie miniature. • 

Thory assigne au buisson [^eu touffu de cette espèce 
deux pieds au plus. 

La planche coloriée de Redouté représente bien le 
R. humilisy les sépales sont figurés presque tous entiers; 
les stipules sont* étroites et à bords entiers. 

Lindley, qui a décrit la même variété, ne fait aucune 
allusion à son mode de végétation; seulement, il fait 
remarquer qu'il est difficile de la cultiver et surtout de la 
multiplier. 

Ehrhart ne parle pas non plus de la végétation de son 
espèce. 

L'observation de Thory sur la végétation du A. humilis 
cultivé parait concorder avec ce qui se passe dans la 
nature, du moins si j'en juge par de nombreux exemples 
conservés dans mon herbier. La souche d'un pied adulte 
émet un (ou peut-être plusieurs) rhizome plus ou moins 
allongé, portant, sur son prolongement, une ou plusieurs 
tiges aériennes. A mesure que de nouvelles générations 
d'axes aériens se développent sur le rhizome, les an- 



23 

ciennes tiges s'épuisent et finissent par se desséeher et 
disparaître, sans pouvoir former de buissons durables, 
comme on le voit dans la grande majorité des autres 
espèces de Roses. 

Il reste à examiner si ce mode de végétation, qui est très 
caractéristique, se présente également dans le R. lucida. 
Si celui-ci, à l'état de nature, forme un buisson durable, 
s'accroissant et se développant d'année en année sans 
être promptement épuisé par des colonies d'axes aériens 
nés de longs rhizomes, on peut déjà, me semble-t»il, tirer 
de ce fait un puissant argument en faveur de Tautonomie 
spécifique de cette Rose. Thory, qui a étudié celle-ci 
à l'état cultivé, dit qu'elle constitue un buisson épais 
haut de cinq à six pieds; mais il ne fait pas mention de 
rhizomes. Il existe au Jardin botanique de Bruxelles deux 
exemplaires du R. /t4ctda,qui forment deux buissons com- 
pacts plus ou moins élevés ne produisant pas de stolons. 

Il est probable qu'à l'état spontané, s^ les choses se 
passent ainsi que je viens de l'exposer, les faciès général 
du R. lucida doit être bien différent de celui du A. humiliSy 
et ne donner lieu à aucune confusion. 

Une seconde particularité du R. humilis, c'est l'appari- 
tion d'une inflorescence au sommet des pousses radicales 
de l'année. Ce couronnement florifère transforme ainsi 
des tiges en véritables ramuscules florifères, exceptionnel- 
lement longs et dont les caractères peuvent différer assez 
sensiblement de ceux des ramuscules florifères normaux 
constitués par des axes secondaires ou tertiaires. 

Cette particularfté n'est pas exclusive au seul A. humilh; 
elle se présente dans d'autres espèces, et surtout, d'une 
façon remarquable, dans le R. arkansana Porter. 

On sait que dans un assez grand nombre d'espèces 



la base des tiges jeunes est chargée d'aiguillons séCacés 
plus ou moins nombreux, qui cessent à un niveau 
très variable pour être souvent remplacés par des aiguillons 
plus robustes, beaucoup moins nombreux, tantôt droits, 
tantôt arqués ou crochus. 

J*aî cru remarquer que dans le R. lucida les fins aiguil- 
lons ou acicules de la partie inférieure des tiges étaient 
plus nombreuses, plus denses et plus égales que dans le 
R. humili$(^). C'est encore là un point sur lequel je tiens 
à éveiller Tattention de nos confrères américains. 

Les aiguillons géminés du R. lucida ne me paraissent 
pas complètement identiques à ceux du R. hutnilù; seule- 
ment la différence n'est pas aisée à exprimer par des mots. 

Le feuillage, sous le rapport de la texture et de l'aspect 
extérieur, n'est pas le même dans les deux espèces. A 
l'automne, les feuilles du R. /uctda prennent une teinte 
rougeàtre d'un effet très décoratif, ce que ne semble pas 
être le cas pou%le R. humilis. Il reste à s'assurer si cette 
différence de coloration est constante. 

Dans le R. lucida^ les feuilles moyennes des ramuscules 
florifères sont très souvent 9'foliolées, chose rare dans le 
R, humilU. 

Je ne reviendrai pas sur les bractées et les sépales; 
seulement, je recommande leur étude très attentive, 
comme, du reste, aussi l'examen de la direction des sépales 
après Tanihèse et pendant la maturation, du degré de 
caducité des pétales, de Todeur de la fleur et de l'époque 
exacte de la floraison des deux espèces lorsqu'elles 
croissent dans les mêmes lieux. 



(I) Le A. humilis peut se présenter parfois avec des axes complètement 
înermes 



9K 

J'ai tout lieu de penser qu'une étude approfondie des 
/}. lucida et R. humilis dissipera probablement les doutes 
qu*on a pu avoir sur Tautonomie spécifique de ces deux 
Roses, dont la réunion a été faite, me semble-t-il, avec 
trop de précipitation. 

Maintenant, ai-je besoin de rappeler les effets du 
nanisme que j'ai maintes fois traités? On se souviendra 
sans doute que le nanisme influe énormément sur 
l'armature des axes et peut donner aux espèces des 
apparences capables de tromper complètement Fobser- 
vateur inexpérimenté. 

HoMi eapoUna L. 

A mes yeux, le R. carolina L. est un type spécifique 
extrêmement distinct et qui ne peut jamais être confondu 
avec les autres espèces de la section Carolinae. Cette 
opinion est partagée par beaucoup de botabistes ; mais il 
en est quelques-uns qui prétendent que la distinction de 
ce type n'est pas telle qu'on ne puisse jamais hésiter entre 
lui et certaines formes du R. humilis, M. Best se range 
parmi ces derniers. J*ai examiné de très nombreux maté- 
riaux du R. carolina et jamais je n'ai observé la 
moindre variation qui pût jeter le doute dans mon esprit 
sur les caractères distinctifs de ce type. Jusqu'à ce qu'on 
ait fourni la preuve évidente de confusions possibles entre 
le R. carolina et le R. humilis, je considère les objections 
élevées contre la distinction de ces deux espèces comme 
n*ayant aucun fondement réel et n'étant que le résultat 
d'observations insuffisantes. 

Le R. carolina, je le répète, est une espèce essentielle- 
ment différente du R, humilis, se distinguant de toutes les 



36 

formes de celui-ci : 1"* par son mode de végétation et par 
la constitution de son buisson qui est durable et plus 
élevé(0; ^^^ par la forme de ses aiguillons qui sont d*un 
type bien différent de ceux du R. humUis; 3® par ses 
stipules enroulées, qui est un caractère d'une haute impor- 
tance; 4® par la forme ordinaire de ses folioles et leur 
mode de dentelure ; S^ par ses sépales normalement 
entiers. Je suis convaincu qu'une étude approfondie fera 
découvrir encore d'autres notes distinctives tirées de Tin- 
florescence, de la forme des pétales, dont l'échancrure 
ne parait pas être la même que celle du R. humilisy de 
la coloration de la corolle, de son odeurC^), de l'allure 
des sépales après T^nthèse et pendant la maturation. La 
floraison plus tardive du R. carolina est encore un carac- 
tère très important à ajouter aux autres. M. Best, qui 
fait, à mon avis, trop bon marché des caractères distinctifs 
généralement admis, a trouvé un caractère nouveau dans 
le volume des akènes, qui sont sensiblement plus petits 
que ceux du R. humilis. Il signale un deuxième caractère 
nouveau tiré de l'état des réceptacles fructifères pendant et 
après l'hiver et qui serait différent dans les deux espèces. 
Il est bien possible que ce dernier caractère ait été par- 
faitement observé, mais je ne cacherai pas les doutes 
qu'il m'inspire sur sa constance. 

M. Best, à en juger d'après un passage de sa notice, 

(1) La partie inférieare des liges semble moins sétîgère qae dans les 
H. h%aniliê et R lucida, 

(2) M. Th. Meehan, dans le tome H, de The Native Flowenand Femt 
of the United Statee, page 3S, avaace que Todeur du R. humilit (qa *îl 
figure et décrit sous le nom de R, tueiday égale celle des espèces les plus 
odorantes de TAncien Monde. Quant au R. cat^olinaf le même auteur (loc. 
cit., t. 11, p. 167) dit qu*il n*a pas Pagréable parfum du R, humilié. 



27 

semble exiger une constance trop absolue des différences 
pour être admises comme de vrais caractères spéciBques. 
En général, il est bien rare de trouver, même entre des 
types les plus distincts, les caractères principaux d*une 
absolue fixité; ces caractères varient dans certaines limites 
et peuvent se rapprocher plus ou moins de ceux d'espèces 
voisines, sans toutefois passer réellement aux caractères de 
ces dernières. L'observateur, par une étude attentive, 
peut toujours arriver à saisir ces limites et à éviter ainsi 
d'être la dupe des apparences. 

Que, dans certaines variétés du A. humilis^ les aiguil- 
lons, au lieu de rester grêles, droits et perpendiculaires 
aux axes, deviennent plus robustes, s'inclinent ou pren- 
nent même une légère courbure, ils ne sont pas pour 
cela ceux du jR. carolina. Ce n'est pas parce qu'on 
trouve, dans le R. humiliSf quelques aiguillons en tout 
semblables à ceux du R. carolina qu'on est en droit de 
conclure que les deux types d'aiguillons n'offrent pas de 
bons caractères distinctifs. 

Que dans certaines formes du A. humilis, on puisse 
observerdes folioles à dents aussi fines que dans le R. caro- 
lina, ou des sépales extérieurs parfaitement entiers, comme 
dans ce dernier, ce n'est pas une raison pour ne pas consi- 
dérer la petitesse habituelle des dents foliaires et l'intégrité 
presque constante des sépales extérieurs comme d'excel- 
lents caractères du R. carolina. Si l'on voulait faire état 
des exceptions rares, bien peu d'espèces^ dans le règne 
végétal tout entier, seraient à l'abri de toute critique en ce 
qui concerne la constance des caractères. Gomme je l'ai 
déjà dit ailleurs: « Les plantes ne sont pas des cristaux dont 
« les angles nous fournissent des déterminations spéci- 
« fiques rigoureuses, dont tous les individus de la même 



28 

< espèce sont identiques ; ce sont des êtres complexes dont 

I 

9 les limites ne peuvent pas être tracées mathématique- 
« ment, mais qui néanmoins peuvent être arrêtées par 
« des recherches suffisamment approfondies et bien diri- 
« géesO). » 

Nous avons vu plusieurs fois en Europe la distinction 
entre deux véritables espèces être gravement troublée par 
Texistence de formes hybrides dont ont avait méconnu la 
nature. N'est-ce pas, en partie» à la même cause qu*est due, 
en Amérique, la difficulté qu'éprouvent certains auteurs 
pour délimiter les R. carolina et J2. humilis? Je suis assez 
porté à le croire. La question des hybrides, dans le genre 
Rosa, parait n'avoir pas encore jusqu'ici attiré sérieusement 
l'attention des botanistes américains. A propos du £• cara- 
lina^ M. Watson dit seulement (loc. cit., p. 347) :< Par- 
« fois, cependant, quelques feuilles peuvent être aussi 
« largement dentées que dans le H. Iticida et comme les 
« deux espèces se rencontrent souvent en compagnie l'une 
« de l'autre dans la Nouvelle Angleterre, on peut s'attendre 
« à rencontrer des hybrides. > A son tour, M. Best fait 
allusion à l'hybridation, mais en termes généraux. 

Dans le bel envoi de Roses que ce dernier m'a fait, se 
trouvent des spécimens florifères, sous les n^' 103 et 104, 
qui me font tout à fait l'effet d'être un produit hybride des 
/?. carolina et R. humilis. Les aiguillons rappellent éton- 
namment ceux du R. carolina; les stipules sont à ailes 
étroites et paraissent avoir été plus ou moins enroulées en 
dedans; les sépales extérieurs sont entiers ou seulement 
pourvus de deux petits appendices latéraux insérés à la 
partie supérieure; les folioles ressemblent à celles du 

(i) Bull.^ t. XX.VII, 2« parti», séance du mois de mars 1888. 



29 

jR. humilis et sont à dents larges. Les anthères paraissent 
être privées de grains de pollen bien organisés. 

Je me garderai d*affirmer que cette forme est un pro- 
duit hybride, mais, je le répète, elle en a tout à fait 
Taspect. J'ai engagé M. Best à Tétudier attentivement sur 
le vif et à faire de recherches spéciales en vue de 
s^assufer si les R. carolina et R. humilU ne se croissent 
pas çà et là dans les localités où ils végètent Tun à côté de 
Tautre. Ces deux types, il est vrai, ne fleurissent pas en 
même temps, mais comme le R. humilis peut fleurir sur 
ses pousses de Tannée, n*arrive-t-il pas que cette floraison 
anomale retarde sur celle des ramuscules normaux, de 
façon à prolonger Tanthèse du R. humilis jusqu^à la 
floraison du il. carolina? 

J'ai tout lieu de penser que les recherches, dans cette 
voie, ne seront pas vaines et qu*elles nous donneront l'ex- 
plication des liens qui paraissent unir le R, carolina au 
jR. humilis. 



Porter. 



Dans mon Prodrome d'une monographie des Roses amé- 
ricaines (1876), je rapportais sans hésiter le R. arkansana 
Porter à ma var. y setigera du R. blanda Ait. En 1885, 
M. Watson (loc. cit., p. 341) maintient cette forme 
comme une espèce distincte du R. blanda^ en lui rappor- 
tant en synonyme ma var. setigera précitée. Dans sa 
classification^ celte espèce est séparée du R. blanda par le 
R. Sayi Schwein. 

Voici textuellement les diagnoses que M. Watson a 
tracées des A. blanda et R. arkansana. 

A. blanda. Prickles usually few or none ; stipules dilated; leaflets 8 or 7; 
cuneale at base and petiolulate, simply toothed, not resinous; 
flowers corymbose orsolitary; sepals hispid, ontire. 



so 

B. arkansana.' Very priekiy; stipules narrow; leaflets 7 to il, soli- 
cuneate at base, simply toothed, not resîoous ; flowers corymbose; 
sepa^ not hispid, the ou ter lobed. 

Le il. arkansana se distinguerait donc du A. blafida 
par ses liges plus abondammeut séligèresy par ses stipules 
étroites et non dilatées, par ses feuilles 7-11 -foliotées, 
à folioles moins atténuées à la base, par son inflorescence 
plus multiflore et par ses sépales non glanduleux, les 
extérieurs latéralement appendiculés, et non entiers ec 
tous glanduleux. 

Ces différences paraissent être assez remarquables et 
semblent dénoter deux formes bien différentes. Ajoutons, 
en outre, d'après lès descriptions, que le R. blanda 
aurait de 1 à 3 pieds de haut, et le jR. arkansana, de 
i/s à 6 pieds. 

Lorsque j*ai parlé du JR. arkansana pour la première 
fois, je n*avais vu, de cette forme, que de rares échantil- 
lons. Aujourd'hui, mon herbier s'est enrichi de matériaux 
assez nombreux, qui me permettent de discuter la valeur 
des caractères attribués à cette Rose. 

Un point sur lequel je suis complètement d'accord avec 
M. Watson, c'est que les tiges du R. arkansana sont 
beaucoup plus sétigères que celles du R. blanda. Celui-ci, 
contrairement à ce qu'avance l'auteur américain, me 
parait être ordinairement de taille plus élevée que le 
JR. arkansana. 

Quand M. Watson fait contraster le nombre des folio- 
les dans les deux espèces, il ne remarque pas qu'il établit 
un parallèle entre deux choses différentes. Il faut savoir 
que le R. arkansana fleurit souvent à l'extrémité de ses 
pousses de l'année, et que celles-ci deviennent, par ce 
fait, des ramuscules florifères radicaux prése'ntant ainsi des 



31 

feuilles caulinaires, qui sont généralement 9-foIiolées, très 
rarement 11-foIiolées. II me parait hors de doute que si le 
R. blanda pouvait également fleurir à l'extrémité de ses 
pousses de Tannée, ses feuilles seraient aussi 9-folioIées. 
Ce caractère de feuilles 9-foliolées ne se maintient du 
reste pas, chez le R. arkansana, sur les ramuscules flori- 
fères normaux produits par des axes secondaires ou ter- 
tiaires; dans ceux-ciy comme, du reste, dans le R. blanda, 
les feuilles moyennes sont habituellement'7-foliolées, très- 
rarement 9-foliolées. La différence tirée du nombre des 
folioles n'a donc pas la valeur que lui attribue M. Watson. 

Je suis à me demander quelle est la cause du fréquent 
couronnement florifère des pousses annuelles du R.arkan- 
sana^ Rose qui semble commune et répandue dans les 
vastes plaines, appelées prairies, situées principalement à 
Pouest du Mississipi. Serait-il dû à des causes inhérentes 
à ^organisation de la plante, ou bien à des causes exté- 
rieures ? Ce qui est certain, d'après les renseignements 
que j'ai reçus et des échantillons que j'ai pu voir, c'est 
que le R. arkansana peut se développer en buisson pou- 
vant atteindre jusque 6 pieds, à tiges ramifiées. Dans ce 
cas, la partie supérieure de la tige et ses ramifications 
nées à une certaine distance du sol sont complètement 
inermes comme dans le R. blanda. 

Je ne pense pas qu'on puisse réellement tirer de la 
forme des folioles un bon caractère pour distinguer les 
deux Roses Tune de Tautre. 

Quant aux stipules, elles sont, en réalité, plus étroites 
dans les tiges florifères du R. arkansana que dans les 
ramuscuies florifères du R. blanda^ mais cela n'a rien de 
surprenant, attendu que dans ces tiges transformées en 
ramuscules florifères les stipules doivent rester étroites de 



32 

• 

même que les bractées. C'est là un fait qui s'observe dans 
d'autres espèces, lorsque leurs pousses foliifères se trans- 
forment accidentellement en ramuscules florifères. Du 
reste, la dilatation des stipules et des bractées apparaît 
régulièrement dans le R. arkansana sur ses ramuscules 
florifères normaux. 

D'autre part, si les inflorescences des pousses radicales 
florifères du JR. arkansana sont plus multiflores que dans 
les ramuscules florifères du R. blanda^ cette différence n'a 
pas non plus lieu de nous surprendre. Dans le premier cas, 
l'abondance des fleurs est le simple résultat d'une végéta- 
tion plus vigoureuse. Au surplus, dans les ramuscules 
normaux du R. arkansana, les inflorescences ne sont pas 
plus multiflores que dans le A. blanda. 

M. Walson, pour avoir méconnu des faits de végétation 
exceptionnelle, en est arrivé à prendre de simples acci- 
dents, tous dus au même phénomène, pour autant de 
caractères spécifiques. 

Après cela, que reste-t-il debout des deux diagnoses de 
l'auteur pour distinguer le R. arkansana du R. blanda? 
Rien ou à peu près. Il subsiste, il est vrai, les différences 
tirées des sépales; mais, encore ici, le savant américain 
n'a pas été rigoureusement exact. En réalité, les sépales 
extérieurs, dans le R. arkansana, sont très rarement faible- 
ment appendiculés et un peu moins rarement que dans le 
R. blanda; de plus, il n'est pas rare de trouver des formes 
du R. arkansana à sépales glanduleux sur le dos. 

En cherchant à démontrer l'inanité des caractères pro- 
posés pour maintenir le R. arkansana comme une espèce 
distincte du JR. blanda, je n'entends point, dés maintenant, 
refuser toute valeur à la création de M. Porter. II est 
possible que le A. arkansana possède des différences 



33 

suffisantes pour justifier son maintien, mais ees différences 
restent toutefois à découvrir. Je me trompe peut-être, mais 
mon sentiment actuel me fait incliner vers l'idée que nous 
n*avons affaire, dans le R. arkansana, qu*à une forme 
dérivée du R. blanda, qui pourra tout au plus se conserver 
comme une espèce de troisième ordre peutrètre. 

J^engage fortement nos confrères américains à réCodier 
d'une façon approfondie. De mon côté, je vais la soumettre 
à un examen attentif sur des pieds cultivés. 

J'en ai reçu des spécimens du Kansas dans lesquels les 
feuilles et les stipules supérieures sont couvertes de glan- 
des à la face inférieure^ ainsi que les bractées. Il est 
vraisemblable qu'on découvrira des variétés à dents 
foliaires composées-glanduleuses. 

Dans cet article, je me borne aux trois Roses traitées 
précédenoment, me réservant d*aborder les autres dans 
un travail ultérieur. 

Par ces quelques remarques, on peut aisément se con- 
vaincre que toutes les espèces de TAmérique du Nord sont 
loin d*ètre bien connues et qu'il reste beaucoup de recher- 
ches à faire pour les élucider complètement. L'étude des 
Roses en Amérique est encore à ses débuts et pour ainsi 
dire dans l'enfance, surtout en ce qui concerne la plupart 
des espèces des vastes contrées occidentales qui s'étendent 
à l'ouest du Mississipi. 

Mais l'éveil est donné; nous sommes persuadé que 
nos confrères d^Amérique feront de rapides progrès dans 
la connaissance de leur florule rhodologique. 



34 



ENCORE QUELQUES MOTS 

A FEOFOS DB L'HANSGIRaU FLABELLIGEBA DE-TOÏI, 

r 

PAR E. De WlLDEMAN. 

Dans le travail publié par M. Môbius sur des algues de 
Porto-Rieo dont j*ai déjà parlé antérieurenoent, Tauteur 
présente le Phylladidiufn tropicum (Hangirgia flabelli'' 
géra De-Toni) avee des filaments nombreux , dressés, 
naissant à la surface de l'algue. Je n'avais pas remarqué ces 
filaments sur les formes que j'avais étudiées; M. De-Toni, 
à qui j'avais envoyé quelques fragments de feuilles d'Orchi- 
dées qui portaient l'algue, constata également la rareté 
de ces filaments(^). 

Par hasard, en examinant des algues récoltées sur des 
feuilles de plantes de la république de Costa-Rica, 
envoyées par M. H. Pittier, j'ai trouvé une forme 
d^Hansgirgia munie d'un grand nombre de filaments 
dressés. La plante sur laquelle j'ai récolté l'algue était 
accompagnée de l'étiquette : La Palma, Rec. Gooper, 
Coll. H. Pittier, n» 564. 

Ces filaments sont intéressants, principalement par la 
ressemblance qu'ils présentent avec les espèces du genre 
Trentepohlia. Ces filaments ont été d'ailleurs considérés 
comme espèces de ce dernier genre; c'est ainsi que 
M. Nordstedt m'envoya l'année passée un échantillon d'une 
algue portant l'étiquette a Flora de S. Thomé (Africa) 
Ëncosta do Pico de S. Thomé. Nova Inska; H. Môller >. 
A première vue, on doit s'y tromper, il n'y a aucun doute 

(1) De-Toni. Interno aWidentita del Phyllaetidium tropicum Môbius con 
la Hamgirgia flabelUgera in Rend. fi.Âc. Lincei, vol. IV, fasc. 9,sem. 2^, 
nov. 1888. 



55 

que l'on preAne cette forme pour une espèce du genre 
Trentepohliaf diussi longtemps que Ton n'a pas eu la chance 
de voir son union avec le disque caractéristique de VHans- 
girgia. 

Dans un envoi plus récent de M. Nordstedt, j*ai trouvé, 
à ma grande surprise, dans un échantillon provenant de 
Portugal (Povoa de Lanhoso, Portugal; D' Henriques^ 
Coîmbre) la même forme que celle d'Afrique. Cet échan- 
tillon était déterminé Trentepohlia aurea Mart. Cest là une 
erreur, car cette plante ne peut, en aucune manière^ être 
confondue avec les filaments de VEanêgirgia^ dont elle 
diffère par un grand nombre de caractères. 

C'est par l'échantillon provenant de Costa-Rica que j'ai 
pu m'assurer que ces prétendus Trentepohlia n'étaient 
qu'une partie de VHansgirgia. 

Les caractères de la partie dressée prouvent, de la façon 
la plus complète, que les deux algues, Hansgirgia et 
Mycoidea parasitica Gunningh. , sont absolument distinctes. 
Ces deux formes possèdent des filaments dressés, mais 
leur aspect est bien différent. En effet, chez le Mycoidea^ 
le filament dressé a des cellules d'un diamètre plus consi- 
dérable; les cellules sont fréquemment quatre fois aussi 
hautes que larges, et lorsque le protoplasme est détruit 
tout le filament devient transparent et prend l'aspect que 
Ton retrouve chez le Trentepohlia pleiocarpa et chez les 
formes qui appartiennent au même groupe. 

Pour les filaments de YHansgirgia, au contraire, nous * 
trouvons des cellules rarement 2 7t ^^^^ pl^^ hautes que 
larges, d'un diamètre de 11 à IKp, et tout l'ensemble 
possède une teinte brune due à Tenveloppe cellulaire. 
Cette teinte se manifeste d'ailleurs déjà sur l'échantillon 
desséché. La membrane cellulaire est plus épaisse chez 
VHansgirgia que chez le Mycoidea. 



56 

La présence des filaments dressés de VHanêgirgia en 
Europe (Portugal) doit faire rechercher^ dans ce pays, 
lé diique, afin que Ton puisse 8*assurer que fa présence 
de cette portion n'est pas due à une introduction acciden- 
telle de Talgue, et qu'elle est bien dépendante du disque. 
Sî elle existe vraiment en Europe, la dispersion de cette 
espèce sera très vaste et Ton devra la rechercher sur 
d'autres points de la zone méditerranéenne. 

Un fait assez curieux est que la production de la partie 
dressée parait presque uniquement localisée chez les formes 
minces allongées, comme celles figurées par M. Môbius, 
pi. VIII, fig. 8, de son travail. Mais un autre fait que 
M. Môbius ne semble pas avoir remarqué est celui de la 
ramification, ramification souvent fortement accentuée. Les 
fructifications existent également sur la partie aérienne, 
tantôt terminales, ce qui parait être le cas général, tantôt 
intercalaires. On trouve fréquemment, dans les collections, 
les filaments aériens iso)és; d'un autre côté, ces portions 
fournissant des fructifications, il n'est pas impossible que 
dans la croissance, le disque ne puisse arriver à sa destruc- 
tion, et les filaments vivre d'une vie propre. 

J'ai également retrouvé, dans les récoltes de Costa-Rica, 
la forme à fructifications sessiles (forme uncinata), telles 
que je les ai figurées et décrites dans une note antérieure (0. 
Chez cette forme, le disque me parait être absolument 
privé de filaments aériens. 

M. Reinsch a décrit, dans ses Contributianes ad alffolo- 
giatn et fungologiam^)^ un genre Chromopeltis à deux 



(1) Obtervationê 9ur quelque* forme* d'Algueê terrêMtr(!$ épiphyieê in 
Bull. Soc. boL Belgique, t. XVII, Ire partie, p. i|9^ pi.n, fig. fO.|2. 

<2) P.-P. Rbirsch. Contrihutioneê itd algohgiam et fungologiam, Lipuae, 
1875, p. 73, pi. VII, fig. 1 et 2. 



37 

espèces. Celles-ci sont des formes voisines des genres qui 
nous occupent. Suivant M. J)e-Toni, le Chromopeltis serait 
analogue au Phycopeltis de Millardet. Cela est possible 
pour le Chromopeltis irregularis Reinsch, d'autant plus 
que cette espèce a été trouvée en Europe. M. Reinsch n'a 
malheureusement pas vu la fructification ni de Tune ni de 
l'autre espèce. Quant au C. radians Reinsch, à en juger 
par la figure donnée (loc. cit., pi. Vil, fig. 2a-6), il se 
rapproche beaucoup de VHansgirgia^ je dirais même qu'il 
doit lui être identique ; il a d'ailleurs été récolté au Brésil. 
Les descriptions M. Reinsch (loc. cit., p. 73) ne peuvent 
être malheureusement d'aucun secours; elles sont trop 
incomplètes de même que les figures. 



M. J. KickXy présenté à là dernière séance est proclamé 
membre effectif de la Société. 



La séance est levée à 9.20 heures. 



COMPTES-RENDUS DES SÉANCES 



DB L4 



SOCIÉTÉ ROYALE DE BOTANIQUE 

DE BELGIQUE. 



I— MMl 



ANNÉE 1889. 



Séance mensuelle du 9 mars 1889. 

Présidence de M. L. Coomans. 
La séance est ouverte à 7.30 heures. 

Sont présents : MM. Aigret, L. Coomans, De Bulle- 
monty De Weyre, De Wildeman, Ém. Durand^ Th. Du- 
rand, Hartnian, Preudhomme deBorre, Van derBruggen, 
Van Nerom et Vindevogel; Grépin, secrétaire. 



Le procès*verbal de la séance du 9 février est approuvé. 



Par une lettre adressée à M. le Secrétaire^ M. J. Kickx 
remercie la Société de Tavoir admis au nombre de ses 
membres effectifs. 



Ouvrages reçus pour la bibliothèque : 

Léo Lbsquereux. — Récent déterminations of fossil planta 
from Kentucky^ Louisiana^ Oregon, California^ 
Alaska j Greenland, etc., with descriptions ofnew 
species. 1888, in-8". 
— . Fossil plants collected at Golden, Colorado. Cam- 
bridge, 1888, in-8». 



io 

Ed. Gornaz. — Giov. Bâti. Paiirana et sa Flore tnédicate 

de Bormio. Neuchàtel, 1888^ in-8^ 
€• Bamps. — Faune des insectes de V ordre des Orthoptères 

de la province de Limbourgy etc. Hasselt, 1889, 

in.8\ 
Sereno Watson. — Contributions to american botany. 

1889, in-8*. 
L. Radlkofer. — Ueber die Versetzung'der Gattung Dobi-- 

nea. Mûnchen, 1888, in-8<>. 
— Ueber die Versetzung der Gattung Henoonia. Mûn- 

chen, 1888, in-8°. 



M. Crëpin analyse deux petites notes qui seront insérées 
dans le compte-rendu de la séance. 

Il annonce le dépôt d'une notice de M. Marchai sur 
deux nouvelles espèces d*Araliacées américaines. Cette 
notice sera insérée dans le compte-rendu de la séance. 

NOTE SUR LE PÉRICYCLE, 
PAR A. De Wevrb. 

Dans ces derniers temps, j'ai eu la curiosité de contrôler 
les faits exposés par les auteurs les plus récents sur la 
nature et la position de la couche de tissu à laquelle 
on a donné le nom de péricycle. Estimant que ceux de 
mes confrères qui ne suivent pas régulièrement les 
progrès de Tanatomie, seraient peut-être heureux de 
connaître les derniers faits acquis sur le péricycle, je me 
suis décidé à leur faire une petite conférence sur ce sujet. 
Gomme je n'avais rien de nouveau ou presque rien 
d'inédit à faire connaître, mon intention n'était pas de 



il 

publier les développements que j'ai donnés en m'aidant de 
dessins ou de figures au tableau noir, mais puisqu'on a 
bien voulu me demander un résumé de ee que j'ai exposé 
devant la Société je m'empresse de satisfaire à ce désir. 

On désigne actuellement sous le nom de péricycle un 
tissu particulier, composé de cellules parenchymateûses 
ordinaires ou subérifiées, qui se trouve dans la racine, 
dans la tige et même dans les feuilles. Ce tissu se distin- 
gucy en outre, par sa situation sous Pendoderme et par la 
faculté de se transformer en divers autres tissus. 

Avant M. Van Tieghem, le péricycle, désigné alors sous 
les noms de péricambium, d'assise rhizogène, etc., 
n'était connu que dans les racines. 

Dans la racine, la première indication du péricycle a été 
donnée par Hugo von Mohi dès 1831. Depuis cette épo- 
que, il a fait Tobjet des recherches d'un grand nombre 
d'observateurs, parmi lesquels nous citerons MM. Nâgeli, 
Leitgeb, Van Tieghem et Olivier. 

Il se reconnaît à première vue, placé qu'il est entre 
l'endoderme et le cylindre central des jeunes racines. 

Généralement, il est formé d'une seule couche de cellu- 
les {Ranunculus^ Veratrum^ etc.), plus rarement, de deux 
couches (Vanilla planifolia)^ ou d'un plus grand nombre 
(8 à 6 dans le Cynodon Dactylon). Il est dit homogène, 
quand ses cellules sont toutes semblables. 

Dans les Légumineuses, dans le Phaseolus vulgaris^ par 
exemple, le péricycle est à une seule couche de cellules 
en face des faisceaux libériens et à plusieurs couches vis 
à vis des faisceaux ligneux. 

Le péricycle est dit hétérogène, lorsqu'il est composé 
de cellules de diverses sortes. Tel il est dans les Araliacées, 
les Onrbcllifères et les Pittosporées d'après M. Van Tieghem, 



42 

de même, suivant M. Morot, dans les Hypericum^ où il 
renferme des canaux oléifères. 

II peut être interrompu et, par suite incomplet, comme 
dans le Cyperus flavescens, où les vaisseaux les plus exté- 
rieurs touchent à Tendoderme. 

Son absence parait être très rare^ car jusqu'ici on ne la 
encore constatée que dans le Pontederia crassipes. 

Primitivement parenchymateux, il peut se transformer 
en tissu de soutien ou de protection. 

C*est à ses dépens que se forment en tout ou en partie 
les racines latérales. Il intervient dans le développement 
dé la racine; il peut produire du parenchyme secon- 
daire et du liège; enfin, il donne naissance aux faisceaux 
libéro-ligneux surnuméraires des Ghénopodiacées , des 
Nyctaginées, des Amarantacées, de VEchaUum elate^ 
rtiim, etc. 

Dans cette dernière plante, ainsi que dans la Betterave, 
la jeune racine nous montre 3 faisceaux ligneux alternant 
avec 3 faisceaux libériens, auxquels, pendant la phase 
secondaire, viennent s'ajouter trois nouveaux faisceaux 
libéro-ligneux. Ces faisceaux sont séparés par des rayons 
médullaires, et entourés du périeycle qui forme un méri- 
stème bilatéral. Ce dernier produit extérieurement du 
liège et intérieurement du parenchyme secondaire. Les 
nouveaux faisceaux fibro-vasculaires qui viennent, par 
les progrès de la végétation, s'ajouter aux anciens, 
prennent naissance dans ce parenchyme secondaire. 

L'existence du périeycle dans la tige n'a été constatée 
que très tardivement. M. Van Tieghem fut le premier 
qui la signala, en 1878. La découverte du périeycle de la 
tige a été retardée à cause de sa distinction difficile d'avec 
les tissus environnants. J'ai pu reconnaître Texactitade 



45 

des faits rapportés par M. Morot dans son étude sur le 
péricycle de la tige. 

Le péricycle de la tige peut se présenter sous cinq états 
diflTérents. 

Tout d*abordy il peut étre^ comme celui de la racine, 
homogène, hétérogène ou incomplet. 

Étant HOMOGÈNE, on le trouve rarement à une seule 
couche de cellules (Lobelia ErinuSj plantes aquatiques, 
par exemple Hippuris); ordinairement, il est à deux ou 
plusieurs couches (^Mesembryanthemum). 

Il a été dit exclusivement formé de fibres dans le Lysi- 
machia vulgaris, mais j'y ai trouvé des cellules parenchy- 
mateuses. 

C'est à rétat hétérogène qu*il se rencontre le plus com- 
munément. Dans le Sagina glabra et le Solanum nigrumf 
il est constitué d'une assisse de cellules fibreuses à parois 
épaisses entremêlées de cellules parenchymateuses ap- 
puyées contre un endoderme peu marqué. 

Dans le cas où il présente plusieurs couches, les fibres 
peuvent être éparses au milieu des éléments parenchyma* 
teux (Pétunia nyctaginiflora), ou présenter une tendance 
à se grouper (Ligastrum vulgare)^ ou à se réunir en ilols 
de 25 à 30 fibres au milieu du parenchyme (Vinca major)^ 
ou enfin se rapprocher plus ou moins en forme d'anneau 
(Ltnum perenné), pour arriver parfois à constituer un 
cercle complet (Boussingaultia baselloides^ Oocalis stricto). 

Une tendance non moins remarquable des fibres du 
péricycle est celle de former des ilôts en face des faisceaux 
h'béro-ligneux (Jasminum officinale)^ qui peuvent même 
former des arcs fibreux (Akebia quinata). 

Le péricycle peut renfermer des canaux sécréteurs 
(Piltosporéesy Bupleurum fruticosum). 



44 

On a signalé le Sollya fruticosa et le Picridium vulgare 
eomme présentant un péricyele composé de parenchyme, 
de fibres et d'éléments sécréteurs. 

Quant au péricyele incomplet, M. Morot Ta signalé dans 
VBydracharis Humboldiii et M. Marié, dans diverses 
Renonculacées (Caliha, Fkaria^ etc.). 

L^absence de péricyele est jusqu'ici connue dans les 
Ceratophyllum et diverses autres plantes. 

Avec Tàge, le péricyele subit de nombreuses transfor-» 
mations. 

II peut devenir scléreux (Clusia Liboniana, Erica sco* 
paria); la sclérose peut envahir le parenchyme placé entre 
les Ilots fibreux [Vaccinium Myrtillus^ Glaucium luieum). 

Lorsque le péricyele fibreux enveloppe le péricyele 
membraneux, il peut arriver que la sclérification atteigne 
ce dernier (Aristolochia Clemaiitis^ Dianlhus plumarius). 

Examinons maintenant les diverses productions déri-* 
vant de Factivité du péricyele de la tige. 

C'est lui qui donne naissance aux racines latérales de 
la tige. 

Les ponts intercambiaux en proviennent. Le dévelop- 
pement de ces ponts peut être facilement observé dans 
VImpatiens parviflora. 

En faisant des coupes dans des tiges suffisamment 
jeunes, on constate la présence de plusieurs faisceaux 
fibro-vasculaires séparés les uns des autres par du paren- 
chyme; contre le liber de ceux-ci, s'appuie un péricyele 
homogène à une seule assise de petites cellules, qui est 
lui-même enveloppé par l'endoderme, reconnaissable à 
ses grandes cellules contenant un peu d'amidon. 

Dans des coupes de tiges plus âgées, nous observons 
que les cellules du péricyele situées entre deux faisceaux 



4S 

libéro-Iigneui^ se divisent en deux par une cloison tangen- 
tielle, donnant ainsi naissance à des ponts de méristème 
qui relient deux faisceaux voisins. Ce méristème produit^ 
vers rintérieur^ des cellules qui se sclérifient et d'autres^ 
externes, qui recommencent à se cloisonner et à fournir 
du sclérencbyme. 

Nous pouvons voir sur des tiges plus âgées encorCi 
qu^une couche de sclérencbyme plus ou moins épaisse s^est 
constituée entre les faisceaux et donne ainsi Tapparence 
d'un anneau ligneux continu. On peut de plus constater la 
formation de petits faisceaux fibro-vasculaires. dans ces 
arcs intercambiaux. 

J'ai étudié la formation de ces arcs dans les Bégonia 
ascottiensis, Artantt^e ampla et Melissa officinalis. 

Le péricycle, en se cloisonnant, peut produire du liège 
vers Textérieur et du parenchyme secondaire vers Tin- 
térieur. C'est surtout dans les rhizomes que ce cas 
s'observe. 

Dans les tiges aériennes, le liège seul se forme géné- 
ralement. On peut facilement le constater dans les Vitis, 
les Berberisy etc. C'est précisément à lui qu'est due l'exfo- 
liation de Técorce de ces arbustes. 

Le péricycle peut encore donner naissance à des 
faisceaux fibro-vasculaires dits faisceaux surnuméraires, 
qui déterminent généralement la formation de zones 
libéro-ligneuses concentriques. 

Ce fait a été constaté par M. Morot dans les monocotylé- 
dones (Draca^na, Yucca), dans les gymnospermes ((?ne(t<m) 
et dans un grand nombre de dicotylédones (Phytolaccéesj 
ChénopodiéeSf Mesembryanthemum^ Amarantacées), ainsi 
que dans une Caryophyllée, le Spergularia média. 

J'ai suivi la formation de ces faisceaux surnumérairea 



46 

dans le Chenopodium murale. Dans une coupe d'une 
jeune tige, nous voyons une douzaine de faisceaux fibro- 
vasculaires isolés les uns des autres par du parenchyme; 
ie tout est entouré d*un péricycle à une ou deux assises 
de cellules et d*un endoderme assez net. 

Plus tard, nous constatons la formation de méristèmes 
partiels aux dépens de certaines cellules du péricycle, 
lesquelles forment des faisceaux intercalaires; dans la 
suite, les cellules interfasciculaires se sclérifient et consti- 
tuent une première zone lignifiée continue. On observe 
des fibres à large ouverture devant les plus gros faisceaux. 

Le péricycle, à un moment donné, produit des méristè- 
mes partiels, qui donnent naissance, vers Tintérieur, à du 
parenchyme secondaire; puis ce méristème différencie 
des faisceaux vers l'intérieur et du liber vers Textérieur. 
Les cellules situées entre ces faisceaux surnuméraires se 
sclérifient dans la suite et donnent ainsi une deuxième 
zone lignifiée. Plusieurs autres zones concentriques 
pourront encore se produire et cela par le même méca- 
nisme. 

Il nous reste à dire quelques mots du péricycle dans la 
feuille. M. Morot a pu constater sa présence dans les 
pétioles de diverses plantes, notamment dans le Datura 
Metel^ VOxalis strictay les Pelargonium, beaucoup de 
Composées, etc. 

Tantôt il forme un cercle complet autour de Tensemble 
des faisceaux, tantôt il se fractionne en autant de petits 
péricydes qu^l y a de faisceaux libéro-ligneux. 

La péricycle peut y être homogène, parenchymateux, 
scléreux,. ou hétérogène. 

L'exposé sommaire que je viens de faire de la structure 
et des fonctions du péricycle suffit, je pense, pour en 



47 

faire voir toute Fimportance et pour démontrer que e*e8t 
à juste titre que Ton en a fait une région distincte et 
spéciale^ au même titre que Fécorce et que le cylindre 
central. 

Aujourd'hui; on doit donc considérer en général la 
racine et la tige comme étant formées de trois zones prin- 
cipales : 

lo L'écorce comprenant tous les tissus situés jusqu^à 
Fendoderme. 

' i^ Le péricycle et les tissus qui en dérivent. 
V 30 Le cylindre central composé de la moelle, du bois, 
du cambium et du liber. 

Dans la racine, une partie du cylindre central secon- 
daire peut parfois être formée par le péricycle. 



DÉCOUVEBTE DU R08A MOSCHATA MILl. EN ARABIE, 

PAR François Crépin. 

Le 10 janvier dernier, M. le Dr Scbvireinfurth m'adres- 
sait de Hodeidah (Mer Rouge) deux spécimens (Fun en 
fleurs, l'autre en fruits) d'une Rose qu'il venait de trouver 
en quantité au Gebel Boura (1000 mètres d'altitude). J'y 
reconnus immédiatement le Rosa moschata Mill., variété 
à folioles glabres, à dents glanduleuses et à côte et 
nervures secondaires chargées de glandes. Cette variété, 
par ses folioles glanduleuses, se rapproche de celle que 
Lindiey a décrite sous le nom de R. Brunonii. 

Dans la région de l'Arabie où M. Schweinfurth a fait 
cette découverte intéressante, c'est-à-dire FYémen, Botta 



48 

avait déjà trouvé le R. moschata sous sa forme abysêinica 
(R. abyssinica R. Br.)(^)« 

On aurait pu croire que la variété (^ysginica, qui est 
nettement caractérisée quoique possédant tous les carac- 
tères essentiels du jR. moschata j devait ses différences & son 
habitation à Textrémité occidentale de Taire de distribution 
de respèce, mais voilà que la présencCi en Arabie, du 
R. moschata plus ou moins typique, nous force à chercher 
une autre cause à la production de cette variété. Reste 
maintenant à savoir si la variété abyssinica n*est pas d*orî- 
gine plus ancienne et n*a pas précédé, en Arabie, l'arrivée 
de la forme orientale du R. moschata découverte par 
M. Schweinfurth. C'est probablement là un problème 
qu'on aura de la peine à résoudre. On pourrait peut-ècre 
penser que Texistence, dans ITémen, de la Rose du 
Gebel Boura est due à une introduction moderne par le 
fait de Thomme, mais comme M. Schweinfurth est an 
botaniste trop expérimenté pour considérer comme spon- 
tanée une espèce subspontanée ou naturalisée, j*estime 
qu'il n'y a pas lieu de s'arrêter à cette supposition. 

La distribution géographique du R. moschata réclame 
une rectification. J'avais compris la Perse(^ dans Taire 
géographique de cette espèce, or, d'après les renseigne- 
ments que m'a fournis M. le Dr Haussknecht, le 
R. moschata n'existerait en Perse qu'à l'état cultivé, de 
même que dans le partie occidentale de l'Afghanistan, 
selon ce que m'a écrit M. le Dr Aitchison. 

Les faits qui nous sont actuellement connus nous 

(1) Voir Prim, Monogr, Roêar,, B« fasc, in fiull. Soc. roy. boti Belg., 
t. XVIII, première partie, p. 295. 

(2) Voir BulleUn^ t. XXVII, 2e partie, p. 110. 



49 

montrent ce type descendant obliquement de rextrémité 
occidentale de l'Himalaya dans les montagnes orientales 
de TAfghanistan, pour sauter de là dans ITémen et en 
Abyssinie. Peut-être le trouTcra-t-on dans les montagnes 
du Belutschistan et de Textrémité orientale de TArabie. 



ROSA COLLETTI. 

UNE ROSE NOUVELLE DÉCOUVERTE PAR M. LE GÉNÉRAL 
COLLETT DANS LE HAUT BURMA, 

par François Grépin. 

M. le général Gollett consacre les loisirs que lui laissent 
ses fonctions à étudier la flore du royaume de Burma» qui 
était encore fort peu connue. Ses recherches, comme on 
le sait, avaient amené la découverte d*une espèce nouvelle 
de Rose, le Rosa gigantea. A ce type des plus distincts et 
des plus intéressants, on peut aujourd'hui en ajouter un 
second, également nouveau, que je vais décrire^ en le 
dédiant au savant ofiicier de Tarmée anglaise. 

Les deux échantillons de cette espèce inédite que j'ai 
reçus par Tintermédiaire du Jardin botanique de Calcutta, 
étaient accompagnés d'une étiquette portant: « Flora of 
Upper Burma : Shan Hills. Rosa? Near R. longicmpis. 
Nearly off flowers. Hab. Tamakan et Noungtaya. Air. 
3,000 feet. May 1888. » 

Ces deux spécimens ont beaucoup souffert dans leur 
transport par la poste. On ne peut juger de la forme de 
rinflorescence. 

/^^ Bosa Oolletti. — Inflorescence multiflore, & bractées secondaires 
très étroites, plus oa moins membraneuses et probablement assez promp- 
tement caduques 3 pédicelles à articulation non basilaire, à bractéoles 



r" 



sétaeëes, allottgëes êl probablement asses promptement caduques; boa-- 
tons asses largement oToïdes, asses brusquement atténues en pointe 
courte; sépales largement lancéolés, asses brusquement atténués en 
pointe courte, les extérieurs à 2-4 appendices latéraux étroits et courts; 
corolle petite; colonne stylaire asses courte, épaisse, velue; feuilles 
moyennes des ramuscules florifères 7-folioIées ; folioles oTales-elIiptîqoes, 
arrondies à la base ou un peu atténuées, ordinairement brièTemeni 
atténuées au sommet et obtusiuscules, glabres en dessus, i cAte pubes- 
cente, à dents petites, superficielles; stipules libres ou presque libres, 
sétacées, pubescentes. 

Par ces stipules libres ou presque libres, cette espèce 
vient se ranger à côté du A. microcarpa Lindl. En pré- 
sence des deux spécimens assez avariés du A. Colleiti, 
il ne m*est guère possible de signaler toutes les difle- 
rences qui séparent cette Rose du R. microcarpa. Je puis 
cependant dire que le faciès de Tespèce du Burma est 
bien différent de celui du type chinois, dont elle se distia- 
gue, en outre, par la forme de ses sépales et de ses 
folioles, et par ses stipules qui sont un peu plus adnées. 
J'ai lieu de penser que le mode d'inflorescence n'est pas 
le même dans les deux espèces. 

Il faudra attendre l'arrivée de nouveaux matériaux 
pour établir complètement les caractères propres au 
R. Colleta. 

Les deux ramuscules florifères sur lesquels j'ai rédigé 
la description précédente ont leurs axes inermes; les 
pétioles, qui sont pubescents, présentent assez souvent de 
petits aiguillons crochus; les pédicelles sont densément 
velus et la pubescence s'étend sur les réceptacles, qui 
paraissent devenir plus gros que dans le R. microcarpa. 

Il est à remarquer que *dans les R. microcarpa et 
R. Colletti la colonne stylaire est moins allongée que dans 
les autres Synstylae. 



51 

Par la découverte du R. CoUeiti^ le nombre des espèces 
de la section des Synstylae s*élève actuellement à douze. 

A la fin de mon travail intitulé Rosœ Synstylae, publié 
en 1887 dans le tome XXV du Bulletin, je fais allusion 
à une Rose originaire du Fuji-no-yama (près dTédo) 
figurée par M. Takasima. La planche reproduisant cette 
Rose m'avait fait penser qu'elle pouvait être une espèce 
de la section des Synitylae, mais ne concernerait-elle pas 
la Rose que j'ai dénommée autrefois sous le nom de 
R. nipponensis? 



DIAGNOSES DE DEUI ESPÈCES NOUVELLES DE 

DIDTMOPANAX, 

PAR É. MaRGHAL. 

Dldijinopanaz fàleatani sp. nov. 

D. foliis 6-8-natis, foliolis plerumque inaequilateribus^ 
insigniter falcatis, linearibus longe acuminatis, basi aculis, 
margine revolutis integerrimis haud undulatis, rigidis 
consistantia pergamaceis; umbellis in paniculam latera- 
lem brevem diffusam dispositis, post anthesin fructibus 
3-7 ornatis, breviter pedunculatis, pedunculo erecto vel 
patulo; drupa parva valde compressa vix longiori quam 
lata, inferne breviter attenuata, stylis apice recurvatis 
coronata. 

Arbor vel frutex ? Rami 5-8 mm. crassi, ad apicem 
pube tenui adpressa griseo-flavida plus minus detergibili 
induta. Petiolus communis 9-12 cm. longus, striatus, basi 
brevissime dilatatus. Stipula intrapetiolaris parum evoluta, 
subsquamiformis ovato-acuta. Petioluli 1-1 «/â cm. longi, 
auguste canaliculatii tandem glabri. 



Foliota fere omnia aequalia, lateralia parum decres- 
centia 9-13 cm. longa atque 7-9 mm. lata, subtus 
dense pubescentia, reti nervorum vix prominulo. Pani- 
cula 6-8 cm. longa; ramî primarii ascendentes angu- 
lati, superne parce ramulosi. Umbellarum pedunculi 
1*1 i/s cm. longiy compresso-sulcati, squamulis cras- 
siusculis suffuUi. Pedicelli graciles sulcati, K-7 mm. 
long!) sicut pedunculi tenuiter pubescentes. Flores non 
vidi. Drupa diametro transversal! cire. 6 mm., longii. 
7 mm. metiensy baud distincte costata, pube partim 
deleta. 

Habitat in sylvaticis provinciae Rio de Janeiro : Glaziou 
no 17018 (1888) in Herb. Brux. 

Adnot. — Didymopanax elegantissimum foliolis eximîe 
curvatis angustissimis et drupae characteribus ab omni- 
bus congeneribus discrepans. 

DMjrmopanax acamlaatoin sp. noy. 

D. foliis 5-7-natis, foliolis ovatis vel ovato-ellipticis, 
apice longe acuminatis basi acutis, margine siccitate leviter 
revolutis undulatis, crassiusculis et coriaceis^ umbellis in 
paniculam mediocrem laxiusculam digestis, 12-20-floriSy 
longiuscule pedunculatis; petalis oblongo-lanceolatis ; stylis 
sat brevibus calycem paulo superantibus; drupa mediocri 
valde compressa^ latiori quam longa, superne emarginata. 

Arbor tomento rufo sericeo adpresso detergibili vestita. 
Rami apice S-10 mm. crassi, cortice irregulariter corru- 
gato^mox glabrati.Folia ad ramorum apicem approximata. 
Petiolus 12-20 cm. longus, eximie sulcatus^ basi breviter 
dilatatus. Stipula intrapetiolaris mediocris, apice rotun- 
data vel subbifida. Petioluli S-7 cm. longi^ sulcati. Foliola 
parum inaequalia, 10-15 cm. longa atque 5-7 cm. lata^ 



i(3 

juniora atténua ta, utrinque rufo tomentosa demum gla- 
berrima; costa valida, nervi 5-7 rectiuseuli et obliqui vix 
prominentes. Panieula 20-30 cm. longa; rami primarii 
graciles sulcati, superne ramosi basi denudati; secundarii 
ascendentesy 5-81ongi. Pedunculi i, 5-2 cm. longi. Pedi- 
celli tomentosi, 3-6 mm. longi^ teretes, apice globuloso- 
dilatati, sicut omnes axes inflorescentiae basi bracteolati. 
Bractae brade olaeque brèves squamiformes, apice fréquen- 
ter acutiusculae. Alabastrum elliplicum tomentosum. 
Galycis marge angustus acute 5-dentatus.Petala uninervia. 
Styli apice vix recurvati. Drupa diametro transversal! 
8-9 mm., longit. 6-7 mm. metiensi obscure costata 
tandem glaberrima. 

Habitat locis Brasiliae haud indicatis: Glaziou n. 17014 
etn. 17017 inHerb. Brux. 

ildno^ — : Species facie Didymopanax gltAratum Dcn. 
et Planch. paulo referens, a quo foliolorum fructuumque 
characleribus statim dignoscitur. 



M. Louis Haelewycky pharmacien, à Gharleroi, pré- 
senté par MM. Péque et €répin, demande à faire partie 
de la Société. 



La séance est levée à 8,20 heures. 



COMnES-RENDUS DES SÉANCES 



as LA 



SOCIÉTÉ ROYALE DE BOTANIQUE 

DE BELGIQUE. 

ANNÉE 1889. 



Séance mensuelle du 13 avril 1889. 

Présidence de M. Delognb. 

La séance est ouverte à 7.40 heures. 

Sont présents : MM. Delogne, De Wevre, De Wilde- 
man, Th. Durand, Francotte, Ë. Laurent, Losseau, 
Van der Bruggen, Van Nerom et Vindevogel; Crépin, 
secrétaire. 



M. Errera, vice-président, fait excuser son absence. 



Le procès-verbal de la séance du 9 mars 1889 est 
approuvé. 

M. le Président proclame M. L. Haelewyck, membre 
effectif de la Société. 



M. le Secrétaire donne lecture de la circulaire suivante 
adressée par la Société botanique de France : 

Comité d'organisation du Congrès botanique de 1889. 

Paris, le i5 mars 1889. 

MONSIBDB, 

La Société botanique de France a décidé qu'elle saisirait l'occasion offerte 
par TExposition unireirselle, pour inviter les personnes qui, à Pétranger 

5 



m 

comme en France, 8*oeeapent de botanique», à se réunir à Paris, en 
Congrèê, dans la seconde quinsaine du mois d*août 1889. Tons les 
botanistes qui assisteront au Congrès pourront y présenter des travaux 
sur les sujets de botanique pure ou appliquée qui leur sont le plas 
familiers, et en provoquer la discussion. 

La Société a pensé qu*il y aurait lieu« en outre, de profiter du séjoar 
simultané à Paris de nombreuses notabilités scientifiques, pour porter la 
lumière sur quelques questions importantes. Elle croit opportun, par 
exemple, d*appeler l'altention du Congrès sur celles-ci : 

{• De Tutilité qu*il y aurait k établir, entre les diflférentes sociétés, les 
diflférents musées botaniques, une entente pour arriver à dresser des cartes 
exactes de la répartition des espèces et des genres de végétaux sur le globe. 

Ce serait une œuvre analogue à celle que sont en voie de réaliser, pour 
les caries géologiques, les Congrès géologiques internationaux. 

Une exposition de cartes, livres, brochures, photographies, etc., relatifs 
k la géographie botanique, aura lieu, pendant la durée du Congrès, dans le 
local même où il se tiendra. 

2* Des caractères que l'anatomie peut fournir à la classification. 

La Société botanique de France serait heureuse, Monsieur, qne vous 
voulussiez bien, par votre présence et votre concours actif, contribuer au 
succès de la réunion k laquelle nous avons Phonneur de vous invileren son 
nom. Nous vous serons reconnaissants de nous faire savoir avant le 1» juin 
prochain (par une lettre adressée au secrétaire du Comité, rue de Gre- 
nelle, 84, à Paris), si vous avez Pintention d'y assister. Dans ce cas, vous 
recevrez ultérieurement, avec l'annonce du jour qui sera fixé pour l'ouver- 
ture du Congrès, une convocation spéciale. Nous vous prions enfin d*avoir 
Pobligeance de nous indiquer le plus tôt possible les titres des travaux écrits 
ou communications verbales que vous pourriez apporter au Congrès. 

Veuillez agréer, Monsieur, Tassurance de nos sentiments les plus 
distingués. 

Le Préiident de la Sodélé, 
PréiiderU du Comité d'organisation, 

H. DB YiLMOaiH. 

Le Secrétaire du Comité d'organisation, 
P. MAcav. 



87 
Ouvrages reçus pour la bibliothèque : 

J.-M. CouLTBR et J.-N. Rose. — Révision of North 

American UmbeHifer<ze» Grawfords villes 1888, 

in-8*. 
L. Errera. — Sur des appareils destinés à démontrer le 

mécanisme de la turgescence et le mouvement des 

stomates. Bruxelles, 1888, in-8®. 
J. MûLLER. — Lichenes Sandwicetises. Marburg, 1889, 

in-8*. — Lichenes Portoricenses. 1888, in-8®, 

— Lichenologische Beilràge, XXX, 1888, in-8«. 

— Revisio Lichenum Eschweilerianorum. 1888, 
in-8®. — Lichenes Spegazziniani in Staten 
Islandf Fuegia et in regione freti magellanici 
lecti. Firenze, 1889, in-8-. 



M. le Secrétaire donne lecture d'une notice par M^*^ M. 
Goetsbioets. 

M. De Wildeman expose quelques faits nouveaux con- 
cernant le genre Trentepohlia. 

M. Crépin lit deux notes sur le genre Rosa. 

M. le D' Van Bambeke fait déposer, par M. Errera, 
un mémoire accompagné de planches. Le mémoire sera 
soumis à Texamen de M. Errera et Marchai. 

NOTE SUR LE LEDUM PALUSTRE L, PLANTE SIGNALEE 
AUTREFOIS DANS LA CAMPINE LIMBOURGfEOISB, 

PAR Maria Gobtsbloets. 

Le Ledum palustre L., ou Romarin de Bohème, 
jolie Éricinée des régions boréales(l), a été signalé à diffé- 

(f) Cette plante, dans certains pays où elle croit abondamment, est 
employée en médecine (contre la coqueluche et les affections cutanées), et 



58 

rentes reprises dans les Flores belges, eomme eroissant 
spontanément aux environs de Lanklaer^ dans la province 
de Limboui^. 

La partie orientale du territoire de cette commune se 
différencie notablement du reste de la Campine limbour- 
geoise par une chaine de collines d*une cinquantaine de 
mètres d'altitude, qui s'y étend du Nord au Midi, et qui 
semble exercer une certaine influence sur la flore et la 
faune dans cette région. 

Depuis plusieurs années, différentes découvertes intéres- 
santes pour la faune du Limbourg(^) ont été faites^ pour 
ainsi dire, sous mes yeux, dans cette localité, où chaque 
année j*habite avec mes parents un chàlet pendant quelques 
semaines de la bonne saison. C'est même à cette occasion 
que mon goût pour les sciences naturelles prit naissance. 

Mon attention avait été attirée sur le Ledum palustre dont 
quelques échantillons desséchés que j*avais reçus m'avaient 
vivement fait désirer de retrouver celte rare espèce, si 
caractéristique par ses feuilles recouvertes en dessous d'un 
joli feutre couleur de rouille. 

M. le docteur Bamps m'ayant dit qu'on l'avait signalée 
au hameau de Vilvert ou Viesveld près d'une pépinière 
du vicomte Vilain XIIII et qu'en 1 865 le bourgmestre de 
Lanklaer l'y avait fait récolter par les membres de la 

dtni l'indiutrie, où elle sert, raélëe & l^écoree de bouleau, i dooner au cuir 
de Russie, par le tannage, l'odeur qu*on lui connaît. Voir : Répertoire dee 
plantée utUee, etc., par A. Ducnasifs. 

(I) Voir à ce sujet : Note eur quelquee eepèeee raree de la faune dee 
vertébrée de la Belgique obeervéee dane le Limbourg belge^ par le docteur 
C. Bàmps, dans les Bulletitu de i* Académie royale des eciencee de Belgique^ 
1887^ et Note êur la découverte, à Lanklaer, du Gamptocleie glabra Herbet, 
orthoptère nouveau pour la Belgique^ par le même. 



»9 

Société royale de botanique, je me rendis, à (oui hasard, 
chez le premier magistrat de la commune, qui se trouva 
heureusement être le même encore, qui, 93 ans aupara- 
vant, avait conduit les botanistes à la cueillette de Tintéres- 
sante espèce. Le respectable vieillard se rappelait fort bien 
ce détail de sa vie, mais il me désillusionna fort en me 
disant que la pépinière en question était abandonnée et que 
depuis plus de 15 ans il n'avait plus revu le Ledutn 
qui y foisonnait pourtant dans sa jeunesse. 

Nonobstant ces nouvelles peu encourageantes, je me 
mis résolument à la recherche de cette plante sur rem- 
placement et aux alentours de l'ancienne pépinière. Hélas, 
mes investigations furent complètement vaincs; mais, 
grande fut ma surprise de trouver dans ces localités arides 
et sauvages, dans les bois de pins qui couvrent les flancs 
des collines, de beaux massifs de Rhododendron maxi- 
mum et de vigoureuses touffes de Kalmia latifolia qui 
semblaient végéter là comme dans le terrain le mieux 
approprié de leur nature. 

Malgré la beauté et Tétrangeté du spectable, je fus, je 
Tavoue, désappointée, car je venais d'acquérir la quasi- 
certitude que jamais le Ledum n'avait été réellement indi- 
gène à Lanklaer (!)• Et, en effet, il lest certainement moins 
que les Rhododendron et les Kalmia qui, mieux que lui, 
ont résisté à notre climat, et répondu à l'attente des 
ancêtres du vicomte Vilain XIIII, dans les tentatives faites 
par eux pour acclimater ces belles espèces exotiques. 

Je crois devoir signaler le fait, pour épargner aux bota- 



(1) M. Crëpin du reste avait déjà rayé définitivement cette espèce des 
dernières éditions de sa Flore. 



60 

nisteSy qui, dans Tavenir, se rendraient dans ces parages^ des 
illusions trompeuses et des déceptions améres. 

Je fus pourtant, j*ai hâte de le dire, dédommagée du 
résultat négatif de mes recherches parla récolte de quelques 
rares espèces, assez abondantes dans les environs de 
Lanklaer. 

Je citerai le Lycopodium Chamaecyparissus, le Lobelia 
Dortmannay VÀndromeda polifoUa^ VEriophorum vagina- 
tum, ainsi que de beaux et nombreux exemplaires (mesu- 
rant plus de 50 centimètres de hauteur) d^me variété du 
Calluna vulgaris^ d*une blancheur éclatante qui firent les 
délices de mes compagnes d*herborisation. 



RECH ERCH ES 

A PAIRE PODB ÉTABLIR EXACTEMENT 

LES ÉPOQUES DE FLORAISON ET DE MATURATION 

DE8 BSPèCES DANS L.H. GENRE R06A, 

PAR François Crépin. 

Dans le genre Rosa^ comme dans beaucoup d'autres 
genres, les descripteurs ne sont principalement attachés 
aux caractères morphologiques, laissant trop souvent dans 
Toubli les caractères biologiques. Nous estimons quMI y 
aurait grand avantage à porter Tatlention sur ces derniers 
caractères au point de vue de la distinction des espèces et 
de leurs groupes subordonnés. Il y a lieu de penser qu'une 
floraison ou qu'une maturation plus précoce ou plus tardive, 
non causée par les circonstances de lieu ou de climat, pré- 
sente une certaine valeur au point de vue de la spécification 
et doit être consignée dans les descriptions au même titre 
que les autres caractères spécifiques. 



61 

On a énormément écrit sur les Roses; malgré cela, 
si Ton devait établir Tépoque plus ou moins exacte de la 
floraison et de la maturation des espèces de ce genre, on 
ne parviendrait à trouver qu*un fort petit nombre d*indi- 
cations plus ou moins précises concernant cet objet. La 
grande majorité des auteurs 8*est contentée d'indiquer 
juin ou juillet pour date de la floraison dés Roses, et parfois 
la fin du mois de mai. 

Quelques monographes, parmi lesquels nous citerons 
M. Christ, ont été moins vagues dans leurs indications. 

Plusieurs auteurs ont attiré Tattention sur la maturation 
plus précoce de certaines formes. C'est ainsi que El. Fries, 
en parlant de son Rosa coriifolia, dit que les réceptacles 
sont mûrs un mois avant ceux du A. canina. (Novit. fl. 
Suec.^ éd. ait., p. 148). A leur tour, MM. Burnat et 
Gremli, dans leurs Roses des Alpes maritimes^ p. IIS, 
bnt cette remarque : « En Suisse, nous avons vu les 
urcéoles de la R. glauca typique colorés avant ceux de 
la R. caninùf lorsque nous avons pu rencontrer ces 
deux Roses dans une même station. D'autres observa- 
tions montrent que plusieurs de nos Canineoe^ à sépales 
redressés, paraissent avoir des fruits plus précoces que 
ceux des espèces voisines, à sépales réfléchis. Pries 
(Nov.f éd. I) avait déjà insisté sur ce caractère pour sa 
R. coriifolia, relativement aux R. canina. » Ces mêmes 
auteurs, aux notes rectificatrices, p. 130, ajoutent : 
Nous avons dit, p. 115, qu^il paraissait y avoir une 
relation entre la persistance des sépales et la colora- 
tion précoce de Turcéole. Il y a peut-être là un nouvel 
exemple de concordance des caractères qu'il faudrait 
observer sur d'autres espèces que celles pour lesquelles 
ce fait a été signalé jusqu'ici. Ainsi R. tomentosa a des 



6!i 

« urcéoles qui se colorent plus lard que ceux des espèces 
c très voisines : R, mollis et pomt/era (cf. Baker, Monag.; 
c Godron, Ex. pi. bot. Lorr., p. il); de même la R. 
< canina comparée à la R. glauca (G. R. S., p. 43;, 
« R. Chavini à R. montana (Reuter, Cal.^ p. 69), et 
« R. dumetorum à R. coriifolia (Pries, Nov. ; Koch, Syn.^ 
« p. 242). > 

Nous avons pu constater fréquemment, et la même 
observation a été faite par un grand nombre de spécialis- 
tes, que les R. glauca et R, coriifoUai^) mûrissent leurs 
réceptacles quinze jours, trois semaines et même un 
mois avant la plupart des formes du R. canina à sépales 
réfléchis. Remarquons toutefois que l'époque de la matu- 
ration de ces deux Roses est soumise à des variations 
dues è Texposition, à la nature du terrain, à Taltitude, etc. 
Pour ces formes, comme pour toute autre espèce du genre, 
l'avance ou le retard dans la floraison et la maturation 
ne peut être établi exactement qu'entre des pieds croissant 
dans les mêmes conditions. Il faudra faire un grand 
nombre d*obser\'ations avant de pouvoir préciser qu'elle 
peut être la moyenne des jours d'avance ou de retard 
dans la floraison et la maturation des diverses espèces. 

MM. Burnat et Gremli parlent d'une différence entre 
la maturation du R. Chavini et celle du R. montana. 
Avant de pouvoir établir cette comparaison, il faudra, au 
préalable, s'entendre sur Tidentité du R. Chavini qui, 
jusqu'à présent, nous parait être une forme litigieuse 
encore mal délimitée. 

Quant à la maturation plus tardive du R. tomentasa 

(l)Ge8 deux noms embrassent aiiyourd^hui une mnltîtude de formes les 
plus diverses, dont Pélude approfondie reste à faire pour en fixer la valeur 
et le rang hiérarchique parmi les groupes subordonnés du R. canina. 



63 

comparée à celle des R. mollis et R. pomifera, on peut 
Tadmettre provisoirement, mais avant de Taccepter défini- 
tivement, il faut recueillir de nombreuses observations 
et évitant de confondre, comme on l'a parfois fait, des 
formes montagnardes du iR. lomentosa^ par exemple, le 
R. omiêsa Déségl., à sépales redressés et demi-persistants, 
avec le R. moliis. Il faudra, en outre, examiner s'il 
n*existe pas de différence, sous le rapport de la maturation, 
entre le groupe des formes du fl. tomentosa à sépales 
réfléchis et celui des formes à sépales redressés et couron- 
nant le réceptacle jusqu'à sa maturité. 

A propos de précocité de floraison, nous croyons devoir 
attirer Pattention sur Tépoque de la floraison d'une Rose de 
Croatie, le Ro$a zagrabiensis Braun et VukO). M. Vuko- 
tinovic nous a écrit que cette Rose fleurit avant toutes les 
autres espèces qui croissent dans les environs d'Agram. Sur 
les nombreux échantillons qu'il nous a envoyés, nous avons 
relevé des dates de floraison allant du 16 au 21 mai. 
D'autre part, la maturation parait être précoce et précéder 
de beaucoup, par exemple, celle du R. canina. Le 
R. zalana Wiesb., qui semble être identique au R. zagra- 
bienêisy présente la même précocité que celui-ci, du moins 
dans son habitation classique. Cette précocité nous fournira 
peut-être un renseignement utile pour élucider quelques- 
unes des formes faisant partie du groupe du R. caryophyl- 
lacea de certains auteurs. Selon nous, ce groupe est 
constitué de choses hétérogènes qu'il s'agit de débrouiller 
par une étude approfondie. 

(1) Nous croyons aroir reconnu cette forme« ou au moins une forme très 
affine, dans des spécimens récollés h Faensa, par Caldcsi, et en Sicile, par 
M, Todaro. 



64 

Nous ne donnerons pas plus de développement à cette 
petite note, qui suiBra sans doute pour éveiller Tattention 
des spécialistes sur un point trop négligé de l'étude des 
Roses. 

Nous les engageons à recueillir des observations nom- 
breuses sur répoque précise de la floraison et de la 
maturation des espèces qu*ils peuvent rencontrer dans 
leurs herborisations. Nous leur conseillons, en outre, de 
toujours indiquer, sur les étiquettes d'herbier, la date exacte 
des récoltes et ne point se contenter de renseigner seule- 
ment le mois, comme on le fait trop souvent. 



CODEUR DES 6LANDES DANS LE GENRE ROSA, 

PAR François Crépin. 

Les glandes, auxquelles certains auteurs font jouer un 
si grand rôle pour la distinction des espèces dans le genre 
Rosa, n*ont point encore été étudiées d*une façon suffisam- 
ment attentive au point de vue de leur odeur. 

Si l'odeur des fleurs varie plus ou moins selon les 
espèces et peut servir comme caractère spécifique dans 
certains cas, il ne nous parait pas douteux que l'odeur 
des glandes puisse être également employée dans la 
spécification. 

Mais si, pour les caractères de forme, de dimension, 
de volume, de direction, d^indument, il est assez facile 
d'exprimer leurs différences par des termes plus ou moins 
précis et compris de tout le monde, il n'en n'est pas de 
même pour les caractères tirés de Todeur des fleurs et 
des glandes. 

En ce qui concerne la fleur, il y a certes des espèces à 



65 

odeur très caractérisée, telles sont le Rosa lutea^ à odeur 
plus ou moins fétide, le R. Banksiae, à odeur de violette, 
le R. moschata^ dit-on, à légère odeur musquée. 

On ne confondra pas Todeur de la Rose de Bengale avec 
celle de la Rose Centfeuille ou celle de la Rose de Damas. 

Seulement, à côté des Roses précédentes, il en estd*autres 
dont Todeur faible^'ou presque nulle ne permet que des 
distinctions très vagues. 

L'odeur des glandes offre moins de ressources que celle 
des fleurs et, de plus, elle est assez difficile à définir. 
Malgré cela, nous estimons qu*il y a une grande utilité à 
Tétudier avec attention et qu'elle peut offrir de bonnes notes 
distinctives. 

L'espèce qui parait avoir les glandes les plus odorantes 
est \eRosa rubiginosa L., que les Anglais appellent vulgaire- 
ment Sweet Briar. Ces glandes, dont l'odeur a été com- 
parée à celle de la pomme de reinette, se sentent à distance, 
parfois à plusieurs mètres. L'odeur caractéristique du 
R. rubiginosa parait être commune à toutes les espèces ou 
formes de la tribu desRubiginae : R. micrantha, R. sepium, 
R. graveolens^ A. glutinosa, etc., etc. Toutefois, elle est 
plus ou moins prononcée ou plus ou moins faible selon les 
espèces. 

Certains auteurs ont compris, dans la tribu du Rubiginae^ 
un groupe de formes glanduleuses, ayant pour chef de file 
le R. caryophyllacea, dont l'odeur rappellerait celle des 
clous de girofle. Jusqu'à présent, nous n'avons pu encore 
nous assurer si cette odeur est bien telle qu'on la définit. 
Il importe beaucoup que l'on soit fixé sur cette odeur; 
celle-ci pourra peut-être nous offrir un caractère qui nous 
mettra à l'abri, du moins sur le vif, de certaines confu- 
sions spécifiques entre les Caryophyllaceae et les vraies 



66 

Rubiginae. On sait qu*il existe des formes de Caryophy- 
laceae simulant assez fidèlement certaines Rubiginae. 

L'odeur des glandes n'est point à négliger, répétons-le, 
et ayons soin de l'employer dans certains cas douteux. Il 
est vraisemblable que si le prétendu R. Pouzini qu'on a 
observé en Suisse, près de Follaterres, avait été soigneuse- 
ment flairé, on n'y aurait jamais vu qu'une variété du 
R. micrantha Sm., c'est-à-dire une vraie Rubiginée et non 
pas une Canine. 

Plusieurs spécialistes ont été tentés de voir des rapports 
assez étroits entre le R. tomentella et les Rubiginae à cause 
des glandes sous-foliaires de certaines variétés; or ces 
glandes sont à peu près complètement inodores et ne 
rappellent aucunement l'odeur de celles des Rubiginae. 
Au surplus^ les caractères morphologiques du R. tomentella 
n'autorisent pas, à notre sens, le rapprochement qu'on a 
voulu faire. 

Les R. mollis^ R. pomifera et R. tomentosa présentent 
fréquemment des glandes sous-foliaires plus ou moins 
abondantes. Ces glandes ne décèlent leur odeur que par le 
froissement. Cette odeur, qu'on pourrait appeler résineuse, 
ne rappelle pas celle des Rubiginae. 

Les R. caninoy R, Pouzini, R, glauca, R. coriifoUa, 
R.uriensiseiR. montana produisent des variations à glandes 
sous-foliaires plus ou moins abondantes. L'odeur de ces 
glandes parait être à peu près nulle. On fera toutefois bien 
de l'observer avec le plus grand soin, afin de s'assurer si 
l'on ne peut pas en tirer parti au point de vue où nous 
nous sommes placé. 

Tout en s'occupant de l'odeur, les observateurs exami- 
neront attentivement la forme et l'aspect des glandes. Dans 
les vraies Rubiginae^ la tète des glandes semble être, en 



67 

général, plus grosse que dans les autres espèces cilées 
précédemment; par suite de Fabondance de son contenu 
de sécrétion, cette léte reste plus longtemps translucide ou 
brillante; elle ne se dessèche et ne noircit pas plus ou 
moins promptement comme dans la plupart des Canines 
glanduleuses et, peut-être, comme dans les Caryophyl- 
laceae. 

Il y a là, pensons-nous, des observations délicates à 
faire qui présentent un véritable intérêt. 



OBSERVATIONS SDR QUELQUES FORMES DE TRKiNTK- 

POHLIA, 

PAR È. De Wildeman* 

Dans une note précédente, j'ai auiré Tattention sur 
un Trentepohlia JoHthus Wallr. récolté en Suède par 
M. Andersson; cette forme présentait comme caractère 
des fructi6cations pédiceliées. Dans un récent envoi que 
m'a fait M. Andersson, d'Upsal, j*ai retrouvé deux 
formes analogues, provenant Tune de M. Holmgren, ré- 
coltée en 1886 ; l'autre de M. Bohlin, récoltée en 1888. 

Si j'en parle encore aujourd'hui, c'est que cette variation 
me parait confinée dans les pays du Nord; je n'ai vu, en 
effet, de fructifications pédiceliées chez celte espèce que 
dans des échantillons suédois. Il y aurait donc à recher- 
cher d'abord si cette forme se retrouvera dans d'autres 
pays, par exemple en Russie, et, en outre, si dans ces pays 
l'on rencontre toujours les deux fructifications sur un 
échantillon. Il faudrait aussi établir dans quelles con- 
ditions de végétation ces algues se rencontrent ; on 



68 

arriverait peut-être ainsi à déterminer la cause de cette 
variation dans les fructifications. 

Un fait analogue se présente pour le T. umhrina (Kûtz.) 
Born. var. elongata Bleisch, qui, diaprés, certains auteurs, 
constitue une espèce distincte, mais qui me parait consti- 
tuer une simple variété du type auquel elle se relie par one 
série de formes intermédiaires. Presque tous les échan- 
tillons du Nord qui se rapportent au groupe du J. umbrina 
Born. y représentent cette variété. Les mêmes recherches 
seraient donc aussi à faire au sujet de cette espèce. Un fait 
est à faire remarquer, c'est que la forme elongata parait se 
rencontrer surtout sur Técorce du bouleau. 

JetrouvCydans le travail sur les algues recueillies pendant 
le voyage de la frégate « Novara »(^)y la description d'une 
variété tenuior Grun. du Chroolepus flavum Kûtz. J*ai pu 
étudier cette variété grâce à des échantillons originaux mis 
à ma disposition par M. Nordstedt. Aussi je suis heureux 
de présenter ici mes remerciements à MM. Nordstedt et 
Andersson» pour les nombreux envois qu'ils m'ont fait 
parvenir. 

Dans la description donnée par Kûtzing dans son Spe- 
cies(^, on trouve la phrase suivante : « spermatiis lateraii- 
bus numerosis approximatis, sessilibus truncatis. » 

Dans la description de la variété, nous trouvons : c bre- 
vis articulata, sterilis »(3>. 



(1) Reùe seiner Majeslàt Fregatte Novara um die Erde; Algen, vod 
A. Gbunow, p. 'il. 

(2) RÛTEiNe. Species algarumf p. 428. 

(3) Gborow. Loc. cit. 



69 

L'échantillon que j'ai examiné, contrairement à ce que 
dit la description, m'a montré des fructifications^ mais 
loin d'être sessiles comme celles que nous indique Kûlzing, 
et que l'on peut remarquer» par exemple, chez la var. tahi- 
teme Grun. de la même espèce, elles sont pédioellées 
comme celles de la forme uncinata du T. aurea Mart. 

J'ai eu également l'occasion d'examiner quelques autres 
spécimens de Trentepohlia exotiques appartenant aux 
formes décrites sous les noms de Chroolepm Tuckerman- 
nianum Montag. et C. villosum Kûtz. 

Si l'on examine d'un peu près des exemplaires authenti- 
ques de ces formes, on se convaincra qu'il n'y a pas moyen 
de les distinguer spécifiquement, et que les auteurs qui 
admettent deux espèces, se basent sur des caractères de 
détail de peu de valeur, tels que l'épaisseur de la mem- 
brane cellulaire et le diamètre des filaments. 

Les échantillons que M. Nordstedt ma communiqués 
portent les étiquettes suivantes : 

Chroolepm flavum var.? (C. Ttickermannianum affine). 
Opolu Samoa Archipel (D' Graeffe). Ex. herb. Grunow. 

C, TfÂckermannianumMoni. — Texas(Herb. Montagne). 
Ex. herb. Grunov^. 

C. villosum Kûtz. — Brasilia, Sellow (specim. original). 
Ex. herb. Grunow. 

L'herbier du Jardin botanique de Bruxelles possède 
également un échantillon de cette dernière espèce pro- 
venant de Rio-Janeiro et communiqué à Martius par 
Rabenhorst. 

Je n'ai pu trouver jusqu'ici de fructifications de cette 
espèce, où d'ailleurs elles n'ont été signalées que d'une 
façon peu certaine. Quant au diamètre à lui attribuer, il 
est très variable suivant que la mensuration se fait sur les 
rameaux ou sur le filament principal. 



70 

Le Treniepohlia vUlosa (Kûtz.) forme peut-éire une 
espéee véritabley mais en tous eas le Chroolepu$ Tucker- 
mannianum ne« peut être conservé et doit se rapporter 
comme synonyme à l'espèce précédente. Nous aurons : 

Trentepohlia vf//o«a(Kûtz.); Chroolepus vUlofumKvLîz.^ 
Spec, p. 438, C. Tuckermannianum Monlag. Sylloge, 
p. 404. Feutrage, formé de filaments rameux, jaunâtres 
à Tétat sec. Filaments formés de cellules allongées, cylin- 
driques, régulières, d*un diamètre variant de 18 a 35 f^» 
de 3 à 8 fois plus longues que larges, à membrane cellu- 
laire lisse. Rameaux insérés à angle droit sur le filament 
principal, cellules terminales plus longues que les interca- 
laires. Les rameaux présentent fréquemment è Tétat sec 
des cellules alternativement contractées et gonflées. 



La séance est levée à 8,30 heures. 



COMPTES-RENDUS DES SÉANCES 



DB LA 



SOCIÉTÉ ROYALE DE BOTANIQUE 

DE BELGIQUE. 



MMM 



ANNEE 1889. 



ABsemblée générale du 5 mai 1889. 

Pbésidbngb de m. Errera. 

La séance est ouverte à 1 heure. 

Sont présents : MM. Aigret, Bauwens, Bommer, Gam- 
pioD; GarroDy L. Goomans, Delogne, Dens, De Wevre, 
De Wildeman, Em. Durand, Th. Durand, Errera, Fran- 
cotte, Henry, D' Lebrun, Lochenies, Marchai, Sterken, 
Van Bambeke, Van der Bruggen, Vanpé, Vindevogel et 
Vîts; Grépin, secrétaire. 

MM. Baguet, Gravis, Vanden Broeck et Wesmael font 
excuser leur absence. 



M. le comte de Kerchove de Denterghem, président 
de la Société, télégraphie qu'il est dans Timpossibililé 
d'assister à la séance. 



Le procès-verbal de la séance du 2 décembre 1 888 est 
approuvé. 

M. le Président fait part à l'assemblée de la perte 
que la Société vient de faire dans la personne de M. le 
D' Em. Vandermeersch, décédé à Gand le 18 avril 1889 
(né à Ypres le 17 janvier 1840). Après avoir fait Téloge 



n 

du regretté Confrère, il rappelle que celui-ci a publié, 
dans le Bulletin^ en 1874 : Notice sur la flortUe duKraenc' 
Poel et Compte-rendu de l'herborisation générale de 1874. 
Il est décidé qu'une lettre de condoléanee sera adressée 
à M"« Vandermeersch. 



Ouvrages reçus pour la bibliothèque. 

H. Péragallo. — Biatomées du Midi de la France. — 
Biatomées de la baie de Ville franche (Alpes-mari^' 
times). Paris, librairie de J.-B. Baillière et fils, 
1 volume in-8® de 100 pages^ avec 6 planches. 
Prix 6 francs. (Don des éditeurs.) 

J. DB Saldanha. — La Sierra des Orgues dans l'empire du 
Brésil. Anvers, 1889, in-8o 



L'ordre du jour appelle la discussion sur Je choix de 
l'itinéraire de Therborisation générale de cette année. 

Plusieurs membres prennent part à cette discussion. 

Il est décidé que l'herborisation aura lieu aux environs 
de Huy et de Profondeville et durera deux jours (16 et 
17 juin). 

M. Gluysenaar est chargé d'organiser et de diriger cette 
herborisation. 



M. le D' Van Bambeke fait passer sous les yeux des 
membres à rassemblée une série de magnifiques photogra- 
phies représentant l'organisation anatomique du Phallus 
impudicus, champignon qu'il traite dans un mémoire 
actuellement sous presse et devant faire partie du 
tome XXVIII du Bulletin. 



73 

M. le Sécrélaire donne lecture d'une notice de M. Mou- 
ton, dont l'impression est votée. 

NOTICE 

SDB 

QUELQUES A8C0MYCÈTE8 NOUVEAUX OU PEU CONNUS, 

par V. Mouton. 

¥aUella Sallel» Fckl. f. Popall Sacc. 

Stromata corticola, depressa-conica, basi circulari, 1mm. 
lata, perithecia circa decem globulosa, 1/4-1/3 mm. diam., 
includentia. Ostiola supra discum exiguum, fuscescentem 
non protuberantia. Asci teretes deorsum paulo contracli, 
48-60 = 7^. Sporidia hyalina, 5-7 = 1,5 fx. 

Sur des rameaux pourrissant de Populus nigra. — 
Beaufays. — Automne. 

AothoAtomella teraa Sacc. in litt. 

Perithecia gregaria, globosa^ i/s-9/5 mm. diam., 
epidermidem pustulatim elevantia, sed in ligno denudato 
quoque incolentia^ minute papillata. Asci filiformi-para- 
physati, teretes, stipitati, 8-sporis, 110 (p. s. 85)= 9|ui; 
apice membrana incrassata iodo coerulescente. Sporidia 
monosticha, elliptica, plus minus inaequilateralia, fusca, 
13 ss 7 /:Xy in inferiori polo brève hyaiino appendiculata, 
biguttulata. 

Sur un rameau pourrissant de Saule. — Environs de 
Liège. — Juin. 

AothoAtomella xooospora nov. sp. 

Perithecia sparsa, immersa, sphaeroida, matricem non 
maculantia, ostiole émergente, acutiuscule conico. Asci 



74 

tereteSy pedicellati, apice truncatî membrana incrassata 
iodo coerulescente, 8-spori» 170=:15fA. Paraphyses 
lineares, septatae. Sporidia monostichay fusca, oblongata 
utrinque obtuse rotundata, 24 — 28 = 10 — 12 1^, plas- 
mate guttulato oleoso, continua sed, ob episporium cras- 
sum aliquot alveolis donalum, sub aqua visa simulate 
septata in medio. 

Sur le bois du Hêtre. — Alpes bavaroises. 

Nous avons trouvé quelques périthèces de cette remar- 
quable Sphériacée sur un échantillon du n^ 624(^) des 
Ascomycètes de Rehm. Gomme il est probable qu'elle se 
trouve aussi sur d'autres exemplaires du même numéro, 
nous attirons sur elle Tattention des possesseurs de cet 
exsiccata. 

Très caractéristique est la spore. Vue à un grossisse- 
ment moyen et dans Teau, elle parait uniseptée; mais si 
on l'examine à un grossissement plus fort soit dans la 
glycérine, soit dans un acide, on reconnaît que l'apparence 
de cloisonnement est dû à plusieurs alvéoles disposées en 
cercle dans l'épaisseur de l'épispore. Il est bon pour bien 
reconnaître cette structure d'observer une spore isolée libre 
tournant sur son axe longitudinal. 

La figure que donne Niessl dans ses Beitrâge zur 
Kennt. d. Pilze, pi. VII, n« 48 b., pour représenter 
lasque sporifère et les paraphyses de son Anthostoma 
trabeum^ pourrait servir aussi pour Tespèce dont il s'agit 
ici, si Ton excepte l'appendice hyalin que les spores ne 
présentent point. 

Nous la rangeons provisoirement dans le genre Àntho^ 
stomella malgré son habitat lignicole, parce que les 



(t) jOysterographium vulvatum Schw. 



7» 

périlhèces peu nombreux que nous avons pu voir sont 
épars et ne nous ont pas montré de strome. 

Physalospora Poljpodll (Rabh.). 

Sphaeria Polypodii Rabh. Herb. myc.» n^ 533. 

Sphaerella Polypodii 9i. Fckl Symb., p. 102. 

Sur la face supérieure des frondes vivantes de Polypo^ 
dium vulgare, 

M. Marchai a récolté à Grupont (prov. de Luxembourg) 
de beaux exemplaires de cette espèce rare qui nous ont per- 
mis de vérifier l'exactitude de la description de Winter(Z)ie 
Pilzcy II, p. 393). A cause de l'absence de cloison dans la 
spore et de la présence de paraphyses muqueuses, il faut 
placer cette espèce dans le genre Physalapora. 

Maporihe (Tetrast.) digitifèra nov. sp. 

Stroma sub epidermide non mutata ambiens, corticis 
superficiem nigricans, et in ligno linea nigra limitatum. 
Perilbecia cortici immersa, subglobosa, i/% mm. lata, col- 
lis usque triplo longioribus, erumpentibus, a basi levlter 
attenuatis, curvulis. Asci clavati, S-spori, apiee trun* 
truncati, llOsalS/iA. Sporidia cylindrico-oblonga, medio 
septata et vix constricta, guttulis minutis repleta^ 2S- 
32=8,5fx. 

Sur une tige de Sarothamnus scoparius. — Près de 
Liège. — Juillet. 

Dldymoaphaerla arenapfa nov. sp. 

Perithecia sparsa, immersa, membranacea, 1/4 mm. 
diaiQv minute papillata, matrice circa ostiola fuscescente, 



76 

Ascitereti-clavati,apicelaterotundati,8-spori, 140-150 = 
27-30 fx. Paraphyses lineares, sepiatae, ascos superantes. 
Sporidia uni-bîseriata obovato-oblonga, medio septata,Ievi- 
terque constricta, pallide fuliginosa, peliucida, 28-30 = 
12-14 fx. 

Sur VAmmophila arenaria. — Près de Hambourg (Alle- 
magne). 

Nous avons trouvé celte nouvelle espèce en compagnie 
du Leptosphaeria Àmmophilae Lasch., sur le n"" 691 des 
Ascomycète de Rehm. Il est probable qu'on pourra égale- 
ment la récolter sur les côtes de Belgique. 

Zlf noella Campl-Stlll Sacc. Var. metasphaerloides 

Sacc. in litt. 

Perithecia gregaria, subglobosa, i/i mm., immersa vel 
plus minus protuberantia, ostiolis conoideis. Asci para- 
physatiy 8-spori, teretes deorsum attenuato-stipitati, 
70-80 =>7fx; sporidia disiicha, fusoideo-oblonga, hyalina, 
14-16 =s ifi^ medio seplata et constricta, 4-gutlata. 

Sur des rameaux décortiqués de Samlmcus nigra. 
— Beaufays. 

Lophioatoma almlle Nitschke. 

F. Lehmann Syst. Bearb. d. Pyr. Gatt. Lophiostoma, 
p. 6S, no42ettab. 4, fig. 43. 

Sur des rameaux de Saules rejetés par les eaux sur les 
rives de la Meuse. — Environs de Liège. — Hiver. 

Croit fréquemment en mélange avec le L. appendicula- 
tum Fckl, avec lequel il est aisé à confondre. L*aspect 
macroscopique en est aussi variable. Gorticoles ou ligni- 



1 



77 

coles, les périthèces sont tantôt complètement immergés, 
tantôt plus ou moins saillants. L*ostiole est parfois court, 
épais, subarrondi, d'autres fois comprimé, saillant, à bord 
supérieur courbé ou presque plan, mais entier. 

Périthèce i/s-s/s mm. Asques 160-200 » 91 ^. Spores 
35-43 et même jusque 53^ de long, sur 10-1 2 d'épaisseur, 
à 6-8 loges pluriguttulées, d'abord incolores et envelop- 
pées d'une couche de gélose, ensuite d'une couleur de 
miel assez pâle. Les spores du L. appendiculatum Fckl 
leur ressemblent beaucoup, mais sont généralement plus 
petites (30-38 » 8-10 |ul), dépourvues de couche gélati- 
neuse, etmunies à chaque bout d'un appendice verruciforme 
hyalin. 

L^phldlom parparaseeni nov. sp. 

' Perithecia gregaria, ligno ex tus vix manifeste, intus 
autem intense purpurato vulgo omnino immersa, depresse 
globosa vel ellipsoidea, i/s mm., atra, coriacea, ostiolo 
brevi interdum poriformi instructa. Asci clavati, brevissime 
stipilati,apicerotundati, 8-spori, paraphysati, lS5"=26|x. 
Sporidia oblonga, recta vel curvula, utrinque rotundata, 
olivacea, zona gelatinosa hyalina circumdata, transverse 
7-septata, loculis 1-3 longitudinaliter diyisis, ad septa 
omnia leniter constricla, quaque cellula grosse uniguttata, 
34-38» 15 fx. 

Sur des rameaux décortiqués de Saule rejetés par les 
eaux sur les rives de la Meuse. — Près de Liège. — 
Hiver. 

Se rapproche du L. pachysporum Sacc. et du L. thyri-- 
dioides Sacc. et Sp., mais en diffère par plusieurs carac- 
tères. Gomme la dernière espèce, il penche aussi vers le 



78 

f^enre Thyridium. La spore en est très jolie, chaque 
logette qui renferme une grosse goutte huileuse étant un 
peu en relief à la surface, de la même façon que les grains 
dans répi mûr du mais. 

Neelrla lnap«llta noY. sp. 

Superficialis, sparsa, sanguinea. Perithecia globosa, 
glabra, sublevia, ostiolo brevi rotundato, {70/x lata. Asci 
initio cylindracei, demum in parte superiore inflati, apiee 
truncati, 70 = 6fx, 8-spori. Sporidia primo monosticha^ 
elliplica, 8-9 = if^, utrinque obtusissima, ad septum vix 
constricta, episporio rudi fuscidulo. 

Sur un fragment de vieux bois, — Beaufays. 

CatoBCCtHa hirta (Blox.) Sacc. 

Nectria hirta BIox. Currey Linnean Trans., XXIV, tab. 
2S, f. 24; Cooke Handbook, p. 783. 

Cette espèce a été récoltée en Angleterre sur du bois 
pourri par Bloxam, et a été décrite, bien que fort incom- 
plètement par Currey (loc. cit.). Nous avons tout lieu d'y 
rapporter une Nectriacée que nous avons observée près de 
Liège sur un morceau d*écorce d*Epicea. Nous en tirons 
la description suivante. 

Perithecia subglobosa, carnea-rubra, 1/5 mm., membra- 
nacea, praeter ostiolum minutum, obtusum, pilis albidis, 
continuis vel uniseptatis, acutatis, laxiuscule vestita. Asci 
aparaphysati, ellipticae, stipite brevi, 8-spori, 70 =»: 59fz. 
Sporidia stipata, subcylindrica, utrinque a medio paulo 
attenuata, curvula, 70-8K<=>7/ji, hyalina, 16-20 locularia, 
eirca médium modo constrictula. 



79 

Les asques semblent disparaître avant Tentière crois- 
sance des spores. Nous n'avons pas observé de para- 
physes. 

fUerothyrlam âbletl* nov. sp. 

Perithecia corticola, depresse conica, i/s mm. diam., 
minutissime papillata^atrayContextu fibroso-radiato, firmo,. 
fere carbonaceo. Asci ovalo-oblongi iOt» 13f^. Sporidia 
biseriata^ hyalina, prope médium septata et vix constricta, 
4-guttulata, 17 = 5 fx. 

Sur des rameaux secs d'Abies Picea Mil). — Ebly 
(Luxembourg» Coll. Marchai). 

Glonlam •tPobllIfeBmn (Desm.). 

Sphaeria strobiligena Desm. 13 Not., p. 7S ; Didymella 
Sacc. SylL, I, p. 552. 

Perithecia gregaria, erumpentia^orbicularia veloblonga, 
1/4-1/3 mm. longa, (extura coriacea atra, rimose dehis- 
centia. Asci cylindracei, breviterstipilati, apice rotundati,. 
iodo non coerulescentes, polyspori (16-32), lOS^^^lS/ui» 
paraphysibus coalescentibus , hyalinis. Sporidia longe 
ovata, vel subpyriformia, antice rotundala hyalina unisep- 
tatd, lôculo infero cohico subinde longiore^ 8-10 = ti,\iiJi. 

Sur les apophyses des écailles des cônes d'une espèce de 
Pinus. — Campine anversoise. 

Cette espèce étant jusqu'ici mal connue, nous avons 
complété et redressé sa description d'après nos exemplai- 
res. Elle appartient évidemment aux Hystériacées, et 
mérite par ses asques polysporés de former une section 
dans le genre Glonium. 



80 



GlonlcUa pastUa Sacc. in litt. 

Perithecia elliptica, «/i mm. longa, epidermide tecta, 
membranacea. Asci oblongo-cylindracei, sessiles, octos- 
pori, 60 — 75 = I2-I4|i. Sporidia disticha, subcylindrica, 
hyalina, triseptata, curvula, 24-26 =» 4-5|ui. lodi ope 
operculum ascorum coerulescit. 

Sur des chaumes de Jons et de diverses Graminées. 
— Environs de Liège. 

filonlella fliieina (Lib.) f. PteridU. 

Autographum filicinum Lib. Ard., n® 27S; Patouillard 
Revue Myc., 27, p. 153. 

Sur les stipes morts du Pteris àquilina. 

On trouve^ dans la Revue Myc. (loc. cit.), une description 
incomplète de cette espèce, du moins de la forme qui croit 
sur YAtsplenium Trichomanes. M"' Libert l*avait observée 
sur la Fougère mâle. 

Dans nos spécimens, trouvés sur le Pteris àquilina^ les 
périthèces sont groupés, linéaires, droits, de i/i à s/s mm. 
de long et de environ i/io mm. d*épais$eur; les asques 
ovoïdes, à pédicelle court et épais, mesurent 20-30-= 8-1 0/ui 
et sont accompagnés de paraphyses hyalines, filiformes de ^ 
même longueur. Spores plurisériées, fusoïdes, hyalines, 
triseptées, un peu courbées 12-15 = 2i/«-3fA. 

Cette Hystériacée doit donc être rangée dans le genre 
Gloniella. 

Phacldiam diacolor Sacc. in litt. 

Ascomata sparsa, primo tecta dein peridermio lacerato 



81 

cincta, radiato-rimosa^ 1 mm. diam., coriacea, extus 
grisea, disco circulari planiusculo atro, margine siccicate 
sese inflexente. Asci subcylindracei vel clavati, apice 
rotundati, H0 = 16/ui, fodo non coerulescentes. Para- 
physes filiformes, septatae, apice violaceo coloratae. Spo- 
ridia mono-disticha, quandoque oblique uniseriata, ovato- 
elliptica, inaequilateralia, 17-22» 8-lOf^. 

Sur des branches mortes d*un poirier cultivé. — Beau- 
fays. — Automne. 

Cenanflam helottoides Sacc. in 11 tt. 

Sparsum,superficiale. Cupula coriaceo-suberosa^glabra, 
stipitata, omnino olivaceo-nigra, i/s mm. lata et alta, cito 
aperta, dein disco piano, margine vix distincto. Asci 
crasse stipitali clavati, iodo non coerluscentes, octospori, 
120-130 = 20 fJt-. Sporidia disticha, ovata, amygdaloidea, 
continua, plasmate granuloso, 22-24 «= 8 fx. Paraphyses 
lineareSy ascis pauco longiores, olivaceae. 

Sur la face supérieure des feuilles sèches du Junipems 
communis. — Beaufays. — Automne. 

Pvopolls tetraspora Sacc. 

Bull. Soc. Bot. Belgique, XXVI, p. 170. 

Nous avons donné ce champignon comme nouveauté 
sur Fautorité de M. Saccardo. Mais, comme nous Pavons 
reconnu après, et comme nous Ta fait observer M. le 
D' Rehm, il avait déjà été décrit sous le nom de Propolis 
minutula Sacc. et Malbr. (Pungi gallici, N"" 455). Le 
D' Rehm Ta publié dans ses Ascomyc. Exsic. sous le nom 
de Trochila Epilobii Karst. (n''7J7), également sur les 
tiges de Solidago Virga-aurea, 



8S 

Elle figarè dans la nouvelle Flore de Rabenborsl sous 
le nom de Naevia nnnululata (Sacc. et Malbr.)(<). 

Maevla exÈgmm Sacc. in litt. 

Roumeguére Fungi Exsie., N"* 4837. 

Aseomata disciformîa vel ellîptica» sub epîdermide Ion* 
gitudinaliter ^ssa nidulantia, carnosula, tenue marginalai 
margine nigrescente, roseo-oehracea, i/s-i/s mm. lata. 
Asci oblongiy sessiles, octospori, 50-70=^13-15^^9 opercule 
îodo eoeruieseente. Paraphyses Hneares, fleiuosae, apice 
inflatae, simplices vel furcatae, ascos subaequantes. Spo- 
ridia disticha, hyalina, ovata, continua vel rarius bipartita, 
14-17 = 6-8|ut. 

Sur des tiges mortes d'Bypericum quadrangtUum. — 
Près de Liège. — Août. 

Crjrptodlscos Hootonlanafl Sacc. in litt. 

Aseomata primo epidermide tecta, dein ea stellatim laci- 
niata circumdata, discoidea^ planuiscula, 1 mm. dîam., 
fulva vel ochracea, carnosula. Asci tereti-clavati, apice 
rotundatiy iodo non coerulescentes, deorsum in stipite crasso 
attenuati, S-spori^ 110= 16|ui. Paraphyses hyalinae, sep- 
tatae, saepius furcatae, sursum vix dilatatae. Sporidia disti- 
cha, oblonga, inaequilatera^ obtusa, byalina, 3-5. septata, 
20-24 = 8^. 

Sur des tiges de Senecio Fuchsiù — Beaufays — Été. 

Appartiendrait d'après la classification de Rebm au genre 
Phragmonaeviaj section Naevietta. 



(i) Tome III, p. 146, N* 4098, 



83 

Hollisla arnlcola Sacc. in litt. 

Sparsa, minima^ in sicco sphaeriaeformis, 150 fx lata^ 
nigra. Ascî cylindrici, sessiles, 60 >=3 8 fx. Sporidia byalina, 
fusiformia, utrinque acuta^ biguttulata, continua, 12 
= 2,ÎJ fx. 

Sur les vieilles capsules de Polytrkhum. — Bruyère à 
Goiuzé. — Printemps. 

Helotiam hfptlpes Sacc. in litt. 

Ascomata stipitata, 4*5 mm. alta. Stipes erectus, aequa- 
lis, cylindricus, sordide albus, basin versus tomento nigro 
obsessusy 3-4 mm. altus. Gupula applanata, convexius- 
cula, immarginata, 2 mm. diam., concolor. Asci teretes, 
tetrasporiy 80 = 8fA. Sporidia monosticha, brève oblonga^ 
uniiocularia^ 14= 5fx. 

Sur des rameaux d^Alnus glutinosa pourrissant dans un 
endroit bumide. — Beaufays. — Printemps. 

M. Grépin annonce le dépôt d*une notice sur le genre 
Rosa, pour laquelle MM. Marcbal et Delogne sont nommés 
commissaires. 



M. Philippe Molle, régent à Técole moyenne de Jodoigne, 
présenté par MM. Delogne et Crépin, et M. A. Préaux, de 
Leuze, présenté par MM. Lochenies et Henry, demandent 
à faire partie de la Société. 



La séance est levée à 2 b. 30 m. 



COMPTES-RENDUS DES SÉANCES 



DB LÀ 



SOCIÉTÉ ROYALE DE BOTANIQtJE 

DE BELGIQUE. 



ANNEE 1889. 



Séance extraordinaire tenue à Pont-de- 
Bonne (Modave) le 16 juin 1889. 

Présidence de M. Errera. 

La séance est ouverte à 1 heure. 

Sont présents : MM. Ouysenaar, Crépin, Delhaise, 
Th. Durand, Errera, Hardy, D' Lebrun, Lochenies, 
Molle^ Pierry, Simon, Sterken et Vanpé, membres de 
la Sociétés 

MM. Abraham, Barzin, Couturier, Lawalrée et Man- 
sion, membres du Cercle des naturalistes hutois. 

M. Joseph May. 



Le procès-verbal de la séance du 13 avril 1889 est 
approuvé. 

M. le Président fait part à rassemblée de la mort 
récente de deux de nos membres associés : MM. Keichen- 
bach et Lesquereux. Il fait Téloge de ces deux savants 
remarquables, dont la perte sera vivement ressentie dans 
le monde scientifique 



M. le Secrétaire annonce le dépôt d'une mémoire de 
M. Saccardo sur des Champignons de Sibérie et d'une 



86 

notice de MM. Cardot et Renauld sur de nouvelles Mousses 
américaines. MM. Marchai et Delogne sont chai^gés de 
Texamen de ces travaux. 



M. Simon donne lecture des deux notes suivantes : 

FLOKULE DE MARCHE-LES-DAMES. 
Seooiid rapplôment| 
par H. Delhaisb et F.-J. SmoN. 
En 1883, M. Devos publiait la Florule de Marche-Ies- 
Dames. L'année suivante, nous fournissions à cet auteur 
quelques renseignements qui ont fait l'objet d'un premier 
supplément. Depuis lors, nous avons poursuivi nos inves- 
tigations et nous croyons utile, au point de vue de la 
géographie botanique, de faire connaitre à nos confrères 
le résultat de nos recherches. Ils pourront ainsi juger de 
la richesse de la flore de ce petit coin privilégié, que nous 
explorons depuis une quinzaine d'années. 

1 . CmÊÊfHmttim pm^Heiimiim L. var. Umocalyx. — BoaneTille. 

2. 9W/MltM» «frtofMM» L. — BonneTÎlle. 
8. mmêmmUetrmmihm Sm. — Veiin. 

i. amîHm ptrm$0nêU L. — Vezin. 

8. Aiugm ChmÊÊmepU^ê Schreb. — BonneTÎUe. 

6. Wmeeêmàum WiUé-Mém^m L. — BonneTille. 

7. «MNèMCMA mêmi9$9 L. — NsDièche. 

8. MHimgm mâ êt im m Sm. ^ Houssois. 

9. Of»ftry«M»M«W/0f« Huds. — Sclaigneaux, q. q. p. 

10. CmphmtmêUh^»^ g»*mnéifl9»m Babingt. — Sclaigneauz. 

11. Cmr0m •itHgoêm Huds. — Bonnevilie. 

12. ii<tMi MMV0F*V''«« L- — fl<>uss<^^^^ Vezin. Cette graminée, C, ou 

AC. presque partout, est RR. ici. 

13. y lyy rflttm y»#0f»fr<a L. — BooneTille. 
U. JP*ly«fto*M«» itfilMMlMMtM DC. — Bonnevilie. 

18. « > var. dilalaium. — Bonnevilie. 



87 

QUELQUES PLANTES NOUVELLES POUE LA RÉftION 

JURASSIQUE, 

par F.-J. Simon. 

M. ThemelÏD, professeur à la section normale de Virton, 
m'a fait parvenir, avec échantillons à Pappui, la liste de ses 
découvertes faites aux environs de Virton, pendant le 
cours de Tannée 1887. J'ai eu le plaisir de constater que 
plusieurs plantes de ce catalogue sont nouvelles pour cette 
région, car M. Crépin, dans son Manuel, 5* édition, ne 
les renseigne pas dans la Lorraine belge. Aussi, je suis 
heureux de servir d'intermédiaire au botaniste virtonnais, 
en signalant, à mes confrères de la Société botanique, les 
nouveautés dues à ses actives recherches. 



i. €tppêmplMm «••m-mM* L. — Lamorteau. G. 

2. M md H e mt f «tJ^teMi Lmk. — Sans iodicatioa de localité. 

3. €imniUmm eUimëm L. — Torgny» Lamorteau. 

4. X<M«n« 9p99w*4m Mill. — Torgny. C. 

5. Mémih Ê 'mmm aqmm mê M9 m§ ' i m L. — Lamorteau. 

6. 4iM|p« ChmÊÊêmmtfii^ê Scbreb. — Torgny. 

7. Wjmeiuem p m i 'm uêi t L. — Torgny. 

8. mÊt&^Ukmttêêm fÊmiédm DG. — Sainl-Hard. 

9. CimMmm MmêHëcu* R. Br. ^ Saint-Mard. 



M. Crépin lit la note ci-après : 

NOTE 

sua 

LA SITUATION DES OYAIBES ET DES AKÈNES 
Dans la goupe rég£ptâculair£ des rosa, 

par François Crépin. 

On sait que dans le Rosa microphylla Roxb. les ovaires 
et plus tard les akènes sont uniquement insérés sur un 



88 

mameloD situé au fond de la coupe réeepUculaire(l). Ce 
mode d Insertion basilaire se retrouve, avec une légère 
modification, dans d'autres espèces du genre, contraire- 
ment à ce que j'avais avancé. 

C'est ainsi que dans les R. carolina, R. humilisj 
R. ludda^ R. niiida et R. foliolota les ovaires naissent 
exclusivement du fond de la coupe réceptaculaire sans 
envahir les parois latérales du moins d'une façon appa- 
rente. La section CaroUnae nous offrira, de la sorte, 
un nouveau caractère pour la séparer de la section 
Cinnatnomeae, dont les espèces nous ont toutes semblé 
avoir leurs ovaires ou leurs akènes insérés non seule- 
ment dans le fond de la coupe réceptaculaire, mais encore 
à une certaine hauteur sur les parois latérales. 

Lorsque Tinsertion des akènes est exclusivement basi- 
laire, on voit ceux-ci, du moins dans la section CaroUnae^ 
se presser latéralement les uns contre les autres et former 
un verticille extérieur parfaitement régulier enserrant les 
akènes intérieurs. 

Il nous a paru que les fi. sericea Lindl. et R. minuti- 
folia Engelm. présentent également cette même insertion 
basilaire des ovaires et des akènes. 

Peut-être le R. Ranksiae R. Br. est-il dans le même 
cas. 

Nous attirons l'attention des spécialistes sur ce nouveau 
sujet d'observation et nous les engageons à étudier avec 
soin sur le vif le mode d'insertion des ovaires et des 
akènes. 



(i) Consulter Lu Rota du Tun-nan in Bail. Soc. bot. Belg., t. XXV, 
2* partie, p. 11. 



89 

M. Ph. Molle, présenté à la dernière séance, est pro- 
clamé membre effectif de la Société. 

MM. Arthur Mansion, présenté par M. Cluysenaar et 
Locheniesy et M. J. J. Barzin, présenté par MM. Lochenies 
et Hardy demandent à faire partie de la Société. 



La séance est levée à 1 ^30 heure. 



COMPTES-RENDUS DES SÉANCES 



OB LA 



SOCIÉTÉ ROYALE DE BOTANIQUE 

DE BELGIQUE. 



■MMMa» 



ANNEE 1889. 



Séanoe mensuelle du 12 octobre 1889. 

Présidence dr M. Carbon. 
La séance est ouverte à 7 i/a heures. 

Sont présents ; MM . Bordet, Garron, Delogne, De Wevre, 
De Wildeman^ Th. Durand, Francotte, Preudhomme 
de Borre et Vindevogel; Grépin, secrétaire. 



Le procès-verbal de^la séance du 16 juin est approuvé 
après les rectifications suivantes : 

M. A. Préaux a été proclamé membre effectif de la Société. 

M. L. DecampSy professeur, à Garnières, a été présenté 
par MM. Pàque et Grépin, pour faire partie de la Société. 



M. le Secrétaire annonce que la Naturwissenschaftlicher 
Verein,de Brème, avec laquelle notre Société est en relation 
d*échange, fête, le 16 novembre prochain, le 25* anniver- 
saire de sa fondation. Il est décidé qu'une lettre de félicita- 
lion sera adressée à la Société allemande à Toccasion de 
cet anniversaire. 



92 

Ouvrages reçus pour la bibliothèque : 
F. GoHN. — Bericht Hber die Thàtigkeit der botanùchen 

Section der Schlesischen Gesellschaft itn Jahre 

1888; in-8». 
Alph. Héneau. — Flore élémentaire de la bas$e et de la 

moyenne Belgique. — Détermination facile des 

plantes. - Noms français, néerlandais et latins. 

— Botanique appliquée. Bruxelles^ 1889, ia-S* 

(deux exemplaires). 
R. ScHOMBURGH. — Beport on the progress and condition 

of the botanic garden during the year 18S8. 

Adélaïde, in-folio. 
E. Rbgbl. — Descriptiones et emendationes plantarum in 

horto imperiali botanico petropolitano cuUutn, 

Petropoli, 1889, in-8*. 
~ Biographie ûber Ermt Budolf von Trautveiier. 

St-Petersburg, 1889, in-8». 
Saint-Lagbr. — Le procès de la nomenclature botanique et 

zoologique. Paris, 1886^in-8<*. 
— Becherches sur les anciens herbaria, Paris, 1886, 

in-8». 
W. Nylander. — Lichenes insularum guineensium. 

Parisiis, 1889, 1 vol. in^». 
A. Flahault. — L'œuvre de J. E. Planchon. Montpellier, 

1689, in-4^ (Don de M. Louis Planchon.) 
AuG. ToDARo. — Horlus botanicus panormitantUy t. Il, 

fasc. 5. 
C-A.-J.-A. OuDEMANS. — Contributions à la flote myco^ 

logique du Pays-Bas, partie XIII. 
J.* G. Baker. — Handbook ofthe Bromeliaceae. London, 

1889, 1 vol. in-8". 
A. Lambottb. — La flore mycologique de la Belgique., 



93 

— Deuxième supplément comprenant les Sphae- 
ropsideae, Melanconiae, Hyphomycetes. — Ad- 
dition de 850 espèces à la flore de i 880 et 250 
figures représentant If s genres. — Bruxelles 1889, 
1 vol. îii-8*. 

RoBBBT Chodat. — Nottce sur les Polygalacées et synopsis 
des Polygala d'Europe et d'Orient. Genève, 1887, 
in-8<^. — Observations tératologiques. Genève, 
1889, in-8®. — Observations sur quelques plantes 
de marécage. Genève, 1888, in-8*. 

Robert Chodat et Ph. Choit. — Contribution à l'étude du 
Lactarius pipiratus. Genève, 1889, in-8*. 

Robert Chodat et Ch. Martin. — Contributùms myco- 
logiques. Genève, 1889, in-8«. 

M. le secrétaire analyse des travaux présentés par 
M. Maxwell Masters {Remarks on the Morphology of Rosa 
berberifolia Pallas) et par MM. Cardot et Renauld (Notice 
sur de nouvelles mousses américaines). Ces deux travaux 
seront insérés dans les mémoires. 



M. Crépin analyse un travail intitulé : Mes excursions 
rhodologiques dans les Alpes en 1889, dont il demande 
l'insertion dans les mémoires. L*impression de ce travail 
est approuvée. 

Le même lit la petite note suivante : 

OBSERVATIONS SUR LE ROSA KNGELMANNI WATSON, 

par François Crépin. 

M. S. Watson, le monographe des Roses, américaines, 
vient de décrire et de fi^çurer (in Garden and Forest^ n» 76, 
7 août 1887, pp. 376 et 377) une Rose sous le nom de 



9i 

Rosa Engelmanni. La description et la figure oot été 
faites sur une plante élevée dans fArnold Arborelum, de 
graines recueillies par Engelmann, in 1881, près de 
Empire City, dans le Calorado. 

En 1886, M. Watson me communiqua des échantillons 
en fruits de ce R. Engelmannif qu'il n'avait pas encore 
dénommé, mais qui lui paraissait alors une espèce peat- 
étre nouvelle. Je considérai immédiatement ces spécimens 
comme appartenant à la Rose décrite par moi sous le nom 
de R. acicularis LindL var. Raurgeauiana. 

M. Watson, comme on le voit, n'a pas cru devoir se 
rallier à mon opinion. 

Antérieurement, ce savant botaniste, dans sa mono- 
graphie des Roses américaines, a subdivisé ma variété 
Bourgeauiana en deux espèces, l'une qu'il identifie au 
R. acicularis de l'ancien monde, Taulre qu'il décrit sous 
le nom de A. Sayi Schwein. Pour moi, ainsi que je l'ai 
avancé, en 1887^ il n'y a bien certainement là que de 
simples variations appartenant à la forme américaine du 
A. <tcicutaris Lindl. A son tour, le R. Engelmanni n'est 
incontestablement, à mon avis, qu'une simple variation de 
la var. Bourgeauiana. 

Cette appréciation du A. Engelmanni est basée sur 
l'examen de beaux échantillons provenant d'Empire City 
que m'a envoyés le D' Engelmann, sur l'étude prolongée 
d'une riche colonie de pieds vivants cultivés au Jardin 
botanique de Bruxelles, provenant de graines envoyées 
par le D^ Engelmann, ainsi que sur celle de pieds cultivés 
dans le jardin de l'Académie forestière de Mûnden, 
provenus également de graines adressées par le D' Engel- 
mann à M. Christ, de Bàle, 

Le principal caractère distinctif du R. Engelmanni 



95 

reposerait sur la forme allongée des réeeptaeles, or les 
spécimens reçus du D' Engelmann présentent tantôt des 
réceptacles plus ou moins allongés, tantôt des réceptacles 
globuleux et le même cas se produit dans les plantes 
cultivées à Bruxelles et à Mûnden. Quant au caractère 
d'aiguillons géminés dont parle M. Watson, il n'existe 
réellement pas ou n*est tout à fait qu'accidentel comme 
dans d'autres types sétigéres dépourvus d'aiguillons régu- 
lièrement géminés. 

Le B. Engelmanni aura donc le sort de ces créations 
spécifiques éphémères dont les noms sont condamnés à 
descendre au rang de simples synonymes. 



M. De Wildeman donne lecture de la notice suivante, 
dont il demande l'insertion dans le procès-verbal de la 
séance. 

L'in3ertion est approuvée. 

SUR QDELQUKS ESPÈCES DU GENRE TEENTEPOHLIA, 

par Ë. Db Wildbman. 



Trentcpolilla aurea Mart. 

Dans une note précédente (^)y j'ai déjà indiqué la réunion 
des Trentepohlia aurea Mart. et J. uncinata Gobi. 

J'ai reçu par Tiatermédiaire de M. Nordstedt des échan- 
tillons de T: uncinata Gobi, provenant de M. Hansgirg, 
qui a décrit et figuré cette espèce dans sa flore de 



(1) Obêêt^vationt algologiques in R^ÊlLSoe. bot. Belgique 1888, i* partie, 
p. 79. 



96 

BohèmeiO. L'examen de ces échantillons n'a fait que con- 
firmer ma manière de voir. 

Comme caractères différentiels, entre ces deux formes, 
on indique d'abord la fructification. J*ai montré précédem- 
ment que sous l'influence de la culture dans une atmos- 
phère humide, on obtenait, chez le T.aurea Mart.^des fruc- 
tifications à support en crochet. J'ai en outre trouvé les 
deux fructifications réunies sur un même échantillon pro- 
venant de Falaise (Collection de Brébisson). C'est d'ailleurs 
toujours dans des endroits humides que Ton rencontre cette 
espèce, comme le montrent très bien les localités citées 
par M. Hansgirg ; « An der Rinde von Laubbaumen und 
an IVadelhôlzern meist am Grunde alten Baumstammen 
(etwa 1-4 dm. ûber dem Bodem) wie vor. selten ». 

Un autre caractère différentiel est celui donné par la 
forme des cellules. Dans le type, les cellules» sont générale- 
ment cylindriques, tandis que chez la forme uncinata, elles 
sont souvent contractées à leur surface de jonction. Cette 
différence provient encore du degré d'humidité dans lequel 
l'algue a végété; c'est ainsi que j'ai remarqué des formes 
irrégulières de cellules chez une forme du T. aurea Mart. 
végétant sur un mur humide dans une des serres du Jardin 
botanique de Liège. 

Trcntcpohila polycarpa Nées et Montg. 

M. Grunow a décrit, dans la partie botanique du voyage 
de la frégate Novara (^), deux variétés du Chroolepus 



(1) Hansgirg. Prodromus der Algenflora von Bôhmen, Heft I, p. 88, 
6g. 38. 

{9) Reiêe teiner majett&t Frégate Novara um die Brde. — Bot. Theil, 
fid. I, Algen von A. Gruuow, p. 41. 



97 

flavunif les var. tahitense et tenuiar provenant toutes deux 
des Iles Taïti. 

J'ai eu Toccasion d'examiner des échantillons authen- 
tiques de ces deux variétés, grâce à Tobligeance de 
M, Nordstedt. Ces deux variétés ne peuvent, en aucune 
façon, jse rapporter à un même type; elles appartiennent à 
deux espèces différentes. 

La première variété, tahitense^ est bien une forme du 
r. polycarpa Nées et Montg. caractérisée par ses fructifi- 
cations nombreuses, sessiles, souvent réunies autour d'un 
rameau. 

Mais pour la deuxième variété caractérisée par les seuls 
mots « brevis articulata, sterilis >, je n'ai pu trouver le 
caractère du T. polycarpa cité plus haut, mais, contraire- 
ment à la diagnose, j'ai observé des fructifications pédicel- 
lées, à gamétanges portés sur un pédicelle recourbé en 
crochet. 

Dans une note antérieure, j'avais émis l'opinion que 
peut-être les deux espèces T. polycarpa Nées et Montg. 
et T, villosa (Kûlz.) De-Toni, auraient pu être réunies. 
Mais ce rapprochement n'est pas admissible, de sorte que 
le C, flavum var. tenuiar Grunow doit rentrer dans le 
T. villosa (Kûtz.) De-Toni; la conserver même comme 
variété est inutile : cette forme ne me paraissant pas 
présenter une différence suffisante avec le type. Le carac- 
tère « brevius articulata » est loin d'être constant. 

Certes, comme Tajoute en note M. Grunow, la position 
des zoosporanges est très variable chez les algues du genre 
Tretitepohlia et la différentiaiion des espèces souvent 
même impossible par ce seul caractère. Mais« jusqu'ici 
cependant, je n'ai jamais remarqué sur un échantillon de 
de ces algues les deux formes de fructifications. 



98 

Chez le Trentppohlia Nées et Monlg., les gamétanges 
sont toujours sessiles, ou placés sur le rameau principal 
et dès lors solitaires, et souvent disposés càte à côte; ou 
sur un rameau court et, dans ce cas, souvent très-nom- 
breux, formant une véritable grappe. Chez le Trentepohlia 
(Kû(z.) De-Toni, au contraire, j'ai toujours remarqué des 
zoosporanges portes sur une cellule en crochet, zoospo- 
ranges toujours solitaires, ce qui différencie cette espèce de 
7. pleiocarpa Nordstedt, dont les gamétanges, également 
portés sur des cellules en crochet, sont toujours réunis à 
plusieurs (au moins deux) sur une cellule renflée 0). 

H faut donc, dans la synonymie du T, polycarpa Nées et 
Mon(g., relevée par M. De-Toni dans son Syllogei^), sup- 
primer la var. tenuior Grunow, et la porter à la suite des 
synonymes du T. villosa (Kûlz.) De-Toni ('). 

Treotep«Ula odorata (Lyngb.) Wittr. 

M. Gobi (^) fait entrer, dans une même espèce, les T. 
umbrina, odorata et Bleischii. La plupart des auteurs ne 
sont pas du même avis, par exemple M. De-Toni, dans son 
Syllogey conserve ces trois espèces comme distinctes. 

Si Ton étudie avec soin les formes qui se rapportent à 
ces trois soi-disant espèces, on remarque qu'il n*y a 
vraiment là que deux formes bien différentes. Tune se 
rapprochant du type T. umbrina (Kûtz.) Bornet, l'autre 
analogue à la variété elongata Bleisch, c'est-à-dire le 



(1) De Wildeman. Obmrvatùmt tur quelqnei fortne$ d'algues (erreêtret 
épiphytéê in Bull. Soe, bot. Belgique 1888, p. i19, tab. Il, iig. 16. 

{%) J.-B. De-Toni. Syllùge algarum ammumhneusque cogmiarum. Vol. f, 
sect. I, p. 258. 

(3) De-Toni. Loc. cit., p. 239. 

(i) Gobi. Sludien ûber Chraolepue in Bull. Aead. te. de S^PéUrs 
hourg 1872. 



99 

T, Bleischii. Toutes les formes que j*ai pu étudier et qui 
se trouvaient rapportées au 7". odorata (Lyngb.) Wittr., 
sont identiques à celles étiquetées du nom de BUisc/Ui; 
il en est de même des formes du T. betulina^ qui est 
d'ailleurs rapporté au T. odorata (Lyngb.) Wittr. Les 
figures données par M. Gooke(i) sont d'ailleurs bien sem- 
blables aux formes présentées par le T. Bleischii (Rabb). 
Wille. 

M. Grunow a également décrit (^) une variété de 
Chroolepus odorattM^ la var. pulvinalus, provenant de la 
Nouvelle-Zélande. Parmi les algues que M. Nordstedt 
m'a envoyées en communication, se trouvait également un 
échantillon authentique de cette variété. Ce n'est point une 
forme du 7. odorata, mais bien une forme du J. Jolithus, 
(L.) Wallr.y d'un diamètre un peu inférieur à notre type 
européen. 

L'auteur d'ailleurs reconnaît lui-même que sa variété a 
de l'analogie avec le C. hercynicum Kûtz., que l'on est 
d'accord pour réunir au T. Jolithus. Quant à rapprocher 
comme le fait M. Grunow, le T. odorata du T. Jolithus, 
cela me parait assez difficile, du moins pour le moment ; ces 
deux formes se distinguent assez facilement par le carac- 
tère fourni par la membrane de leur cellule. 

Il faut donc réunir le 7. odorata (Lyngb.) Wittr. 
(De-Toni, Sylloge n^ 3) sauf la variété pulvinata Grunow 
et le T. Bleiêchii (Rabh.) Wille (De-Toni, loc. cit. n^ 15). 

A ce propos, je ferai remarquer que les divisions 
adoptées par M. De-Toni, dans son Sylloge^ divisions 
reprises du travail de M. HangsgirgC^), ne peuvent subsister 

(1) Britiêh fmk iMtor Atgw, vol. Il, Ub. 72, fig. 3. 

(3) Granow. Loe. cit., p. 41. 

(3) Hansgirg. Loc. cit., pp. 86 et 87. 



100 

puisque, par deux fois, nous voyons des espèces apparte- 
nani aux deux classes devoir être réunies. 

Il suffira, je crois, de mettre en regard les caractères de 
ces deux classes, pour prouver qu'ils ne suflBsent pas 
pour différencier ces espéees. 



Caespitoli auraotiaco Tel miniato- 
ni6, aurai Tel tabsulpharei, 
rarius flayo-violaceo yireacentes. 

Sîccitate flavo Tel sordide griseo- 
virides, plus TioJae odorem emit^ 
tentes. 



Caespituli pleramque obscaro mfo- 

bruDDei, rarius ad flayo^aareum, 

▼el flavidus vergentes. 
Siecitate sordide griseo-viride, ino- 

dori vel valde yioiae odorem 

emmitlentes. 



Gomme ont le voit, les caractères différentiels sont basés 
sur la couleur et Fodeur, caractères qui varient, comme on 
le comprend, suivant les circonstances de la végétation, de 
la récolte, et de la dessiccation. 

M. Th. Durand demande la parole pour donner quel- 
ques détails sur le Congrès botanique qui a eu lieu à Paris 
au mois d*août dernier. Il est prié de rédiger une note 
sur ce sujet. 

QUELQUKS MOTS SUR LE CONGRÈS INTERNATIONAL 

DE BOTANIQUE DE PARIS. 

(90-24 AorT i889.) 

Le Congrès international de botanique, convoqué par la 
Société botanique de France, à Toccasion de TExposition 
de Paris, a tenu ses séances du !20 au 24 août dans la 
grande salle de la Société d*lioriiculture. 

Bon nombre de botanistes de la France et de l'étranger 
avaient répondu à Taimable appel de la Société française 
et si nous ne nous trompons, quatorze nationalités au 



104 

moins étaient représentées au Congrès. Notre Société y 
comptait quelques confrères : MM. C. De Bosscbere, 
fabbé Pâque et A. Wesmael. 

Séance du mardi 20 août. 

M. H. de Vilmorin, le sympatique président de la 
Société botanique de France, ouvre la séance par un 
discours de bienvenu»' aux botanistes étrangers, puis il 
propose d'appeler à la présidence du Congrès, Téminent 
professeur de Varsovie, M. Fischer de Waldheim. Le 
bureau est complété par la nomination rie MM. Arevalo 
y Baca (^Valence), W. Barbey (Genève), Éd. Bureau 
(Paris), Th. Durand (Bruxelles), L. Guignard (Paris), 
C. Hansen (Copenhague), M. Hartog (Cork), J.-P.-J. 
Kollz (G'^-duché de Luxembourg), 0. Penzig (Gènes), 
Timiriazeff (Moscou), comme vice-présidents, et de 
MM. J. Daveau (Lisbonne), Grecescu (Bucharest), 
M. Kraus (G'^-duché de Luxemboug), P. Maury (Paris), 
E. Poniropoulous (Athènes) et P. Vuillemin (Nancy), 
comme secrétaires. 

En Tabsence de M. Fischer de Waldheim, retenu au 
Congrès d'horticulture, M. le professeur Timiriazeff est 
invité à prendre la présidence. En quelques mots, il 
remercie le bureau provisoire, puis il invite l'assemblée 
à nommer une commission chargée de soumettre, au 
Congrès, des conclusions sur la première question à 
rétude. 

Cette question, proposée par M. Éd. Bureau, était ainsi 
libellée : 

De rutilité quif y aurait à établir ^ entre les différentes 
SociétéSy les différents musées botaniques, une entente pour 



103 

arriver à dresser des cartes de la répartition des espèces et 
des genres sur tout le globe. 

Il serait facile de dresser de telles caries si l*oii con- 
naissait toutes les habitations d'une espèce, mais même 
dans les herbiers les plus riches, alors qu'une espèce 
est représentée par une nombreuse série d^échantillons de 
provenances fort diverses, on ne peut recueillir que des 
données tout-à-fait insuffisantes pour fixer sa dispersion; 
de là, la nécessité, vivement sentie par M. Bureau, 
d^arriver à une entente entre tous les possesseurs de 
grands herbiers pour centraliser les renseignements. 

Mais ce n'est pas tout. Il faut que. les renseignements 
soient minutieusement contrôlés^ et que, pour les espèces 
polymorphes, il y ait entente sur la façon de conoeyoir 
respèce. Il faut aussi examiner si, dans telle localité, la 
plante est indigène ou seulement introduite, rare ou 
abondante, etc. Enfin, pour que les cartes dressées dans 
des pays différents puissent donner des résultats pratiques 
pour rétablissement de la carte générale, il est nécessaire 
qu'elles aient autant que possible la même échelle. 

Tels étaient les principaux points sur lesquels la com- 
mission composée de MM. Éd. Bureau, Koltx, P. Maury, 
O. Penzig et 6. Rouy avait à présenter un rappori pour 
la séance du lendemain. 

Séance du ^l août. 

Présidence de M. Fischbb db Waldbkim. 

Le Président ouvre la séance en remerciant vivement les 
membres du Congrès de l'honneur qu'ils lui ont fait en 
l'élevant à la présidence, puis il donne la parole au rap- 
porteur de la commission de géo-botanique. 



103 

M. Éd. Bureau expose les diverses questions qui ont 
attiré Pattention de la commission, puis il soumet au 
Congrès une série d*artieles destinés à assurer Texécution 
de cartes générales botaniques. 

Après une discussion animée à laquelle prennent part 
MM. Bureau^ Cornu, Cosson, T.Durand, Fabbé Hy, Maury, 
Tabbé Pàque, Rouy, etc., le projet de la commission est 
adopté avec quelques légères modifications. 

Voici les principales décisions reproduites d*après un 
excellent article de M. Maury, l'un des secrétaires du 
Congrès (^). 

« Il y a lieu de faire du tracé des cartes de géographie 
botanique comprenant plusieurs pays, une œuvre interna- 
tionale. 4 cet effet, la commission nommée par le Con- 
grès (et complétée par l'adjonction de M. le D' E. Cosson) 
fonctionnera en permanence, avec son siège provisoire à 
Paris, jusqu*à la réunion d*un prochain Congrès interna- 
(ional. Elle réunira, concentrera les documents nécesaires, 
dirigera Texécution des premiers projets de cartes, four- 
nira à tous ceux qui le désireront les indications indispen- 
sables pour la participation à Tœuvre commune et prépa- 
rera un rapport sur les premiers efforts effectués. Le type 
de carte adopté est une carte au ^^p'^^^p ou à défaut celle 
dont Téchelle s'en rapprochera le plus. Chaque botaniste 
pointera sur une carte de sa région à raison d'une ou de 
plusieurs espèces par carte, de telle sorte que les pointages 
soient toujours nets et restent parfaitement distincts pour 
chaque espèce. Il sera préférable de commencer par les 
espèces forestières dont la dispersion est encore imparfai- 
tement connue, par les espèces caractéristiques d'une 



(1) Revue hortieoh, p. ii2 (livr. d'octobre 1889). 



104 

région ou par les espèces rares. On pourra indiquer 
Paire d'une espèce par une teinte ou par un entourage en 
couleur. La commission devra rechercher des signes con- 
ventionnels pour indiquer la fréquence, la rareté, etc.» de 
Tespèce. Elle aura, pour les cartes universelles, à diviser 
le planisphère en section d*un quart de degré carré, 
numérotées à partir du méridien de Paris, le plus em- 
ployé pour les cartes terrestres. 

« En dehors de Texposé fait par M. Ed. Bureau et de la 
discussion dont nous venons de donner le résultat, deux 
mémoires ont encore été présentés au Congrès touchant 
la première question. Le premier de M. Tabbé E. Pâque, 
de Charleroi, a pour objet rétablissement d'une notation 
universelle des espèces sur les cartes au moyen de lettres 
combinées en séries. Le second est de M. le professeur 
Drude,de Dresde; il n'a pu être lu qu'après la discussion, 
mais ses conclusions sont presque absolument celles qui 
ont été adoptées par le Congrès. » 

Au commencement de la séance, M. Poniropoulos avait 
résumé ses recherches sur la flore grecque et sur la con- 
cordance entre les noms vulgaires actuels, ceux des anciens 
auteurs, et les noms admis en science. 

Le Congrès aborde ensuite la deuxième question portée 
à son ordre du jour. 

Des caractères que l'anatomie peut fournir à la clasêifka' - 
tion. 

M. Vesque, maître de conférences à la Sorbonne, avait 
accepté d'introduire la question. Il s'est acquitté de cette 
tâche avec un plein succès et a été écouté avec un vif intérêt. 

M. Vesque commence par rendre hommage aux botanistes 
systématiciensqui, sans le secours du microscope, ont pour- 
tant su débrouiller les affinités des végéuiux et établir une 



10S 

classification naturelle; mais celle-ci présente bien des 
points douteux que Tanatomie seule pourra élucider. 
L'anatomie n*est pas une science à part, mais simplement 
la connaissance plus approfondie, quant à leur structure 
intime, d^organes déjà étudiés. Il reste beaucoup à faire 
avant que Tanatomie puisse rendre tous les services que 
Ton peut légitimement en attendre; il faut faire pour les 
caractères anatomiques et histologiques, ce que les grands 
maitres de la systématique A. et B. de Jussieu ont fait pour 
les caractères externes, c'est-à-dire une subordination^ une 
hiérarchie en rapport avec leur constance. 

Séance du 23 août. 

Présidence de H. Cabl Hanskiv. 

Dans cette séance, M. Vesque termine son rapport. 
Nous achevons de le résumer, d'après M. MauryiO. 

« Il est évident que les caractères influencés par le 
milieu physique ou carqctères épharmoniques, comme 
les nomme M. Vesque, n'ont pas, à cause de leur varia- 
bilité, le valeur des caractères héréditaires ou phylétiques 
qui peuvent persister alors même que le milieu est modifié 
et agit sur les premiers. C'est dans cette distinction que 
réside, peut-on dire, la solution de la question proposée. • 

L exposé de M. Vesque a été suivi d'un débat intéressant 
auquel ont notammant pris part. MM. M. Cornu, du 
Muséum et P. Vuillemun, de Nancy. « 11 en ressort tout 
naturellement cette conclusion qu'il importe d'emprunter 
des caractères anatomiques pour la définition des types 
\égétaux et d'entreprendre de nombreuses recherches 



(i) Loc. cit., p. i43. 



106 

pour arriver à une connaissanee plus précise des affinités. > 
Les éloges accordés par le Présideni au eonsdeiicieax 
travail de M. Vesque ODt été vivement applaudis. 

Séance du 24 août. 

PrésideDce de M. Th. Dviaiio. 

Cette séance a été tout entière consacrée à Taudition de 

nombreux mémoires. 
Sans vouloir trop empiéter sur le compte*rendu officiel 

du Congrès» nous croyons être utile à nos confrères en 

indiquant en deux mots les sujets traités. 

MM. Ed. Bornet et Ch. Flahault : Recherches sur les 
plantes dites perforantes vivant dans le test cal- 
caire des mollusques. 

M. L. Guignard : Vues, nouvelles sur l'union, dans la 
fécondation, des deux noyaux qui doivent former 
Tembryon. 

M. E. André: A Toccasion de rachèvement de son bel 
ouvrage Bromeliaceoe Andreanae, dont il fait 
hommage au Congrès, fauteur donne d^iutéressants 
détails recueillis, sur cette famille, pendant ses 
voyages dans la Colombie, TEquateur et le 
Venezuela. 

M. Bescberelle : Nouvelles Mousses et Hépatiques exo- 
tiques. 

M. E. Roze : Action de la chaleur sur les enveloppes florales. 

M. D.Cios: Nouveaux faits relatifs à la lobation des feuilles. 

M. Ad, Chalin : Envahissement d'une sapinière eu Seine- 
Oise par u ne curieuse Orchidée Je Éroodyera repenx. 

M. Em. Mer : Modifications de croissance et altérations des 
bois consécutives aux lésions du tronc de conifères. 

M. P. Reinsch : Échelle universelle de micrographie. 



107 

M. G. Camus : Série d^hybrides d^Orcbidées des environs 

de Paris. 
M. E. Malin vaud : Plantes nouvelles et rares pour la flore 
de France. Le savant Secrétaire général de la 
Société annonce notamment la découverte, dans 
le département du Lot, de VAlysium gemonense. 
Bien que cette Crucifère soit fort abondante sur 
un grand espace, elle n'est sans doute qu'intro- 
duite; c'est un type oriental. 
MM. Battandier et Trabut : Plantes nouvelles ou rares 

pour l'Algérie. 
M. N. Leveillé : Observations sur la fleur d*un Œnotiiera 

indien. 
M. Ed. Bornet : Observations sur Therbier dit de Gaston 
d*Orléans^ conservé au Muséum et qui serait de 
P. Boccone. 
M. Roujon : Cause de la variation de la taille chez les 

végétaux. 
M. Th. Durand : Note sur le genre Lindneria Th. Durand 
et Lubbers (ce nouveau genre de Liliaceae-Aloi- 
neae^ voisin des Lùmatùphyllum, a été découvert 
dans le Dammaraland). 
Le Président remercie les auteurs de ces importantes 
conmiunications ; il réitère à la Société botanique Fexpres- 
sion de la gratitude de tous les étrangers pour la cordia- 
lité de son accueil; il remercie tout particulièrement 
MM. de Vilmorin, Cosson, Bureau et Maury, qui se sont 
multipliés pour assurer le succès de la session, puis il 
prononce la clôture du Congrès. 

Pendant le Congrès, des visites aussi intéressantes 
qu'instructives ont été faites aux herbiers du Muséum 
d'histoire naturelle, de M. le D' Cosson, de M. G. Rouy 
et à l'Exposition universelle. 



108 

La réception des congressiBtes ches M. £. Cossob a élé 
extrêmement aimable. Les visiteurs qui ne eotuiaîaaaîent 
pas encore les collections du célèbre botaniste français, 
ont vivement admiré et leur excellent arrangemeat maté- 
riel et leur richesse. Cet herbier est probablemeni le plus 
complet comme représentation de la flore du Cap^ de 
FAmérique du Nord et des États barbaresques» 

Un mot aussi de la belle journée passée à Verrièrea-le- 
Buisson dans le magnifique domaine de M. H. de Vilmo- 
rin. Sous la conduite du chef de la maison universelle- 
ment connue Vilmorin-Andrieux et O^aidé deMM. Veriot 
eiLouriti les visiteurs parcourent successivement les belles 
cultures de tous genres, les champs d'expérience, de 
sélection et d*bybridation, les eollections types qui servent 
de point de comparaison pour Tétude des races anciennes 
ou nouvellement obtenues, les laboratoires, etc., en un 
mot un ensemble d'installations qui font de cette maison 
un établissement commercial et scientifique horsligne. 

Les botanistes garderont aussi le meilleur souvenir 
d*un somptueux déjeuner gracieusement offert par M. et 
M** de Vilmorin à leurs invités» 

Un banquet offert par la Société botanique de France 
a clos cette belle série de fêtes et de réunions scientifiques. 
MM. de Vilmorio, Gosson, Bureau, Bescherelle et Malin- 
voud ont porté des toasts aux botanistes étrangers 
et à la confraternité scientifique. MM. G. Hansen, Poniro- 
poulos, Hartog,etc.y ont vivement remercié et ont bu & la 
prospérité de la Société botanique et de la France. 



Après la communication de M. Durand, plusieurs 
membres qui se sont occupés depuis longtemps de la 



109 

distribution naturelle des plantes et de certaines classes 
d*animaux, prennent la parole pour exposer leurs idées 
sur la tentative faite par le récent Congrès botanique de 
Paria, afin de réunir des documents propres à fixer Paire 
de distribution des plantes. Il est à craindre de voir ce 
projet échouer en présence des difficultés extraordinaires 
et è peu prés insurmontables qui entourent Tœuvre entre- 
prise. Les recherches à faire pour tracer rigoureusement 
les limitée naturelles d'un type spécifique quelconque 
réclament, de la part de Tobseryateur, une expérience 
consommée de botaniste phytographe^ pour être à Tabri 
de fausses déterminations, puis une connaissance suffi- 
sante non*8eulement de la flore indigène de son propre 
pays, mais encore des pays voisins, afin de n'être pas 
tenté de prendre, pour des habitations naturelles, des 
habitations purement artificielles, où certaines espèces 
ont été introduites, dans les temps modernes, par des 
causes dépendant de Thomme. Les nombreux ouvriers 
appelés à concourir à Pœuvre commune n'auront pas 
tous un égal talent; les uns seront très consciencieux, 
les autres, peut-être légers dans leurs renseignements. 
La commission chargée de réunir, de concentrer et de 
publier les travaux sera-t-elle à même de contrôler les 
renseignements fournis? Ne sera-t-elle pas exposée à con- 
fondre, dans la masse des documents fournis, les résultats 
de bonnes recherches avec des faits erronés qui viendront 
dénaturer Tétat réel des choses? Dans les cas qui paraîtront 
manifestement douteux, la commission pourra-t-elle con- 
stater Terreur? On doit prévoir une foule de vérifications. 
Trouvera-t-on des hommes assez dévoués pour consacrer 
un temps considérable à celles-ci? 

Un autre côté de la question est celui de la nature des 



HO 

espèces à délimiter géographiquemeot. Comment s'enten- 
dra-(-on sur les types spécifiques? Les uns verront plusieurs 
espèces là où d^autres n*en trouvent qu'une seule. En se 
bornant aux seuls types dits linnéens, on doit s'attendre 
k voir confondre des espèces différentes sous le même 
nom. Qu'en sera-t-il si Ton admet, même dans une 
mesure très restreinte, des types spécifiques de second 
ordre? C'est alors que la commission aura un immense 
labeur de vérification à faire pour s assurer de TidenUté 
des formes dénommées. 

Les monographes sont à peu près les seuls botanistes 
capables d'arriver à découvrir la véritable aire de distri- 
bution des espèces. Encore, malgré des efforts persévé- 
rants, après avoir consulté toutes les grandes collections, 
après avoir pris des renseignements à toutes les sources 
possibles, ne parviennent-t-ils qu'à un à peu près pour 
une foule de types spécifiques. 

C'est alors seulement qu'on sera en possession de 
monographies approfondies qu'on pourra espérer de pou- 
voir dresser de bonnes cartes de distribution géogra- 
phique. 

On a bien vu l'administration d'établissements scienti- 
fiques, s'inspirant de ce qui avait été fait dans certains 
ouvrages, faire dresser de nombreuses cartes de distribu- 
tion géographique pour être placées à côté ou en face de 
plantes ou d'animaux exposés à la vue du public. Ces 
cartes faites au moyen de documents publiés, num non 
contrôlés, constituent un essai heureux et favorable à 
l'instruction de la foule, qui ignore généralement que les 
plantes et les animaux sont distribués sur le globe d'une 
façon très inégale et que leur distribution naturelle a 
dépendu de causes variées. Mais ces cartes dressées 



111 

de la sorte n*ont ordinairement aucune valeur réellement 
scientifique, car elles ne représentent que vaguement la 
véritable distribution des plantes et des animaux. 

Peut-être ces essais ont-ils été pour quelque chose dans 
ridée qu*ont eue les organisateurs du Congrès botanique 
de Paris de faire dresser des cartes de distribution géogra- 
phique pour les plantes. Certes, Tidée est très bonne et on 
doit vivement souhaiter qu*elle éveille d'attention d*un 
grand nombre de botanistes sur le problème si vaste et si 
compliqué de la distribution de nos végétaux actuels. Que 
dans chaque pays, on se mette courageusement à Tœuvre. 
Tôt ou tard» la masse des faits bien observés permettra 
de tracer rigoureusement la limite naturelle des éléments 
de nos flores européennes. Il reste encore énormément à 
faire dans cette ordre d*idées pour notre seule Europe. 
Quant à la plupart des flores exotiques, il faudra plusieurs 
siècles, sans doute, pour les bien connaître sous le rapport 
de la distribution géographique des espèces. 



MM. Barzin, Decamps et Mansion, présentés à la 
dernière séance, sont proclamés membres effectifs de la 
Société. 



M. A. de Villers-Masbourg, au château de Schaloen 
(Limbourg hollandais), présenté par MM. Crépin et Garron, 
demande à faire partie de la Société. 



La séance est levée è 8,40 h. 



COMPTES-RENDUS DES SEANCES 



UK LA 



SOCIÉTÉ ROYALE DE BOTANIQUE 

DE BELGIQUE. 



■ »—»>« 



ANNEE 1889. 



Séance mensuelle du 9 novembre 1889. 

Présidbncb DR M. Errera. 

La séance est ouverte à 7 i/t heures. 

Sont présents: MM. Carron, L. Goomans, Delogne, 
De Wevre, De Wildeman^ Th. Durand, Errera, Laurent, 
Marchai, Preudhomme de Borre, Vander Bruggen et 
Yindevogel; Crépin, secrétaire. 



Le procès-verbal de la séance du 12 octobre est 
approuvé. 



M. le Secrétaire lit la correspondance. 



M. le Président proclame M. De Villers-Masbourg 
membre effectif de la Société; il annonce que M. Florentin 
Malter, professeur à TEcole moyenne de Vil vorde, présenté 
par MM. Vits et Laurent, demande à faire partie de la 
Société. 



10 



1 

M. Grépin lit la notice suivante, dont rimpressioo est 
volée. 

RECHERCHES SUR L'ÉTAT 

DU DÉVELOPPEMENT DES GRAINS DE POLLEN DANS 
DIVERSES ESPÈCES DU GENRE ROSA, 

par François Crépin. 

En 1869, dans le premier fascicule des Primitiae^ 
page 1 3, je signalais Tatrophie des grains de pollen chez 
certains hybrides produits par le croisement du Ro$a 
gallica avec des espèces de la section des Syustylées. Cette 
atrophie n^avait pas lieu de surprendre, car on sait, 
d'après des expériences qui ont été faites avec le plus 
grand soin, que, dans les hybrides, les organes mâles sont 
fréquemment affaiblis et atteints d'atrophie plus ou moins 
prononcée. 

Chez les Roses, Texamen du pollen m'avait paru devoir 
offrir une précieuse indication dans le cas où une forme 
est soupçonnée d'hybridité. Les observations que j*avais 
faites ultérieurement sur certaines Roses hybrides ten- 
daient à me confirmer dans ma première idée. Mais 
aujourd'hui de récentes recherches sont venues singuliè- 
rement ébranler le caractère que j'avais cru pouvoir tirer 
de l'atrophie des grains de pollen pour juger de la nature 
hybride de certaines Roses. En 1888 et 1889, j'ai com- 
mencé une série d'observations sur le pollen des espèces 
cultivées au Jardin botanique de Bruxelles. J'ai, en outre, 
examiné les fleurs de Rosiers sauvages rencontré dans 
mes herborisations en Belgique, et des fleurs fraîches 
envoyées par plusieurs correspondants. M. l'abbé BouUu, 
de Lyon, m'a adressé des fleurs de quelques espèces ; 



mon excellent ami le capitaine Moutin, avec une complai- 
sance inépuisable, m*en a recueilli un grand nombre 
d'espèces et de variétés du département de risère. Gomme 
je me propose de poursuivre ces recherches, je prierai 
mes correspondants de Tétranger de bien vouloir m*adres- 
ser, Tan prochain, des fleurs venant de s'épanouir et 
avant que les insectes aient butiné le pollen. L'examen 
peut aussi bien se faire sur fleurs desséchées que sur fleurs 
fraîches. Dans Tun et l'autre cas» les fleurs doivent être 
renfermées dans de petits sachets en papier. Mais pendant 
que je ferai, de mon côté, des observations au microscope, 
j'engagerai tous les spécialistes, tous les botanistes qui 
étudient les Roses, de faire, à leur tour, des recherches 
sur les Roses de leur région. Pour arriver à un résultat 
sérieux, il est nécessaire que les expériences soient très 
nombreuses^ répétées à plusieurs reprises sur la même 
espèce ou sur la même variété, afin de pouvoir juger de 
la constance de certains faits. D'après rexpérience que 
j'ai déjà acquise, j'ai lieu de supposer que, d'une année 
à l'autre, il peut se produire, sur le même buisson, des 
variations dans la quantité des grains de pollen bien ou 
mal développés. Il est même probable que la proportion 
de ces deux sortes de grains peut même varier plus ou 
moins d'une fleur à une autre fleur du même buisson. 

Pour observer le pollen, on doit employer un objectif 
assez faible, afin de pouvoir examiner, dans le champ 
de vision, un grand nombre de grains a la fois. 
Plongés dans une goutte d'eau, les grains de pollen bien 
développés se gonflent rapidement et deviennent sphéri- 
ques, tandis que les grains atrophiés restent petits, ellip- 
tiques ou de forme irrégulière. Ces derniers simulent 
en quelque sorte des grains de poussière mêlés au pollen 



116 

normal. Le pollen peut être étudié sur des échantillons 
d'herbier, à condition que les fleurs n'aient pas été 
imprégnées d'une solution alcoolique destinée à les pré- 
server de l'attaque des insectes, ou que les grains n'en 
aient pas été dévorés par les larves, ce qui arrive toujours 
après quelques années. 

Je vais dresser le tableau de mes observations^ en 
distribuant les espèces dans Tordre de la classification que 
j'ai adoptée pour le genre RosaW. L'abréviation (J. B.) 
qui suivra le nom de certaines espèces, indique que 
celles-ci sont cultivées au Jardin botani(|ue de Bruxelles. 

Sbct. I. — SYNSTYLAE. 

R. multiflors ThuDb. (J. fi.). — Pollen pur, abondant et d*an jaane- 
orangé (2). 
— — var. pbUyphylla Thory (J. B.), à corolle assez grande, purpu- 
rine, simple. — Pollen abondant, d 'on jaune-orangé, très impor, 
à grains bien développés rares. 

B Wiohuraiana Grép. (J. B.). — Pollen d*un jaune-orangé, tantôt par, 
tantôt mélangé d*an quart de grains atrophiés. 

K. aetigera Mich. (J. B.). — Pollen d*un jaune-orangé, k grains parais- 
sant tous bien développés, mais il est rare d'en voir quelques-ans 
devenir sphériques sous Taction de Peau. Ils restent plut ou moins 
attachés les uns aux autres et forment des grumeaux. Sommes-nous 
là en présence d*un cas accidentel? Des obserrations devront être 
faites sur des pieds croissant à Pétat sauvage. 



(i) J*ai présenté celte classification à la Conférence des Roses qlli a ea 
lieu, au mois de juillet dernier, à Chiswick près de Londres. Elle ne tardera 
pas à paraître sous le titre de : Sketch of a new Clfuêifieatian of Roêa^ 
dans les publicalioiis de la Royal Ilorticultural Society de Londres. 

(S) Par pollen pur, j'entends un pollen dont tous les grains sont bien 
développés, ou ne présentant que de très rares grains atrophiés. 



117 

R. mosoliata Herrm. var. (A. polyantha var. grandi flora Bcrnaix) 
(J. fi.). — Poilen d*un jtanfr-orangé, à peu près complèlenictit 
pup(l). 

B. aemperrirens L. (J. B.). — Pollen abondant, d*un jaane-orangë, A 
grains paraissant tous bien développés, les S/3 environ devenant 
spbériquesy tandis que les autres conservent la forme elliplique. 



(1) Dans le n^ 4 du mois d^avril dernier du Journal de$ Boieê, page 5B, 
j'avais déjà rapporté le R. polyantha var. grandiftora Bernaix au 
A. moêchala. Celte Rose ne me parait avoir aucun rapport avec le 
R, multiflûra Thunb. {R, polyantha Hort. p. p.); elle possède tous les 
caractères essentiels du R. moêchata. Seulement, elle présente la parti- 
cularité curieuse d'une colonne stylaire très courte. C'est ceites là un 
fait singulier, mais ce n*est probablement qu'un accident II s'agirait de 
savoir s'il se maintient par le semis. Cette brièveté de la colonne stylaire 
n'est pas un cas isolé dans la section des Synstylées; je l'ai constatée dans 
deux pieds du R. tempervirenê cultivés au Jardin botanique de Bruxelles. 
Chei ceux-€i, les réceptacles fructifères sont rares, petits; ils restent verts 
et ne renferment qu'un ou deux akènes. Ayant fait des coupes vertica- 
les des réeeptades florifères, j'ai remarqué que les styles sont fortement 
contournés-tordus k quelque dislance de leur point d'introduction dans le 
col du réceptacle. Il est vraisemblable que l'une ou l'autre cause a mis 
obstacle à leur complète exsertion à travers le col» et de le brièveté de la 
colonne stylaire. On peut, sans invraisemblance, attribuer, en partie, la 
stérilité ou l'atrophie des réceptacles fructifères k la torsion des styles. 
Dans le R, polyantha var. grand»fiora^ les styles ne sont pas tordus et la 
fructification parait normale. Je possède, en herbier, des spécimens de 
R, êempervirenê recueillis aux environs de Faenza (Romagnes) par L. Cal- 
din, dont les styles dépassent à peine le disque, sans être, d'après ce que 
j'ai pu voir, tordus ù l'intérieur du réceptacle. H. B. Gelmi a décrit, 
en 1884, dans le Deutiche botaniseho Monatuchrift une variété brovi- 
ëtylm du R. arvenHs k styles a peine saillants au-dessus du disque. Celte 
variété, m'a écrit M. Gelmi, fructifie très mal et ses réceptacles fructifères, 
ovoïdes, ne renferment qu'un ou deux akènes. Il faudra voir, si dans 
cette eurieuse variété les styles sont tordus comme dans les R, sempêrvt- 
rem dont il a été question ci-dessus. Celte variété, de même que les 
R, temperoirentf ne parait montrer aucune trace d'hybridité. 



t18 

R. arrensis Huds. — Pollen abondant, d*an jaune-orangë, parfaitement 
pur. — Les observations ont ëtë faites sur des pieds sauvages et 
sur des pieds cultivés. 

Sect. 111. ~ INDICAE. 

B. indioft Lindl. (Rose de Bengale) (J. B.). — Pollen peu abondant, à 
grains devenant globuleux rares, les autres asseï gros, paraissant 
bien développés, mais ne se renflant pas. 

Sect. V. — GALLICAE. 

H. gallioa L. (J. B.). — Pollen d'un jaune-soufre, par. — Le pollen 
clait également par dans des fleurs des environs de Lyon envoyées 
par M. Pabbé Boullu. 
Obs, I. — Le A. galliea s*bybride assez fréquemment «vee les 
R, arvenêiê et A. eanina. Ses produits bybrides, qui ont été 
souvent décrits comme des espèces légitimes, ont toojonrs, 
d*après ce que j*ai pu observer surtout sur des spécimens 
d*herbier, leur pollen entièrement ou presque entièrement 
atropbié. (Voir Prim Monogr. Rot,, pp. 13 et 005.) 
Obi. H. — Le i?. Baraeana Béraud (J.B.), qui parait être an 
hybride dont Pun des ascendants serait le R. gMica, a tons 
Èe% grains de pollen atrophiés. 

Sect. VI. — CANINAE. 

S. oanlna \*. — De nombreuses variations ont présenté un pollen dont 

la proportion des grains bien développés varie entre '/s ^^ ^/s- 

La fraction Vs «st la pins fréquente. 

06s. — Les R, eoriifolia Pries et R, gluMca Vill. m*ont présenté» 

sur des fleurs envoyées par M. Moutin, leur pollen à Vt ^^ '/s 

de grains bien développés. 

H. femig^ea Vill. (J. B.). — Pollen à moitié ou aux deux tiers drs 

grains bien développés. 
R. mbiglnosft L. — Pollen à moitié ou aux deux tiers des grains bien 
développés. — Observations faites sur des fleurs de provenances 
varices. 
H. mloranthft Sm. (J. B.). — Pollen à moitié des grains bien développés. 



119 

B. graveolens Gren. var. (A. pêeudo-graveolens Moulin). — Les fleurs 
que M. Moutip m'a adressées m*ont présenté un pollen dans 
lequel les grains bien développés étaient très rares (eu moyenne 
environ Vi o de la masse). 
06«. - Le A. subêetsiliflora fioullu, forme dont Tidentité spéci- 
fique n'est pas encore bien fixée, m*a présenté, sur la plante 
cultivée et sur des fleurs envoyées par M. Moulin, un pollen 
dont la proportion des grains bien développés variait entre la 
moitié et les deux tiers. 
B. tomentosa 8m, — De nombreuses variations et des variétés de cette 
espèce m*ont piésenlé leur pollen avec une proportion de ^/^ & *l^ 
de grains bien développés. La fraction */s est la plus fréquente. 
B. villota L» (incl. R, pomiftra Herrm. et R, moliiê Sm.). — Des formes 
assez nombreuses de cette espèce m*ont montré leur pollen avec 
^/s^u *lz ^^ grains bien développés. La fraction *l^e%i la plus 
fréquente. Dans certaines fleurs du R, arduennenêiiy j*ai trouvé 
presque ^/g de grains bien développés. 
B. Jundzllli Bess. (J. B.). — La proportion des grains bien développés 
est ordinairement */4; parfois elle atteint */^. 

Obê. — Le R. coronata Crép. (i- B.) qui fait partie d'un 
groupe de formes ayant pour nom princeps R* involuta Sm.^ 
et dont Taulonomie spécifique inspire des doutes à certains 
spécialistes qui veulent y voir une association d*by brides, 
présente un pollen dont la très grande majorité des grains est 
atrophiée. Les bons grains comptent à peine pour *ln» La 
même chose se présente dans un R. Sabini Sm. du départe- 
ment de risère, envoyé par M. Moulin. 

Le R. hibernica Sm. var. Groveti Baker (J. B.) a son pollen 
encore plus atrophié que le if. eoronato. Le R, hiberniea passe 
pour un hybride des R. canina et R. pimpinellifolia, 

Sect. VII. — CAROLINAE. 
B. laoida Ehrh. (J. B.), ~ Pollen abondant, d*un jaune-soufre, pur. 

Sect. VIII. — CINNAMOMEAE. 

B. nutkana Presl (J. B.). — Pollen abondant, pur. 
B* piflooarpa A. Gr. (J. B.). — Pollen pur. 



m 

B» mgotM Thonb. (J. B.). — Pollen tbondaal, por. 

0^*9. — On caltïTe dans le jardin de rAcadémie forestière de 
Mânden et dans PartioreUim da IK Dieck, à Zôschen, sous le 
nom de Tar. t&eiiama nue Tariété remarquable dn R. rugoêa^ 
ÎDlrodaite, dit-on, dn Tibet par le Oofmarseball you St#anL 
Cette variété, également eultîTée au Jardin botanique de 
Bruxelles, m*a montré un pollen abondant, d'un jaune-«oufre 
et k peu près eomplèlement pur. 
B. lountehAtioa Vent. (J. B.). — Pollen pur. 

B. oàUfomios Cham. et Schlecht. (J. B.). — Pollen d'un jaune-soofre, 
tantôt complètement pur, tantôt mélangé d*en?iron Vi ^^ gnins 
atrophiés. — Obsenrations faites sur diverses formes comprises 
sous le nom de il. ttaiifomiea, tjpe encore vaguement délimité. 
B. Begfferiana Sebrcnk (J. B.). — Pollen pur. 
B« blaadA Ait. (J. B.). — Pollen abondant, d*un jaune-soufre, pur. — 
Observations faites sur plusieurs variations. 
Obê, — Le il. arkanêana Porter (J. B.), qni n*est probable- 
ment qu'une variété du A. bianda, a également son pollen 
pur. 
B. aoienlari* Lindl. var. (A. Bourgeauiana Crép.) (i. B.). — Pollen 

abondant, pur. 
B. slpina L. — Pollen abondant, pur. 

Oàê. — La Rose de Boursanlt (J B.), qui est eoofidérée eomme 
un hybride des A. alpina et A. mcKea, présente un pollen peu 
abondant, & nombreux petits grains atrophiés, parmi lesquels 
se trouvent de rares grains plus gros, mats ne se renflant pas 
dans Teau. 

SecT. IX. — PIMPINELLIFOLIAE. 

B. pimpinelliiblia L. (incl. A. «ptiioattttma L.). — Pollen abondant, 

pur. 
B. platyaonntha Sebrenk (J.B.). — Pollen pur. — Cette forme doit être 
rapportée au A. xanthina Lindl. 

Obg. — Le A. pimpineUifolia se croise asses fréquemment stoc 
diverses espèces, et souvent avec le A. aipina. Aux environs 
de la Motte d*Aveillans (Isère), M. le capitaine Moutin a 
trouvé diverses formes paraissant produites par le croisement 
des Ré plmpinôUifoiio et A. alpina, L*une de ces formes 



121 

a été publiée par lui, dans )*herbier de la Société dauphinoise, 
sou> le n« 3288 avec le nom de R. mbeila Sm. var. medtler- 
romêa Christ. Il a donné une description de cette Rosa dans 
le 9« Bulletin de cette Société (1882)> pages 376 et 377. 
M. Bfoutin m*a adressé successivement de nombreux spéci- 
mens de ces Roses que j^ai toujours considérées comme des 
hybrides se rapprochant plus tantôt du il. atpinOf tantôt 
du R, pimfnneUifolia. Cette année, ayant examiné les fleurs 
de deux pieds, Pun du J}« alpina X pimpineUiféiia^ Tautre 
du A. rubella var. medtiarranea, que m*avait envoyés M. Mou- 
tin et qui prospèrent parfaitement au Jardin botanique de 
firuxelles, je fus extrêmement surpris de leur trouver un 
pollen assez abondant, à nombreux grains bien développés et 
seulement entremêlés d^assez rares grains atrophiés. Cette 
constatation, faite vers la fin du mois de mai dernier, ébran- 
lait les idées que j*avai8 sur Patrophie très prononcée des 
grains de pollen chez les hybrides. Le S juillet, M. Moutin 
m'adressa de nombreuses fleurs fraîches des mêmes 
R. alphia X pi^pinellifolia et R. rubêlla var. mediterranea. 
Ces fleurs me montrèrent également un pollen abondant et 
pregque abêolum$ni pur. 

Sbct. XI. — SERIGEAE. 

R. Herioea Lindl. ^ Pollen abon .ant, d'une jaune-soufre, pur. — Obser- 
vations faites sur des fleurs fraîches reçues de Rew. 

Sbct. XIII. ~ BRAGTEATAE. 

S. olixiophylla Thory (R, invotuerala Roxb.). — Deux fleurs fraîches 
envoyées de Kev m'ont montré un pollen qui m*a paru pur. 

Comme on le voit, ces remarques sont encore fort 
incomplètes, puisque je n'ai pu observer le pollen que 
dans la moitié environ des espèces composant le genre 
Rosa et que plusieurs sections n'ont pas été étudiées i ce 
point de vue : Sect. II. Slyloêae; Sect. IV. Banksiae; 



193 

Sect. X. Luieae; Sect, XII. Minutifoliae; Secl. XIV, 
Laevigatae ; Seci. XV. Microphyllae. 

Malgré ces lacunes, les faits exposés peuvent déjà 
donner lieu à des considérations intéressantes. 

Peut-être suis-je le premier observateur qui ait attiré 
Tattention sur Tinégalité de développement des grains de 
pollen dans le genre Rosa et qui ait tiré, de l'atrophie 
plus ou moins complète des grains polliniques, un argu- 
ment en faveur de l'hybridité dans le genre. Dans son 
mémoire intitulé : ÀUgemeine Ergebnisie aus der systema^ 
tUchen ArbeU am Gentu Rosa (1884), M. Christ fait 
allusion à Tatrophie des grains de pollen dans les hybrides 
de Rosa, mais sans entrer dans aucun détail. Avant lui, 
M. Focke, dans son ouvrage intitulé : Die Pflanzen- 
Mischlinge (1881), page loi, expose que ses recherches 
sur le pollen des Roses européennes lui ont fait constater : 
^^ que les R. cinnamomea L.fR.pimpinelUfolia L., R. al- 
pina L., £. gallica L., R. arvensU Huds. et R. semper- 
vireni L. ont leur pollen pur; 2« que toutes les autres 
espèces, qui font partie de la sect. Canineae^ ont leur 
pollen très impur, un grand nombre de grains déformés 
étant mêlés aux grains bien conformés. Les observations 
de M. Focke paraissent donc concorder avec les miennes. 

La pureté du pollen dans certaines sections du genre 
est un fait parfaitement naturel et qui ne demande pas 
d'explication, mais Tatrophie de la grande majorité des 
grains polliniqucs dans la section Caninea est un cas 
auquel il importe de chercher une explication. Quelle 
est la cause de cette étrange atrophie? En considé- 
rant Tatrophie plus ou moins complète des grains de 
pollen dans certaines Roses dont la nature hybride ne 
laisse aucun doute, on sera peut-être tenté de chercher, 



193 

dans rhybridité, Texplication de Tatrophie partielle du 
pollen des Caninae. Avec les idées ayaiu actuellement 
cours sur l*hybridité, on repoussera sans doute l'idée de 
voir dans les Caninae^ dans les R. canina^ R. rubiginosa^ 
il. lomenloga, etc., des espèces formées par voie d'hybri- 
dation (*). En effet, il est admis que les hybrides, tant dans 
le règne végétal que dans le règne animal, ne peuvent se 
perpétuer et faire souche d'espèces. C'est là une croyance 
qui a pour base un nombre relativement très restreint 
d^expériences qui ont presque toujours échoué. Mais ces 
expériences sufBsent-elles bien pour refuser, d une façon 
absolue, à Thybridité le pouvoir de produire des 
hybrides fertiles capables de se perpétuer indéfiniment? 
En présence de notre profonde ignorance sur l'évolu- 
tion de cette multitude d'associations spécifiques qui 
constituent les deux règnes organiques, n'y a-t-il pas 
témérité à émettre une telle affirmation? Les célèbres 
expériences faites avec VAEgylops speltaeformis, si elles 
sont bien telles qu*on les a rapportées, devraient, me 
senible-t-il, nous inspirer quelque défiance à l'égard de ce 
dogme de la non persistance des hybrides. Les rapports 
croisés que nous constatons aujourd'hui entre les espèces 
d'un même genre, entre les genres d'une même famille, 
entre les familles d*un même ordre, ne sont-ils pas 



(I) M. le D' Christ, qui s^est oceupë d'une façon spéciale des hybrides 
dans le genre Aotn, n*a pas craint d*attribuer à Thybriditë une Rose de la 
section Caninae qui présente tous les caractères d'une espèce et qui est, du 
reste, acceptée comme un véritable type spécifique par tous les iMlanistes. 
Il s'agit du R. JundzUU Bess. (A. iraehypkyUa Rau). Celui-ci serait, pour 
le savant botaniste de Bâle, un hybride fixé. Je me propose d'examiner plus 
tard cette intéressante question du A. JundziUi et de discuter, d'une 
façon approfondie, les arguments invoqués en faveur de sa nature hybride. 



124 

dus, pour une certaine pari, à d*antiques croisements 
hybrides? Celte question est digne de fixer laltention de 
tous les naturalistes f'). 

Mais je reviens au genre Rosa et à la question que 
j*ai posée concernant rimparfaile organisation du pollen 
dans les espèces de la section Caninae, On peut donc, sans 
invraisemblance, invoquer l'hybridité pour expliquer ce 
phénomène. Mais alors comment s*esl-il fait que, dans 
cette section, le pollen soit impur à un degré très prononcé 
et que, d*autre part, dans la section des Cinnamomeae^ le 
pollen soit pur ou à peu prés pur, alors que dans Tune 
et Tautre section les rapports d'affinité entre leurs types 
spécifiques se trouvent à peu près les mêmes? Il y a là 
une différence dont Texplication parait extrêmement 
embarrassante. 

J'ai dit, au début de cette note, que les nouvelles obser- 
vations que j'avais faites sur le pollen étaient venues ébranler 
le caractère que j*avais cru pouvoir tirer de Tatrophie des 
grains de pollen pour juger de la nature des hybrides. 
En effets Tatrophie que nous constatons dans le pollen des 
Cantnae, diminue Timportancede ce caractère sans toutefois 
lui enlever toute valeur. J'estime néanmoins que Ton devra 
toujours attacher un certaine importance aux cas d*atrophie 
complète ou presque complète des grains polliniques et 
quils pourront continuer à être considérés comme un 
indice d^hybridité. Il n'y a pas seulement Tatrophie par- 
tielle du pollen dans les CanincLe qui soii venue diminuer 
h valeur de ce caractère, il y a encore le fait d'avoir observé 



(i) M. W.-O. Focke a déjà abordé celle questioD dans nn lemarquaUe 
article intitulé : Uebgr polymorphe Formenkroiëe (io Engler*9 BoUm»9€ht 
JahrhûtMr, i8S4, t. V, pp 90-75 . 



125 

du pollen, pur ou à peu près eomplëlement pur dans des 
hybrides incontestables des R. alpina et R. pimpinelU- 
folia. Ajoutons que deux pieds de ces hybrides cultivés au 
Jardin botanique de Bruxelles ont parfaitement fructifié 
cette année. 11 y a là quelque chose d^étrange et qui 
semble contraire aux idées reçues sur l'atrophie du pollen 
dans les hybrides (0. D'autres formes que je considère 
comme des hybrides, m^ont présenté le même fait. Nous 
sommes ici en présence de cas qui réclament des recher- 
ches ultérieures avant de pouvoir être interprétés. 

Ce qu*on a commencé à faire pour le pollen dans les 
genres Ro$a et ifti6u$, pourrait être fait pour le pollen 
d'autres genres. Dans cette direction, il y a un vaste champ 
ouvert aux recherches des observateurs, qui, n'en doutons 
pas, y feront des constatations du plus haut intérêt. 

M. De Wildeman donne lecture de la note suivante, dont 
rimpression est également votée. 

NOTE SDK LE OENRË TRKNTEPOHLIA, 
par £. De Wildeman. 

Dans ma dernière note sur quelques espèces du genre 
Trentepohlia, j'ai attiré l'attention sur les caractères 
attribués aux deux groupes d'espèces établis dans ce genre. 
Ces caractères, signalés par M. Hansgirg et repris par 



(1) On pourrait peut-être invoquer ici an retour très accentué de ces 
hybrides vers Tun ou l*aulre de leurs ascendants pour expliquer Tappari- 
tion d*un pollen pur, mais ces hybrides paraissent être des formes bien 
intermédiaires entre leurs ascendants. Toutefois, avant d*acccpter Tappa- 
rition du pollen pur dans les hybrides de ces deux types comme un fait 
constant, il faudra multiplier les observations. 



136 

M. De-Toni, dans son Sylloge Algarum^ sont basés sur la 
couleur des filaments à l'état vivant et à Tétat sec. Je me 
permets de présenter aujourd'hui un nouveau groupement 
des TreniepoMia en deux sections^ basées sur la forme 
des cellules. La forme des cellules m*a paru généralement 
très constante dans la même espèce. 

Parmi les 25 espèces admises par M. De-Toni, trois 
d*entre elles, décrites par Zeller, ne peuvent être classées 
dans Tune ni dans l'autre des deux sections que je 
propose, parce que leurs descriptions ne donnent aucun 
caractère relatif à la forme de la cellule. 

Chez les TreniepoUia, la cellule peut présenter deux 
formes principales, dans Tétat de croissance ordinaire. 
Elle est en coupe optique cylindrique ou elle est irré- 
gulièrement arrondie» se rapprochant de la forme ellip- 
tique ou ovalaire. 

Les deux sections se distinguent par les caractères 
suivants : 

a) Filaments de coloration et d*odeur variables, formés 
de cellules cylindriques rarement de forme irrégulièrement 
elliptique; dans ce dernier cas, Ton trouve toujours, en 
même temps que des cellules elliptiques, des cellules 
cylindriques. 

b) Filaments de coloration et d'odeur variables, formés 
de cellules ovales^ elliptiques ou irrégtdièresj jamais cylin- 
driques. 

Les T. elongata ZelL, T. ca/amîco/a Zell. et T. capitel- 
lata Rip. doivent être rejetés avec les onze espèces que 
M. De-Toni range sous la dénomination de « Dubîae vel 
minus notae ». 

Les autres espèces se répartiront comme suit : 



197 



I) Espèees à cellnle» ejUndrlfiaes. 



T. aurea (L.) Mut. (T. nneinata 
Gobi). 

— polyearpa Nées et Moût. 

— montis-tabulae (Reioscb) De- 

Toni. 

— Tuckermanniana Mont. 



T. Tillosa (Kûti.) Do-Toni. 

— diffusa De Wild. 

— pleiocaiiM Nordst. 
* — Bossei De Wiid. 

— luteo-fnsea Do Wild. 



Il) Espèce* à eellnle» elllptifiiicfi mu oTales* 

Irrégnllère». 



T. abietina (Flot.) Hansg. 

— odoraU Wittr. (T. fiieiicbii 

Rbh.). 

— umbrina (Kûls.) Boroet. 

— lagenifera (Hildebr.) Wilie. 
- Lagerheiiuii De Wild. 

— Jolithus (L.) Walir. 



T. velutina (KûU.) Hansg. 

— torulosa De Wild. 

— Koerberi FJot. 

— monilia De Wild. 

-- fnseo-atrae (Zell.) De-Ton i. 

— tenuis (Zell .) De-Toni. 

* — procnnibens De Wild.(l). 



Parmi les espèces citées dans cette liste, plusieurs sont 
encore incomplèieinenr connues; au nombre de celles-ci, 
on peut citer les T. montis^tabulae^ T. Tuckermanniana^ 
T. velutina^ T. Koerberi et T. tenuis. Je prie les botanistes 
qui possèdent des échantillons de ces espèces de bien 
vouloir me les communiquer. 



M. De Wevre lit la note suivante, dont Timpression est 
votée. L*auteur donne quelques explications au tableau 
noir au moyen de figures. 



(1) Les trois espèces précédées d*un astérisque sont nouvelles et 
seront décrites prochaineoieiil dans un travail sur les Trentepohlin des 
Indes néerlandaises. 



i!28 



NOTE SITR 

QUELQUES MUOÉDINÉKS DR LA FLORE DE BELGIQUE, 

par Alfred De Wbvrb. 

On range sous le nom de Mucédinées simpIes(M tous 
les champignons filamenteux se développant à la surface 
des matières vivantes ou inanimées et produisant des 
spores externes. 

On admet généralement que ces organismes ne sont que 
des formes eonidiennes d'autres champignons appartenant 
soit à des Ascomycètes^soit à des Hyménomycèles^ou à des 
Mucorinées. Pour certains d'entre eux, on sait avec certi- 
tude que ce ne sont que des formes eonidiennes ; tels sont, 
par exemple, les AspergiUus cl les Pénicillium^ mais, pour 
le plus grand nombre, on n'a que de très vagues idées 
ou même on ne connaît rien touchant leur autonomie. 
Pour ma part, je crois que certaines Mucédinées ne se 
présentent que sous un seul état et je pense qu'il sera im- 
possible de les rattacher à une forme ascomycèle. 

Tel pourrait bien être le cas des OEdocephalum, dont je 
n'ai pu trouver de formes ascomycètes, bien que je les aie 
cultivés pendant assez longtemps, en grande masse, sur 
crottin de cheval. 

Il se peut très bien que certaines Mucédinées ou n'aient 
jamais eu que la forme conidienne ou que les formes 
ascomycèles et autres ne leur étant d'aucune utilité se 
soient à jamais perdues. 



(1) CosTANTiN. Les Mucédinèe» simplet. 



129 

Ayant trouvé quelques OEdocephalum et Rhopahmyces 
nouveaux pour la Belgique, je les ai étudiés et ce sont les 
remarques et observations faites à leur sujet que je vais 
exposer; je crois bon d'y joindre une description aussi 
complète que possible et dindiquer la place que Ton est 
convenu de leur accorder actuellement dans la classifica- 
tion. C'est au premier des quatre grands groupes de Mucé- 
dinées de M. Costantin que se rapportent les champignons 
dont je vais parler, c'est-à-dire à celui où les spores 
sont insérées sur un appareil spécial en forme d'ampoule 
arrondie ou sphérique. 

Ce premier groupe renferme plusieurs genres, entre 
autres les deux genres Rhopalomyces Corda et OEdoce' 
phalum Preuss. 

Les Rhopalomyces sont constitués par un mycélium fin 
(1 fx)y sur lequel se dressent des filaments non cloisonnés, 
terminés à leur extrémité par un renflement sphérique 
dont la surface est hérissée de pointes portant des spores 
allongées noirâtres. 

Ainsi délimité par M. Costantin, ce genre ne contient 
plus que les 3 espèces suivantes : R. elegans (Corda), 
R. nigripes (Cost.), R, Cucurbitarum (Berk. et Br.). 
D'après M. Van Tieghem, ces champignons posséderaient 
des stylospores,ce qui les rapprocheraient des Mucorinées. 
Le Rhopalomyces elegans que j'ai observé, ne me les a pas 
présentés. 

Les OEdocephalum sont très voisins des Rhopalomyces; 
ils s'en distinguent par un mycélium rampant, à filaments 
larges et cloisonnés. Les filaments fructifères qui en nais- 
sent, sont terminés par un renflement en massue ou en 
sphère. Sur cette dilatation, se trouvent de petites verrues 
auxquelles viennent s'attacher des spores incolores ou peu 

colorées. 

il 



130 

M. Saccardo(0 indique quatorze espèces comme appar* 
tenant au genre OEdocephalum. 

Voici la description, ainsi que quelques recherches sur 
deux OEdocephalum. 

OEdoeephalnm flmetarliiiii (Riess.) Sacc.» Haplo- 
trichum fimetarium. — Ce champignon a été trouvé k 
diverses reprises sur crottin de cheval. Il forme sur ceux-ci 
de petits amas blanchâtres ou des sortes de guirlandes qui 
s*accrochent aux mucors. 

Examiné au microscope, on y reconnaît la présence 
d*un mycélium incolore^ cloisonné, à filaments assez épais, 
d'où partent des tubes conidifères. Souvent les filaments 
sont placés à deux Tun à côté de Tautre, ou bien Tun des 
filaments présente à sa base un renflement d'où part une 
deuxième branche. 

Les tubes conidifères sont dressés, cespituleux, hyalins, 
d'une hauteur de 900 à 250 fx, pourvus de cloisons ayant 
un épaisissement central. 

Ils se terminent par un renflement sphérique, inco- 
lore, revêtu sur toute sa surface de petites éminences, 
points d'attache des spores et dont Tensemble (renflement 
et spores) forme une tète sphérique. Les dimensions des 
filaments sont : à la base de 10 fx à 14 fx et au voisinage 
du renflement de 4 |u à 7 /ex. Celui-ci mesure de 17 p 
à 98 |UL, généralement 17 p 85 en hauteur. 

Les spores sont incolores ou un peu jaunâtres, hyalines» 
elliptiques, allongées, mesurant 8 /x en longueur sur Z ftde 
large. 

OCdaeephalmii glameralesiiiii (Bull.) Sacc, Ha- 



(1) Sacgauh). Syliogê Fungorum. 



131 

plotrichum glomerulosum (Bull.), ffucor glomendoms. 
OEdocephalum elegans (Preuss). 

Le petit champignon qu& je vais décrire, !n*a présenté 
des caractères qui me le font rapporter à VOE. glomeru^ 
losum (Bull.)> bien qu*il soit plus grand. 

Son mode de vie ainsi que son habitat sont identiques à 
ce que nous avons dit de VOEdocephalum fimetarium; 
comme celui-ci, il forme sur crottin de cheval de petites 
touffes» seulement elles sont plus élevées et leur taille peut 
atteindre 1 mm. 

Le mycélium est formé de tubes épais assez larges, 
incolores, d*où s*élèvent des filaments conidifères à peu 
près incolores, cylindriques, larges de 7 /ui à 8 |ui, pourvus 
de cloisons à épaississement central très net. 

Cette espèce permet d*observer très bien ce genre de 
cloison, assez fréquent du reste chez les champignons. Ce 
sont des membranes en verre de montre dont le centre 
est occupé par un épaisissement plus ou moins marqué 
suivant les espèces; cet épaississement se produit des deux 
côtés de la cloison. 

Le tube précédemment décrit présente à son extrémité 
un renflement en forme de ballon, dont la surface est 
garnie d'éminences au sommet desquelles les conidies vien- 
nent s*insérer. La hauteur de ce renflement est de 35 p. 

Les conidies, assez nombreuses et peu colorées, forment 
une tète sphérique; elles sont soit ovales, soit plus ou 
moins piriformes ; leurs dimensions varient de 17 fx à 95 p 
en longueur. 

J'ai pu observer toutes les phases de la formation de 
ces conidies. Voici comment les choses se passent. Sur le 
mycélium, on voit une protubérance prendre naissance ; 
celle-ci s'allonge jusqu'à ce qu'elle ait la grandeur voulue, 



132 

puis alors elle renfle son extrémité en ballon. Sar le ren- 
flement ainsi constitué, les spores se forment par bour- 
geonnement; on y aperçoit tout d'abord de très pelites 
sphères pédicellées qui, dans la suite, augmentent de vo- 
lume, allongent et construisent leur pédicelle; en même 
temps, la conidie acquiert sa forme et son volame défi- 
nitifs. 

Cette espèce m'a aussi servi à faire quelques recherches 
sur les noyaux. 

Les tubes conidiens placés pendant un certain temps 
dans de la picronigrosine, puis traités successivement par 
Talcool, Tessenee de girofle et finalement inclus dans le 
baume, m*ont montrés de très petits corps colorés en 
bleu, que je considère comme étant des noyaux. 

Ils sont fort petits (1 fx), ovales, à plusieurs dans une 
cellule et plongés dans le protoplasme qui tapisse le tube. 

Dans les spores, il parait n*y avoir qu'un seul de ces 
petits corps. 

Rhapftlomyw» eieffans (Corda), Haphiriehum 
elegans (Corda). 

J'ai rencontré ce joli petit champignon sur des crottins 
de chèvre. 

Bien qu'il n'ait pas plus d*un millimètre de hauteur et 
que ses filaments soient épais sur le substratum, on le 
remarque assez facilement grâce è la tète noire relative* 
ment forte qui termine le filament. Le tube conidifère, 
incolore, hyalin, cylindrique, non cloisonné, d'un diamè- 
tre de 15 à 90 f<, se termine, d'une part, par une sorte de 
système radiculaire formé de quelques filaments, inco- 
lores et cloisonnés, d'autre part, par un renflement globu- 
leux, incolore, dont la hauteur est de 53 f' et la Iai|[eur 
de 50 [i. 



133 

La surface du renflement est hérissée d'une quarantaine 
de pointes ayant jusqu'à 7 fx de longueur et servant à 
rinsertion des spores. Ces spores sont remarquables par 
leurs dimensions extraordinairement grandes; j'en ai me- 
suré dont la longueur allait jusqu'à 57 f^ sur 37 fx de large. 

Elles présentent la forme ellipsoïde et lorsqu'elles sont 
bien mûres: elles ont une teinte brun-noiràtre très carac- 
téristique. On remarque habituellement sur ces spores un 
enfoncement qui disparait après quelques minutes de 
séjour dans Teau. J'ai essayé de faire germer ces spores, 
mais malheureusement je n'ai pu y parvenir; elles ne se 
développent ni dans l'eau, ni dans une solution de glucose, 
ni dans une décoction de crottin de cheval. 

Peut-être doivent-elles préalablement passer par le corps 
d'un animal, comme c'est le cas pour les Àscoboltu. 



La séance est levée à 8,40 h. 



COMPTES-RENDUS DES SÉANCES 



DB LA 



SOCIÉTÉ ROYALE DE BOTANIQUE 

DE BELGIQUE. 



ANNÉE 1890. 



Assemblée générale du l*""^ décembre 1889. 

Présidence dr M. Wesmael, vice-président. 
La séance est ouverte à 2,40 heures. 

Sont présents : MM. Aigret, Baguet, Barzin, Bauwens, 
Bordet, Garron» L. Goomans, Delogne, Dens, De Wevre, 
De Wildeman^ Th. Durand, Errera, Henry, Laurent, 
Lecoyer, Lochenies, Malter, Marchai, Massarl, Molle, 
Preudhomme de Borre, Préaux, Rodigas, Sonnet, Van der 
Bruggen, Van Nerom, Vanpé, Vindevogel, Vits et Wes- 
mael; Grépin, secrétaire. 

M. le comte de Kerchove de Dentergem, président, 
transmet son rapport au secrétariat, en faisant connaître 
qu'une circonstance imprévue le met dans Timpossibilité 
d'assister à la séance et il adresse, en même temps, ses 
excuses à ses Gonfrères. 

MM: Gluysenaar, Gravis et Vanden Broeck font excuser 
leur absence. 

Le procès-verbal de l'assemblée générale du 5 mai 1889 
est approuvé. 

12 



136 

La famille de M. L. Lesquereux, membre associé de 
la Société, annonce que celui-ci est mort à Golumbus 
(Ohio) le 25 octobre, dans sa 83°"' année. II est déétàè 
qu'une lettre de condoléance sera adressée à la famille de 
M. L. Lesquereux. 

M. Wesmael donne lecture du rapport annuel de M. le 
Président, empêché d'assister à la séance : 

Messieurs et ghbrs Confrères. 

L'usage de notre Compagnie permet à votre Président 
de prendre le premier la parole à votre séance annuelle, 
afin de s'acquitter d'un double devoir: celui de résumer les 
travaux de l'année et de rendre hommage à la mémoire 
des membres distingués que la mort a enlevés à notre 
affectueuse estime. 

Gomme vous le savez, Messieurs, grâce à l'activité et au 
dévouement de notre secrétaire M. F. Crépin, la Société 
de botanique de Belgique est restée fidèle à ses traditions 
scientifiques. 

Plus qu'en tout autre pays, la tâche dévolue à notre 
Société est ardue et, devons nous le faire remarquer, nulle 
part l'amour des fleurs n'est plus populaire que chez 
nous. Dans la mansarde de l'ouvrier comme dans les 
salons des plus riches palais, la plante est reçue, fêtée, 
choyée. Voyez toutes nos grandes villes : les squares, ces 
jardins du peuple ouvrier, sont bien entretenus et bien 
soignés; nos jardins botaniques — et je citerai en pre- 
mière ligne celui où nous nous réunissons actuellement et 
qui mérite tous les éloges — initient le public aux char* 
mes de la science et aux connaissances de la géographie 
botanique. Les expositions florales deviennent de plus en 



137 

plus fréquenies; leur beauté et leur richesse, affirmées par 
la presse horticofe du monde entier, témoignent du goût 
éclairé et de la science pratique de nos jardiniers. Les 
succès quMs ont remportés cette année à Paris, sont gravés 
dans la mémoire de tous au point qu'il me parait inutile 
de vous retracer en ce moment la longue liste de leurs 
triomphes. Encouragé par le plus auguste et le plus puis- 
sant des patronages, nos amateurs, imitant Texemple de 
leur Souverain, créent, dans les diverses parties du pays, 
des jardins d'hiver et des serres grandioses, où ils rassem- 
blent les plus merveilleuxéchantillons des flores étrangères. 

Ce développement si intense de Thorticulture devrait 
faire supposer aux savants étrangers que notre pays est la 
terre bénie du botaniste. Nous serions heureux de pouvoir 
maintenir cette croyance dans leur esprit ; mais hélas ! la 
statistique, science farouche et austère, se plaisant à dis- 
siper les illusions, nous rappelle que notre Société, malgré 
son ancienneté, malgré son renom scientifique, malgré la 
valeur des publications accumulées dans ses vingt-sept 
volumes, n'atteint pas 900 membres ! 

De quoi provient cette disproportion évidente entre le 
nombre de nos membres et celui des amateurs de plantes 
du pays? Comment se fait-il que tandis que dans nos con- 
cours floraux nous acclamons sans cesse de nouveaux 
triomphateurs, nous ne comptons cette année que neuf 
nouveaux membres? 

Évidemment la science botanique offre moins d'attraits 
superficiels que la pratique horticole ; elle est une science; 
Tautre est un art. Mais cette cause qui peut expliquer le 
petit nombre de ceux qui se consacrent aux hautes études 
botaniques, ne suffit pas à expliquer comment nous 
comptons parmi les nôtres un nombre si restreint de 



138 

personnes s'occupant d'organographie et de physiologie 
végétales ou de ces études si intéressantes que font 
naiire soit la flore loeale, soit les flores étrangères? La 
véritable cause ne réside-t-elle pas dans l'enseignement 
même de la botanique tel qu'il est donné dans nos 
écoles? On a introduit, il est vrai, dans ces dernières 
années Tusage des courses botaniques; c'est un progrès; 
c*est excellent. Les enfants se familiarisent avec Therbier. 
Mais pourquoi n'avons-nous pas encore adopté dans notre 
pays Pusage d'enseigner, comme en Allemagne, la bota- 
nique aux enfants d'une manière à la fois instructive et 
amusante. 

Dans un de ses excellents ouvrages, M. Michel Bréal 
raconte comme suit une leçon de botanique à laquelle il a 
assisté à Berlin : 

« La classe de botanique à laquelle j'ai assisté en sixième 
à Berlin est une des plus intéressantes que j'aie vues. Les 
écoliers avaient Tordre de rapporter pour la leçon du 
lundi deux plantes à leur choix, mais à autant d'exem- 
plaires chacune qu'il y avait d'élèves dans la classe. Ils 
s'étaient entendus pour rapporter des Coquelicots et des 
Vicias villosas. Chaque enfant une fois pourvu (la classe 
en était toute fleurie), on procédait au déchiffrement. Un 
élève était appelé à répondre pour le Coquelicot, l'autre 
pour la Vicia villosa. Au commandement, comptez les 
feuilles I Ouvrez le calice ! On voyait toutes ces jeunes 
tètes se pencher avec attention, compter à voix basse, 
écarter avec précaution les folioles du calice. Il était 
aisé de voir qu'ils étaient déjà habitués à ménager leur 
plante, à exécuter leur dissection avec soin. Combien y 
a-t-il de feuilles? Un élève répond : dix, un autre : 
douze, d'autres : neuf, onze, treize. On fixe alors une 



139 

« limite. Nous dirons que le nombre des feuilles n'est pas 
« délerminéy et qu'il varie de huit à quatorze. 

• Chaque propriété est inscrite au tableau, qu'on avait 
« divisé en deux colonnes pour montrer les ressemblances 
« et les différences des deux plantes. L'explication allait 
« lentement, car chemin faisant le professeur disait ou 
u faisait dire à ces commençants ce qu'est et à quoi sert la 
« corolle, Tovaire, la tige, la racine. 11 rappelait aussi les 
€ plantes vues antérieurement; un commencement de 
< classiiScation était donné. Les élèves, à qui il était 
« défendu de prendre des notes, devaient rapporter par 
« écrit pour la prochaine leçon ce qui avait été ainsi con- 
« staté en commun. 

« Le maître apportait à son enseignement une grande 
« sévérité, ce qui ne Tempéchait pas de se laisser aller à 
« des digressions et des récits écoutés avidement par les 
« enfants. Ainsi le Pavot donna l'occasion de parler de 
« l'opium, et du commerce d'opium fait autrefois par 
« r Angleterre avec la Chine. > 

Ne croyez-vous pas. Messieurs et chers Collègues, que 
c'est à ce système d'éducation scolaire que l'Allemagne 
doit non-seulement le nombre élevé de botanistes distingués 
qu'elle possède, mais encore cette élite intellectuelle qui 
s'intéresse si nombreuse et si curieuse à tous les progrés 
des sciences? 

Chez nous, au contraire, lés travaux botaniques n'offrent 
à leurs auteurs d'autre satisfaction que celle qui procure un 
travail ardu, un labeur incessant. En dehors d'un petit 
groupe d'esprits distingués, leurs œuvres ne sont guère 
connues et cependant quel intérêt ne présentent-elles pas? 

Je n'en veux d'autres preuves que les travaux sérieux 
et intéressants publiés cette année même dans les comptes- 
rendus de nos séances. 



uo 

Notre secrétaire M. Crépin y a continué sa magis- 
trale étude sur le genre Rosa : neuf notices ont paru 
cette année ; vous savez tous comment le monde savant 
accueille chacun de ces travaux aussi remarquables 
par leur concision que par leur clarté et leur rigoureuse 
exactitude. D'autres confrères nous ont envoyé des notices 
fort intéressantes. M. De Wildeman s'est occupé tour à 
tour des Algues du Congo^ de VHansgirgia flabelligera et 
des Trentepohlia; M. Marchai a décrit deux nouvelles 
espèces de Didymopanax; M. Mouton s'est occupé 
d*Ascomycètes nouveaux et peu connus. Une des nôtres, 
inscrivant avec succès son nom sur la liste de nos Dames 
botanistes, M"* Maria Goetbloets, nous a donné une inté- 
ressante notice sur le Ledum palustre. Une anomalie 
du Narcissus Pseudo-Narcissus a attiré Tattention de 
M. Pietquin, et tandis que M. Durand rendait compte 
du congrès botanique de Paris, que M. De Wevre nous 
entretenait fort savamment de ses recherches sur les 
Mucédinées de la flore de Belgique et le péricycle, nous 
étions heureux de rencontrer la flore de notre pays étu- 
diée par MM. Delhaize et Simons, signalant des espèces 
nouvelles pour la florule de Marche -les-Dames etdeVirton. 

En même temps que paraissaient ces notices, nos 
mémoires s*enrichissaient de travaux d'un haut intérêt 
scientifique. Il ne m*appartient pas de les louer : je dois 
me borner à admirer la science de leurs auteurs, la 
constance de leur zèle et leur dévouement à notre Société. 
Vous vous unirez à moi, j'en suis certain, pour remer- 
cier ces savants d'avoir chargé notre Société de la publi- 
cation de travaux scientifiques d'une valeur incontestée. 
Grâce à leur bienveillance, nous avons eu Phonoeur de 
publier^ dans nos bulletins, les travaux suivants : 



141 

Recherehes êur la morphologie du Phalluê impMeua L» par M. Cb. Vaii 

Bambikb, avee 6 planches. 
ComidérûiUmê mr quelquu fàiU coneomant le genre Ro$a, par F. CaÉPiR. 
Mycele» Sibiriei^ descripsit P.-A. Saggabdo, avec 3 planches. 
Remtarkê an the Morphotogy of Rœa berberifolia^ PalUu, by Maxwell 

T. Mastbes. 
Mouêtes nouvellee de l'Amériqtie du iVord, par F. Rbrauld et J. Cakdot, 

avec 5 planches. 
Mes ewcmrsione rhodologiquee danê leo Alpoi en 1889, par F. Ciépin. 

Si voire Président n'avait qu'à vous rendre compte des 
travaux de votre Société pendant Tannée qui vient de 
s'écouler, sa tâche serait terminée; malheureusement la 
mort nous a ravi cette année trois excellents confrères qui, 
à des titres divers^ méritent de voir rappeler leurs noms au 
sein de cette Société. 

Deux d'entre eux laisseront leur trace dans l'histoire 
botanique de ce siècle : Léo Lesquereux et Henri-Gustave 
Reichenbach. 

Léo Lesquereux était né en Suisse; mais, établi depuis 
longtemps en Amérique, c'est dans ce pays qu'il passa la 
plus grande partie de sa vie scientifique; il y mourut dans 
sa 83"" année. 

C'était pour nous un honneur de compter parmi nos 
membres correspondants un savant de pareille valeur. Ses 
travaux lui avaient valu une légitime notoriété : il eût le 
bonheur de pouvoir y consacrer toute sa vie et jusqu'à ses 
derniers jours l'étude des mousses et celle des plantes fos- 
siles de sa patrie d'adoption occupèrent l'activité de son 
esprit. En rappelant son souvenir parmi vous, Messieurs, 
il nous est impossible de ne pas envier quelque peu la vie 
calme et paisible de ce savant, resté jeune jusqu'à la fin 
de sa carrière et que rien ne vint distraire de ses études 
favorites. Longue est la liste de ses œuvres. Il débuta en 



143 

Europe par deux mémoires, dont Tun coDcerne la bryo- 
logie : Quelques recherches sur les marais tourbeux en 
général (1844)^ Catalogue des Mousses de la Suisse (1845). 
La formation de la tourbe fit encore d'objet de diverses 
notices. Dès son arrivée en Amérique, il s'occupa surtout 
de l*étude de la flore fossile de TAmérique du Nord, 
sur laquelle il fit paraître une série de mémoires impor- 
tants. En 1880, il publia un travail d'ensemble sur la flore 
houillère de la Pennsylvanie : Description ofthe Coal-Flora 
of Carboniferous Formation in Pennsylvania (deux gros 
volumes, dont Fun de planches). Les Mousses de TAmé- 
rique du Nord attirèrent son attention. Outre plusieurs 
mémoires sur cette famille, il publia, en 1884, avec la 
collaboration de M. Th.-P. James, Manual of the Mosses 
of North America (1 vol. in-8«, avec planches). 

H.-6. Reichenbachy né à Leipzig le 3 janvier 1833, est 
décédé au mois de mai dernier à Hambourg, où, depuis 
1863, il enseignait la botanique. Décoré de plusieurs 
ordres, officier de Tordre de Léopold, H.-G. Reichenbach 
s*était consacré à Tétude des Orchidées et plus que per- 
sonne peut-être il contribua à répandre le goût de ces 
fleurs ; il était le plus zélé, le plus obligeant et le plus 
aimable des correspondants. Ayant reçu beaucoup de con- 
fidences, il crut ne pas pouvoir les divulguer même après 
sa mort, et, s*il légua son herbier à condition qu'il restât 
secret pendant un certain nombre d'années, nous aimons 
à ne voir dans ce sacrifice qu'une dernière preuve de son 
vif désir d'obliger ceux qui lui avaient communiqué des 
renseignements. En dérobant pour un longtemps ses notes 
et ses travaux aux autres botanistes, il sacrifiait à ses 
correspondants plus qu'il ne laissait voir; il gardait leur 
secret et s'exposait à être jugé sévèrement peut-être par 



U3 

lous ceux qui se rendent compte de la perte occasionnée 
à la science par la longue claustration de si nombreux et de 
si précieux documents. 

A côté de ces correspondants illustres, notre Société a 
eu la douleur de voir la mort lui enlever un de ses plus 
anciens membres, M. le Docteur Emile Vander Meersch. 
Il s*était livré à Tétudc des plantes de la flore belge avec 
passion et dés sa jeunesse. Plus tard, les soucis et les 
devoirs d'une profession à laquelle il se dévoua jusqu'au 
sacrifice absolu, le rendirent moins assidu à nos séances et 
à nos herborisations. Dois-je vous rappeler comment nos 
aines déploraient son absence lors des herborisations de 
la Société? Il avait en effet pour tous le plus charmant 
accueil; il aimait à encourager tous ceux qu'il voyait séduits 
comme il Tétait lui-même par les charmes de cette douce 
science : la Botanique 1 Les anciens de la Société se sou- 
viendront affectueusement de lui et son souvenir méritait, 
me semble-t-il, d'être conservé d'une manière spéciale 
dans nos annales. Je suis certain d'être votre interprète 
en consignant, dans ce rapport, l'expression des regrets 
que nous inspire la mort de ces trois excellents collègues : 
Lesquereux, Reichenbach et Vander Meersch. 

Au moment de quitter définitivement le fauteuil auquel 
votre bienveillance m'a fait l'honneur de m'appeler, je 
liens à m'acquitter d'un devoir de reconnaissance vis-à-vis 
de votre Société et de votre Secrétaire. Celui-ci a mis tout 
son zèle, toute son ardeur au service de la Société : il a été 
le promoteur de toutes les mesures utiles et il a permis à la 
Société de continuer à tracer, dans le champ de la science, 
le sillon qu'elle a ouvert il y a plus de vingt-cinq ans. Vous 
avez bien voulu lui prêter votre concours dévoué; vous 
avez ainsi facilité la tâche de votre Président. Permettez-lui , 



\u 



en se retirant^ de vous en exprimer toute sa reconnaîsance. 
(Applaudissements prolangés.) 



M. Rodigas, délégué du Conseil d^administration, résume 
les détails des comptes fournis par M. le Trésorier. Des 
remerciments sont adressés à celui-ci pour les soins qu^il 
ne cesse d'apporter dans la gestion des fonds de la Société. 



M. Th. Durand est chargé de lire le rapport sur Therbo- 
risation générale de i889^ rédigé par M. Cluysenaar. 

COMPTE-RENDU DE LA XlVn* HERBORISATIO» 

DE L4 

SOCIÉTÉ ROYALE DE BOTANIQUE DE BELGIQUE 

(1888), 
PAR P.-G. Cluysenaar. 

Dans sa séance du S mai dernier, ia Société avait fixé 
aux 15 et i 6 juin une herborisation aux environs de Huy 
et à Profondeville. Le but principal de cette herborisation 
était la reconnaissance de Tindigénat, dans ces locaUtés, 
de VAndrosaemum officinale Ali. (0. 

Le 14 juin, vers 7 heures de Taprés-dinée, descendent, 
à Huy-Nord, MM. Grépin, Th. Durand, Lochenies, Pierry 
et Vanpé. Nous les conduisons à l'hôtel du Globe, près 
de la station. 

Après le souper, nous visitons la ville et nous passons 

(i) Note sur VAndroioemwm offUiinaU Ail., par P.-G. CLortniia. 
Bulletin vfi 4, aanëe 1884, du Cercle des Naturalistes hntois. 



14S 

successivement devant ses principaux monuments et édi- 
fices : Tpontia, IVondia, Tchestia, rbassinia, etc. Nous 
récoltons au Square Rogier : Rapistrum perenne DG., 
Anchusa ochroleuca MB. 

La nuit étant survenue, nous nous rendons au local du 
Cercle des Naturalistes hutois. Nous y assistons à la fin 
d*une conférence sur la photographie, donnée par M. Pel- 
lety le savant chimiste de la sucrerie de Wanze. Un nom- 
breux auditoire prouve la vitalité de ce Cercle de vulgari- 
sation. La conférence terminée, nous procédons aux pré- 
sentations d*usage. Quelques verres de vin de Huy animent 
la conversation et aident à cimenter Tamitié entre les 
membres des deux Sociétés. 

Le lendemain 1 S, à 7 heures 11 m. du matin, nous pre- 
nons le train à la station de Huy-Sud pour Marchin. Nous 
y rencontrons MM. Delhaize, Molle, Sterken, Simon, 
membres de la Société, Barzin, Lawairée, Mansion, mem- 
bres du Cercle des Naturalistes hutois. Couturier profes- 
seur à Andenne, et J, May. 

M. Abraham, autre membre du Cercle, nous attend à la 
station de Marchin. Il s^offre pour nous guider dans l'ex- 
ploration du bois Bouyard. Ce bois est situé sur le versant 
gauche de la vallée du Hoyoux. Sa pente est d'environ ^O"". 
Son sol repose, d'après la carte de M. Dewalque, sur le 
grès de Wépion. De nombreuses sources le rendent très 
humide et glissant. 

Nous suivons, à mi-côte, un sentier de tenderie aux 
grives, qui nous conduit à une clairière où nous obser- 
vons : Pulmonaria tuberosa Schrk., Eriophorum laiifO' 
Hum Hoppe. Un peu plus loin, M. Abraham nous montre. 



146 

le long d'un petit filet d*eau, quelques pieds fleuris d*iifi- 
drosaemum officinale AU. D'après lui» la plante n'est pas 
rare dans le bois, mais difficile à découvrir à cause des 
ronces et des épines. Il résulte de nos observations qu^elle 
atteint tout son développement dans les taillis de 2 à 4 ans. 
Passé ce temps, elle se rabougrit de plus en plus au point 
de ne plus fleurir et de se confondre avec les herbes, les 
mousses, etc., autre raison de sa rareté apparente. 

M. Lochenies s'occupe des Mousses U). Il récolte à la 
base des troncs d'arbres et sur les rochers humides : Di- 
cranella heteromala Sch., Ceratodon purpureus Brid., 
Barbula fallax Hedw., Fissidens adianthoides Hedw., 
Mnium kornum L. , Leskea polycarpa Ehrh. , Plagiothedum 
sylvaticumScb.^ Hypnum stramineumDické.j Hypnum 
commutatum Hedw. 

Au bout d'un quart d'heure de marche dans la direction 
de Régissa, on atteint une prairie en pente, au sommet de 
laquelle est situé le bois Sandron. Le sol de ce dernier est 
tourbeux et repose sur le poudingue de Burnot. De la base 
des rochers suintent de nombreuses sources où nous avons 
observé, en 1884, VAndrosaemum officinale AH., que nous 
ne tardons pas à retrouver. Là aussi croissent : Lunaria 
rediviva L. y Car ex stellulata Good., C. remoto L., C. pen- 
dula Huds., Polypodium Phegopteris L.^Polystichummof^ 
tanum Rolh, les Sphaignes : Sphagnum papillosum Lindb., 
5. subsecundum N. et H. var. viride Boulay et var. tn/er- 
medium Warnst., S. acutifolium Ehrh. var. luridum Hûb., 
S. squarrosum Pers. (nous avons récolté dans le même 



(1) M. Lochenies a récolté et déterminé les plantes cryptogames noo 
vasculaîres citées dans ce rapport. 



147 

lieu, en 1887^ ces deux dernières espèces en fruits), 
les Hépatiques : Lepidozia reptans Dmrt.^ Jungermania 

Muelleri Nées. 

* 

Mous atteignons Régissa. MM. Crépin, Durand et Abra- 
ham nous accompagnent vers le bois de Waldor. Tout en 
marchant, nous annotons : Reseda Iniea L., Sedum pur- 
pureum Link, Rubus plicatus Weihe, Catabrosa aquatica 
P. Beauv., Polypodium calcareum^m. 

De FeaUy se précipitant d'un petit rocher de poudingue 
de Burnoty nous fait supposer la présence de VAndroiae- 
mum officinale AIL, que nous apercevons bientôt. 

MM. Crépin, Durand et Abraham renoncent à visiter 
les stations de la rive droite. Ils reconnaissent Tindigénat 
de THypéricinée dans la vallée du Hoyoux et poursuivent 
leurs investigations vers Barse. Ils découvrent successive- 
ment: Ranunadus nemorosus DC.f Rubus plicatusWeihe^ 
Rosa tomentoêaSm.y Pulmonaria tuberosaSchrk., Rromus 
commutatus Schrad., Poa sylvatica Vill., Agropyrum 
caninum R. et S. 



* 



Nous rejoignons nos confrères arrêtés à Régissa, et nous 
prenons avec eux, par la rive droite, la route vers Barse. 
Sur les talus siliceux des bois poussent : Malva moschata L. , 
Sedum purpureumLinkf Epilobium montanumL.y Digitalis 
purpureaL. j Scrophularia nodosa L., les Mousses : Camp- 
tothecium lutescens Sch., Bypnum molluscutn Hedw., 
H. commulatum Hedw. 

Près de Barse, le sol change. Aux rochers de poudingue 
et de psammite succèdent des rochers de calcaire. La 
flore devient plus riche. Nous y voyons : Eelleborus 






U8 

foeliduê L., Géranium pyrenaicum L., Draba tnuralis L. 
en fruits, Myoiotis sylvalica Hoffm., M. iniermedia Link 
var. dutnetorum Crép., Cynoglosêum officinale L., Vera^ 
nicû persica Poir., Stachys alpina L.y Campanula persici- 
folia L. var. loiiocalyXf Galium eylvesire Poil., Dipeacus 
pilotus L.» Paris quadrifolia L., Melica citiata L., Jf . uni* 
pora Retz., frontti^ luper Murr., la Mousse : Barbuta 
inclinata Schw., THépatique : Jungermania barbaia 
Schreb. var. Schreberi Nées. 






Le train partant de Barse, à 10 heures 45 m«, nous 
conduit au Pont- de -Bonne (vulgairement station de 
Modave). Nous souhaitons la bienvenue à MM. Errera, 
Hardy et IK Lebrun, qui se trouvent dans le train. MM. les 
instituteurs Evrard, de Modave, et Van Haye, de Limet, 
nous attendent à la station. Tous ensemble nous explo- 
rons les environs du Pont-de-Bonne. On récolte sur les 
rochers calcaires du camp préhistorique : Belleborus foeti- 
dus L., Rosa rubiginosa L., Sedum boloniense Lois,, Vin- 
cetoocicum officinale Mônch, Digitalis lulea L., Tetfcrtttin 
Botrys L., Melica ciliata L., Polypodium calcareum Sm., 
Aspidium aculeatutn Sw.; le long de la route vers Huy : 
Rubus carpinifolius W. et N., Melilotus fnacrorrhizus 
Pers., Cynoglossum officinale L., Veronica persica Poir., 
Barkhausia foelida DC, Pyrethrum Parthenium Sm.; 
dans la carrière de psammite du Condroz, derrière l'hôtel 
Bady : Géranium luddum L., Pyrola minor L., Hemiaria 
glabra L. var. ci7ta/a, Potentilla recta L., Verbascum 
LychnilisL. var. album, Cenlaurea montanaL., Asplenium 
septentrionale Hoffm., Polypodium Dryopleris L.; à Tem- 



149 

bovefaare de la Vyle : Nasturtium officinale R. Br., 
Teronica Ànagallis L.^ Scraphularia umbrosa Dmrt.y 
Mentha viridis L.» les Mousses : Barbula tortuosa W. et 
N.y Leptotrichum flexicaule Hampe, Bartramia pami- 
formis Hedw., Homalia trichomanoides Sch., Hypnum 
ptirum L.y H. Schreberi Willd. 

Enfin on nous avertit, de la part de M. Thôtelier 
Piérard, que le diner est servi. Chacun y fait honneur 
de son mieux. La conversation s'engage, comme cela doit 
être inévitablement entre botanistes, sur les découvertes 
de la matinée et sur celles que Ton a faites dans le courant 
de Tannée. 

M. Hardy, qui a herborisé à Statte, en attendant Tarri- 
vée de M. le D' Lebrun, nous remet une liste des plantes 
qu'il a observées dans cette localité. Nous en extrayons : 
Barbarea vulgaris R. Br. var. arcuata Rchb., Cardamine 
impatiens L.y Erysimum cheiranthoides L., ^nebiera Coro- 
nopus Poir., Astragalus glycyphyllos L., Herniaria glabra 
L., Echium vulgare L. var. ramiflorum^ Lactuca scariola 
L., Bromus tectorum L. 

Au dessert, M. Barzin fait une distribution de Carex 
fulva Good., récolté à Couthuin, et M. Delhaize une 
autre de Carex strigosa Huds., provenant de Bonneville. 

M. le vice-président Errera, faisant fonction de prési- 
dent, ouvre ensuite la séance extraordinaire de la Société, 
dont le compte-rendu a été publié en juillet dernier. 



♦ ♦ 



H est passé une heure. M. Evrard, qui connaît bien sa 
localité au point de vue botanique, se met à la tète de la 
colonne et la dirige vers Modave. Le long de la roule de 



150 

Huy à Ocquier, nous annotons : Trifolium tnediufn L., 
Genisla sagiitalis L., Centaurea montana L.» Neottia 
Nidui'OvU Rich., Bramus ereetui Huds., Fesiuca rigida 

Kunth. 

Au coude de la route et entre la 13* et la 14* borne, 
nous suivons un chemin de campagne qui aboutit, à la cote 
325 d'altitude, à un bois de sapins assez clairsemés et où 
végètent : Helleboruê foetidut L., Silène nutans L., Poty- 
gala comoêa Schrk., Genisla tinctoria L«, Grentiana 
germanica Willd., Centaurea Scabiosa L., Aniennaria 
diaica Gâmt., Platanthera montana Rcbb., Epipactii 
latifolia AIL, E. atrorubens Schult. 

Nous récoltons plus loin, dans une plantation d*arbres 
feuillus et de mélèzes : Vida angustifolia Ail., Lathyrus 
Nisêolia L., Astragalus glycyphyllos L.^ Muscari comasum 
M'Ai. Une petite discussion a lieu à propos de Tindigénat 
du Muscari œmosum dans cet endroit. M. Evrard nous 
apprend que cette plantation ne date pas de longtemps; 
qu'il se souvient en avoir vu cultiver le sol. On tombe 
tous d'accord pour admettre que des bulbes de la Liliaeéc 
ont dû y être amenés avec des composts, etc. 

Ici apparaît le clou de l'herborisation. M. Simon décou- 
vre, dans un petit bois de Mélèzes, un pied fleuri à'Aceras 
anthropophora R. Br. Hélas! malgré toutes les recherches, 
on n*en trouve pas d*autres spécimens. M. Evrard nous 
dit que Tabbé Henrotay a récollé, jadis, celte très rare 
Orchidée à Modave, mais que, pour son compte, c*est la 
première fois qu*il Fy voit. Sur un coteau herbeux et sec. 
à Fexposition du i\ord, se fait une ample moisson de 
Botrychium Lunaria Sw. 



* 



151 

Quelques membres quittent le chemin pour visiter la 
villa romaine de Survillers, dont les substruetions ont été 
roisets à jour, depuis peu, par M. Braconnier, le proprié- 
taire du chiteau de Modave. 

Les autres se dirigent vers Levai, grande crête rocheuse 
et calcaire qui borde la vallée du Hoyoux, entre Petit- 
Modave et Les Avins. Ils observent dans les champs : 
Melilotus officinalis Desr., Orlaya graruUflora Hoffm., 
Carum Bulbocastanum Koch. 

La descente de la montagne de Levai, au sommet de 
laquelle se trouvent les ruines de la tour féodale de Tibié- 
monty ne s'opère pas sans quelques difficultés. Sur ses 
flancs croissent : Dianthus proUfer L., Silène nulans L., 
Roia rubiginosa L., Artemiêia Absinthium L., Melka 

ciliata L. 

* 

Nous remontons la vallée du Hoyoux. Le chemin tantôt 
serpente à travers des prairies, tantôt longe la rivière. Nous 
remarquons : Spiraea Ulmaria L. var. denudata Presl^ 
Rubus ulmifolius Schott, Trifolium médium L., Orlaya 
grandi flora Hoffm., Myosotis sylvcUica Hoffm., Veronica 
Anagatlis L., Pyrethrum Parthenium Sm., Salixpurpu- 
rea L., Potamogeton densus L., Sdrpus compressus Fers., 
Caiabrosa aqiuUica P. Beauv. 

Aux Avins, chacun se repose et se désahère avec plaisir, 
en attendant le départ du train vers Huy. MM. Barzin, 
Errera, Delhaize, Hardy, Lebrun, May, Molle et Sterken, 
devant retourner chez eux, nous font leurs adieux et nous 
souhaitent une bonne chance pour la journée du lende- 
main 






i9 



152 

Le lundi 16, à 7 heures du matin, MM. Crépin, Durand, 
Gravis, Pierry et Vanpé, membres de la Société, A. Mtn- 
sion et J.Siquet, membres du Cercle des Naturalistes hutoîs, 
D' P. Glerbois, de Huy, nous accompagnent vers les hau- 
teurs de Statte. Nous récoltons, près de la balle aux 
machines du chemin de fer du Nord-Belge, VAmsùMa 
lycapsoides Lehm., et sur les murs, qui bordent la vieille 
chaussée de Statte, le Medicago minima Lmk. 

Nous passons ensuite, en Hierpin, près d'une riche 
colonie d'Eryngium campestre L. et de Centaurea Calci- 
trapa L. 

Le D' Glerbois nous guide ensuite vers Taneienne église 
de Statte, perchée au sommet d'un rocher calcaire, à pic du 
côté de la vallée de la Meuse. Il nous y montre une riche 
habitation de TrifoUum scabrum L. et de T. striatum L. 
Le TrifoUum scabrum était seulement signalé, 
jusqu'en 1883, dans la zone maritime. A cette époque, 
M. Delaite, instituteur à Thon-Samson, le découvrit près 
des ruines du château de Moha, dans la vallée de la 
Mehaigne. M. Glerbois Ta également rencontré à la Sarte- 
Huy. M. Evrard, depuis cette herborisation. Ta vu à 
Modave, où la plante est rare. 



* 



Le versant rocailleux et calcaire des monts Saint-Etienne 
et Falhize, orienté vers Antheit, offre une flore variée où 
Ton remarque : C/emat» crenataJord.jBerberisvîUgarùL.f 
Arabis hirsuta Scop., Viola hirtaL.^ Genista ^mdortaL., 
TrifoUum scabrum L., T. striatum L., T. médium L., 
Sedum boloniense Lois, Rubus ulmifoUus Schott, R. dtime- 
torum Focke, R. macrostemon Weihe, Fragaria coUtna 
Ehrh., Rosa rubiginosaL.^ Eryngium campestre L., Ribes 
alpinum L., Viticeloxicum officinale Mônch, Calammiha 



1S5 

Àcynos Chiry . f Campanula persicifolia L., Bryonia dioica 
Jacq., Cirsiumœaule Ml,y MercurialisperennisL.^Junipe' 
rus communis L., Cephalanthera grandiflora Babingt. (un 
pied), Bromus asper Murr., Ceterach officinarum Willd., 
les Mousses : Fisridem taxifolius Hedw., Trichostomum 
mutabile Bruch, Encalypta vulgarU Hedw., Dkhodontiutn 
pellucidum Sch., Bryum capillare L., B. caespititium L., 
Barbula /a//ax Hedw., B. convo/uta Hedw., Eurhynchium 
murale Mild., Brachytheciutn veltUinum Sch., Àmblyste- 
gium serpens Sch, y Hypnum cupressiforme L.y H. mol- 
luscum Hedw., les Hépatiques : Radula œmplanata Dmrt., 
Scapania nemorosa Dmrt. 

Le retour s'opère par le Mon! Falhize, puis par le 
chemin Thibaut, qui contourne le versant montagneux de 
la rive gauche de la Meuse, pour aboutir à la route de 
Liège à Huy, près de Tancienne léproserie, transformée 
aujourd'hui en distillerie. Les vasculums, bien remplis, 
finissent par se bonder de spécimens de Lacttica scariolaL, 
et d^Orobanche caryophyllacea Sm. 






Le dîner a lieu à midi. A une heure moins trois minutes, 
prennent avec nous le train pour Lustin, MM. Grépin, 
Lochenies, Pierry et Vanpé. M. Gravis retourne à Liège. 
M. Durand nous quitte à Namur. Par contre, MM. Tabbé 
SchmitZy de Namur, et Tonglet, de Dinant, se joignent 
à nous. 

De Lustin à Profondeville, il y a 20 minutes de marche^ 
et autant pour atteindre le Bois royal, où nous avons 
découvert, en 1884, VAndrosaemum officinale Ail. Le sol 
de ce bois offre une grande analogie avec celui des bois 



184 

de Marchin et de Régissa. Il repose également sur des 
psammites et du poudingue de Burnot. De nombreux 
filets d*eau claire sortent également des rochers et se 
dirigent Ters la plaine. Le taillis a crû considérablement 
depuis notre visite. Les Androsémes y sont, par saile, 
plus petits et plus difficiles à distinguer. Après a%oir fouilie 
pendant quelque temps le bois, des cris joyeux de rallie- 
ment nous annoncent la trouvaille de i'Hypéricinée en 
floraison. Plus loin, nous en découvrons des quantités, et 
ce jusqu'à une grande élévation dans la montagne. Tous 
les membres présents concluent au parfait indigénat de 
VAndrosaemumofficinakAll. dans le bois de Profonde ville. 

M. Tabbé SchmitE nous annonce qu'il a vu TAodro- 
sème, dans des conditions analogues, dans les bois de 
Dave, de Wépion et dans la forêt de Narlagne. 

M. Saintenoy, architecte à Bruxelles, et ses fils, en villé- 
giature à Profondeville. et qui nous ont accompagnés 
dans la recherche de l'Androséme, nous invitent si 
gracieusement à prendre un rafraîchissement, que nous 
nous voyons obligés de l'accepter. 



Après avoir remercié vivement M. et Madame Saintenoy 
pour le charmant accueil qu'ils nous ont fait, nous 
reprenons le chemin de Lustin. 

A Namur, nous nous séparons, contents de notre her- 
borisatipn, et nous nous promettons de nous retrouver à 
celle de Tannée prochaine. 



Il est donné lecture des travaux suivants, dont Timpres- 
sion est votée. 



IKS 



OBSERVATIONS SUR LE GRITRE PHYCOPELTIS MILLARDRT, 

PAR E. Db Wilobmàn. 

M. p. Hariot vient de publier» dans le Journal de bota- 
nique de Pari8(n*' d'août et de septembre), une note sur le 
genre Cephakuros. Deux parties sont à considérer dans ce 
travail. La première traite du Cephaleuros, genre crée par 
Kunze en 1827 sur deux plantes rapportées par Weigeit 
de Surinam. D'après les études de Fauteur Tespèce de ce 
genre est identique au Mycoidea parastica deCunningham, 
qui a été décrit en 1880 dans les Transactions de la 
Société linnéenne de Londres. Le Mycoidea paroêitica doit 
donc être relégué au rang de synonyme du Cephaleuros 
vireêcens Kunze. 

La seconde partie de la note a rapport aux formes 
du groupe Phyœpeltis. Ce genre se trouverait composé, 
d'après M. Hariot, des cinq espèces suivantes : 

l"" Phyœpeltis epiphyton Millardet. 

2* — flabelligera ( De-Ton i) Hansgirg. 

3<* — ^ropica (Moebius) Hansgirg; Jfycoûieapara- 

sitica Hansgirg non Gunningham. 
i"" — (Phyllactidium Sp. Bornet). 
S"" — arundinaceum (Montagne) Hariot. 

Ces formes sont figurées dans le texte de la note de 
M. Hariot. Dans une note précédente(l), j'avais déjà fait 
remarquer les nombreuses variations présentées par 
VHangirgia flabelligera De-Toni et j'avais même indiqué 



(1) Observ€Uions sur quelques formée d^ algues terrestres épèphyteSj in 
Bull. Soc. botanique de Belgique 1* partie, p. il9. 



156 

que Ton pourrait peut-être y trouver deux espèces dîffé- 
renteSy dont la diSérentiation serait basée sur la grandeur 
des cellules, dont le diamètre varie de 4 a 10 fx. L^on pour- 
rait peut-être aussi les différencier par leur aspect exté- 
rieur. Tune a cellules larges, formant des disques sur le 
support, Tautre présentant un thalle irrégulièrement lobé 
sur les bords, se présentant sous la forme figurée par 
M. Moebius(0 ou sous celle que j'ai dessinée moi-même (^). 

Mais si Ton étudie à fond les échantillons qui se rap- 
portent à ces différentes espèces, Ton s'aperçoit que Ton ne 
peut en aucune façon les séparer, car Ton passe de Tune 
à l'autre par un grand nombre d'intermédiaires. Cette 
différence plus ou moins accentuée parait, il me semble, 
provenir de la forme du support; c'est ainsi que sur les 
feuilles bien planes, l'on retrouve généralement les disques 
réguliers à larges cellules, à files de cellules parallèles 
rayonnant d'un centre vers la périphérie; sur les feuilles 
rugueuses, à nervures nombreuses saillantes, cette algue 
se présente généralement en thalles irréguliers. 

Pour ce qui est des filaments dressés, primitivement 
décrits par M. Moebius, et que j'ai revus également (3), on 
ne peut d'aucune manière les considérer comme caracté- 
ristiques, car ils manquent fréquemment. Je dirai même 
que ce n'est que dans des cas exceptionnels que l'on trouve 
ces filaments chroolépiformes,qui proviennent peut-être de 



(i) Moebius. V^»er einige in Parto-Rieo geiammelte SûtÊWOÊêer-^imâ 
lufl-Algen Hedwigia, 1888, Ueft 9-10, t 8, 6g. 8, B. 

(2) loe. ci(. fig. 9. 

(5) Moebius loc. cit., fig. 8, i2. De Wildeman. Eneare quelqmu ntoU à 
propos de Hatugirgia flabelligrra De-Toni in Comptes-rendus séances 5éc. 
r. boi Belgigue, février 1889. 



157 

réiongation des supports des fructifications pédicellées(^). 

D'un autre côté, les sporanges intercalaires sont ou 
situés sur le bord du thalle ou à rintérieur, comme Ta 
figuré M. Moebius et comnae on le trouve figuré dans la 
planche qui accompagne ma note. La figure 5 qui repré- 
sente pour M. Hariot VBansgirgia fiabelligera De-Toni 
(sec. De Wiideman), me parait assez mal représenter 
cette forme que j*ai communiquée à Fauteur ; en effet les 
sporanges ou du moins ce qui pour M. Hariot représente 
les sporanges ne se trouvent pas dans la réalité disposés 
d*une aussi singulière façon, plusieurs se trouvent figurés 
comme appartenant à deux cellules, et sont arrondis ou 
ovalaires. Ce que l'auteur croit devoir être des sporanges 
n*est que la projection du sporange sur le thalle de la 
fructification pédicellée (uncinata) ou simplement la trace 
que ces fructifications ont laissée sur le thalle après leur 
chute. 

Pour lé Phyllactidium de Montagne, d'après la figure 
qu'en donne M. Hariot (tiré à part p. 7, fig. 6), il y a la 
plus grande analogie avec le Phycopeltis fiabelligera. Si 
Ion compare en effet les figures 4 et 6, la première repré- 
sentant le Phyllactidium tropicum Moebius que M. Hariot 
range dans le Phycopeltis tropicum (Moebius) Hansgirg, 
l'on remarquera que la différentiation de ces deux espè- 
ces n'est pas possible. D'ailleurs lorsque Ton examine 
un graïid nombre d'échantillons du Phyllactidium tropi- 
cumj on voit souvent sur le même échantillon la forme 
petite telle qu'elle se trouve figurée par M. Hariot et 
qui généralement présente un grand nombre de spo- 
ranges, et à côté les filaments parallèles i cellules s'ac- 



(i) Loe. cit., 6g. 10-12. 



1»8 

eroissani en diamètre et portant généralement moins de 
fructiCcations, et lorsqu'ils en portent elles se trouvent 
presque toujours localisées vers le centre du thalle. Les 
dessins donnés par M. Moebios et entre autres la fig. i4, 
pi. VIII, montrent assez bien cet état de passage; Ton y 
voit en effet une portion do thalle formant des sporanges, 
et une autre qui, par son mode de croissance, donne la 
portion flabellée. Il est en tous cas un fait incontestable 
c*est que l'analogie est complète entre les formes figurées 
par M. Hariot sous le nom de PhyllacMium trapicuni 
Moebius et le Mycoidea parasitica Hansgirg dont j*ai 
examiné des échantillons originaux. 

Le PhyUaciidium Sp. Bornet lui aussi me parait sem- 
blable au Phycopettù flabelligera (De-Ton i) Hansgirg, et 
la fig. 2 de M. Hariot me représente la forme signalée 
plus haut comme se préseniant en disque étalé sur le 
substratum; diaprés ce dessin, les cellules composant cette 
algue seraient certainement plus étroites, mais ce caiactère 
ne me parait en aucune façon suffisant pour délimiter deux 
espèces. 

Un fait qui me parait encore assez curieux c*esi que 
M. Hariot accorde comme synonyme, au PhyœpeUis trapi" 
cum (Moebius) Hansg., Tespèce qu'il figure sous le nom 
de Mycoidea panmtka Hansgirg et qu*il fait du Phyco- 
pehis flabelligera (Haosgirgia) figuré par lui, d*après les 
échantillons que je lui ai envoyés, une autre espèce. Si 
l'on examine les dessins qui accompagnent le travail de 
M. Moebius et ceux que j*ai publiés dans la note citée plus 
haut, on doit reconnaître leur parfaite ressemblance; et je 
dois faire remarquer ici que jamais, dans ces formes, les cel- 
lules ne m'ont pas paru aussi irrégulières, aussi anguleuses 
que les figure M. Hariot. Entre certaine formes quej*ai 



1S9 

publiées et celle que M. Moebius a figurées, il n*y a que la 
différence de fructification, mais celte différence ne me 
paraît pas pouvoir servir de caractère spéciflque,car,comme 
je Tai fait remarquer antérieurement, on trouve chez les 
TrentepoUia qui sont très voisins la même variation dans 
la forme des sporanges. 

D*où il résulte que les espèces 2*» 3% 4* et K* citées au 
commencement de cette note, me paraissent devoir être 
réunies en une seule et même espèce, le Phycopeltù fia- 
belligera (De-Toni) Hansgirg; pour ce qui est de Tespèce 
1* Phycapeltis epiphyt<m Millardet, je ne connais que les 
figures et la description qui ne me paraissent pas suffisan- 
tes pour trancher la question; à savoir s^il faut également 
ramener cette forme au P. flabeliigera ou en former une 
espèce distincte. 

Je ne puis donc en aucune façon me rallier à Vopinion 
de M. Hariot, qui soutient que les formes Bansgirgia 
flabeliigera De-Toni et PhyUadidium tropicum Moebius 
sont deux espèces différentes, mais bien è Topinion que 
M. De-Toni a exposée dans son article « fnterno ail* iden- 
tita del PhyUaclidium tropicum Moebius con la Bansgirgia 
flabetligerai^) ». 



(i) Rend. R. Ac. Lincei, nov. f886. 



160 



NOTICE SUR LE SCHOENDS FRRRU6INEUS L^ 

ESPÈCE NOUVELLE POUR LA FLORE DE BELGIQUE, 

PAR G. I^CHENieS. 

Je reoevaîSy il y a peu de temps, de mon eicellenc ooires- 
pondant et ami M. le D' Feltgen, de Mersoh, parmi un 
important envoi de plantes rares recueillies, la plupart,' 
dans le Grand-Duché de Luxembourg, des spécimens d^une 
Gypéracée appartenant au genre Schoenus. 

Après un examen minutieux et approfondi sur le peu 
d'échantillons reçus, et d'accord en cela avec Tauteur de la 
découverte, je crois pouvoir rapporter cette espèce au 
Schoenus ferrugineus, dont je vais donner la descriptioD. 

Schoenus ferragineas L. sp. 64; Vill. Dauph. II, 
p. 186; Mert. et Koch. Deutschl. FL, 1, p. 451; DG. FI. 
Fr. III, p. U3; Dub. Bot., 184; Lois. GalK, I, p. 33; 
Bertol. FL Ital., VII, p. 621 ; Gaud. Helv ,1, p. 105; Par- 
lât. FI. Ital., II, p. 49; Anders. Gyp., p. 2, tab. 1, Gg.3; 
Chaetophora ferruqinea Rchb. FI. excurs., 1, p. 74; 
Ledeb. FL Ross, IV, p. 260. —Rchb. Icon. i. 676; FI. 
Dan., ub. 2281 ; Fries. Herb. Norm., I, IV« 72; Schuitz 
Exsicc., N* 758; Rchb. Exsicc, V 205. 

Plante de 1-3 décimètres, plus grêle que le 5. nigricanê 
dans toutes ses parties. Tiges nombreuses, nues, raides, 
dressées, très grêles, lisses. Feuilles toutes radicales, un 
peu plus courtes que la tige, à limbe fin, raide, subulé, 
très lisse à gaine brune et pliée-carénée. Epillets sub- 
géminés, pauciflores, oblongs ou un peu comprimés, bru- 
nâtres; bractée inférieure terminée par une pointe verte 
et dressée qui ne dépasse point les fleurs. Ecailles florales 



161 

lancéolées-aiguës, presque lisses sur la carène. Akènes très 
petits, d'un fauve pâle, lisses, luisants, ovoîdes-triquètres 
avec les faces convexes et les angles saillants et obtus, 
mucronés, entourés à la base de 3-5 soies rudes plus 
longues qu^eux. 

Comparée à des spécimens recueillis dans les Alpes et le 
Jura, la plante belge présente quelques différences remar- 
quables comme aspect général. Les tiges sont plus grêles, 
plus effilées, la nuance des épillels et des gaines de la 
base est moins foncée que chez la plante alpestre. Les 
épillets, indiqués au nombre de 2-3 par la plupart des 
auteurs, sont ici solitaires, du moins sur les échantillons 
observés. De plus, Tépillet semble être latéral, par suite 
d*une bractée assez longue et grêle, peu élargie à la 
base et simulant le prolongement de la tige. 

Cette espèce habite les marécages et les tourbières. 

Elle est renseignée dans la Norwège méridionale et 
en Suède, la Laponie exceptée (Anders.); Danemark, 
Allemagne, Vallée du Rhin (Gke); Suisse (Gremli); France 
sud-orîenfale, Dauphiné,Câte-d'or, Jura (Gren. et Godr.); 
Italie (Parlai.); Tyrol, Autriche-Hongrie, Serbie, Herzé- 
govine, Thrace, Russie méridionale (Nymann). 

Elle a été découverte en juillet dernier, dans une prairie 
marécageuse à Pont-de-Lagland, près Arlon, par M. Nop- 
peney^ membre de la Société de botanique dli Grand- 
Duché de Luxembourg. 

Cette habitation serait donc la plus occidentale de toutes 
celles connues jusqu'à ce jour. 

La plante, m'écrit M. Noppeney, s'y trouve en quelques 
grosses touiïes de 20 centim. de diamètre à la base. Ces 

* 

touffes ne contiennent que quelques tiges fleuries. L'en- 
droit où elles croissent est presque asséché pendant tout 
l'été. 



16) 

Puisse cette belle troayâille engager nos botanistes 
amateurs h explorer activement la région jurassique du 
Luxembourg, laquelle nous réserve probablement encore 
plus d^une agréable surprise. 



INFLUENCE DE LA LUMIÈRE 
SUR LES SPORES DU CHARBON DES CÉRÉALES, 

PAR ËMaB Laurent. 

L*observation séculaire a appris aux agriculteurs une 
foule de notions que les hommes d*étude sont souvent 
enclins à contester sous prétexte qu'elles sont empiriques. 
Lorsqu'il ne s'agit pas de simples préjugés étrangers k des 
faits observés, il est bien rare que la science ne vienne 
pas un jour justifier ei expliquer les idées des praticiens. 
On en trouverait de nombreux exemples pour peu que 
l'on réfléchisse. Le fait que je rapporte dans cette com- 
munication en est une nouvelle preuve. Il montre une fois 
de plus qu'il faut bien se garder de négliger Texamen des 
opinions qui, à première vue, paraissent peu en harmonie 
avec nos connaissances. 

Dans quelques régions du Hainaut et particulièremeni 
dans le canton de Flobecq, on admet qu'un soleil ardent 
au moment des semailles diminue les chances d'infection 
charbonneuse pour les céréales et surtout pour le fro- 
ment. C'est évidemment le fruit d'une suite d'observations 
faites i l'époque où le charbon était très répandu, alors 
que Ton ne pratiquait pas le chaulage ou le sulfatage des 
semences. 

Je m'étais proposé de vérifier par rexpérience la relation 



163 

que Ton m^avait signalée entre Taclion solaire et le déve- 
loppement de VUsiilago Carbo. Je présumais que les spores 
étaient détruites par la lumière par un procès analogue à 
celui qui amène la mort des germes des bactéries exposés 
au soleil(l). 

Le 4 juillet dernier, des spores de ce champignon 
récoltées sur le froment furent introduites dans des 
ampoules de verre, ouvertes par une extrémité; elles en 
tapissaient la paroi. Quelques-unes furent suspendues à 
une corde en plein soleil, par un ciel sans nuage. D'autres 
ampoules avec les mêmes spores furent placées sous une 
couehe de sulfate de quinine de trois centimètres d'épais- 
seur. Enfin deux ampoules étaient abritées contre les 
rayons solaires par une cloche noire. 

Dans un tube à essai ouvert, à un bout et suspendu en 
plein soleil, la température^ par les journées les plus 
chaudes, n'est jamais supérieure à 40*. Il devait en être 
de même dans les ampoules mises en expérience et dont la 
paroi était extrêmement mince. A sec, les spores de VUsti- 
lago résistent à des températures plus élevées (60 et 70«). 
L'influence des radiations thermiques n'a donc pu se faire 
sentir d'une manière nuisible sur la vitalité de ces germes. 

Après huit heures d'insolation, les spores du charbon 
cultivées sur gélatine avec moût de bière, restèrent iner- 
tes sans exception ; au contraire, celles que j'avais laissées 
à Tombre se sont développées avec la plus grande régu- 
larité. Les spores d'Ustilago Carbo cultivées sur gélatine 
produisent des colonies de formes — levures pourvues de 
quelques filaments stériles. 

Mais les spores qui avaient été soustraites à peu près 



(i) Voir AnnaUê de l'inêtUut Pasteur, 1. 1. p. 88. 



164 

complètement à raction des rayons diimiques n'avaienl 
nullement perdu leur pouvoir après seize heures d'exposi- 
tion à un soleil très ardent. 

La même expérience a été répétée par une belle journée 
de septembre et a donné les mêmes résultats. 

Les spores de YUslilago Carbo sont donc très sensibles 
à la radiation solaire; elles sont beaucoup moins résistan- 
tes que les conidies de plusieurs moisissures^ exposées au 
soleil en même temps (Aspergillus niger et glaucus^ Botry- 
tù cmerea^ Clado^porium herbarum), 

A répoque de leur maturité, les spores de VUstiiago 
sont soumises au soleil pendant un temps assez long. 
Celles qui se trouvent à la surface des épis atteints doivent 
donc être influencées par la lumière, ce dont je me suis 
assuré par quelques essais de culture. Un assez grand 
nombre refusent de germer. 

Parmi les germes qui échappent à Taction solaire avant 
leur dispersion, beaucoup doivent encore y succomber 
lorsqu'ils cheminent dans l'atmosphère ou lorsqu'ils ne se 
déposent pas à Tabri des rayons lumineux. 

C'est une idée fort ancienne que la lumière est un 
facteur important dans Thygiène de Thomme et des 
animaux. Nous nous en rendons compte depuis que nous 
connaissons faction nuisible des radiations lumineuses 
vis-à-vis des germes des microbes. JNous venons de con- 
stater qu'elles exercent également une influence directe 
sur les maladies des plantes. 



16K 



SECOND APPENDICE 
AU NOUVEAU CATALOGUE DBS CAREI D'EUROPE, 

PAR LB D' H. GhRI8t(0. 

Ad N. 9eti3. Deleantur C. orthoêîaehyt C.-A. May, et C. SiêgerHmia 

Uechtiy quia monente cl. P. AsehenoD îd Bericht 
d. Deutaeh. bot. Get., VI, 1888, pag. 283 — mare 
Carkiê ariêtoiae B. Br. variaUtes sistaDt. 

Cl. aactor ita bas formas disposait : 

O. ttrifltata B. Br. 

var. Browniana Aseh. forma boreali-americana, îd 
herb. meo prostat duobos ex loeis e Canada : Lake 
Ontario I. Hacoun et Boott. 

Tar. Cujavica Ascb. et Spribille, forma potniantif . 

Tar. glabra (Ueehtz) forma roêêiea, 

▼ar. Siegertiana (Uechts) forma tikêUnù: 
Ad If. 9. Carieem pihêiusculam Gobi (mibi ignotam) cl. Aseherson 

bybridam e earicilmt vetieana et hirta oriundani 
suspicator. 
Ad N. iSO. C. Ghrypoa X p«nioalata nov. bybr. (C* Favrati milii 

in liu. 

Hanc bybridam insignem cl. L. Fayrat 9 Aog. 1884 in 
Vallesia snperîori in Alpibut pagi Ulrieben 1800 
met* s. m. ad . fontem detexît; loeo natali alias cariées 
excepta C. leparina L. non vidit. 

Habitua inter parentes, sed quoad stmcturam radieem- 
que Talidam C. panicuUUtM similior; culmo bumili 
tenui et spiea înterdum semel composite nec pani- 
culata ad C. Grypoê accedens» ntriciili intermedii, 
bene maturi. 
Bcce diagBOsis comparativa : 

(1) Voir Bull. Soe. bot. Belg,, t. XXIV, 2« partie, pp. lO-SO, premier 
appendice, voir Bull, Soe, bot, Belg , t. XXVII, 2* partie, pp. 163-165. 



166 



C. poÊti c mlat a 1% 
DeBM eMq^ttoaa radice 
du» flVroM flliris T«Udl« 
■q«ami« Imumob Utis Utri- 
biM atroftaaeis. 

Plaato Msqni-attt bip»- 
dalli foliifl pêdaUbu «ut 
Miquipedftlibiis 6ftd6mil- 
llm. UtU pluio-pUMtU 
itriato - milcatlt 



Cilmo flmo taliio mh 
p«nie ■eabcrrimo. 

Spie» brannea unpia 
•lo^mto - pTKUiiidAta 6-8 
Mutin, loofft, paaimiUta, 
nais éloBgstiA, ipiculis 
dtnaiflt inft» interdnm re- 
motis, raporM matciili«. 

BraeMi ffnbolato-élon- 

gatii tenuinimifl, rutiiêt 

■ploulia broviofi but, a 

baci ad T«rtteem paniculae 

dacTaseentibiis. 

GloBiia dilvte bnuineia 
vtricvlo fora aaqviloagis. 

Utrieulia patnlis lato 
otattB ban Talda bi^bbo- 
80-eonTezLs in rostram rec- 
tnin aeuminatia, laeribiu 
dOTM baai elriatis. 



C Fatrati. 

Radice raUda fibria 
flmiia sqnamia baailaribat 
grlMo-fliacia opada coa* 
•picvia. 

Planta ipitkanaaa Ibliia 
brmribnfl Tiz 6 eentlB. 
loagia, 8 nilliia* Util 
plano-pIiealiB atriato-anl- 
eatia Maigina seabria. 

Colmo tanni aablaari. 

Spica atrato - brnnnea 
lata pyramidala 4 eantidi. 
loaga paiiionlata nunia 
abbreviatis, lariiu mère 
eompoaita, apievlia laxi- 
nscnlis, ropene maaeuUs* 

Bracteif snbalato-aca- 
minatis breTibna snperne 
van aqvamiferniîbaa. 



Glnmis bmanalB ntri- 
enlo breyioriboB. 

Utrieolia «reeto-patnlie 
ovatia baai oonTezis in ros- 
tram incnmun elongatle, 
lerisaime narroao-atriatiB. 



Danse et late< 
ladioa debiU flbria tanvi- 
bas sqnamia 
angiutia paUidis. 

Planta Tix 
foliis bravibns rix apitha 
maaia angnstiasàmia {rix 2 
millim. Util) pÛeata-cari- 
natis, anblaevibva. 

Cnlmo tamni sabla«vi. 



Spica flisesaoana S ad S 
ceatim. lenga mers coaip»> 
sita aec panicnlata, sjpicii- 
lis 8 ad 4 dansis ant raao- 
tiaflcnli84nllBme ; 



Bracteis spicnlia mnUe 
brarioribns aqnaauAnmi- 
bna, rare bractea foliaoea 
loafior» ad baain spicae. 



aiomis pallide 
centibas ntrieolo braTioii- 
bna. 

Utrienlis sqnarroae-pa- 
tentibns, piano -couTeiiia 
oyatis in rostram incnr- 
Tun sansim eloagatia ia- 
Titer nerroso-fltriatis. 



M. Wesmael lit un mémoire sur les Àcer^ qui sera 
inséré dans la première partie du tome XXIX du Bulletin. 

M. Manehal analyse une notice sur le Bommerella tri- 
gonospora. Cette notice, accompagnée d*une planche, sera 
insérée dans la première partie du Bulletin. 

M. Th. Durand donne lecture d'une notice concernant 
les nouvelles acquisitions de la flore belge. Cette notice 
sera inaérée dans la première partie du Bulletin. 

M. Van Tieghem, professeur-administrateur au Muséum 
de Paris et M. le D' Maxwell T. Masters, de Londres, sont 
nommés membres associés de la Société en remplacement 
de MM. Reichenbach et Lesquereux, membres associés 
décèdes « 



«67 

M. Malter est proclamé membre effectif de la Société. 

M. P. Maury^ préparateur à l'École des hautes études» 
à Parisy présenté par MM. Th. Durand et Crépin» demande 
à faire partie de la Société. 

Il est procédé aux élections statutaires. 

M. Léo Errera est élu président. 

MM. Gravis 9 Rodigas et Wesmael sont élus vice- 
présidents. 

MM. Th. Durand, Lecoyer^ Lochenies et Martens sont 
élus conseillers. M. Martens est élu pour deux ans en 
remplacement de M. Rodigas. 



M. Errera remercie l'assemblée de l'honneur qu'elle 
lui a fait en l'appelant à la présidence. Il propose de voter 
des remercimenls à Thonorable Président sortant, M. le 
comte de Kerchove de Denterghem (Applaudissements)^ 
à M. Wesmael qui vient de présider la séance d'une 
manière si distinguée et au savant et infatigable Secrétaire 
de la Société, M. Crépin (Nouveaux applaudissements). Il 
engage vivement tous les membres à assister d'une manière 
suivie aux réunions mensuelles, qui doivent devenir de 
plus en plus une occasion d'enseignement mutuel et de 
libre échange d'idées scientifiques. 



La séance est levée à 4 heures. 



ii 



LISTE DES MEMBRES 



DB LA 



SOCIÉTÉ ROYALE DB BOTANIQUE DE BELGIQUE 

1888. 



MEMBRES EFFECTIFS(I). 

AiGBBT (Cl.)y géomètre, rue de Lausanne, 42, à St-Gilles 

(Bruxelles). 
BA«OBT(Ch.), docteur en droit, rue des Joyeuses-Entrées^ 6, 

k Louvain. 
Bamps (G.)y docteur en médecine, i Hasselt. 
Barbet (William), à Valleyres (canton de Vaud. — Suisse). 
Barzih (J.-J.)9 professeur k l'École moyenne, à Andenne. 
Basâqub (L.), instituteur en chef, aux Ecaussinnes (Hainaut). 
Bauwbns (L.), reccYcur des contributions, à Koekelberg 

(Bruxelles). 
BBAniBAii (R.), directeur honoraire de l'École moyenne, k 

St-Hubert. 
BBBifiMOLUf (H.), directeur de l'École industrielle, à Tournai. 
BoDABT (rabbé i.), curé, à Godinne, près de Dinant. 



(1) Les noms des membres fondateurs sont imprimés en caractères gras. 



170 

Bodson(L.)9 pharmacien, rue des Guillemins, 44, à Liège. 
BoGABBT8(i.)9 directeur houoraire des Parcs et Jardins royaux, 

rueLéopold, ilS, & Laeken (Bruxelles). 
BoMMBR (Madame), rue des Petits-Carmes, 19, à Bruxelles. 
Bamaier (Jf.-C), conservateur au Jardin b(»tanique de 

rÉtat, professeur à TUniversitë, rue des Petits-Carmes, 49, 

à Bruxelles. 
BoiiNiBR (Gaston), professeur à la Faculté des sciences, roe 

Amyot, 7, à Paris. — Membre d vie. 
BoRDBT (Ch.), étudiant en médecine, rue de la Ruche, 4â, à 

Schaerbeek (Bruxelles). 
BosMANS (J.), ancien précepteur de son Altesse Royale le Prinee 

Baudouin, place du Champ de Mars, 5, à Ixelles. 
Briart (Alexandre), botaniste, à La Hestre (Hainaut). 
Broqobt(B.), commissaire d'arrondissement, à Ath. 
Brunaud (P.), avoué-licencié, à Saintes (Charente-Inférieure. 

— France). 
Callay (A.), pharmacien, au Chcsne (Ardennes. — France). 
Camplon (V.), greffier de justice de paix, à Vilvorde. 
Candèzb (E.), docteur en médecine, à Glain, près de Liège. 
Cardot (Jules), propriétaire, à Stenay (Meuse. — France). 
Carlibr (L.), rue du Moulin, 127, St-Josse-ten-Noode (Bruxel- 
les). 
Carnoy (le chanoine Jl.-B.), professeur i rUniversité, 

marché-aux-Grains, 11, i Louvain. 
Carron (G«), secrétaire de la Société royale Linnéenne, rae 

Coppens, 7, à Bruxelles. 
Christ (Victor), pharmacien, à Chimay. 
Cldysenaar (P.-G.), professeur à rÉcole normale, k Huy. 
CoGNiAux (A.), professeur à rÉcole normale, avenue Hanlet, â, 

à Verviers. 
Colin (J.), instituteur, à Louette-St-Pierre, près de Gedinne. 



171 

C9#niaii» (li.)* pharmacien^rae du Poinçon, 63, & Bruxelles. 
GooMANS (V.), chimiste, rue du Poinçon, 62, k Bruxelles. 
Cornet (J.), assistant à l'Université, chaussée de Bruxelles, 36, 

à Ledeberg-lcz-Gand. 
GoYON (A.), ancien professeur au Collège communal, à Dinant. 
Giuinifx (Ose.), rentier, rue de la Loi, 4i, à Bruxelles. 
Crépln (V.)» directeur du Jardin botanique de l*État, rue de 

TAssociation, 34 , à Bruxelles. 
De Bosschere (Ch.), professeur à TÉcole normale, à Lierre. 
De Bullsmont (E.), rue de TArbre-Bénit, 39, à Ixelles. 
Decaiips (L.), professeur, à Carrières. 
DE Cbestrbt de Haneffb (le baron P.), au château d^Ouh^r, 

par Comblain-au-Pont. 
DE Ghelunck de Wallb, propriétaire, quai des Récollets, 3, 

à Gand. 
DE Kerchoye de Denterghem (le comte Osw.), membre de la 

Chambre des représentants, rue Digue-de-Brabant, 5, à 

Gnnd. 
Dblhaise (H.), instituteur, à Bonneville (commune de Sclayn). 
Delogne (C.-H.), aide-naturaliste au Jardin botanique de 

l'État, h Bruxelles. 
De (Haop (▼.), médecin-vétérinaire, à Alost. 
Denabyer (A.), pharmacien, place Liedts, 3, à Schaerbeek 

(Bruxelles). 
De Nobblb (L.), pharmacien, professeur k l'École d'horticul- 
ture de rÉtat, chaussée d'Anvers, i, k Gand. 
Dems (G.), substitut du procureur du Roi, à Nivelles. 
DE PiTTBURS (le baron Ch.), docteur en sciences naturelles, à 

Zepperen. 
De Prias (A.), docteur en droit, place du Peuple, a Louvain. 
DE Saldanha da Gama (J.), consul général de Tempire du Brésil, 

Pasco de Gracia, 150, k Barcelonne. 



172 

DB Sblts Lonqchahps (le baron Edm.), sënatear, k Longehamps» 

sur-Crcer, près de Waremme. 
Obtehhb (S.), interne k THÔpital Ste-Élisabeth, k Anvers. 

DB Villbrs-Masbourg (A.), au château de Schaloen. 

• 

Devis (P.); quai de Mariemont, 2, à Bruxelles. 

Db Wabl (J.), docteur en sciences natureHes, me Bdelinek, 

35y k Anvers. 
De Wevmb (A.), docteur en sciences naturelles, rue Berckmans, 

58, à St-Gilles (Bruxelles). 
De WiLDBMAN (Ém.), candidat en sciences naturelles, rue Verte, 

5â, à St-Josse-ten-Noode. 
DoucET (H.), conseiller communal, rue de la Loi, 152, à 

Bruxelles. 
Drake DEL Castillo (E.), ruc Balzac, â, à Paris. 
Dupont (Éd.), directeur du Musée royal d'histoire naturelle, 

à Bruxelles. 
Dupuis (G.), professeur à TÉcole de médecine vétérinaire, rue 

d'Allemagne, 64, à Cureghem . 
Durand (Ém.), chimiste et professeur, rue de la Consolation, 

76^, à Sehaerbeek. 
Durand (Th.), aide-naturaliste au Jardin botanique de l'État, 

rue de la Consolation, 76^, k Sehaerbeek. 
Eren (G.), docteur en sciences naturelles, instituteur, k 

Winxelle-Delle. 
Errera (L.), professeur & l'Université, rue Stéphanie, i, à 

Bruxelles. 
Fadeux, pharmacien, chaussée de Haecht, 95, à Sehaerbeek. 
Fischer (E.), médecin-vétérinaire, à Luxembourg. 
Flahault (Ch.), professeur k la Faculté des sciences, k Mont- 
pellier. 
FoMTAuiE (G.), bourgmestre, à Papignies. 
Francotte (E.), professeur à l'Athénée royal, rue Gillon, 56, 

à Sl-Josse-ten-Noode* 



«73 

Gbnty (P. -A.), rue de Pouilly, 15, à Dijon. 

Ghysbkbchts (l*abbé L.), aumoDÎer militaîrey i Diest. 

GiBLBH (J.), rentier, à Maeaeycic. 

Gilbert (Ch.), rentier, rue du Nord, â6, k Anvers. 

GiULmBT(A.),profe88eur a l'Université, rueRenkin, i3,&Liége. 

GuLBKBifS (G.), répétiteur à l'Institut agricole de l'État, ii Gem- 

bloux. 
GiLLBUifs (L.); directeur de l'École d'horticulture de l'État, & 

Vilvorde. 
GiLLOT (X.), docteur en médecine, rue du faubourg St- 

Andoche, 5, à Autun (France). 
GiLSON (V.), professeur k l'Athénée royal, à Tongres. 
GoBTSBLOBTS (M"* Maria), à Hasselt* 
GooHis (P.), rue de l'Étuve, S6, k Bruxelles. 
GRAyBT(F.), k Louette-St-Pierre* 

Gravis (A.), professeur à l'Université, rue Bassenge,33, à Liège. 
GuujiOT (l'abbé), curé, à Floreffe. 

Haelbwyck (L.), pharmacien, rue Neuve, 48, à Gharleroi. 
Hagb (Y.), pomologue, rue Léopold, i9, & Gourtrai. 
Hardy (A.), régent k l'École moyenne, à Visé. 
Hartman (L.), chef de bureau à rAdministration communale 

de Bruxelles, rue Van Schoor, 41 , à Schaerbeek. 
Havbrlano(E.), étudiant à l'Université, rue St -Michel, t,àGand. 
H^BAD (A.), instituteur, rue Vanderkindcre, 16, à Molenbeek- 

St-Jean. 
Hbnhbn (J.), intituteur, au Pont du Hesse, â, à Anvers. 
Hbhry (J.), régent k l'École moyenne, à Flobecq. 
Hbymaii (Gh.), rue des Deux-Églises, 42, à Bruxelles. 
HoBKiRx(Gh.-P.), à Huddersfield (Angleterre). 
Jamssbns (Ph.), trésorier de la Société royale Linnéenne, avenue 

de la Reine, 144, k Schaerbeeck. 
Joly (4.), professeur à l'Université, rue du Parnasse, 38, à 

Ixelles. 



174 

RoLTz (J.-P.-J.), ÎQSpecteur des eaax et forétô, boulevard du 

Prince, 39, k Luxembdtirg. 
Lacroix (E.), géomètre-expert, rue de Pascale, 35, à Bruxelles. 
Lagassb (A.), pharmacien, k Nivelles. 
LkLOXJx (H.), bo*uleVard Frère<^Orbaa, 56, k Liège. 
Laubottb (B.), docteur en àiédecine, à Vervters. 
Laurent (Ëm.), professeur k TÉcole d*horticuIturc de l'État, 

k Vilvordc. 
Lebrun (A.), régent à l'École moyenne, à Dinant. 
Lebrun, docteur en médecine, rue de la Régence, â9, k 

Bruxelles. 
Lbgoybr(J.-B.), instituteur à TÊCole moyenne, à Ath. 
Lbmoinb, instituteur en chef, k GiHy. 
Lochbnibs (G.), à Leo2e. 
Lossbau (Léon), étudiant à TUniversité, rue Joseph dues, a 

St-6illes (Bruxelles). 
Lubbers (L.), chef de culture au Jardin botanique de l'État, Toe 

du Berger, â6, à Ixelles. 
Mac Léod (L.), professeur à l'Université, chaussée de Bruxelles, 

k Ledeberg-lez-Gnnd. 
Magnbl, k Bruxelles. 
Maunvaud (E.), secrétaire général de la Société botanique de 

France, rue de Linné, 8, à Paris. — Membre àtne. 
Malcorps (£.), avocat, rue des Chariots, k Louvain. 
Maltbr(F1.), professeur k l'École moyenne, à Vilvorde. 
Mansion (A.), k fluy. 
Marchal (El), conservateur au Jardin botanique de l'État, rue 

Vonck, 55, à St-Josse-ten-Noode. 
Martbns (Ed.), professeur à TUniversité, rue Marie-Thérèse, 

27, k Louvain. 
Masclbf (l'abbé), professeur au Petit-Séminaire, k Arras 

(France). 



17» 

MâSKABT (J.), ducteur en sciencaf naturelles, rue Grande- 
Haie» 65, à Etterbeek. 

Masson (i.), pharmacien, à Andenne. 

Maurt (P.), préparateur à Tficole des hantes étadea, me 
Gensier, 53, h Paris» 

MfCHBBLS (H.), professeur au Collège oomBimaly k Ypres. 

MiÉGBYULB (l'abbë), k Notre-Dame-de-Garaisoii (FraBee). — 
MenAre à vie. 

MiNBT (A.)» instituteur en chef, k MoatigMOs-sur^mbre. 

MoLLB (Ph.)t professeur & l'École «oyenne, à Jodoîgne. 

MorroH (V.), rue d'Archis, 41, & Liège. 

NoBL (A.-L.), contrôleur des douanes en retraite, rue de Hol- 
lande, 14, à St-Gilles (Bruxelles). 

NoDiLLB, docteur en médecine, & Flobecq. 

Nypbls (P.)» docteur en sciences naturelles, rue Foqi;eiMv 7, 
à Liège. 

Paqub (E.)^ professeur an Collège du Saerè-Cœur, à Charleroi. 

Petit (E.), propriétaire à Nimy. 

PiBRROT (Ph.), éditeur, à Montmédy (Meuse. — Franoe). 

PiBRRY (L.)» rue Beckman, â2^>*, à Liège. 

PiBTQDiN (L.), secrétaire des Hospices, & Nivelles. 

PiTTiBR (H.), professeur au Lycée, directeur de Tobseryatoire 
météorologique, à San José (Costa Rica). 

Poisson (J.), aide-naturaliste au Muséum, rue de Bufibn, à 
Paris. 

Prbddhohhb db Borrb (A.), rue Seutin, 1i, i Schaerbeek. 

Préaux (A.)» rue des Tanneurs, â Leuze. 

Piil»»aiaC (l'abbé P.), professeur au Grand-Séminaire, à 
Troy (États-Unis). — Membre à vie» 

Pthabrt-Van Gbbrt (Ed.), horticulteur, professeur k l'École 
d'horticulture de l'État, rue de Bruxelles, 456, à Gand. 

Rbnadld (F.), commandant du palais, à Monaco. 



176 

^•diica» (ÉaiOi directeur de l*École d*horticultiire de TÉtat, 

& Gand. 
RossioifOL (A.)» professeur à rAthënée royal, à Chîmay. 
RoTTBHBURG (V.-H.)t pharmacien, rue Haute, i75, k Bruxelles. 
RonssBAD (Madame E.), rue Vautier, 30, & Ixelles. 
RouT (6.)> seerëtaire du Syndicat de la presse parisienne, rae 

Mozart, 66, à Paris. 
ScHAMBBBfiBB (P.), profcsscur à l'Athënée royal, rue de 

l'Agneau, 10, i Anvers. 
ScHMiTZ (l*abbé), professeur au Collège N.-D.-de-la-Paix, k 

Namur. 
Schuita-liOabrle (A.), négociant en vins, quai des Char- 

trons, 5, k Bordeaux. 
SiMOif (P.-J), instituteur, à Vezin. 
SoifiiBT (E.), préparateur au Jardin botanique de I*Éta^ k 

Bruxelles. 
SoBBiL, ingénieur, à Maredsoui (Denée. — Prov. de Ifamor). 
SoBO€B (D.), capitaine de gendarmerie, k Mons. 
Stassb (N.), pharmacien, rue de la Cathédrale, 54, & Uége. 
Stbphbiis (H.)* architecte de jardins, rue StrSéverin, à Liège. 
STBBKBif, professeur au Collège St-Hadelin, à Visé* 
Stbaelbn-Kbhpbnbebs (Madame), à Hasselt. 
Strail (rabbé Ch.), k Fond-de-Forét, par Trooz. 
Tbiblihgk (J.), professeur k TÉcole normale, rue St-Joseph, 18, 

Molenbeek-St4ean. 
Thbuwissbn (P.), instituteur, k Lommel (Limbourg). 
Tibbbgbibn (L.), docteur en médecine, rue du Nord, 5S, k 

Bruxelles. 
Tosqiiliaet (J.)» médecin principal honoraire, rue d'Ecosse, 

4, St-Gilles (Bruxelles). 
Tbibitt (C), professeur k TËcole normale, k Nivelles, 
▼an Bambeke (Cb.), docteur en médecine, professeur à 

l'Université, rue Haute, 5, à Gand. 



177 

Vam Bastblaer (D.-A.), membre de TAcadémie de médecine, 
rue de rAbondance, 24, k St-Josse-ten-Noode. 

Van den Bhobgk (H.), rentier, rue de l'Église, 116, à Anvers. 

Van de Put (Jobn), rue Ripdorp, 71, à Anvers. 

Van obr Broggen (A.), candidat-notaire, rue Belliard, 109, k 
Bruxelles. 

Vandbrhabghen (H.), chaussée deCourtral, 183^ à Gand. 

Vanderundere (L.), professeur à TUniversîté de Bruxelles, 
k Uccle. 

Vandbryst, agronome de l'Etat, à Hasselt^ 

Van Gebrt (Ch.), horticulteur, rue de la Province, à Anvers. 

▼an Hearek(H.), professeur-directeur du Jardin botanique, 
rue de la Santé, 8, à Anvers. 

Van Nbrom (Gh.), boulevard d'Anvers, 38, à Bruxelles. 

Vanpé (J-'B.), régent honoraire à l'Ecole moyenne, à Forest, 
près Bruxelles. 

Van Vbrrbn (F.), propriétaire, rue d'Or, 54, à Bruxelles. 

Van Zuylbn (Alb.), avocat, avenue de Tlndustrie, 19, & Anvers. 

Vbrbist (le chanoine A.), supérieur du Petit-Séminaire, à 
Hoogstraeten. 

Verheggbn (H.), directeur de l'École moyenne, à Walcourt. 

Vbrnibuwe (Th.), chef de bureau au Ministère de l'agricul- 
ture, etc., rue Van der Meersch, 57, h Scliaerbeek. 

ViNDBVOGBL (F.), sous-chcf de culture au Jardin botanique de 
l'État, à Bruxelles. 

Vm (A.), régent & l'École moyenne, k Vilvorde. 

Wesmael (A.), architecte de jardins, à Nimy. 

Woroninb(D.), Wasilii Ostro£f, 9 Linie, Hause n^ S, Wohnung 
1^2, à St-Pétersbourg. ^ Membre à frie. 



178 



MEMBRES âSSOUES. 



ALLEMAGNE. 

KscMEMWK (P.), professeur k l'Université, Bôlowstrasse, 51, 

à Berlin. 
Con (G.), professeur à rUniversité, directeur da laboratoire 

de botanique, à Breslao. 
EnoLB (Ad.), professear à ITIniversité, directeur du Jardin 

botanique, à Berlin. 
Vlucmjgëm (G.-A.), professeur à lUnÎTersité, à Strasbourg. 
Gabckb (A.), professeur à TUnÎTersitë, conservateur de PHer- 

bîcr royal, Gneisenaustrasse, 20, à Berlin. 
NiKBU (Ch.-G.), ancien professeur à llJniversitë, k Municb. 
PPEPrai (W.), professeur a TUniversitë, directeur du Jardin 

botanique, à Leîpxig. 
Pbihgshbih (N.), membre de rAcadémie des sciences, Bendler- 

strasse, 31, i Berlin. 
Sacbs (J.), professeur à rUniversité, directeur du Jardin 

botanique, à Wurxbourg. 
STRASBUifiBR (E.), profcsscur à l'Université, directeur du Jar- 
din botanique, k Bonn. 
ScBWBHDOfBB (S.), directeur de l'Institut botanique de TUni- 

versité, Matthaikirschstrasse, 28, k Berlin. 

ANGLETERRE. 

BàMiiGTOif (oh.-C.), professeur k l'Université, directeur du 
Jardin botanique, k Cambridge. 



179 

BàKMB, (J.-6«), assistant-conservatear des herbiers , Jardins 
royaux, k Kew. 

HooRBi (J«-D.), directeur honoraire des Jardins rojraox, 1 
Sunningdale. 

Màstbrs (Maxwell T.), à Londres. 

Oliter (D.), professeur à l'Université, eonservaleur des her- 
biers, Jardins royaux, & Kew* 

AUSTRALIE. 

Yoif MÛLLBR (le baron Perd.), directeur du Jardin botanique, 
à Melbourne. 

AUTRICHE-HONGRIE^ 

Hàtmald (le cardinal D' L.)? archevêque^ à Kidocsa. 
Stossisgh(A.), secrétaire de la Société d'horticulture, k Trieste. 

DANEMARK. 

Lanob {i9k,)j professeur de botanique, éditeur du Fhra 

Dtmiem, k Copenhague. 
Wabmino (B.), professeur k TUniversilé, à Copenhague. 

ESPAGNE. 

CoLaciRo (M.), professeur k FUniTersité, directeur du Jardin 
botanique, à Madrid. 

ÉTATS-UNIS. 

Watson (Senero), conservateur de Phcrbier de rUniversité, ii 
Cambridge. 

FRANCE. 
fiBRTRAiiD (C.-E.), professeur à la Faculté des sciences, à Lille. 
BoDLAY (l'abbé), professeur à la Faculté catholique des sciences, ^ 

& Lille. 
BuRBAO (Éd.), professeur-administrateur au Muséum, quai de 

Bélhune, 24, à Paris. 



189 

Liste des Académies ^ Sociétés savantes, revues pério- 
digues f etc.^ avec lesquelles la Société éclumge ses 
publicatùms. 

Allemagne. 

Amstait. — Deutscbe botanische Monatssch rift. 

Berlin. — Botanischer Verein ffir die ProTinz Brandenbui^ 
und die angreozende LSnder. 

Bonn. — Naturhistorischer Vereio der preussîseben Rbein- 
lande und Westphalens. 

Braunsweig. — Verein fur Naturwissenschaft. 

Brème. — Naturwisaenschafllicher Verein. 

Breslau. — Schlesische Gesellschaft jfîir vaterlândsche Cuitur. 

Carlsruhe. — Naturwissenscbaftlicher Verein. 

Cassel. — Botaoisches Centralblatt. 

ChemnitM. — Natarwissenschaftliche Geaellscbaft. 

Dresde. — Natarwissenschaftliche Gesellschaft Isîs. 

Erlangen, — Physikalisch-medecinische Societât. 

Giessen. — Oberhessische Gesellschaft fur Natur^ und Heil- 
kunde. 

Balle. — Leopoldino-Carolinische deutsche Akademie der 
Naturforscher. 

léna. — Geographische Gesellschaft. 

KieL — Naturwissenschaftlicher Verein fûrSchleswig-HoIstein. 

K^igsberg. — Kônîg<«1iche physikalisch-dkonomische Gesell- 
schaft. 

Landshut. — Botanischer Verein. 

Leipjtig* — Botanische Zeitung. 

Metz. — Société d'histoire naturelle. 

0/fenbach A. M. ^ Offenbacher Verein fur Naturkunde. 

Sondershausen. — Thûringischer botanischer Verein. 

Wiesbaden. — Nassauischer Verein fur Naturkunde. 

Zwickau. — Verein fiir Naturkunde. 



\ 



183 



Angleterre. 

Belfui. — Naturel History and Phiiosophical Society. 
Edimbourg. — Botanical Society. 
Glasgow. — Natural History Society. 
Landrei. — Trimeo's Journal of Botauy. 

> Linnean Society. 

> Royal Microacopical Society. 
« The Gardeners' Ghroaicle. 

Auetealle et Tasmanle. 

Hobart-Town. — Royal Society. 

Sydney» — Linnean Society of New-South Wales. 

Antrlcâie-*H6iigrie . 

Agram. — Société d'histoire naturelle de Croatie. 

Brunn, — Naturforschender Verein. 

Budapeit. — Musée national de Hongrie. 

Graz. — Naturwiasenshafilieher Verein fîir Steiermark. 

Klausmburg. -— Magyar Ndvenytani Lapok. 

Loêce. — Cngarische Rarpathenverein. 

Trieste, — L'Amico dei Campi. 

» Museo civico di atoria natorale. 

> Societa adriatica di science naturali. 
Vienne, — Kais.-Kônîg. naturhistorilMh Muséum. 

> Rais.«Kônig.-Zoologi6ch-botani8che Gesellsehaft. 

Belgique. 

Bruxelles. — Académie royale des sciences, des lettres et des 

beaux-arts. 

> Fédération des Sociétés d'horticulture. 

> Musée royaJ d'histoire naturelle. 
I Obseryatoire royal. 



iB 



184 

Bruxelles. — • Société belge de géographie. 

> > belge de microscopie. 

f ' entomologique de Belgique. 

> » malacologique de Belgique. 
Dinani. — Cercle des naturalisles dinantais. 
FraiporU'Neêsonvaux. — Société botaoique. 
Crand. — Kruidkuadig Genootschap Dodonaea. 
Huy. — Cercle des naturalistes hutois. 

Mans. — Société des sciences, des lettres et des arts da 

Hainaut. 
Venriers. — Cercle des sciences naturelles. 

Brésa. 
RiO'dôsfaneùro. — Museu NacionaU 

OftnadA. 
Toronto. — Canadien Institute. 

Danemark. 
Copenhague. — Botaniske Porening's Kjdbenha?n. 

Ètata-nni0. 

Boston* — American Academy of Arts and Sciences. 

» Society of Natuml History» 

CrawfordvUle. — The Botanical Gazette. 
Manhattan. — Kansas State Agricultural Collège. 
NevhHaven. — The american Journal of Science. 

» Transactions of the Connecticut Academy of 

Arts and Sciences. 
IfeW'York. — Torrey Botanical Club. 

» New- York microscopical Society. 

Philadelphie. ^ Academy ofNatural Sciences. 

» Faculty of the Wagner freelnstitutionof Science. 



185 

St^Lauiê — Academy of Sciences and Arts. 

Salem. — Peabody Acadenay of Sciences. 

San Francisco. — Galifornia Acadcmy of Sciences. 

Topeka. — Kansas Acadcmy of Scienee. 

Trenton. — ThcTrenton natural History Society. 

» Département of Agriculture. 

Woêhington. — Smithsonian Institution. 

» 

France et Algérie. 

Alger, — Association scientifique Algérienne. 

> Société algérienne de climatologie, sciences phy- 

siques et naturelles, 
Angers. — Société académique de Maine-et-Loire. 

> > d'études scientifiques, 
Annecy. — Société Florimontane. 
Autun. — Société d'histoire naturelle. 
Bone. — Académie d'flippone. 
Bordeaux. — Société Linécnne. 

Brest. — Société Académique. 
Caen. — Société Linnécnne de Normandie. 
Cherbourg, — Société des sciences naturelles. 
La Rochelle, r— Société rochelaise de botanique* 
Lyon, — Société botanique. 

> > d'agriculture, sciences et arts utiles. 
Monimédy. — Société des amateurs naturalistes du Nord de 

la Meuse. 
Montpellier. — Société d'horticulture et d'histoire naturelle. 
Paris. — Bulletin scientifique de la France et de la Belgique. 

> Feuille des jeunes naturalistes. 
» Muséum d'histoire naturelle. 

> Société botanique de France. 

> Société Linnécnne. 

Rouen^ — Société des amis des sciences naturelles. 



1K6 

Sêmur. — Société des sciences historiques et natu relies. 
TouloîU». — - Académie des sciences, inscriptions et beOes- 

lettres. 

» RcTue mycologîque. 

> Société des sciences ph3rsiqaes et naturelles. 

Ghrand-DuQhé de Lazemboarg. 

Luxembourg, — Institut royal Grand-DucaU 
» Société botanique. 

Hollande. 

Nimègue. — Nederlandschc botanische vereeniging. 

Italie. 

Florence. — Nuovo giornale botanico italiano* 
Gènes. — Malpighia. 

Milan. — Societa itaiiana di scienze naturali. 
Modène. — Societa dei naturalisti. 
PaUrmie. — Âcademia di scienze e lettere. 

» Giornale di scienze naturali ed economiscbe. 

Portiei. — R. Scuola superiore d'agricoltura. 
Rome. — Instituto botanica di Roma. 
Venise. — Reale Instituto veneto di scienze, lettere ed arti. 

» Notarisia. 

lffèQEl<|iie. 
Mexico. — Sodedad CentiBca. 

Portngia* 
Coimbru. -- Socîedade Broteriana. 

BépnbMqne Ai fletittne 
Buenos Ayres. — Academia nacional de ciencias. 



187 

Bépabllque de Oo«la Bioa. 
San Joêe. — Museo national. 

Bnfltie. 

Ékaîherinbourg. ^Sociëtë Ouralienne d^amateurs des sciences 

naturelles. 
ffêhingfon* — Societas pro Fauna et Flora Fennica. 
Moscou. — Société impériale des naturalistes. 
Odessa. — Société des naturalistes de la Nouvelle-Russie. 
St'Pétershourg. — Jardin impérial de botanique. 

Suède et Norwège. 

Chriêtiania* — Université de Norwège. 
Lund. — Botaniska Notiser. 

> Université. 

Upsal. — Société royale des sciences. 

Sntee. 

Coiré. — Naturforschende Gesellschaft Graubûndens. 
Frauenfeld. — Thurgauissche Naturforschende Gesellschaft. 
Genève. — Société botanique. 

Lausanne. — Société Vaudoises de sciences naturelles. 
Neuchàtel. — Société des sciences naturelles. 
Saint^Gall. — Naturwissenschaftliche Gesellschaft. 
Sion. — Société Murithienne. 



! 

Il 



TABLE DES MATIERES 
CONTENUES DANS LE TOME XXVIII. 



PftBMiàRB rAITIB. 



Reeherehes sur la morphologie du Phalloi (IvHrnuuiDs) imfuoicds 
(L.), par Charles Van Bambeke 

Considérations sur quelques faits eoneemant le genre RosA| par 
François GMpin • • M 

Mycetes Sibiritii. Deseripsit P.-A. Saeeardo 77 

Mousses nouvelles de l'Amérique du Nord, par P. Renauld et 
J.Gardol 121 

Reraarks on the Morphology of Rosa aBaBiairouA Pallas, bj Maxwell 
T. Mastors 135 

Mes excursions rhodologiques dans les Alpes en 1889» par François 
Crépin 145 

Sur Texistence de microbes dans les tissus des plantes supérieures, 
par Emile Laurent SS3 

Les acquisitions de la flore belge en 1887, 1888 et 1889, par Théo- 
phile Durand 245 

Champignons coprophiles de Belgique. — Note sur le Bommerella 
trigonosporaE. Mareh., par Élie Marchai 961 

DioxiAhb rAaviB. 

Conseil d'administration pour Tannée 1889 3 

Séante memueilû dm i^ janvier iSS9 5 

Quelques mots sur la flore algologique du Congo, par 

É. De Wildeman fl 

Nouvelles observations sur le Rosa «ioautba Collett, par 

François Crépin Il 

Une fleur anomale du Nabcissob Psiodo-nabossus L., par 
F. Pietquin 14 



A. 



190 

Séanûê mmgmÊlie du 9 féoHer 1889 17 

Nouvelles remarques sut les Roses américaines (sotte), par 

François Crépin 18 

Encore qaelques mots à propos de PHAiiseiaeu wlajêmluwïïmjl 

De-Toai, par É. De Wildemao 54 

Sé€moÊmên9ueUedu9mttr$i9»è . 39 

Note sur le péricyele» p>r A. De Wevre 40 

Découverte du Rosa moschata Mill. en Arabie» par Rrançois 

Crépin 47 

Diagnoees de deux espèces oouTellcs de DmTMOfAJiAXy par 

É. Marchai. . 8f 

Séantt0mênêueiU4ui5mvrinS8è . BB 

Note sur le Ledum palustre L.» plante signalée autrefois dans 

la Campine limbonrgeoise, par Maria GoelsbloeU ... 57 
Recherches pour établir exactement les époques de floraison 

et de maturation des espèces dans le genre Rosa, par 

François Crépin 00 

L*odeur des glandes dans le genre Rosa, par François 

Crépin C4 

Observations sur quelques formes de TaiiiTapoHUA, par 

£. DeWildemaa 67 

AêêêmbléegénéraUduJimaiiSS» 71 

Notice sur quelques Ascomycètes nouveaux ou peu connus, 

par V. Mouton . 73 

Séaf*ee emtraêrdinaire dv i6 jttim iSSIi 85 

Florale de Marcbe-les-Dames (second supplément), par 

H. Deihaise et F.-J. Simon 88 

Quelques plantes nouvelles pour la région jurassique^ par 

F.-J. Simon 87 

Note sur la situation des ovaires et des akènes dans la coupe 

réceptaculaire des Rosa, par François Crépin .... 87 

SéameemengueUe du i^ octobre i9S9 91 

Observations sur le Rosa Broilmahiii Watson, par François 

Crépin 93 

Sur quelques espèces du genre TasnnroHLiA, par É. De 

Wildeman 9B 

Quelques mots sur le Congrès international de botanique de 

Paris 100 



191 

Séance mensuelle du 9 novembre iSS9 . 113 

Recherches sur fétat du développement des grains de pollen 

dans diverses espèces du genre Rosa» par François Crëpin . 1 li 
Noie sur le genre Trihtiporlia, parÉ. De Wildcman . . i2Sf 
Note sur quelques Mucédinées de la flore de Belgique, par 

Alfred De Wevrc 128 

Aeeemblée générale du 1*' décembre 1889 i^H 

Rapport sur les travaux et la situation de la Sociclë en 1889, 

par le comte de Rerchove de Dentcrghem 13G 

Compte-rendu do la XXVIh herborisation de la Société, par 

P.-G. Cluysenaar . 14i 

Observations sur le genre Phtcopbltis Millardet, par É. De 
Wilderoan . . ... . . .... 15tS 

Notice sur le Schoenus firruginbos L., espèce nouvelle pour 

la flore de Belgique, par G. Lochenies 160 

Influence de la lumière sur les spores du charbon des céréa- 
les, par Emile Laurent .... ... 162 

Second appendice au nouveau catalogue des Carbx d'Europe, 

par le D' H. Christ 165 

Liste des membres de la Société 169 

Liste des Académies, Sociétés savantes, revues périodiques, etc., avec 
lesquelles la Société échange ses publications 182 



16 



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